Les réponses immunitaires aboutissent
à la production de lymphocytes
effecteurs spécifiques
: plasmocytes synthétisant les Ac (réponse humorale)
et lymphocytes T cytotoxiques et/ou libérant des lymphokines
(réponse cellulaire). De plus, d'autres lymphocytes et
d'autres cellules (macrophages,
monocytes, cellules dendritiques)
favorisent ou inhibent la multiplication et la différenciation
de ces lymphocytes effecteurs. Enfin, le résultat final
de l'intervention des effecteurs et leur localisation peut dépendre
de cellules variées (plaquettes,
polynucléaires, mastocytes, macrophages, cellules endothéliales
et lymphoïdes) (tableau V-I). Toutes
ces cellules constituent les cellules
de l'immunité qui se définissent
par leur morphologie, leurs fonctions, leurs produits de sécrétion
et leurs marqueurs de surface.
Elles agissent les unes sur les autres ainsi que sur des cellules
qui ne font pas partie des cellules de l'immunité, par
l'intermédiaire de molécules
sécrétées (cytokines)
et de molécules de surface. De plus, les autres cellules de l'organisme
peuvent également modifier le comportement des cellules
de l'immunité grâce à certaines cytokines.
Les principales cytokines sont :
*
les interleukines 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10... (IL1, IL2, IL3,
...),
* les
facteurs de croissance : granulocyte-macrophage (GM-CSF), granulocyte
(G-CSF) et macrophage colony stimulating factors (M-CSF),
*
les facteurs
toxiques : tumor necrosis factors
(TNF a et ß ),
*
les facteurs
inhibiteurs : transforming growth
factor ( TGFß ) etc... (voir VIII.1.4.1.chapitre
VI).
Ces différentes molécules sécrétées
agissent à condition qu'elles rencontrent à la surface
des cellules cibles les récepteurs correspondants. Lorsque
la molécule se lie à son récepteur, un signal
issu de ce dernier modifie l'activité de la cellule cible.
Les interactions entre les cellules de l'immunité, ainsi
que les interactions entre ces dernières et les autres
cellules, sont favorisées par la présence de molécules de surface
: les molécules d'adhésion . En effet, les cellules ayant sur leur membrane
cytoplasmiques des molécules complémentaires vont
se lier ensemble et agir l'une sur l'autre avec une plus grande
efficacité. Ces molécules sont les intégrines,
les adressines, les molécules
de domiciliation, ... . Certaines
des molécules de surface et des cytokines sont des molécules
costimulantes. Lorsque ces différentes molécules
membranaires rencontrent leurs ligands sur une autre cellule,
un signal prend naissance à partir de ces molécules
de surface et de ces ligands qui entraîne des changements
fonctionnels dans chacune de ces cellules.
I-ORIGINE DES CELLULES DE L'IMMUNITE
Lymphocytes, macrophages, cellules nulles, cellules dendritiques et granulocytes
ainsi que plaquettes et globules
rouges proviennent d'une même
cellule (hematopoïetic stem cell = HSC) ou cellule souche
pluripotente (CFU-S = colony
forming unit souche) présente dans la moelle osseuse chez
l'adulte, (dérivant elle-même d'une cellule souche totipotente),
capable de s'autoreproduire et de donner ensuite les différentes
lignées hématopoïétiques.
A partir des CFU-S, en présence de cytokines (les "colony
stimulating factors"), les précurseurs médullaires
prennent naissance : ceux des lymphocytes/NK (Common Lymphoid
Precursor : CLP) , des mastocytes et les CFU-C (CFU-commited)
dont les CFU-E (CFU des érythrocytes), les CFU-MEG (CFU
des mégacaryocytes), les CFU-MG (CFU des macrophages-granulocytes
neutrophiles), des CFU-EO (CFU des éosinophiles) et des
CFU-B (CFU des basophiles) (figure
V-1a). Les étapes de différenciation
de ces cellules sont en rapport avec la mise en oeuvre de facteurs de transcription
appropriés à chaque type cellulaire.
II-1.
Les lymphocytes
II-1.1./ Généralités
Les lymphocytes sont répartis dans tout l'organisme, mais
ils se concentrent plus particulièrement dans certains
organes lymphoïdes :
*
soit centraux : thymus et moelle osseuse (chez les mammifères)
ou thymus et bourse de Fabricius = BF (chez les oiseaux) ;
*
soit périphériques : rate, ganglions et amas lymphoïdes des
muqueuses. Les lymphocytes existent également dans le sang
circulant et la lymphe ainsi que disséminés dans
le tissu conjonctif.
Au nombre de 2x1012, les lymphocytes représentent 1% de la
masse totale de l'organisme.
Ces cellules lymphoïdes se distinguent d'après leur
aspect en lymphocytes et plasmocytes, et selon leur fonction en
lymphocytes T, B et NK.
II-1.1.1./ Morphologie
Leur taille (7 à 15 mm) permet de parler de lymphocytes
petits (figure
V-1b), moyens ou grands (figure V-1c). On y inclut les lymphoblastes (15 à
30 mm).
Les petits lymphocytes surtout ont un rapport nucléocytoplasmique
élevé et peu d'organites cytoplasmiques. Le noyau
est dense avec un nucléole peu visible. Les grands lymphocytes
sont souvent granuleux.
Les lymphoblastes ont un cytoplasme plus important que celui des
lymphocytes, riche en ribosomes (ARN), donc basophile. Le noyau
contient peu d'hétérochromatine mais un large nucléole
y est bien visible.
Les plasmocytes (12 à 14mm) (figure
V-1d) ont une forme ovoïde,
avec un noyau ovale situé dans la partie étroite
du cytoplasme, contenant de la chromatine en rayons de roue. Le
cytoplasme est très riche en ergastoplasme (reticulum endoplasmique
rugueux) et mitochondries. Les plasmocytes représentent
la forme la plus différenciée des lymphocytes B
pour la sécrétion d'Ig.
II-1.1.2./ Sous-populations
de lymphocytes
En fait, la morphologie ne permet pas de préjuger des fonctions
des lymphocytes sauf pour les plasmocytes qui sont des cellules
lymphoïdes sécrètant les Ac. Pour identifier
les différentes populations et sous-populations de lymphocytes,
il faut faire appel à des propriétés qui
leur sont propres et surtout à des marqueurs de surface
particuliers.
Les lymphocytes portent, sur leur membrane cytoplasmique, soit
des Ag ubiquitaires tels que les Ag majeurs d'histocompatibilité,
soit des Ag de différenciation présents sur toutes
ou seulement certaines cellules lymphoïdes, mais qui parfois
peuvent se retrouver sur des cellules non lymphoïdes. C'est
certains de ces Ag qui permettent de définir des sous populations
de lymphocytes. Pour identifier ces Ag de surface, on utilise
des Ac spécifiques, soit dans des tests de cytotoxicité
en présence de C (tests au bleu trypan ou à l'éosine,
qui colorent les cellules mortes, ou test utilisant des cellules
cibles marquées au préalable avec le chrome 51),
soit, surtout, dans des méthodes d'immunomarquage de membrane
associées à la cytométrie en flux.
Les Ac peuvent être produits contre des alloantigènes
de souris en immunisant une souche de souris ne possédant
pas l'alloAg avec des cellules d'une souche porteuse de cet Ag,
ou mieux en utilisant comme souche immunisée des souches
congéniques.
On peut aussi obtenir des Ac contre des Ag de surface des lymphocytes,
en immunisant par exemple des souris avec des lymphocytes humains,
puis en absorbant les antisérums avec des cellules ne portant
pas l'Ag que l'on veut détecter. Actuellement, on fait
essentiellement appel aux Ac monoclonaux
produits par des hybridomes.
Ces Ac monoclonaux (initialement deux principales séries
: série OKT (Ortho) et Leu (Becton-Dickinson), d'abord
produits chez la souris puis chez d'autres espèces, ont
permis de classer les Ag membranaires des cellules du sang de
l'homme en "clusters" ou groupes de
différenciation (CD).
Les Ac de chaque groupe reconnaissent, soit un même épitope,
soit des épitopes différents sur une même
molécule de surface des leucocytes, des plaquettes, des
GR ou même d'autres cellules.
Les lymphocytes ont d'abord été séparés
en 3 grandes populations : les lymphocytes
T, B, et nuls. Ces derniers correspondent aux lymphocytes K
et aux cellules NK et LAK qui représentent le même type cellulaire
dans des états fonctionnels particuliers. Ils sont dits
nuls, car n'exprimant aucun des principaux marqueurs de surface
des T ou des B. Seuls les lymphocytes T et B portent à
leur surface des récepteurs pour les Ag avec lesquels ils
sont appelées à réagir : TcR pour les T et
BcR pour les B.
II-1.1.3/ Origine des précurseurs
des lymphocytes
Les précurseurs des lymphocytes T, B et NK se trouvent
dans le foie foetal (Photo) ou la moelle osseuse
de l'adulte. Ces deux organes, en plus d'autres fonctions, se
comportent comme des organes lymphoïdes centraux, source
de précurseurs lymphocytaires mais aussi siège de
différenciation des lymphocytes B.
La moelle osseuse est un organe richement vascularisé ce
qui autorise la circulation des cellules. Le sang pénètre
dans l'os par une artère afférente qui se divise
en vaisseaux de plus en plus fins (réseau capillaire) prolongés
par des sinus. Le sang quitte la moelle par des veines qui émergent
de l'os. Il n'y a pas de circulation lymphatique. Un stroma conjonctif
assure le microenvironnement cellulaire nécessaire à
la multiplication et à la différenciation des lignées
cellulaires. Ce tissu est formé de fibres conjonctives
(tissu de soutien), de cellules réticulaires (synthèse
des fibres de réticuline partiellement constituées
par du collagène), de macrophages, d'adipocytes et de terminaisons
nerveuses (voir paragraphe II-1.3.1 et figure V-5b).
Dans la moelle, les cellules souches donnent des cellules pro-B
et pro-T qui se différencieront irréversiblement
dans les organes lymphoïdes
centraux (bourse de Fabricius
ou moelle osseuse pour les B et thymus pour les T), puis colonisent
ensuite les organes lymphoïdes
périphériques (rate,
ganglions, tissus lymphoïdes diffus). Les cellules NK se
différencient en très grande majorité dans
la moelle osseuse et très minoritairement (0,1%) dans le
thymus.
Il est à noter qu'au début de la gestation l'organe
hématopoïétique essentiel est le foie foetal.
Puis l'activité hématopoïétique de celui-ci
régresse tandis que celle de la moelle osseuse augmente.
II-1. 2. / Les lymphocytes T et le
thymus
II-1.2.1 /
Généralités
Ils sont dits T car leur lieu de différenciation majeur
est le thymus. Le thymus est l'un des 2 organes lymphoïdes
centraux avec la bourse de Fabricius chez les oiseaux et la moelle
osseuse chez les mammifères. Il provient de l'endoderme de la 3ème et 4ème poche
branchiale chez les oiseaux et
de la 3ème seulement chez
les mammifères. L'ectoderme des fentes branchiales correspondantes participerait pour certains auteurs à la constitution du thymus, mais cela paraît douteux puisqu'un thymus fonctionnel se développe après la seule greffe d'une 3ème poche branchiale d'un foetus de souris de 10 jours chez une souris nude nouveau né congénitalement sans thymus (figure V-2).
C'est un
organe lympho-épithélial
primaire ou central constitué
par un réticulum de cellules
épithéliales (Photo) formant un tissu spongieux dans lequel se logent
des lymphocytes nommés thymocytes (figure
V-3a).
On distingue trois zones dans le thymus : la zone sous-capsulaire
située juste sous l'enveloppe fibreuse du thymus et le
long des parois radiaires qui en partent, la corticale très riche en lymphocytes dont les cellules
épithéliales ont beaucoup d'Ag d'histocompatibilité
de classe II et peu d'Ag de classe I, enfin la médullaire
(zone la plus profonde) très riche en cellules épithéliales
ayant une forte densité en Ag d'histocompatibilité
de classe I et une quantité variable d'Ag de classe II.
Des macrophages sont présents surtout dans la corticale
où ils sont pauvres en Ag de classe II membranaires. La
médullaire et principalement la jonction cortico-médullaire
contiennent des cellules dendritiques. On peut comparer la forme générale
tridimensionnelle de la médullaire à un corail à
branches, la corticale recouvrant l'ensemble. Le tout est enveloppé
dans une capsule conjonctive de laquelle partent des cloisons
séparant les branches du corail les unes des autres. Chacune
des branches est constituée par la paroi conjonctive, la
corticale et la médullaire et porte le nom de lobule. Les
lobules communiquent entre eux par la partie la plus centrale
de la médullaire. Dans la portion médullaire commune
à plusieurs lobules, peut exister un agrégat de
cellules épithéliales agencées comme dans
un bulbe d'oignon : le corpuscule
de Hassall (Photo). Le thymus
contient aussi un petit nombre de cellules
myoïdes et des cellules nourrices (Nurse).
Ces dernières se présentent, après isolement
à partir d'un thymus dissocié, comme de grosses
cellules hébergeant plusieurs thymocytes dans leur cytoplasme.
En fait, il pourrait s'agir de la forme prise par les cellules
épithéliales de la corticale lorsqu'elles sont en
suspension. Un petit nombre de
lymphocytes B a pu être
identifié dans le thymus normal au niveau de la zone médullaire.
Les artères pénètrent dans le thymus par les
parois conjonctives et se divisent en plusieurs branches. De nombreuses
artérioles et veinules sillonnent la jonction cortico-médullaire.
Elles sont réunies les unes aux autres par un réseau
capillaire
formant des anses au niveau de la zone sous-capsulaire. Les capillaires
sont entourés d'une membrane basale et d'une couche de
cellules épithéliales. Le thymus ne possède
pas de lymphatiques afférents mais seulement des lymphatiques efférents provenant de la
médullaire (Photo).
Le système nerveux autonome est représenté au sein du parenchyme
thymique par des fibres à noradrénaline, dopamine,
sérotonine ou acétylcholine. Dans le cortex, ont
été mises en évidence des terminaisons nerveuses
produisant substance P, neurokinine A, CGRP (calcitonine gene
related peptide), takikinine ou neuropeptine Y.
Le thymus involue rapidement avec l'âge (figureV-3b). Ainsi chez l'homme, le thymus croît
jusqu'à l'âge de 10 ans, puis diminue sans jamais
totalement disparaître. Il produit des lymphocytes T, surtout
de la naissance à la puberté, mais même chez
le sujet agé on trouvent hors du thymus des T qui sont
de récents émigrants (T présentant des boucles
d'excision produites lors des réarrangements des gènes
des TcR). Chez le sujet agé une partie des T pourraient
avoir une origine extrathymique notamment médullaire.
