I- ANIMAUX TRANSGENIQUES
Il est possible d'introduire des gènes
clonés dans des oeufs fertilisés de différentes
espèces, notamment de souris. Ces oeufs sont ensuite réimplantés
dans l'oviducte de femelles pseudogestantes. Chez un pourcentage
assez faible des naissances obtenues, les animaux sont porteurs
du gène, on les dit transgéniques.
La méthode d'introduction du gène consiste à
l'injecter dans un pronucleus de l'oeuf.
Le procédé pour produire une souris transgénique
fait appel aux étapes décrites ci-dessous.
I-1. Préparation de l'ADN transgénique
L'ADNc choisi est, par exemple, placé entre une structure "promoteur" et une structure "enhancer". Ainsi un gène peut s'exprimer dans les cellules T, si l'ADNc est intercalé entre le promoteur et l'enhancer des gènes de la chaîne ß des TR. Le promoteur est la région de l'ADN responsable de la liaison avec l'ARN polymérase lors de l'initiation de la transcription. L'enhancer accroît la synthèse de l'ARNm dépendant du promoteur.
I-2. Obtention des oeufs fertilisés
Une hyperovulation est induite chez des femelles par un traitement hormonal (FSH, puis après 48 h, hCG). Ces femelles sont en contact avec des mâles fertiles juste après l'injection d'hCG. Une douzaine d'heures plus tard, les oviductes sont prélevés et les oeufs fertilisés mis en suspension dans du milieu de culture après traitement par une solution d'hyaluronidase (Figure 1).
I-3. Injection de l'ADN transgénique dans le pronucléus
On utilise une pipette dont l'orifice est plus étroit que le diamètre des oeufs. A l'aide de cette pipette, on immobilise un oeuf par aspiration, puis on injecte, grâce à une micropipette, une solution d'ADN transgénique (2 picolitres contenant 200 à 500 copies) dans le pronucléus mâle. La réussite de la micro-injection est objectivée par un accroissement temporaire de taille du micronucléus (Figure 1).
I-4. Transfert des oeufs injectés avec l'ADN dans l'oviducte des femelles pseudogestantes
Une pseudogestation est provoquée
chez les femelles à la suite d'un accouplement avec des
mâles stérilisés par vasectomie.
Une pipette dont le diamètre est un peu supérieur
à celui des oeufs, permet d'en prélever 20 à
30 et de les implanter dans un oviducte d'une femelle pseudogestante
après piqure au travers de sa paroi (Figure 1). Chaque femelle permet d'obtenir
20 à 40 oeufs fertilisés. Dix à 20% des oeufs
implantés donnent naissance à des souris dont seulement
10 à 30% sont transgéniques. Ces souris transgéniques
accouplées à des souris normales donnent 50% de
F1 transgéniques, parfois plus si le gène s'est
intégré dans plusieurs sites chez une même
souris parent transgénique.
II-ANIMAUX AVEC GENES MUTES PRODUITS PAR RECOMBINAISON HOMOLOGUE
La recombinaison homologue est le phénomène
qui fait intervenir un échange entre deux fragments d'ADN
présentant des homologies de séquence. On peut ainsi
muter un gène au sein d'un génome.
Dans les cellules de mammifères, l'intégration d'un
ADN exogène se fait le plus souvent au hasard au niveau
de sites non spécifiques. Une fois sur 1000, l'ADN exogène
se combine à son homologue sur le chromosome et peut le
remplacer, c'est la recombinaison homologue (RH). L'inactivation
d'un gène par RH ou knock out peut se faire, soit par duplication
partielle de ce gène in situ, soit par remplacement de
l'ADN endogène par l'ADN exogène.
Cette méthode permet d'obtenir des animaux dont un gène
ne s'exprime plus (figure 2). Pour cela, on utilise des cellules murines
embryonnaires ES obtenues à partir des cellules des blastocystes.
Ainsi, différentes lignées de cellules ES sont disponibles.
On réalise alors une transfection avec l'ADN voulu chez
l'une de ces lignées. on sélectionne ensuite les
cellules transfectées, par exemple grâce à
leur résistance à la néomycine si on a utilisé
un ADN portant comme marqueur, le gène de la phosphotransférase
de la néomycine. Les cellules transfectées, dont
la recombinaison est homologue, sont identifiées par PCR.
Ces cellules sont enfin injectées dans un blastocyste de
souris. Elles participeront ensuite à la constitution de
l'embryon issu de ce blastocyste. Une souris chimère ou
mosaïque, faite de cellules dont le gène étudié
est soit muté, soit normal, naitront de cet embryon. Le
croisement de ces souris chimères permet d'obtenir des
souris dont toutes les cellules portent des gènes mutés.
Lorsque la mutation est récessive, ce qui est fréquent,
il faut des croisements successifs pour que des souris expriment
phénotypiquement la mutation.