Les fonctions
du thymus ont été découvertes grâce
à la thymectomie néonatale appliquée chez
la souris par Miller. En effet, cette intervention provoque une
diminution du nombre des lymphocytes à vie longue et une
disparition non seulement de l'immunité
cellulaire (rejet de greffe,
immunité cellulaire anti-infectieuse, réaction d'hypersensibilité
cellulaire) mais encore de la prolifération des lymphocytes
en présence de Con A et PHA . Par contre, la réponse humorale est moins perturbée. Elle est diminuée pour les Ag dits thymodépendants
portant surtout sur la production des Ac de classe IgG, mais non
modifiée ou augmentée pour les Ag dits thymoindépendants.
Certaines zones des organes lymphoïdes secondaires sont dépeuplées
en lymphocytes, ce sont les zones thymodépendantes (aires
paracorticales des ganglions, manchon périartériolaire
de la pulpe blanche de la rate). On constate souvent une hyperplasie du système réticulohistiocytaire
et des plasmocytes. Enfin, fréquemment
apparaissent des signes d'autoimmunisation principalement des Ac antinucléaires
(AcAN). La thymectomie à l'âge de 3 jours est suivie
de l'apparition d'un autre type d'auto-immunisation, dont la caractéristique
est d'être spécifique d'organes (Ac antithyroïde,
anti-îlots de Langerhans...).
Ces souris meurent de rabougrissement (Wasting
disease) : amaigrissement, aspect
bossu et hirsute, diminution de la fente palpébrale, diarrhée.
Cette "Wasting disease" paraît être le résultat
de phénomènes infectieux (ces souris étant
très sensibles à certaines infections normalement
contrôlées par l'immunité cellulaire) et auto-immuns.
Cet ensemble d'anomalies de l'immunité peut être
évité, au moins temporairement ou partiellement,
soit par des injections de thymocytes syngéniques, soit
par la greffe d'un thymus syngénique ou de son réticulum
épithélial, soit par l'implantation d'une chambre
de diffusion contenant un thymus syngénique ou non, ou
encore seulement la trame épithéliale du thymus,
soit enfin par des injections d'extraits acellulaires de thymus.
Ces expériences de thymectomie néonatale et de reconstitution
de l'immunité permettent de définir une population
particulière de lymphocytes à vie longue : les cellules T d'origine thymique responsables des
phénomènes d'immunité cellulaire et de coopération
avec les B. Les expériences
de reconstitution de l'immunité cellulaire chez les souris
thymectomisées à la naissance par, soit l'administration
d'extraits acellulaires de thymus, soit l'implantation de chambre
de diffusion contenant le réticulum épithélial
ne laissant passer que des facteurs solubles, montrent que les
thymocytes se différencient partiellement sous l'influence
de facteurs solubles synthétisés par les cellules
réticuloépithéliales, soit spécifiquement
thymiques (thymopoïétines,
thymuline), soit non spécifiques
du thymus comme l'IL7.
Par immunomarquage on a pu montrer que les vacuoles des cellules
épithéliales contenaient ces hormones thymiques.
L'a1 thymosine
qui avait été présentée comme une
hormone thymique est en fait produite par de très nombreuses
cellules. De plus, elle existe naturellement seulement sous forme
d'une molécule de plus grande taille : la prothymosine
a.
Le contact avec les cellules épithéliales notamment
avec les cellules nourrices (les lymphocytes seraient dans le
cytoplasme de ces cellules) participe aussi à une maturation
convenable des thymocytes. Ces cellules épithéliales
produiraient aussi un facteur
chimiotactique (thymotaxine de
Mr = 14 kDa décrite chez le rat) pour les précurseurs
des lymphocytes T.
Après irradiation létale (1000r) de la souris, le
thymus est dépeuplé en thymocytes car ces cellules
sont très radiosensibles, alors que les cellules réticulo-épithéliales
sont radiorésistantes. Pour repeupler en thymocytes le
thymus de ces animaux, il faut leur injecter par voie générale
de la moelle osseuse ou du foie foetal syngénique (les
cellules des ganglions ou de la rate sont inefficaces). Donc les
précurseurs des cellules T se trouvent dans la moelle ou
le foie foetal et les cellules épithéliales sont
responsables de la multiplication et de la différenciation
des précurseurs T.
Chez d'autres espèces comme le lapin, la thymectomie à la naissance n'a pas
d'effet aussi net que chez la souris ; car chez cette dernière,
aucun lymphocyte T n'a encore quitté le thymus à
la naissance pour gagner les organes périphériques,
ce qui n'est pas le cas chez le lapin où la périphérisation des T se fait au
cours de la vie foetale. Donc,
si on enlève le thymus du lapin à la naissance,
l'animal conservera les lymphocytes T périphérisés
qui ont une vie longue.
Chez la souris, la thymectomie à l'âge adulte n'entraîne
de modifications modérées de l'immunité cellulaire
que très tardivement après l'intervention. En effet,
il faut que le pool des lymphocytes T des organes secondaires
ait beaucoup diminué pour observer des anomalies, ce qui
nécessite plusieurs mois, car les lymphocytes T ont une
vie longue.
Le thymus de souris produit 50 x 106 thymocytes/jour mais
il ne persiste que 2 x 106
lymphocytes T. Donc la majorité des thymocytes meurt.
Si les souris thymectomisées à la naissance ne meurent
pas elles peuvent lentement et partiellement recontituer un pool
de lymphocytes T. Ce phénomène est en rapport avec
une production extrathymique des
T de la muqueuse intestinale
où des stuctures spécialisées nommées
"cryptopatches" sont constituées de précurseurs
T.
II-1.2.2./
Maturation des lymphocytes T
(voir chapitre
VIII, paragraphe III-Répertoire des T)
La maturation principale des T a lieu dans le thymus à
partir de précurseurs médullaires, par acquisition progressive de fontions et
de marqeurs nouveaux. Les thymocytes sont les lymphocytes T du thymus. La molécule
thy1,
intialement identifiée et nommée chez la souris
: théta, est exprimée sur les thymocytes et les
T matures, mais également sur d'autres cellules notamment
du cerveau et du rein. Chez l'homme (CD90) et le rat, thy1 est
présent sur les thymocytes mais pas sur les T matures.
La moelle osseuse contient, chez l'adulte, les précurseurs
des cellules B et T. C'est le foie qui tient ce rôle chez
le foetus. Ces cellules souches sont communes à B et T.
Elles donnent ensuite naissance à des pro-B et pro-T qui
se différencient ensuite irréversiblement dans le
sens B ou T après avoir gagné les organes lymphoïdes
centraux avant de coloniser les organes lymphoïdes périphériques.
Les pro-T pénètrent
dans le thymus au niveau des veines
post-capillaires, sans doute
captés par des récepteurs de surface (ou adressines)
des cellules endothéliales et/ou attirés par des
facteurs chimiotactiques d'origine thymique (thymotaxine). Dans
un premier temps, la multiplication et la différenciation
commencent après contact avec les cellules réticulo-épithéliales.
Les cellules T les plus immatures
vont proliférer. Cette
prolifération est intense dans la partie externe de la
corticale. Dans un second temps ou en même temps, interviennent
les facteurs thymiques (thymopoïétines, thymuline
et IL7...) qui vont compléter la différenciation
des T dans et, peut être, hors du thymus. Lors de cette
différenciation, les cellules vont acquérir ou perdre
certains Ag de membrane. De plus, des fonctions variées
vont apparaître progressivement. La majorité des
lymphocytes corticaux, moins différenciés que les
médullaires, meurent par apoptose (dégradation de l'ADN dans le noyau,
conduisant à la formation d'oligonucléosomes). En
quelques jours, un petit nombre de ces thymocytes corticaux peut
passer dans la médullaire pour donner les thymocytes médullaires qui migreront dans le torrent circulatoire.
Les thymocytes n'ont pas de récepteurs pour l'IL2, sauf
une sous-population minoritaire située dans la zone sous-capsulaire
du cortex (1% des thymocytes). Les lymphocytes qui émigrent hors du thymus,
ne sont pas totalement matures. Leur maturation se termine à
la périphérie sous l'effet des hormones thymiques
circulantes et d'autres influences.
En simplifiant, on peut distinguer trois étapes de différenciation
des thymocytes humains (tableau V-IIa)(voir III du Chap.VIII)
1ère étape :
Les thymocytes de la corticale qui viennent de pénétrer dans le thymus sont situés dans la zone sous-capsulaire où ils vont se diviser activement et commencer à se différencier. Ils, sont rapidement CD2 puis CD71 (ce dernier Ag n'est pas spécifique de la lignée T). Ils représentent 10% des cellules thymiques et sont dits doubles négatifs (DN), car ils n'expriment, ni le CD4,
ni le CD8.
2ème étape :
Les cellules localisées dans la corticale sont CD1+CD2+CD8+CD4+
: 70% des thymocytes portent ces Ag. La majorité de ces
cellules (95%) est détruite. Ces cellules sont des thymocytes
doubles positifs (DP) parce que le même lymphocyte
porte à la fois le CD4 et CD8. Les thymocytes DP se subdivisent
en cellules sans CD3 de surface (les plus immatures et les seuls
qui se divisent des DP) et avec CD3 de surface. Le nombre des
DP diminue par rapport aux DN chez les sujets agés.
3ème étape :
Dans la médullaire, les cellules se séparent alors
en 2 catégories, les CD2+CD5+CD3+CD4+ et les CD2+CD5+CD3+CD8+
(une très faible proportion des thymocytes est CD4-CD8-PNA-).
Ce sont des thymocytes simples
positifs (SP) CD4+ ou
CD8+. Ces thymocytes peuvent séjourner dans la médullaire
1 semaine et plus avant d'être exportés à
la périphérie. Entre la dernière division
des DP CD3- et l'apparition des SP CD4+, s'écoulent en
moyenne 3 jours.
Les Ag d'histocompatibilité de classe I sont plus abondants
sur les thymocytes médullaires que sur les thymocytes corticaux
surtout CD3-. L'hydrocortisone détruit seulement les thymocytes
immatures corticaux.
L'Ac monoclonal anti-CD38 marque les thymocytes, et la maturation
se termine hors du thymus avec la disparition du CD38. En fait
l'Ag correspondant ne se retrouve pas que sur les cellules de
la lignée T. L'immaturité partielle des thymocytes
SP qui sortent du thymus, est confirmée chez le rat où
ces cellules sont Thy1+CD45RC± (signes d'immaturité
chez le rat) et deviennent à la périphérie
Thy1-CD45RC+ avec une activité fonctionnelle plus élevée.
Le tableau V-IIb
se rapporte à la différenciation des T chez la souris.
II-1.2.3./
Sous populations T
II-1.2.3.1./
Ag de différenciation
Les Ag CD2, CD3 et CD5 sont présents sur pratiquement 100%
des lymphocytes T périphériques. L'Ag CD2 appartient
à la superfamille des Ig. Il est fait de 2 exo-domaines
analogues à ceux des Ig. A l'aide d'Ac monoclonaux, trois
épitopes majeurs ont été identifiés
: T111 (responsable de la formation des rosettes GR de mouton),
T112 et T113 ou CD2R. En association les Ac monoclonaux anti-T112
et anti-T113 entraînent l'activation des lymphocytes T.
Les lymphocytes T, mais également les B peuvent se présenter
sous 3 états fonctionnels différents : T naïfs (ils
n'ont après leur production, jamais été en
contact avec l'Ag), T effecteurs
(ils agissent après contact
avec l'Ag) et T mémoires
(ils ont été, mais
ils ne le sont plus avec l'Ag).
Les lymphocytes CD8+ sont principalement cytotoxiques, parfois suppresseurs, ils représentent 34% des T périphériques.
Le tableau IIc
indique les caractéristiques des CD8 selon leur état
fonctionnel.
Quant aux lymphocytes CD4+ qui constituent 63% des T circulants, ils sont
surtout coopérants, parfois inducteurs
de suppression ou suppresseurs.
Les lymphocytes T CD4+ de la périphérie sont CD44±CD45RA+CD45R0±CD29±
LECAM1+ avant tout contact avec l'Ag qui leur correspond (T naifs). Puis,
ils deviennent, de façon réversible, CD44+CD45RA±CD45R0+CD29+LECAM1±
lorsqu'ils ont été une première fois activés
par cet Ag (T mémoire). Ces dernières cellules peuvent exprimer
ou non 2 autres marqueurs d'activation : la chaîne a du
IL2R et les Ag du CMH de classe II. Les T inducteurs de suppression
ont pour rôle de mettre en action les T suppresseurs. Les
T coopérants sont CD4+CD31- et les inducteurs de suppression
CD4+CD31+. En fait, on peut trouver
parmi les lymphocytes CD4 ou CD8 tous les types fonctionnels de
lymphocytes T avec plutôt
des coopérants-inducteurs chez les CD4+ et plutôt
des suppresseurs-cytotoxiques chez les CD8+. En réalité
ce qui différencie les lymphocytes CD4 et CD8, c'est le
HLA reconnu par chacun de ces types de leucocytes. En effet, les CD4 ont des récepteurs pour la partie
constante des Ag de classe II et les CD8 des récepteurs
pour la partie constante des Ag de classe I.
L'Ag CD4 est aussi un membre de la superfamille des Ig. Il est
constitué par 4 exo-domaines, dont le plus externe est,
à la fois, le site
récepteur pour le virus du SIDA
et la structure qui se lie aux Ag du CMH de classe II. Dans l'infection
par le HIV, certains TCD8+ ont un rôle très particulier
: ils sont au moins en partie à l'origine des "long
term progressors" qui sont des sujets contaminés qui
ne développent le SIDA que très tardivement. Chez
une partie de ces sujets des CD8+ produisent des facteurs qui
bloquent la replication du HIV dans les CD4+ sans obligation de
reconnaissance des Ag du CMH de classe I du CD4+. L'un de ces
facteurs est le CAF (CD8+T-cell antiviral factor) dont la production
est augmentée par l'IL2 et diminuée par l'IL4 et
l'IL10. Les récepteurs
des chémokines sont également
apparus comme essentiels dans la résistance au SIDA. En
effet, pour pénétrer dans leurs cellules cibles,
le VIH doit se fixer sur un récepteur
principal :
le CD4 et un corécepteur : récepteur des chémokines. Pour
le VIH à tropisme pour les macrophages (souches M-tropiques),
le corécepteur est le CCR5
(récepteur pour MIP1a
et b
et RANTES), pour la souche à tropisme pour les lymphocytes
(souches T-tropiques), le corécepteur est le CCR4 (fusine
ou récepteur pour SDF1). Une délétion du
gène de CCR5 entraîne la production d'un récepteur
inactif et les sujets homozygotes pour ce gène sont pratiquement
totalement résistants à l'infection par le VIH1,
alors que les hétérozygotes sont partiellement résistants,
développant lentement la maladie. D'autres récepteurs
des chémokines peuvent peut être aussi intervenir
comme corécepteurs.
Dans les conditions normales, il existe très peu (3%) de
T du torrent circulatoire portant simultanément les déterminants
CD4 et CD8. En revanche dans le thymus, les thymocytes sont en
majorité simultanément CD4 et CD8.
Le tableau V-III indique les correspondances entre les
marqueurs des lymphocytes T de l'homme et de la souris. Par commodité,
quand il existe une équivalence entre un CD humain et un
marqueur de lymphocytes de souris, on utilise le CD humain pour
nommer le marqueur murin.
| Cellules | Souris | Homme |
| T | Thy1 (q) (2 allotypes
1 et 2) Ly1 CD3 |
Thy1 (non restreint aux T) CD5 CD3 |
| TH1 et TH2 majoritaires | L3T4 ou Ly4 ou CD4 | CD4 |
| TC majoritaires | Ly 2,3 Ly2 Ly3 |
CD8ab CD8a CD8b |
| T activés Ag du CMH de classe II T activés IL2R |
H2 classe II Ly43 |
HLA classe II CD25 (chaîneß=TAC) |
| Thymocytes corticaux | TL = Ly38 | CD1 |
II-1.2.3.2./ Récepteurs
membranaires
Ce sont des molécules flottant au sein de la membrane cytoplasmique
et ayant la faculté de fixer spécifiquement des
molécules particulières (ligands). On devrait réserver le nom de récepteur
à la structure membranaire qui après combinaison
avec le ligand, induit des modifications fonctionnelles de la
cellule. Des Ac monoclonaux spécifiques de certains CD
reconnaissent des récepteurs de membrane.
-a- Récepteurs
de reconnaissance de l'Ag (TcR)
Ces récepteurs ne peuvent être révélés
comme les récepteurs pour l'Ag des lymphocytes B par des
Ac anti-Ig marqués. Cependant, rarement des Ac anti-idiotypes,
spécifiques des Ac reconnaissant le même Ag que les
lymphocytes T, peuvent se lier aux récepteurs de ces lymphocytes
T. Ces récepteurs sont différents des Ig de surface
des cellules B et représentent des structures de reconnaissance
originales ayant des conformations spatiales rappelant la partie
variable des Ac. Chaque cellule T porte 30.000 à 50.000
récepteurs.
Chez l'homme
(figure V-4a),
le site de reconnaissance ou paratope se trouve sur un hétérodimère,
le TcR (T cell Receptor), soit de type aß (le plus fréquent), soit de type g d (plus rare). L'affinité
des TcR pour l'Ag est très basse KD = 10-4 à 10-5,
par rapport à celle des BcR et des Ig. Cette affinité
est appréciée en utilisant des préparations
de TcR solubles pour inhiber l'activation spécifique par
l'Ag des lymphocytes T.
Les TcR aß sont faits d'une chaîne a acide et d'une chaîne
ß plus basique liées l'une à l'autre par un
pont S-S. Cette molécule variable selon l'Ag reconnu définit
un clonotype analogue à l'idiotype des Ig. Les chaînes
a
et ß ont des domaines variables et constants. La partie
constante des chaînes a et ß a une partie extracellulaire, une
partie transmembranaire hydrophobe et une zone intracytoplasmique
(côté C-terminal). Les chaînes a
et ß sont glycosylées et ont des ponts S-S intrachaînes.
La molécule TcR est un hétérodimère
aß
lié à un complexe CD3 constant fait de 5 à 6 chaînes polypeptidiques
: 2 glycosylées (d) et (g), une, peu ou pas glycosylée (e),
et 2 non glycosylées (z) et (h). Dans 90% des Taß, le CD3 a pour formule g, d, e, (z-z) et dans 10% g,
d, e, (z-h). La liaison entre
TcR et CD3 se fait par l'intermédiaire de la chaîne
ß et de la sous-unité g (figure
V-4a et tableau V-IV). Les
Tab expriment,
soit le CD8, soit le CD4, soit
très rarement ni le CD8, ni le CD4.
Au cours de la différenciation des thymocytes aß,
le TcR aß est précédé par
l'apparition d'un préTcR
constitué par une chaîne
ß associée à une préchaîne a
(figure V-4a).
Les CD8+TcRab ont un aspect de Grands Lymphocytes Granuleux
(LGL = "large granular lymphocytes"), comparable à
celui des NK.
Une catégorie
très particulière de lymphocytes, découverte
chez la souris, puis chez l'Homme, est représentée par les NKT qui portent
à la fois le marqueur NK1 et TcRab. Ces cellules DN
ou CD4+ ou rarement CD8+ ont un TcR largement invariant avec chez
la souris une partie variable composée par Va14
et Ja281
et chez l'homme une partie variable composée par Va24
et Ja1Q.
Ces cellules sont phénotypiquement et fonctionnellement
hétérogènes. Après activation par
liaison des ligand avec le TcR, les NKTCD4+TcRab
et NKTDNTcRab
produisent très rapidement
des cytokines principalement IL4 et IFNg. La différenciation
de ces 2 sous-types est en grande partie thymodépendante, alors que celle d'un troisième sous-type
: NKTCD8+TcRab
est thymoindépendante. De plus ces cellules CD8+, beaucoup plus rares,
sont soit CD8a+b+ soit CD8a+b- et n'ont pas de capacité de production
rapide de cytokines. Le dévelopement et la reconnaissance
par le TcR sont, pour la plupart des NKT, restrents par le CD1d.
Chez la souris, la fréquence des NKT varie selon les tissus.
Pour les C57Bl6 par exemple, le thymus contient moins de 1% de
NKT, les ganglions moins de 1%, le sang 4%, la rate moins de 3%,
le poumon 7%, la moelle osseuse 20 à 30% et le foie 30
à 50%.
Les TcR gd sont aussi
des hétérodimères mais dont les chaînes
homologues de aß sont gd. Il existe 3 types de TcR gd selon le sous-type
g1, g2 (x 2) ou g2
(x 3) de la chaîne g.
Ces sous-types diffèrent les uns des autres notamment au
niveau de la partie constante extracellulaire qui fait juste suite
au fragment transmembranaire. Cette zone correspond en partie
pour la chaîne g1 à l'exon 2 et pour les chaînes
g2 (x 2) et g2
(x 3) respectivement à une
duplication ou une triplication de cet exon. Il n'y a un pont
S-S interchaîne que pour les TcRg1d. Les TcR gd ont
aussi leurs TcR liés au CD3, mais la
majorité est CD4- CD8-.
Cependant, une minorité
porte le CD8 (voir Chap. VII).
Les Ag reconnus par les TcR ab
sont presque tous des Ag du CMH autologue ou allogénique
associés à des peptides variés. Cependant,
les NKT
se lient à d'autres Ag, par exemple l'a-galactosylcéramide
présenté par le CD1 (Ag du CMH de classe Inon-classique).
En revanche, les TcRgd
sont souvent spécifiques d'Ag non liés aux Ag du
CMH, par exemple la protéine
du stress Hsp65 des mycobactéries.
Chez la souris, la molécule TcR est analogue à celle
de l'homme (tableau V-IV).
Tableau V-IV Complexes TcR-CD3 chez l'homme et la souris
| Chaînes | Homme (kDa ) | Souris (kDa ) | Association |
| TcRa | 45 à 60+(32) | 45 à 55+(29) | a-b hétérodimère |
| TcRb | 40 à 50+(32) | 40 à 55+(32) | a-b hétérodimère |
| TcRg | 35 à 42±(32) | g-d hétérodimèrekDa | |
| TcRg1 | 40+(31) | g-d hétérodimèrekDa | |
| TcRg2 (2 x) | 40 à 44+(34) | g-d hétérodimèrekDa | |
| TcRg2 (3 x) | 55+(43) | g-d hétérodimèrekDa | |
| TcRd | 40 à 60+(33) | 44 à 46+(34) | g-d hétérodimèrekDa |
| CD3g | 25 à 28 (16) | 21+ (16) | |
| CD3d | 20+(14) | 28+(16) | |
| CD3e | 20 | 25±(18) | |
| CD3z | 16 | 16 | z-z homodimère (90%), h-h homodimère |
| CD3h | 21 | 21 | z-h hétérodimère, h-h homodimère |
| CD3w | 28 | 28 | est liée à CD3 seulement dans le réticulum endoplasmique mais est éliminée avant que CD3 s'exprime en surface |
La chaîne z
a un domaine extracellulaire
avec seulement 9 AA (alors que les chaînes g , d
et e
ont un domaine extracellulaire de 79 à 140 AA) et un grand domaine cytoplasmique
de 112 à 113 AA. La région cytoplasmique de la chaîne
x
contient 3 motifs répétitifs
ITAM qui sont des sites potentiels
pour être phosphorylés par les protéines tyrosines
kinases. La portion cytoplasmique des chaînes g, d
et e
comprend 1 seul motif ITAM. C'est la phosphorylation des tyrosines de l'ITAM
qui est responsable de la transduction du signal provenant du
TcR. Les chaînes h et x
dépendent d'un même
gène mais la chaîne h provient d'un épissage
différent de celui conduisant à la chaîne x.
Chez l'homme et la souris, le gène de ces 2 chaînes
est situé sur le chromosome 1. Chez la souris, 3 variétés
différentes d'isoformes TcR ab CD3 + ont été
identifiées avec soit xx, soit hh
(figure
V-4b).
L'avidité des récepteurs des lymphocytes T coopérants
serait plus faible que celle des récepteurs des T suppresseurs.
Enfin, les récepteurs pour
l'Ag des T reconnaissent plutôt des épitopes séquentiels
alors que ceux des B sont préférentiellement complémentaires
d'épitopes conformationnels.
Les TcR ab apparaissent sur les thymocytes DP les plus
matures en même temps que les différentes chaînes
du CD3. Cependant, il existe un petit nombre d'une part de DN
CD3- exprimant en surface une seule chaîne b et
d'autre part de DN CD3+ avec des TcR bb. Ces cellules représentent
sans doute une étape qui précède celle des
DP ab
CD3+.
-b- Récepteurs pour le Fc des Ig
Ils se détectent soit à l'aide d'Ig agrégées
marquées par un fluorochrome, soit surtout par des Ac monoclonaux.
Les lymphocytes T se divisent en Tg (FcgRII
= CD32) ou Tµ, mais aussi T a et T e
(FceRII
= CD23) selon qu'ils portent des récepteurs pour les IgG,
IgM, IgA ou IgE .
On a cru que les Tµ correspondaient à des T coopérants
et les T g à des suppresseurs, mais ces marqueurs
sont en fait instables et ne permettent pas de faire correctement
la différence entre T coopérants et suppresseurs.
-c-
Récepteurs pour le C
Quelques rares lymphocytes T ont des récepteurs CR1 (pour
C3 b) ou CR3 (pour C3 bi).
-d- Récepteurs
pour les globules rouges de mouton (GRM)
L'incubation à 4°C des lymphocytes périphériques
humains avec des GRM entraîne la formation de 60 à
80% de rosettes dites E. Les cellules formant des rosettes E mouton
sont les lymphocytes T matures. Les rosettes mouton ont servi
à numérer et à isoler les cellules T. Les
récepteurs pour les GRM correspondent au CD2. La majorité
des cellules NK humaines exprime aussi l'Ag CD2.
Il n'y a pas d'équivalent des rosettes mouton chez la souris.
-e- Récepteurs pour les GR syngéniques
On peut aussi détecter chez l'homme et la souris des auto-rosettes
qui correspondraient à des lymphocytes T activés
et à des thymocytes.
-f- Récepteurs pour les hormones et
les neuromédiateurs
Certains lymphocytes T portent des récepteurs pour l'insuline,
la somatostatine, la dopamine, l'acétylcholine, la substance
P, la métenképhaline, l'adrénaline, le peptide
vasoactif intestinal, l'histamine, la sérotonine, les prostaglandines,
les hormones thymiques...
-g- Récepteurs pour les virus
Les lymphocytes T humains ont des récepteurs pour le virus
de la rougeole (CD46). L'Ag CD4 est le récepteur principal
pour le HIV, responsable du SIDA.
-h- Récepteurs pour les lectines
Les lectines sont des substances le plus souvent végétales,
parfois animales ayant la propriété de se lier spécifiquement
à certains sucres simples de la membrane plasmique. Les
lymphocytes T fixent ainsi la phytohémagglutinine (PHA) et la concanavaline
A (Con A).
Ces deux substances induisent, en plus, des mitoses de ces lymphocytes
T.
La figure V-4c
rappelle les différents Ag et récepteurs de surface
des T.
II-1.2.3.3./ Synthèse
de cytokines
Différents types de lymphocytes T se différencient
les uns des autres par les facteurs solubles (cytokines) qu'ils
peuvent synthétiser. Chez la souris, Mosman a ainsi isolé
des clones de lymphocytes T CD4+ avec des capacités de production d'interleukines
caractéristiques de 2 variétés typiques de
CD4+. Il s'agit des TH1
qui synthétisent IL2 et
interféron g
(IFN g) et des TH2
qui produisent IL4, IL5, IL6 et
IL10 (figure
V-4d). Des résultats voisins
ont été obtenus chez l'homme. De plus les TH1 exprimeraient les récepteurs des chémokines
CCR5
et CXCR3 et
les TH2 préférentiellement
les CCR4 et
CCR8.
Les ligands de ces chémokines sont chimiotactiques pour
les cellules portant les récepteurs correspondants. Les
CCR3
seraient présents sur une sous-population minoritaire des
TH2.
Les TH1 ont une activité
pro-inflammatoire grace à
leurs cytokines et en plus peuvent provoquer l'apoptose de cellules
cibles par la voie fas des cibles/fasL
des lymphocytes. Quant aux TH2, ils coopèrent aves les B pour la production d'Ac.
En fait des clones CD4+ à
comportement intermédiaire entre TH1 et TH2 ont
aussi été isolés. Il s'agit notamment des
TH0
qui peuvent pratiquement produire l'ensemble des cytokines de
TH1
et TH2
(figure V-4d).
Deux autres types de CD4+ ont été décrits
: les TH3 sécrétant
surtout du TGFß et les Tr1 produisant principalement de l'IL10. Une autre catégorie de TCD4+ a été
décrite. Ces cellules situées au niveau de la couronne
claire des follicules lymphoïdes sont les TfH (T follicular Helper) qui
portent les récepteurs CXCR5 de la chémokine CXCL13 produite par les cellules dendritiques folliculaires.
Ces lymphocytes libérent peu d'IL2 et d'IL10 et rarement
d'IFNg. Cette population
minoritaire des T recrutés dans les centres germinatifs
des follicules lymphoïdes,
est la seule population de T où existe des mutations
de la partie variable de la chaîne a
du TcR (pas de mutation pour
les gènes de la chaîne b).
Le profil de synthèse des cytokines par les T CD8+ est
indiqué sur la figure V-4d. Il existerait comme pour les T CD4+ des types
TH1
et TH2.
Chez la souris, les TH1
seraient CD45+++ et les TH2 CD45±.
Les TH1 interviennent principalement
dans les hypersensibilités retardées et les TH2 comme
cellules coopérant avec les lymphocytes B pour la synthèse
des Ac.
La différenciation des TH0 vers les TH1 et TH2 dépend de la stimulation prolongée
des T, et le choix (polarisation) du sous type TH1 ou TH2 est en rapport avec
la présence de certaines cytokines ou facteurs hormonaux
:
l'apparition des CD4+ TH1 serait favorisée par l'IL2 ;
celle des CD4+ TH2' par l'IL4, le TGFß, la PGE2 et les corticoïdes
;
celle des CD8+ TH2 par l'IL4 .
Elle dépend également de la catégorie des
cellules présentant l'Ag, de la nature de l'Ag et de sa
voie d'introduction (figures VI-30b, VI-30c, VI-30d et texte
correspondant). Sous l'influence
de l'environnement, les TH1 peuvent devenir des TH2.
Les CD8+
peuvent aussi être séparés en TC0, TC1 (IL4-, IFN g+) et TC2 (IL4+, IFN g-) (figure V-4d). IL2
et IL4 favorisent la production de TC2+ et IL4 et IL12 ont
une activité opposée sur la fréquence des
TC0/TC2 et sur
la production d'IFN g+ par tous les clones.
Les lymphocytes T NK1+ ab
(l'Ag NK1 est un marqueur de
surface des cellules NK) représentent un sous population
particulières de T. Les T NK1+ab, d'origine thymique
ou extrathymique, ont un répertoire
restreint (chez la souris : Va14Ja281/Vb8.2,
Vb7,
Vb2
et chez l'homme : Va24JaQ/Vb11) et nécessitent la liaison avec l'Ag du CMH de classe I like CD1. Ils produisent rapidement de l'IL4 et peuvent
orienter les Tab CD4+ dans le sens TH2. Ils contrôleraient
aussi l'hématopoïèse, l'auto-immunité,
les phénomènes de tolérance et seraient une
cellules transition entre les NK non spécifiques et les
T spécifiques CD4 et CD8. Ainsi, elles interviendraient
dans l'immunité antimycobactéries, antiplasmodiums,
antitumorales...
II-1.3./
Les lymphocytes B, la bourse de Fabricius et la moelle osseuse
II-1.3.1./
Généralités
On les
dits B, car ils se différencient et se multiplient après
la naissance dans la bourse de
Fabricius (BF) chez les oiseaux et
la moelle osseuse (Bone-marrow) chez les mammifères.
Les cellules souches des lymphocytes B se trouvent dans la moelle
osseuse après la naissance ou le foie
foetal. Du point de vue ontogénèse,
les premières cellules portant la marque d'une cellule
B sont les pro-B.
La BF (figure V-5a) est un organe lymphoépithélial
central (ou primaire) des oiseaux. Son réticulum épithélial
provient de l'épithélium digestif. La BF est située
à la face postérieure
du cloaque. La BF, d'apparition
embryologique un peu plus tardive que celle du thymus, involue
à partir de la 7ème ou 13ème semaine chez
le poulet, au moment de la puberté. En plus des cellules
lymphoïdes B et de la trame cellulaire épithéliale
de la BF, Glick observe des cellules
"sécrétoires"
riches en granules de sécrétion avec prolongements
cytoplasmiques. Des cellules analogues ayant peut-être pour
origine la BF sont aussi présentes dans la rate. Ces cellules
sécrétoires pourraient être à l'origine
de la synthèse de facteurs de différenciation des
lymphocytes B de la BF.
La boursectomie chirurgicale ou chimique (traitement par les androgènes), réalisée
avant la naissance ou juste après l'éclosion diminue
la réponse immune humorale, mais conserve intacte l'immunité
cellulaire. Les follicules lymphoïdes des organes lymphoïdes
secondaires sont peu développés et contiennent peu
de plasmocytes. Lorsque la boursectomie est faite 4 jours avant
la naissance, la synthèse de toutes les Ig est inhibée.
Lorsqu'elle est pratiquée 2 jours avant, seule la production
des IgG et IgA est absente. Enfin lorsque l'intervention est réalisée
à la naissance, seules les IgA manquent.
Pour certains auteurs, on évite ce déficit si le
sujet boursectomisé est, soit traité par des extraits
acellulaires de BF, soit implanté avec une chambre en membrane
de nitrocellulose contenant une BF. Cette chambre est imperméable
aux cellules de la BF, mais laisse passer dans le torrent circulatoire
de l'animal un ou des facteurs solubles synthétisés
par cet organe. Donc la BF entraînerait la différenciation
des cellules souches en lymphocytes B, au moins en partie, par
l'intermédiaire d'un facteur humoral. Brand, Gilmour et
Goldstein (1976) nomment ce facteur "la
boursopoïétine".
Ce dernier auteur identifie sous le nom de
bursine un tripeptide = lys-his-gly
amide qui est la boursopoïétine ou l'un de ses constituants.
La bursine est présente dans les cellules épithéliales.
Le contact des précurseurs B avec les cellules épithéliales
participe aussi au processus de différenciation des lymphocytes
B. La BF est colonisée seulement pendant la période
embryonnaire (7-14ème jour) par des cellules souches prébursiques.
Ces précurseurs se multiplient et commencent leur différenciation
dans la bourse où ils constituent les lymphocytes bursiques
dont la majorité (>95%) porte des Ig de membrane. Ces
cellules émigrent massivement dans les tissus périphériques
à partir du 18ème jour de vie embryonnaire jusqu'à
la 4ème semaine après l'éclosion. A partir
de ce moment, l'involution de la BF débute. Elle est pratiquement
totale à 6 mois. La BF contient 104 follicules correspondant
chacun à la descendance de 2 à 7 cellules souches
colonisatrices. 1 à 10% de cellules produites dans la bourse
la quittent et les autres meurent. L'environnement bursal entraîne
l'apparition sur ces cellules B des Ag du CMH de classe II et
des Ag de différenciation BU-1.
Chez les
mammifères, les lymphocytes B trouvent leur origine dans
la moelle osseuse hématopoïétique. Les précurseurs des lymphocytes B et
les premiers lymphocytes B qui proviennent de la différenciation
de ces cellules initiales, se trouvent entre les mailles d'une
trame de cellules réticulaires mésenchymateuses.
Ces cellules réticulaires sont étoilées avec
de longs prolongements. On trouve également des macrophages,
contenant des corps tingibles correspondant à des lymphocytes mourants
phagocytés. En effet, beaucoup de lymphocytes B meurent
sur place par apoptose. La moelle osseuse est irriguée
par des artères qui se divisent en capillaires dont une
partie gagne le tissu osseux voisin. Les capillaires se jettent
ensuite dans des sinus et sinusoïdes qui se terminent par
des veines. Les B matures s'accumulent
dans les sinusoïdes, puis
sont exportés par le sinus central dans la circulation
et les organes lymphoïdes secondaires (figure
V-5b).
II-1.3.2./
Maturation des lymphocytes B
Dans le foie foetal, les cellules souches vont donner naissance
aux cellules pré-B. Il existe 3 types de cellules pré-B
selon leur état de maturation : les
pro-B de grande taille sans IgM intracytoplasmique ou de surface, les pré-B de grande taille, puis les
pré-B de petite taille
qui sont toutes les deux dépourvues
d'IgM de surface mais dont le cytoplasme contient des chaînes
lourdes m. Ensuite, apparaîtront des cellules à IgM monomériques de
membrane d'abord de type intermédiaire contenant des chaînes
m
intracytoplasmiques, puis de type B immatures sans chaîne
intracytoplasmique. Ces dernières
se différencient hors du foie foetal, dans la BF pour les
oiseaux et la moelle osseuse pour les mammifères. Chez
l'homme et la souris, les précurseurs B présents
dans la moelle osseuse se différencient au contact des
cellules du stroma (cellules réticulaires
stromales) et sous l'effet de
facteurs produits par ces cellules (IL7...). Dans la moelle, les gènes des Ig
sont réarrangés, puis des chaînes m intracytoplasmiques
sont synthétisées et enfin les cellules expriment
des IgM de surface. A ce moment de nombreuses cellules (plus de
la moitié) sont le siège d'un phénomène
d'apoptose
dont elles meurent. Les macrophages médullaires phagocytent
et détruisent ces B non viables. L'ensemble constitue les
cellules à corps tingibles. C'est dans la moelle osseuse que se constitue
donc le répertoire des B avec élimination de certains
clones aberrants, peut-être auto-immuns.
Les B survivants matures ayant
uniquement des IgM de surface, puis des IgM associées à
des IgD et des récepteurs pour le C,
passent dans le torrent circulatoire et gagnent les aires thymoindépendantes
des tissus lymphoïdes (dans l'ordre d'importance et de rapidité
: rate, ganglions mésentériques, puis autres ganglions).
A la naissance n'existent que ces cellules (figure
V-6a). Contrairement à ce
que l'on a longtemps cru, les pro
et pré-B expriment à
leur surface des récepteurs
immunoglobuliniques, mais de
structure différente des récepteurs pour l'Ag des
B matures (BcR). Pour les pro-B et les pré-BI, il s'agit
d'une molécule Vpré-B associée à une protéine de 55 ou 130 kDa ; cette dernière lièe par un pont
S-S à une pseudo chaîne
légère (l5 chez la souris, comportant une partie Vl5 et portion
constante Cl5). Chez les pré-BII, le récepteur
est un complexe constitué par une chaîne
lourde avec une partie V résultant d'un réarrangement
des gènes DJ, associée à la molécule
Vpré-B et couplée par un pont S-S à la pseudo
chaîne légère l5. Quant aux B immatures, outre la molécule
Vpré-B, ils expriment la chaîne lourde avec une partie
V résultant d'un réarrangement des gènes
VDJ. Cette chaîne lourde est liée soit à la
pseudo chaîne légère l5, soit à
une chaîne légère (figure
V-6b).
Chez les mammifères, prolifération et différenciation
des lymphocytes pro- et pré-B dépendent de l'IL3 (cellules
productrices : lymphocytes T et leucocytes divers), de l'IL4 (cellules
productrices : CD4+ TH0 et TH2, mastocytes, cellules stromales
de la moelle), de l'IL5 (cellules productrices : CD4+ TH0 et TH2) et
de l'IL7
(cellules productrices : cellules stromales de la moelle, de la
rate et du thymus).
Les cellules
B exportées à partir de la moelle osseuse pourront
donner des plasmocytes (Photo) synthétisant
des Ig qu'ils accumulent dans leur cytoplasme, puis qu'ils excrètent.
Cette différenciation terminale a pour point de départ,
soit une stimulation antigénique oligoclonale, soit une
activation polyclonale par des stimulants polyclonaux tels que
la protéine A, le virus EB, l'extrait hydrosoluble de Nocardia
Opaca. Dans le premier cas, seuls ou presque seuls les clones
de cellules B reconnaissant l'Ag sont mis en activité.
Dans le second, un très grand nombre de clones capables
de produire des Ac de spécificités très différentes
est stimulé. Lorsque les lymphocytes à IgM de surface
sont activés par l'Ag, ils produisent d'abord des Ac de
classe IgM, puis, au bout de quelques jours, des Ac de classe
IgG, IgA ou IgE. C'est le phénomène de la commutation (switch).
Tous les lymphocytes B à IgM et IgD de surface stimulés
par l'Ag ne se transforment pas en plasmocytes sécrétants,
mais certains deviennent, après commutation, des cellules B mémoires
à IgG ou IgA ou IgE de
surface. Les lymphocytes B avec
IgG, IgA ou IgE de surface produisent toujours la classe d'Ac
correspondant à leur Ig de surface.
Les lymphocytes
B se distribuent dans 3 compartiments : les follicules des organes lymphoïdes secondaires entre
lesquels ils recirculent, les cavités
pleurales et péritonéales
et la zone marginale (les B de cette zone ne recirculent pas) située
entre la pulpe blanche et la pulpe rouge sléniques.
La figure V-7a
indique les différents Ag trouvés au cours de la
différenciation et de l'activation des cellules B.
II-1.3.3./
Ag de différenciation
(tableau V-V)
Dans la figure V-7b sont représentés les principaux
Ag exprimés à la surface des lymphocytes B humains.
Certaines de ces molécules sont propres à la lignée
B, d'autres sont partagées avec des lignées différentes.
| SOURIS | HOMME |
| Igm | Igm |
| H2 classe II | HLA classe II |
| CR1,CR2,CR3 | CR1,CR2,CR3 |
| FcgRII | FcgRII (IIB) |
| FcaR et eRII (certaines sous-populations B) | FcaR et FeRII (certaines sous-populations B) |
| EBV-R | |
| GRS-R(sous-population) | |
| Sous-population Ly 5, minoritaire* | CD45 |
| Sous-population Ly 1 minoritaire | CD5 |
| ANAE(-) | ANAE(-) |
Chez la souris,
les lymphocytes B peuvent être séparés en
deux catégories selon qu'ils portent ou non l'Ag Ly5. Chez
une souche de souris mutantes (mutation xid), les CBA/N, les lymphocytes
Ly5+ manquent. L'Ag Ly5 s'exprime aussi sur 90 % des cellules
médullaires, les NK et des cellules myéloïdes.
La plus grande partie de ces cellules B Ly5 ont en plus un Ag
des lymphocytes T : le Ly1 (CD5). Les lymphocytes B CD5+ (lymphocytes B1)
majoritaires à la naissance deviennent minoritaires chez
l'adulte, où les lymphocytes B qui prédominent sont
les CD5- (lymphocytes B2). Cependant, la plupart des B de la cavité
péritonéale de l'adulte sont CD5+. Les lymphocytes
B Ly5+ sont IgMs++, IgDs faible et Ly40+ (CD11b).
Les lymphocytes B naifs (ceux qui n'ont jamais rencontré l'Ag)
sont HSA+ (heat stable Ag), alors que les B
mémoires ne portent plus
cet Ag de surface.
II-1.3.4./
Récepteurs membranaires
II-1.3.4.1./ Récepteurs
de reconnaissance pour l'Ag (BcR)
Seuls les lymphocytes B ont des Ig de surface synthétisées
par eux-mêmes, détectables par immunomarquage à
l'aide de sérum anti-Ig. Ces Ig sont plantées dans
la membrane du lymphocyte par l'extrémité C-terminale
de leur fragment Fc. Chaque lymphocyte B porte environ 100 000
Ig de surface. Ces Ig sont semblables, mais non identiques à
celles que sécrètera le lymphocyte B, sauf lorsque
cette cellule porte des Ig de 2 isotypes différents IgM-IgD.
Dans ces cas, le plasmocyte correspondant synthétisera
l'une des Ig de surface en général l'IgM. Les IgM de membrane sont monomériques contrairement aux IgM
sécrétées qui sont pentamériques. Comme les TcR sont associés au CD3,
les IgM et IgD de membrane le sont à 2 hétérodimères
Iga/Igß
(voir Ig
de membrane, chapitre II) (figure V-7c). L'extrémité
intracytoplasmique de ces chaînes a est très
voisine de celles des constituants g, d et z
de CD3 et des sous-unités ß et g des FceRI.
Il existe donc des homologues entre les hétérodimères
liés aux IgM ou aux IgD de surface des B et certaines des
sous-unités du CD3 couplé aux TcR des T.
Ces récepteurs immunoglobuliniques, sous l'influence d'Ac
anti-Ig ou de certains Ag vont se redistribuer en formant des
agrégats qui se regroupent au pôle cellulaire en
regard de l'appareil de Golgi pour donner une calotte : "Cap".
C'est le"caping".
II-1.3.4.2./ Récepteurs
pour le fragment Fc des Ig
Comme pour les cellules T des récepteurs pour le Fc, des
Ig peuvent être détectées sur les cellules
B. Il s'agit de récepteurs pour le Fcg de type FcRII (CD32).
Il existe aussi des sous-populations minoritaires avec des récepteurs
pour le Fca ou le Fce (FceRII=CD23).
II-1.3.4.3./ Récepteurs
pour le C
Les lymphocytes B ont des récepteurs CR1, CR2 et CR3 qui
fixent respectivement C3 b, C3dg et C3 bi. Les monocytes et les
polynucléaires ont aussi des récepteurs CR1 et CR3.
II-1.3.4.4./ Récepteurs
pour les hématies
La majorité des lymphocytes B humains forme des rosettes avec les GR de souris. Il n'y a pas d'équivalent pour les lymphocytes
B de souris.
II-1-3.4.5./ Récepteurs
pour les hormones
Comme pour les lymphocytes T, les lymphocytes B peuvent avoir
des récepteurs pour plusieurs hormones.
II-1-3.4.6./ Récepteurs
pour les virus
Les lymphocytes B ont des récepteurs pour le virus d'Epstein-Barr.
Il s'agit en fait du CR2 (CD21). Les lymphocytes B transformés
par le virus EB expriment le CD4.
II-1-3.4.7./ Récepteurs
pour les lectines
Les lymphocytes B prolifèrent en présence d'extrait de Nocardia,
de LPS
des bactéries gram(-), de tuberculoprotéine purifiée, de protéine
A du staphylocoque. Le LPS est
moins mitogène pour les B humains que pour les B de souris.
Le PWM
(PokeWeed Mitogen) est mitogène pour
les B et les T. Dans ce cas, les B ne se multiplient qu'en présence
de lymphocytes T, car elles doivent recevoir 2 signaux : l'un
provient directement du PWM, l'autre des ligands de surface des
T et/ou des cytokines produites par les T stimulés par
la lectine. Les cellules qui se multiplient en présence
d'une lectine, ont des récepteurs glucidiques pour celle-ci.
Inversement, une lectine n'est pas obligatoirement mitogène
pour les cellules qui portent les récepteurs correspondants.
La PNA (PeaNut
Agglutinin) est un marqueur de surface de la sous-population
des lymphocytes B présente dans les follicules lymphoïdes.
II-1.4./
Les lymphocytes nuls : cellules K, NK et LAK
II-1.4.1./ Les cellules à activité K (K pour
killer = tueur)
Ce sont des cellules qui détruisent, sans intervention
de la phagocytose, des cellules cibles recouvertes d'Ac de classe
IgG grâce à l'ADCC (Antibody Dependent Cellular Cytotoxicity). Ces cellules appartiennent à différentes
populations, mais ont toutes des récepteurs pour le Fc
des IgG. Parmi ces cellules, on trouve des cellules nulles (qui
n'ont ni marqueur T ni marqueur B), des cellules T, des macrophages
et des polynucléaires. Le nom de cellules K s'applique
plus particulièrement aux lymphocytes nuls responsables
de l'ADCC. Ces cellules ont des récepteurs CR2 (pour C3dg)
et C1qR. Ces cellules sont pratiquement les mêmes cellules
que les NK.
II-1.4.2./
Les cellules NK (natural killer) et leurs formes activées
LAK (Lymphokine activated killer)
Les cellules NK sont des cellules lymphoïdes, décrites
par Rosenberg (1972), ayant la capacité
de détruire in vitro sans restriction par les Ag du CMH
des lignées de cellules tumorales syngéniques ou
non, des cellules infectées par des virus ou même
des cellules normales (précurseurs des cellules hématopoïétiques) sans qu'il ne soit intervenu aucune sensibilisation
préalable par ces cibles.
Un caractère général des cibles est d'avoir
les Ag du CMH de classe I faiblement
ou non exprimés. Une forte
densité de ces Ag protège contre l'action cytotoxique
des NK (voir
paragraphe IV-2 chapitre VI).
Les NK portent 2 types de récepteurs, les uns activent la
cellule, donc notamment sa fonction cytotoxique, les autres l'inhibent. L'effet inhibiteur est dominant.
Les récepteurs inhibiteurs appartiennent à
2 catégories : les récepteurs de la super famille
des lectines de type C Ca++ dépendants (CD94 associé
à NKG2 chez l'homme et Ly49 chez la souris) et les récepteurs
immunoglobuline like ou KIR (Killer Inhibitory Receptor ou Killer
cell Immunoglobulin-like Receptors)
et LIR
(Leucocyte
Immunglobulin-like Receptors)
de l'homme (les gènes des KIR et LIR sont situés
sur le chromosome19q13.4 dans une zone nommée LRC : Leukocyte Receptor
Cluster) et leurs équivalents
chez la souris comme la gp49. Certains lymphocytes T, surtout CD8+, portent
ces récepteurs inhibiteurs et ont le phénotype T
mémoires : chez l'homme CD45R0+CD29+CD28-CD45RA-, chez
la souris CD44hLy6C+CD122+CD25-,. De plus il s'agit de T oligoclonaux
ou monoclonaux.
Ces différents
récepteurs inhibiteurs agissent par l'intermédiaire
d'une même portion intracytoplasmique ITIM (Immunoreceptor Tyrosine-based Inhibitory
Motif) qui recrute et active
les tyrosine phosphatases SHP1 et/ou SHP2.
Les récepteurs de la superfamille des lectines de type
C sont, chez l'homme, des hétérodimères (liaisons
par ponts S-S) entre le CD94 (glycoprotéine de type II
de la superfamille des lectines de type C) et une molécule
glycoprotéique de type II (43kDa) de la famille NKG2 codée
par les gènes NKG2A, NKG2C,..., NKG2E ou NKG2F. Seules
les complexes CD94/NKG2A et B sont inhibiteurs. Le complexe CD94/NKG2C
est en revanche activateur. NKG2A et B sont des isoformes issues
du même gène, ils portent la séquence ITIM.
Le HLA-E
(HLA de classe I) serait le ligand inhibiteur de CD94/NKG2. Ces
récepteurs ne reconnaîtraient pas les HLA vides,
mais seulement ceux occupés par un peptide, cependant il
n'y aurait pas de reconnaissance du peptide. Chez la souris, existeraient
aussi un complexe CD94/NKG2, mais surtout les récepteurs
de la famille Ly49 qui expriment un ITIM, comme Ly49A dont les
ligands sont H2Dd et H2Dk. Des Ly49 sans ITIM peuvent avoir un
effet activateur.
Les récepteurs immunoglobuline like sont les KIR qui comprennent
des molécules portant 1 à 6 domaines immunoglobuliniques
exprimés sous forme de monomères ou d'homodimères.
Les différents KIR sont présents sur de nombreux
types cellulaires, alors que les récepteurs de la superfamille
des lectines de type C sont relativement spécifiques des
NK. Les KIR des cellules autres que les NK inhibent l'activation
de ces cellules. Ainsi, l'ILT2 (Immunoglobulin-Like Transcript) a un effet inhibiteur sur l'activation des
B, T, NK, basophiles, monocytes et cellules dendritiques. Lorsqu'une
cellule cible potentielle des NK, porte des Ag de classe I, ces
derniers alertent les récepteurs inhibiteurs et empêchent
la lyse de la cellule. Les KIR sans ITIM ont un effet activateur.
La figure V-7d
indique chez l'homme et la souris les récepteurs à
ITIM et leurs ligands.
Les récepteurs activateurs et leurs ligands
sont mal connus. Certains, au moins comme costimulateurs, sont
des isoformes des récepteurs inhibiteurs dépourvus
d'ITIM.
Les NK proviennent d'un précurseur
commun avec la lignée T.
Après libération de la moelle osseuse, la plupart
des cellules NK circule dans le sang périphérique
ou migre vers la rate. Peu de cellules NK sont détectables
au niveau du thymus ou des ganglions périphériques.
La durée de vie d'une cellule varie de quelques jours à
quelques mois.
Les NK constituent 10 à 20% des grands lymphocytes
granuleux (LGL = "large granular lymphocytes") du torrent circulatoire. Ces LGL sont des cellules
très riches en granulations cytoplasmiques azurophiles.
Les NK, comme les Tgd expriment constitutionnellement les perforines et
les granzymes responsables de l'activité cytotoxique.
Les caractéristiques antigéniques de surface de
la majorité des cellules NK sont chez l'homme CD3-CD16+CD56+CD57+
et chez la souris L3T4-Lyt1-NK1 et 2+ 4D11+Asialo GM1+. Ces cellules
n'ont pas les récepteurs pour l'Ag des cellules T. Les
cellules NK ne sont pas seulement cytotoxiques, mais elles sont
aussi dotées d'autres fonctions. Notamment elles se comportent
comme des cellules suppressives
de la réponse humorale ou cellulaire
et jouent un rôle régulateur
de l'hématopoïèse.
Certains lymphocytes T ont une
activité NK-like. Ils
sont CD3+NKH1+, ont des récepteurs pour l'Ag soit ab, soit
surtout gd et pour la plupart exprime le CD56. Ils représentent
moins de 5% des lymphocytes du sang.
Les LAK
également décrites par Rosenberg et Grimm (1982),
correspondent à des NK
ou des
NK-like activées principalement
par l'IL2 et l'IL4, qui prolifèrent sous l'influence de
ces lymphokines. L'IFNg accroît l'effet de l'IL2 et l'IL4. Elles
sont cytotoxiques pour une plus grande variété de
lignées de cellules néoplasiques que les NK. De
plus, elles sont aussi actives sur les cellules tumorales autologues
ou allogéniques fraîchement isolées.
Le tableau V-VIa
résume les caractéristiques des NK et LAK et le
tableau V-VIb
indique les principales différences en Ag de surface des
NK, T, monocytes/macrophages et polynucléaires neutrophiles
II-1.5./
Lymphocytes et organes lymphoïdes secondaires
Les lymphocytes T et B matures que nous venons d'étudier
vont se localiser respectivement dans les zones thymodépendantes
et thymoindépendantes des tissus lymphoïdes
secondaires.
II-1.5.1./ Les ganglions lymphatiques (figure V-8) :
Ce sont des organes réniformes disposés
le long des voies lymphatiques.
Ils sont entourés d'une capsule
conjonctive qui envoie des
travées en direction du hile divisant ainsi l'organe en
lobules. A la périphérie, arrivent des canaux lymphatiques
afférents. Au niveau du hile, part un canal lymphatique
efférent, tandis que le sang arrive par une artère
et ressort par une veine.
Le tissu ganglionnaire consiste en un parenchyme et un réseau
de fibres de réticuline qui servent de support à
des cellules mobiles ou mobilisables : lymphocytes, plasmocytes,
macrophages, cellules dendritiques. On distingue 3 zones: le cortex, le paracortex (ou
cortex profond), la médulla.
-a- Circulation
lymphatique
L'extrémité distale des vaisseaux lymphatiques se
termine en doigts de gant, où se fait facilement le passage
de cellules et de substances diverses entre les compartiments
extravasculaires, le sang et la lymphe. Normalement pauvre en
cellules, la composition chimique de la lymphe est voisine de
celle du plasma mais plus diluée.
Les ganglions reçoivent la lymphe qui peut véhiculer
l'Ag par le canal lymphatique afférent. Le trajet de celle-ci
dans l'organe est le suivant Après avoir franchi la capsule,
la lymphe se déverse dans les sinus périphériques
ou marginal souscapsulaire qui la séparent du parenchyme.
Elle traverse le parenchyme, puis gagne les sinus intermédiaires.
Enfin au niveau le plus profond, elle atteint les sinus médullaires
qui se collectent dans le canal lymphatique efférent.
Les sinus sont entourés de très nombreux macrophages
et il s'agit de lieux d'échanges intenses et de filtres
particulièrement efficaces.
-b- Circulation sanguine
L'artère pénètre dans le ganglion au niveau
du hile, puis se divise en artérioles qui suivent les cloisons
interlobulaires, passent de la zone médullaire à
la zone corticale et se résolvent en un réseau de
capillaires. Le sang repart par les veinules post-capillaires
dont l'endothélium d'aspect palissadique, permet les phénomènes
d'empéripolésis ou de péripolésis
(passage actif de cellules grâce à des récepteurs
particuliers). Ainsi y-a-t-il passage des lymphocytes du sang
vers le tissu ganglionnaire.
-c- Parenchyme
*
Le cortex où se situent les follicules primaires
(non stimulés par l'Ag) et secondaires. Ces derniers se
divisent en un centre germinatif
clair
et une couronne sombre riches en lymphocytes. La zone centrale claire
montre peu de mitoses. Un croissant (croissant
sombre fertile) de la couronne
périphérique contient de très nombreuses
mitoses contrairement au croissant diamétralement opposé
au précédent (croissant
sombre au repos, manteau ou manchon).
Les centres germinatifs des follicules secondaires des tissus
lymphoïdes ne contiennent pas ou peu de lymphocytes B à
IgD de surface par contre au niveau de la couronne des follicules
(croissant sombre fertile), les lymphocytes ont des IgM et IgD de membrane
ou pas d'Ig de surface (figure V-9). Une dernière zone : la zone marginale,
entoure l'ensemble, visible surtout dans le ganglion réactif,
sa largeur est maximum du coté du sinus sous-capsulaire.
Elle est constituée de B avec IgM de surface, sans IgD
de surface ou à IgDlo. Chez l'homme les B de la zone marginale
porte l'Ag marqué par l'Ac monoclonal 4D12 et ont des gènes
IgV mutés. Ces B se trouvent aussi dans les plaques de
Peyer, les amygdales et au niveau de la zone marginale de la rate.
Il s'agirait de B mémoire
et de B répondant aux Ag thymoindépendants 2 . Ils sont parfois à l'origine de lymphomes
caractéristiques.
Le follicule lymphoïde est essentiellement une zone thymoindépendante
riche en lymphocytes B. On y trouve quelques lymphocytes T, macrophages
et cellules dendritiques folliculaires.
*
Le paracortex, riche en lymphocytes T, est une zone thymodépendante
où se situent les veinules
post-capillaires.
*
La medulla
caractérisée par la présence de nombreux
sinus, est une zone mixte où l'on note la présence
de macrophages et de plasmocytes, mais également de lymphocytes T qui
vont migrer par le canal efférent hors du ganglion.
II-1-5.2./ La rate
(figures V-10a
, V-10b et
V-10c)
Il s'agit d'un organe hématopoïétique situé
sur le trajet des vaisseaux sanguins. Ce filtre épure le
sang des débris (débris cellulaires, cellules vieillies...)
et des particules diverses (bactéries, micro-organismes
divers...) qu'il peut véhiculer. Les Ag peuvent pénétrer
dans le parenchyme splénique par l'artère centro-lobulaire.
La rate est située dans la partie gauche de l'abdomen.
De forme allongée, elle est entourée
d'une capsule et divisée
en lobules par des travées conjonctives. L'organe est formé
d'une trame réticulaire qui sert de support à différents
types de cellules. On y trouve deux sortes de tissus : la pulpe
rouge et la pulpe blanche qui est le tissu lymphoïde proprement
dit.
-a-
Pulpe blanche
L'artère
splénique se divise en artères trabéculaires,
puis en artères centro-lobulaires entourées de cellules
lymphoïdes qui constituent la pulpe blanche. La pulpe blanche
inclut à sa périphérie des follicules lymphoïdes
(nodules spléniques ou corpuscules de Malpighi) primaires
ou secondaires avec leur centre germinatif (Photo) où l'on trouve des cellules dendritiques
folliculaires et des macrophages comme dans le ganglion.
L'artère centro-lobulaire se divise en artérioles
qui irriguent la pulpe blanche (elle envoie en particulier des
ramifications dans les follicules lymphoïdes) et se résolvent
en un réseau périphérique de capillaires
artérioveineux.
Dans la
rate comme dans les autres organes lymphoïdes, on distingue
des zones thymodépendantes situées le plus près de l'artériole
(partie interne du manchon ou
périarteriolar lymphocyte sheath = PALS qui contient des cellules
dendritiques CD8a+ ou CD8a-) et une zone
thymoindépendante (follicules lymphoïdes) avec de la périphérie au centre le manchon et le centre germinatif (Photo).
-b- Pulpe rouge
Riche en cellules macrophagiques, elle est constituée de
cordons de tissu réticulaire ou cordons de Billroth, limités
à leur périphérie par des sinus veineux.
Les macrophages sont en contact étroit avec les parois
des vaisseaux de telle sorte que le passage des particules à
ingérer est aisé du sang aux cellules phagocytaires
mononucléées.
-c-
Zone marginale
Elle se situe à la frontière entre la pulpe blanche
et la pulpe rouge. Elle est irriguée par des sinus marginaux
(rat) exprimant des MAd-CAM1 (Mucosal Addressin Cell Addesion Molecule favorisant
le recrutement des lymphocytes) et contient des cellules lymphoïdes, des macrophages et
des cellules dendritiques. Les
cellules dendritiques sont de
type lymphoïde CD8a-CD11bhigh.
Les B de cette zone sont CD21/CD35high, CD23- ou low, IgMhigh, IgD-
ou low, CD1dhigh.
Elle représente une zone d'échanges entre le sang
et le tissu lymphoïde. La paroi des
sinus marginaux assure le même rôle que la veinule
post-capillaire du ganglion.
Il est à noter que la circulation lymphatique est pratiquement
inexistante dans la rate.
La pulpe rouge et la zone marginale
contiennent à la fois des lymphocytes T et des lymphocytes
B.
II-1-5.3./ Le tissu lymphoïde non encapsulé
Il s'agit du tissu associé aux revêtements cutanéo-muqueux.
Au niveau des muqueuses il est nommé "mucosa-associated
lymphoide tissue" (MALT) et
de la peau,
"skin associated lymphoid
tissue" (SALT). On le trouve au niveau
du tractus respiratoire haut (anneau ou cercle de Waldeyer, amygdales palatines
avec les cellules
fongiformes (figure
V-11)) analogues aux cellules M,
du tractus gastrointestinal. Le tissu lymphoïde non encapsulé de ce tractus comprend des follicules lymphoïdes isolées et les plaques de Peyer (ces dernières présentes dans le grèle (240 PP), l'appendice, le colon, le rectum, sont associées aux cellules M (Photo) (figure V-12a)). Le tissu lymphoïde non encapsulé est aussi rencontré dans les poumons (figure V-12b) (chez l'homme, ce tissu lymphoïde est
seulement représenté par des lymphocytes disséminés,
sauf s'il y a infection, dans ce cas les lymphocytes s'organisent
en structures ressemblant aux plaques de Peyer, il existerait
des analogues des cellules M au niveau des bronches).
Le tissu lymphoïde du tube
digestif porte le nom de "gut associated lymphoid tissue" (GALT), celui
du poumon,
de "bronchus associated lymphoid
tissue" (BALT), celui de
la trompe d'Eusthache, de "eusthachian
tube-associated lymphoid tissue" (TALT) et celui des amygdales, de "nasal-associated lymphoid tissue"
(NALT).
En dehors des plaques de Peyer, le tissu lymphoïde de l'intestin comprend des lymphocytes situées au-dessus de la lame basale de l'épithélium : les IntraEpithelial Lymphocytes : IEL (Ces lymphocytes sont au nombre d'une vingtaine pour 100 entérocytes, soit au total 4x107 chez la souris) et des lymphocytes occupant la lamina propria (Lamina Propria Lymphocytes : LPL).
Les IEL
sont presque uniquement des T (CD8+ (90%), CD4+, CD45RA+ (10%), CD45RO+ mémoires
(90%)) auxquels les entérocytes peuvent présenter
des superAg des bactéries. Chez la souris les IEL sont pour
40% de ces cellules d'origine thymique et pour les 60% restant
à différenciation intestinale (TgdCD8aa et
Tab
). Beaucoup des IEL CD4+8a+b-TcRab et CD4-8a+b-TcRab
ont des TcR qui reconnaissent des
auto-Ag.
Les LPL
sont surtout des CD4+ (CD4+/CD8+=2,1 comme dans le sang) avec
le marqueurr des cellules memoires CD45RO+.Chez la souris ont été decrites en 1996, par l'équipe de H. Ishikawa, des formations nodulaires sans centre germinatif nommées ''cryptopatches" (CP) qui occupent une situation au dessous de la lame basale au niveau des cryptes. Ces CP sont présents du duodénum au colon, mais absents de la muqueuse gastrique. Les cellules mononucléées de ces structures n'ont ni Ig de membrane, ni CD3. Majoritairement elles expriment : c-kit, IL2Ra, IL7R, Thy1 et CD4 et CD8 dans des combinaisones variées. A coté de ces lymphocytes, les CP comprennent des cellules dendritiques et des macrophages situés dans la zone périphérique du nodule. Ces CP visibles à partir de 3 semaines
après la naissance, persistent toute la vie de l'animal
avec la même cellularité et en même nombre.
Le développement des CP est indépendant de
la flore intestinale et dépendante de l'IL7. Les CP
existent chez les souris nude, mais sont absents chez les souris
knock out pour l'IL7R. Les cellules des CP seraient les précurseurs des T à différenciation intestinale. Ces précurseurs pourraient traverser la lame basale, se différencier ou commencer à se différencier dans l'épithélium, puis repasser dans la lamina propria sous forme de T plus ou moins matures. Les Agnathes (Lamproies et Myxines) qui sont des poissons primitifs, n'ont ni thymus ni rate mais ont un GALT qui produit des lymphocytes.
Le MALT
est un tissu lymphoïde diffus inductif où se fait l'activation des B par l'Ag.
Ces B activés gagnent ensuite (lymphatiques effecteurs
locaux, canal thoracique, sang et veinules) des sites tissulaires
muqueux où sous forme de plasmocytes ils sécrètent
des Ac, en général de classe IgA. Les B du NALT, du TALT et du BALT vont surtout au niveau des glandes
lacrymales, nasales, salivaires, bronchiques et mammaires, de la muqueuse
pharyngée, de l'oreille moyenne et
du tractus urogénital. Ceux du GALT se localisent dans la muqueuse de l'intestin grèle,
du gros intestin et du tractus
urogénital.
Ce tissu lymphoïde diffus est important, il représente
une barrière de défense efficace aux frontières
de l'organisme (agressions par voie cutanée, respiratoire
ou digestive). Il est le siège de la synthèse et
de la sécrétion des immunoglobulines
sécrétoires IgM
et surtout IgA. Les Tgd et les cellules dendritiques
y sont respectivement, les populations majoritaires représentant
les lymphocytes T et les cellules présentatrices de l'Ag.
Dans la peau,
les cellules dendritiques sont les cellules
de Langerhans. De plus, chez
la souris mais non chez l'homme, les
cellules Tgd de l'épiderme peuvent prendre une forme
dendritique (figure
V-12c).
II-1-5.4./ Evolution du système lymphoïde chez les vertébrés
La figure V-12d indique à quel moment de l'évolution les organes primaires et secondaires, ainsi que les centres germinatifs sont apparus chez les vertébrés.
II-2.
Renouvellement, circulation et longévité des lymphocytes.
Sites privilégiés
La population des lymphocytes B et T est maintenue à un
niveau constant par un renouvellement plus ou moins important,
résultant de la différenciation, dans les organes
primaires, des précurseurs de ces cellules ou de la prolifération
à la périphérie des lymphocytes matures.
Chez l'adulte, plus de 60% des
lymphocytes B sont à vie courte
(quelques jours) et proviennent directement de la moelle osseuse
(chez la souris la moelle osseuse produit environ 5x107 lymphocytes
B par jour, mais tous ne sont pas exportés). Les autres
lymphocytes B ont une vie longue (quelques semaines ou mois).
En revanche, le pool des lymphocytes
T peut être conservé sans production de T nouveaux
par le thymus, car les lymphocytes
T ont une durée de vie très longue (des années).
Cependant, un petit nombre de T pratiquement matures sort tous
les jours du thymus (chez les souris jeunes 1 à 2x106 lymphocytes
T).
La durée de vie correspond au
temps qui sépare la naissance de la cellule mature, soit
de la mort de cette cellule, soit de sa division. En 3 jours, un peu moins de la moitié
des B et T est renouvelée chez les sujets jeunes, pour
les premiers surtout, par différenciation dans les organes
centraux, pour les second principalement, par prolifération
dans les organes secondaires.
Les lymphocytes se déplacent dans l'organisme en utilisant
les vaisseaux lymphatiques et sanguins, et notamment ceux des
organes lymphoïdes (figure
V-13).
Le passage des précurseurs lymphocytaires de leur lieu
de naissance à leur lieu de différenciation dans
le thymus ou la BF est le phénomène
de migration.
La circulation ou recirculation (figure V-14) des lymphocytes correspond aux périgrinations
de ces cellules dans l'organisme. Les lymphocytes vont pouvoir
voyager entre les différents sites où on les rencontre,
en empruntant les vaisseaux sanguins et lymphatiques.
Les lymphocytes B vont de la moelle osseuse (ou de la BF) aux
zones thymo-indépendantes des ganglions (cortex externe)
et surtout de la rate (follicules et zone marginale de la pulpe
blanche). Les B sont recirculants
dans les follicules et non recirculants dans la zone marginale de la
pulpe blanche, la zone interne des sinus sous-capsulaires des
ganglions, les cryptes des amygdales et les plaques de Peyer. Les lymphocytes T, après avoir quitté le thymus,
gagnent les zones thymodépendantes des organes lymphoïdes
secondaires.
Après stimulation antigénique, les B et T peuvent
quitter les ganglions par les sinus médullaires, gagnant
d'autres territoires ganglionnaires en aval, puis le canal thoracique,
et par voie sanguine tous les autres territoires de l'organisme.
Les lymphocytes
passent directement des vaisseaux sanguins dans les ganglions
en traversant le cytoplasme des cellules endothéliales
à disposition palissadique des
veinules post-capillaires (empéripolésis)
ou en passant entre ces cellules (péripolésis) grâce
à des molécules
de domiciliation situées
à la surface des lymphocytes et à des adressines exprimées
sur les cellules endothéliales des veinules post-capillaires.
Un phénomène analogue intervient pour la localisation
tissulaire des lymphocytes.
Un nombre important de lymphocytes T va recirculer selon le circuit
suivant: thymus, sang, ganglions lymphatiques, canal thoracique,
sang, ganglions etc.... La rate se trouve sur le trajet de ce
circuit et les lymphocytes T peuvent entrer et sortir de cet organe
par voie sanguine. Ces lymphocytes sont en très grande
majorité à vie longue, ils représentent surtout
des cellules mémoires et les T naïfs qui vont rester
en interphase s'ils ne rencontrent pas leur Ag. Ainsi, les T transgéniques
pour les TcR spécifiques de l'Ag Y des mâles, transférés
à des souris nude femelles vont persister très longtemps
en interphase dans un environnement sans Ag Y. Toutes les cellules mémoires T ne recirculent
pas, car beaucoup sont dans les tissus.
Habituellement, les T circulants
ne retournent pas dans le thymus; cependant les T activés
ont la faculté de repénétrer dans le thymus.
Les B recirculants sont moins nombreux que les T et ne représentent
qu'en partie des cellule mémoires B. Ces dernières
ont une durée de vie longue.
Les cellules B et T des muqueuses ont un circuit
plus réduit allant des
muqueuses aux muqueuses par ganglions mésentériques,
canal thoracique et vaisseaux sanguins interposés.
Ainsi,
après stimulation antigénique, les lymphocytes B des plaques
de Peyer (les plus importantes structures lymphoides organisées
du tube digestif) se divisent, gagnent les ganglions mésentériques,
le canal thoracique, le sang puis la lamina propria de l'intestin
ou la couche conjonctive du poumon, du tissu mammaire, de l'appareil
génital féminin et des voies urinaires. Ces lymphocytes B sont principalement des cellules
à IgA (figure
V-15a).
Les lymphocytes T des plaques de Peyer activés par les Ag
suivent le même trajet (figure
V-15a). Mais ils se localisent à
leur retour au niveau des muqueuses principalement en situation
sous-épithéliale (voir paragraphe V-3.2.7./ Chap.VI) . Les lymphocytes
T des ganglions périphériques ne gagnent jamais
la muqueuse intestinale.
Dans la moelle osseuse, de nombreuses cellules de la lignée
B meurent par apoptose et seulement une minorité de lymphocytes
différenciés B gagne le torrent circulatoire. De
façon encore plus nette, presque tous les thymocytes sont
détruits avant de devenir des cellules T matures. A la
périphérie, si les
lymphocytes B rencontrent leur Ag,
certains se transforment en plasmocytes après quelques mitoses. Les autres prolifèrent
intensément, mais seulement un petit nombre d'entre eux
devient des B mémoires
à durée de vie longue.
Une constatation analogue peut être faites pour les lymphocytes
T. En effet, la stimulation par leur Ag induit une forte multiplication.
Cependant, une faible proportion d'entre eux survit et conduit
à des T mémoires. Cet énorme déchet
en lymphocytes dans les organes lymphoïdes primaires et secondaires
correspond à l'élimination
de lymphocytes dangereux ou inadaptés.
La figure V-15b
indique le taux de production et la fréquence de renouvellement
des lymphocytes
Le système nerveux central (SNC) contient très peu de lymphocytes,
car ces derniers pénètrent difficilement dans cet
organe. En effet, il existe une barrière entre le torrent
circulatoire et le SNC (figure
V-15c). Cette barrière est
contituée par l'endothélium capillaire, les péricystes
et les prolongements des astrocytes. L'ensemble se comporte comme
un filtre sélectif pour des protéines, des peptides,
des AA et des ions. De plus il ne laisse passer que des lymphocytes
activés et surtout lorsque des cytokines induisent l'expression
ou l'hyperexpression de molécules d'adhésion à
la surface des cellules endothéliales. La barrière
se comporte alors comme une porte d'entrée analogue aux
veines postcapillaires.
La circulation liquidienne est très particulière
dans le SNC. Le liquide céphalo-rachidien, produit par
les plexus choroïdes (principalement par les épendymocytes
qui les tapissent), part des ventricules cérébraux,
gagne l'espace sous-arachnoïdien (celui-ci reçoit
aussi le liquide interstitiel du tissu nerveux), et également
le système lymphatique en suivant le trajet de certains
nerfs (il n'existe pas de lymphatiques
dans le SNC) (figure
V-15c).
Dans le SNC, les macrophages sont
représentés par les microcytes.
L'oeil
est aussi un organe dont les rapports avec le système immunitaire
sont particuliers. Il n'existe pas de lymphatiques et en plus
les cellules de l'endothélium des capillaires sanguins
ne laissent aucune zone de passage entre elles à cause
de la présence de zonula occludens les unissant. Il en
est de même pour les cellules de l'épithélium
pigmenté de la rétine et de l'épithélium
interne des corps ciliares (qui sécrètent l'humeur
acqueuse). Une barrière s'interpose donc entre le milieu
intravasculaire et l'oeil, ce qui met en partie ce dernier à
l'abri du système immunitaire (isolement immunologique).
Cependant la muqueuse conjonctivale est drainée par des
lymphatiques qui se jettent dans les ganglions prétragiens,
puis dans ceux de la chaîne cervicale.
Les cellules de l'immunité se répartissent au niveau
de l'oeil comme l'indique la figure
V-15d :
Cellules dendritiques : cornée (surtout à la périphérie),
ce sont les seules cellules de l'immunité de la cornée
et elles sont de type cellules de Langerhans; conjonctive (notamment
dans l'épithélium où elles sont de type cellules
de Langerhans); angle irido-cornéen (nombre faible); procés
ciliaires (en position périvasculaire); choroÏde.
Macrophages/monocytes : angle irido-cornéen ; iris; procés
ciliaires; choroÏde.
Polynucléaires neutrophiles : conjonctive (en surface).
Lymphocytes : conjonctive (surtout les culs de sac où il
y a des formations folliculaires); angle irido-cornéen
(nombre très faible).
Mastocytes : conjonctive (chorion); angle irido-cornéen
(nombre très faible); iris (rares); choroÏde.
Il apparait qu'au niveau de la conjonctive existe un conjonctival associated lymphoïd tissue (CALT) du type mucosal
associated lymphoïd tissue (MALT) que l'on peut assimiler à un ganglion accessoire de la partie externe de l'oeil, alors que l'uvée ne contient que cellules dendritiques, macrophages et mastocytes. Les cellules de Müller de la rétine d'origine microgliale, pourraient se comporter selon les circonstances comme des CpAg ou des suppresseurs. De nombreux tissus oculaires portent le fasL à la surface des cellules qui les contituent et forment ainsi autour de cet organe une barrière protectrice contre les lymphocytes. En effet, les lymphocytes, notamment
les T, seront détruits par apoptose lorsque le fas de membrane
de ces cellules rencontre leur ligand fasL.
Cerveau et oeil sont avec ovaires, testicules, cortex surrénalien,
foie, matrices des poils et poche jugale du hamster, des sites immunologiquement privilégiés au niveau desquels les greffes incompatibles
peuvent persister longtemps (voir
au chapitre VI : déviation immune paragraphe VIII-3.2.4).
III-LES CELLULES PHAGOCYTAIRES
Ces cellules phagocytaires ont la faculté d'intégrer dans leur cytoplasme, et parfois de digérer, des particules inertes, vivantes ou mortes. Nous envisageront, en fait, non seulement les cellules spécialisées dans la phagocytose, comme les monocytes/macrophages et les polynucléaires neutrophiles, mais encore des cellules peu ou pas phagocytantes, comme les polynucléaires éosinophiles, les polynucléaires basophiles et les mastocytes qui présentent certaines analogies avec les polynucléaires neutrophiles. Les cellules dendritiques myéloïdes immatures ont comme les macrophages une fonction de phagocytose des Ag. Nous verrons ces dernières cellules avec les cellules dendritiques.
III-1.
Les monocytes-macrophages
(tableaux
V-VII et V-VIII)
III-1.1./ Généralités
Les macrophages représentent la forme
la plus mature des monocytes.
Ces derniers, en passant du torrent circulatoire dans les tissus,
deviennent des macrophages. La différenciation se fait
selon le schéma suivant : CFU-GM (dans la moelle osseuse)
- monoblastes (dans la moelle osseuse) - promonocytes (dans la
moelle osseuse) - monocytes (dans la moelle osseuse et le sang)
- macrophages (dans les tissus). Leur durée de vie est
assez longue, 20 à 100 jours. C'est une population hétérogène sur différents points, notamment localisation
et fonction. Les macrophages-monocytes ont des précurseurs
médullaires et appartiennent au système réticulohistiocytaire
dans lequel Aschoff incluait toutes les cellules capables de capter
des colorants vitaux. Selon leur localisation, on distingue des
macrophages alvéolaires, péritonéaux, péricardiques,
pleuraux, des tissus lymphoïdes ainsi que des macrophages
du système nerveux (cellules de la microglie), du foie
(cellules de Kupffer) du rein (cellules mésangiales) et
de la synoviale (synoviocytes de type A) (figure
V-16a). Enfin, les macrophages peuvent
être séparés en 2 grandes populations selon
qu'ils portent ou ne portent pas
à leur surface les Ag d'histocompatibilité de classe
II. Leur identification morphologique
est difficile, aussi utilise-t-on d'autres critères : ingestion
de particules de latex, mise en évidence de peroxydases
endogènes, adhérence au verre et au plastique.
Les monocytes-macrophages ont de nombreuses mitochondries, des
lysosomes et des phagolysosomes (figures
V-16b et V-16c) (Photo).
III-1.2./ Antigènes
de différenciation
Des Ac polyclonaux anti-macrophages ont été obtenus.
Ils détectent des Ag qui ne sont pas parfaitement spécifiques
des macrophages, souvent ils se fixent aussi sur les polynucléaires.
Les Ac monoclonaux anti-CD11b et c, CD12, CD13 et CD14 reconnaissent
à la fois monocytes et granulocytes. Par contre les Ac
monoclonaux anti-CD9, CD36, CD68 et B7 se fixent sur les monocytes/macrophages,
mais non sur les granulocytes. Les macrophages
et monocytes portent également le CD4 qui est un Ag des lymphocytes T coopérants.
Donc, les macrophages comme les T CD4+ sont la cible de l'HIV.
L'un des meilleurs marqueurs des macrophages murins est le F4/80 (7 domaines
EGF extracellulaires) appartenant à la famille des récepteurs
TM7 liés aux protéines G. La macrosialine est un marqueur intracellulaire pan-macrophage.
III-1.3./ Récepteurs
de membrane
-a- Récepteurs
pour les Ig
Les macrophages possèdent des récepteurs pour le
Fc des IgG (FcgRI, II et III) et pour le Fc des IgE (FceRII).
-b- Récepteurs pour le C
Les macrophages/monocytes possèdent des récepteurs
CR1 (pour C3 b), CR3 (pour iC3 b) et CR4 (pour iC3 b) correspondant
respectivement à CD35, CD11b et CD11c.
-c- Récepteurs pour les lipoprotéines
de faible densité (LDL)
Il en existe deux catégories. La première (CD91)
fixe les LDL circulantes, permettant aux monocytes/macrophages
de capturer les LDL et de les détruire. La seconde comprend
2 types I et II qui captent les LDL acétylées et
les lipopolysaccharides bactériens.
-d-
Récepteurs pour les molécules portant de l'acide
sialique
La sialoahésine est présente sur les macrophages de la
zone marginale de la rate et des sinus sous-capsulaires des ganglions.
-e- Autres
récepteurs
Il existe à la surface des macrophages des récepteurs
pour différentes hormones, pour certaines lymphokines (MIF,
MAF) et pour des substances à activités chimiotactiques.
III-1.4./ Propriétés
des macrophages
-a- Adhérence
au verre et au plastique
Les macrophages s'étalent sur le support grâce à
leurs voiles hyaloplasmiques alors que les lymphocytes B peuvent
aussi adhérer surtout au plastique, mais sans étalement
de leur cytoplasme.
-b- Phagocytose
La rencontre entre la proie et le macrophage peut être due
au hasard ou résulter d'un phénomène de chimiotactisme positif.
Dans ce dernier cas, la cellule doit se trouver sur une surface
solide, sur laquelle elle se déplacera dans la direction
de la substance à activité chimiotactique. Celle-ci
agit car elle constitue un gradient de concentration : le macrophage
se dirigeant des zones les moins concentrées vers la zone
la plus concentrée. Lorsque les macrophages sont en suspension,
il ne peut y avoir de chimiotactisme, car ces cellules ne "nagent" pas mais rampent.
La deuxième étape de la phagocytose est l'adhésion
de la particule au macrophage, favorisée si cette dernière
est recouverte d'Ac de classe IgG et de C (rôle des récepteurs
pour les IgG et le C).
La troisième étape est l'ingestion avec formation d'une vacuole intracytoplasmique
où se trouve incluse la particule.
Enfin, la quatrième étape correspond à la
lyse intracellulaire de la particule. Celle-ci peut être détruite
par, soit le déversement des enzymes du lysosome dans la
vacuole, soit l'acidification du liquide intravacuolaire, soit
l'existence de substances à activité bactéricide
(H202 en présence de peroxydase et d'ions (Cl-
ou I-), radical OH, oxygène dans un état excité
(oxygène singulet ; H202 , OH, et oxygène excité sont produits
à partir d'anions superoxydes, eux-mêmes formés
à partir d'oxygène par des processus exaltés
à la suite de la phagocytose). Selon l'état du macrophage
et la nature de l'agent pathogène, la phagocytose peut
ne pas conduire à la destruction de ce dernier qui persistera
et pourra même se multiplier dans la cellule. Ainsi les
leishmania résistent aux enzymes des lysosomes, les toxoplasmes
et les mycobactéries empêchent la fusion entre les
lysosomes et la vacuole de phagocytose.
-c- Lyse
extracellulaire par cytotoxicité cellulaire dépendant
des Ac
Dans le phénomène d'ADCC (antiboby- dependant cellular
toxicity), les macrophages lysent sans phagocytose la cible cellulaire
recouverte d'Ac.
-d- Activation des macrophages
On dit qu'il y a activation des macrophages quand plusieurs de
leurs propriétés sont accrues telles : respiration,
phagocytose, activités enzymatique, cytotoxique, bactéricide,
etc... Cet état d'activation peut être le résultat
de l'intervention de lymphokines produites par les T principalement
ou de substances très variées : LPS, adjuvants divers,
thioglycolate, huile minérale. Cependant, toutes ces substances
ne provoquent pas le même type d'activation.
Les macrophages activés par certaines molécules
deviennent également aptes à détruire par
une lyse extracellulaire des cellules tumorales non liées
à des Ac.
-e- Sécrétions
de molécules biologiquement actives
AMP cyclique, prostaglandines, activité arginasique, C1,
C3, C4, facteur B ainsi que des monokines actives sur les lymphocytes
B et/ou T (IL1, IL6, IL12). Ces différentes molécules
peuvent favoriser ou inhiber la réponse immune.
-f-
Expression des Ag de classe II
La fréquence des macrophages Ia+ varie d'un tissu à
l'autre et avec l'âge des sujets. A la naissance les macrophages
Ia+ sont surtout nombreux dans le thymus et la rate alors qu'ils
sont moins fréquents au niveau de la cavité péritonéale
et du poumon. Les macrophages immatures classe II- sont transformés
en macrophages classe II+ par l'IFNg et d'autres lymphokines
comme l'IL4. L'induction des Ag de classe II est inhibée
par les prostaglandines E et l'a-foetoprotéine.
-g- Présentation
des Ag
Les macrophages sont les premières cellules présentant
l'Ag (CpAg) identifiées. Leur rôle est de capter
l'Ag, le digérer, puis exprimer certains des peptides résultant
de cette digestion à leur surface, dans le contexte des
Ag du CMH (préparation
ou apprêtage de l'Ag),
enfin présenter l'ensemble Ag/Ag du CMH aux lymphocytes
T.
La figure V-17a début indique les principaux marqueurs de surface des
macrophages.
III-2. Les granulocytes et les mastocytes (tableau V-VIII)
Les granulocytes proviennent de précurseurs
communs avec les monocytes/ macrophages.
Ces précurseurs donnent des myélocytes qui se différencient
en granulocytes dont la durée de vie n'est que de quelques
jours. On les nomme polynucléaires car leur noyau est polylobé.
Il en existe 3 catégories selon la coloration de leurs
granules cytoplasmiques : les neutrophiles (figure V-17b) (Photo), les éosinophiles
(figure V-17c)
(Photo) et les basophiles (figure V-17d) (Photo). Seuls les deux premiers et surtout les neutrophiles
peuvent phagocyter.
Les neutrophiles ont des récepteurs membranaires pour
le C3 (CR1, CR3, C3aR), le C5 (C5 aR) et le Fc des IgG de type
FcgRIII
et FcgRII. Les particules recouvertes par des Ac de
classe IgG vont être plus activement phagocytées
que les particules nues. Ces Ac sont des Ac
opsonisants. Les neutrophiles
jouent un rôle important dans l'immunité antimicrobienne.
Les éosinophiles ont les mêmes récepteurs pour le
Fc de certaines IgG et pour le C3 que les neutrophiles et en plus,
des récepteurs pour les IgE (FceRI et II) et pour
les chémokines C-C. Ces derniers récepteurs sont
les CKR1, 2, 3 et 4. Les CKR3 sont spécifiques des éosinophiles.
Les basophiles par contre ont des récepteurs pour les
IgE de type FceRI et RII. Les basophiles vont libérer
de l'histamine et d'autres médiateurs sous l'influence
des complexes Ag-Ac IgE.
Dans les tissus, les cellules
à granulations basophiles sont les mastocytes (Photo). Ces cellules n'appartiennent pas à la
même lignée que les basophiles. De plus, l'IL3 est
un facteur de croissance des basophiles, mais pas des mastocytes
et inversement, le ligand du récepteur c-kit de membrane
des mastocytes induit la différenciation des mastocytes
mais pas des basophiles. Deux types de mastocytes ont été
décrits chez le rat : les mastocytes
typiques ou du tissu conjonctif
et les mastocytes atypiques ou
des muqueuses. Ces derniers se
rencontrent entre la muscularis mucosae et l'épithélium
des muqueuses. Les mastocytes des muqueuses sont plus petits,
moins granuleux, contiennent un glycosaminoglycane moins sulfaté
que l'histamine, moins d'histamine et pas du tout ou peu de 5-hydroxytryptamine.
Chez l'homme, les équivalents
de ces mastocytes sont respectivement
les mastocytes T (pour tryptase) et TC (pour
tryptase et chymase). Les premiers thymodépendants,
surtout situés dans la muqueuse du poumon et de l'intestin
grèle, ont de la tryptase comme protéases neutres
et des granules avec un aspect de volutes en microscopie électronique.
Pour les seconds, les caractéristiques sont les suivantes
: thymoindépendance, localisation dans la sous-muqueuse
du tube digestif et de la peau, protéases neutres représentées
par tryptase et chymase, images en réseau des granules.
Chez l'homme, les mastocytes des muqueuses se différencieraient
à partir de précurseurs sous l'influence du ligand
du récepteur c-kit et ceux du conjonctif sous l'effet de
cytokines d'origine fibroblastique (coculture avec lignée
3T3).
Les mastocytes sécrètent les mêmes cytokines
que les TH2.
Les mastocytes peuvent entrer
en contact avec les extrémités non myélinisées
des nerfs à substance P et à calcitonine notamment
dans la lamina propria du tube digestif.
Le tableau V-IX
donne les constituants communs et différents des mastocytes
et des basophiles de l'homme.
IV-LES CELLULES A ASPECT DENDRITIQUE
DU SYSTEME IMMUNITAIRE
Ces cellules sont dites dendritiques car du point de vue morphologie, elles ont dans
les tissus de fins prolongements.
On peut les diviser en 2 catégories fonctionnellement différentes.
La première comprend les cellules
dendritiques proprement dites,
avec comme chef de file les cellules
de Langerhans de l'épiderme,
dont le rôle est de capter les haptènes et les Ag
surtout solubles, puis de les amener aux lymphocytes T. Chez la
souris, il ne faut pas confondre les cellules de Langerhans situés
dans l'épiderme, avec des cellules
T de l'épiderme qui ont
une forme étoilée. Chez l'homme, les dendrocytes du derme
qui portent des prolongement ne sont pas des cellules dendritiques.
La seconde catégorie est représentée par
les cellules dendritiques folliculaires qui fixent à leur surface (par l'intermédiaire
de leurs récepteurs pour les Ig et les Ac) les Ag natifs,
puis les proposent non dénaturés et de façon
prolongée aux lymphocytes B. Les cellules dendritiques
folliculaires sont d'origine fibroblastique portant un marqueur des fibroblastes : la propyl-4-hydroxylase
qui catalyse la production de 4-hydroxyproline (figure 17a début).
IV-1. Les cellules dendritiques
proprement dites
Les cellules dendritiques proprement dites sont avec les macrophages, les principales CpAg.
Ce sont des cellules adhérentes au verre qui ont un précurseur
médullaire commun CD34+ avec les macrophages. Les autres
CpAg sont les lymphocytes B. En fait, les cellules
dendritiques sont produites par différentes voies de différenciation qui conduisent à 2 variétés
de cellules dendritiques dont les activités sont différentes
et mêmes opposées.
Il s'agit des cellules dendritiques
myéloïdes et des
cellules dendritiques lymphoïdes (tableau V-Xa). Ces voies de différenciation ont été
essentiellement mises en évidence in vitro et produisent
des cellules immatures ou matures.
- Les cellules dendritiques myéloïdes
ont
des cellules souches (moelle osseuse ou sang)
CD34+ qui,
en présence de GM-CSF +
TNFa , conduisent
à des précurseurs
CD1a+ ou CD14+. Les mêmes cytokines permettent aux premiers précurseurs de devenir des cellules dendritiques de Langerhans
CD1a+, lagAg+, cadhérine E+ et aux seconds, des cellules dendritiques CD1a+, CD2+, CD9+,
facteur XIIIa+. En revanche le GM-CSF oriente ces derniers précurseurs vers
la différenciation en macrophages (le TNFa
inhibe l'orientation dans le sens
lignée macrophagique et fait s'exprimer les CD1a et c).
Parmi les cellules du sang, ces précurseurs se trouvent
dans la fraction restant après élimination des monocytes
et des lymphocytes T. Les cellules dendritiques produites par
cette voie sont myéloïdes.
Les monocytes peuvent aussi être à l'origine
de (CD14+f, CD32+) sous l'influence du GM-CSF et de l'IL4 ou de
l'IL13. Ces cellules dendritiques immatures deviennent soit des
cellules dendritiques myéloïdes
matures CD14-, CD32- sous l'influence
du TNFa, de l'IL1, de l'IL2 ou du LPS, de l'ARN viral
double brin, l'ADNCpG, soit des macrophages si intervient le M-CSF. L'injection sous cutanée
de billes de plastique fluorescentes permet de montrer que les
monocytes sanguins, en passant dans le derme, se transforment
en macrophages qui en gagnant les ganglions satellites deviennent
des cellules dendritiques. La figure
V-17e1 donne un exemple de différenciation
conduisant aux cellules dendritiques myéloïdes ou
aux monocytes.
Les cellules dendritiques matures
portent une molécule spécifique
de ces cellules 33D1 chez la souris et CD83 chez l'homme.
- Les cellules dendritiques lymphoïdes
ont
des précurseurs CD4+f
(thymocytes simples positifs immatures) dans
le thymus qui sont à l'origine
à la fois des T et des cellules
dendritiqes de type lymphoïde thymiques
(FasL+, CD8a+). In vitro, les cellules
plasmocytoïdes CD4+CD3-CD11c- de l'amygdale en présence d'IL3 donnent des cellules
dendritiqes de type lymphoïde.
Les tableaux V-Xa
et Xb
indique les caractéristiques,
les fonctions et la répartition des cellules dendritiques
myéloïdes et lymphoïdes. Les cellules dendritiques myéloïdes matures induisent une réponse
immune, alors que les cellules dendritiques myéloïdes immatures et les cellules
dendritiques lymphoïdes
favorisent l'établissement
d'une tolérance. Les cellules dendritiques myéloïdes immatures provoquent soit l'anergie des T si elles sont
en contact avec l'IL10 , soit l'activation des T si elles sont
en contact avec les cytokines inflammatoires, soit l'apparition
de T suppresseurs Tr si elles ne sont en contact avec aucun des
facteurs précédents (figure
V-17e2 et tableau
V-Xc). Les cellules
dendritiques myéloïdes
matures
sont insensibles à l'IL10.
Les cellules dendritiques myéloïdes
immatures peuvent capturer les Ag, les apprêter et les présenter
aux T.
Elles expriment différents
récepteurs d'endocytose parmi lesquels des lectines Ca++ dépendantes. De plus les cellules
dendritiques myéloïdes
matures,
par l'IL12 qu'elles sécrètent, contrôlent
la différenciation des T dans le sens TH1 et les cellules dendritiques lymphoïdes qui produisent pas ou peu d'IL12, orientent
la différenciation dans la direction TH2.
Les cellules dendritiques se retrouvent
dans différents organes.
Il s'agit des cellules de Langerhans (Photo) de l'épiderme et des épithéliums
stratifiés des muqueuses (dont le cytoplasme contient les
granules de Birbeck en forme de
raquette de tennis (Photo) liés
aux phénomènes d'endocytose) (figure
V-17f) et du derme (les granules
de Birbeck y sont souvent absents), des cellules
interdigitées réticulaires
de la médullaire du thymus et des cellules
interdigitées du paracortex
des ganglions (tableau
V-Xd). L'Ac
DCGM4 réconnaît la langerine (328AA, de la famille des lectines transmembranaires
II, codée par un gène en 2p13) spécifique
des cellules de Langerhans. Cet Ac permet de localiser les cellules
de Langerhans dans les tissus. Par son domaine CRD de reconnaissance
des résidus mannose, la Langerine des membranes des cellules
de Langerhans, en se liant aux mannoses de la paroi des micro-organismes,
entraîne la formation des granules de Birbeck. Ainsi, des
granules de Birbeck se forment dans des fibroblastes transfectés
avec le gène de la Langerine humaine. Les granules de Birbeck
sont constitués par 2 membrane accolées, séparées
par une structure striée et l'ensemble ressemble à
une fermeture éclair.
Certaines cytokines sont, comme FIt3L,
GM-CSF et
G-CSF, de puissants facteurs de croissance
des cellules dendritiques. Les cellules de Langerhans portent
sur leur membrane plasmique : l'E-cadhérine et l'Ag CD1a
(importants tous deux pour le
repérage des cellules de Langerhans dans l'épiderme),
CD1c et CD4 , des Ag des macrophages CD14 et CD33 et des récepteurs
pour le Fc des IgG, pour le C3 b et le C4 b (CD35 = CR1) et pour
le iC3 b (CD21 = CR2). On trouve aussi l'E-cadhérine chez
les cellules épithéliales et CD1a, CD1c et CD4 sur
les thymocytes. Les cellules de Langerhans ne sont pas marquées
par les Ac anti-CD11b qui reconnaissent le CR3 sur les macrophages
et les granulocytes. La figure
V-17a début indique les principaux
marqueurs de surface des cellules
de Langerhans. Dans le derme, existent
des cellules à aspect dendritique nommées dendrocytes de type I
lorsqu'elles expriment le facteur
XIIIa et de
type II si elles portent l'Ag
CD34. Les dendrocytes de type I ont une activité phagocytaire
et sont rattachés à la lignée monocytaire.
Le tableau V-XI
indique les caractéristiques phénotypiques des cellules de Langerhans
et des dendrocytes.
Les cellules dendritiques proprement dites peuvent circuler dans
les lymphatiques sous la forme de cellules
voilées. Ainsi les cellules
de Langerhans captent sur leur membrane plasmique un haptène
ayant pénétré au niveau de l'épiderme,
puis gagnent les ganglions où elles forment dans les zones
thymodépendantes les cellules réticulaires interdigitées.
Ces cellules interdigitées n'ont plus le CD1a et le CD14
de surface des cellules de Langerhans.
Les cellules dendritiques, comme
les T CD4+ et les macrophages, peuvent être infectées
par le HIV, car elles expriment une faible quantité de
CD4 et les corécepteurs du virus.
Ces cellules peuvent ou non porter la chaîne a
de CD8.
Les UV B inhibent les fonctions de présentation des cellules
de Langerhans et le badigeonnage de la peau de souris par une
solution de 7, 12-dimethylbenzenthracène dépeuple
localement l'épiderme en ces cellules.
Les cellules dendritiques proprement dites capables
d'induire une immunité T,
peuvent être utilisées pour la vaccination en chargeant in vitro ces cellules provenant
de cultures du sujet à vacciner. Cette méthode est
en particulier appliquée pour la vaccination
contre les cancers en faisant
appel à différents protocoles : Ag isolés
de tumeur, Ag universels des tumeurs comme la
télomérase, hybrides
cellules dendritiques/tumeur....Ensuite, les cellules sont surtout
injectées en sous-cutanée, intradermique ou intralymphatique.
Des précautions doivent être prises comme faire attention
à ce que les cellules dendritiques employées ne
soient pas inductrices de tolérance. Enfin, il existe un
risque d'auto-immunisation. Les résultats positifs obtenus
dans les cancers montre que cette voie doit continuée à
être explorée en travaillant notamment sur le choix
d'un protocole.
IV-1. Les cellules dendritiques
folliculaires
Les cellules
dendritiques folliculaires
des follicules primaires ou secondaires, notamment des ganglions
et de la rate, sont des fibroblastes spécialisés.
Elles ont
des récepteurs membranaires pour les IgG, les IgA, les
IgM et les IgE (pas pour les IgD) et le C3 b (CR1 et CR2). Dans
le centre clair du follicule les seules cellules CD21
(CR2)+ sont les cellules dendritiques folliculaires qui en plus expriment une densité beaucoup
plus importante de FcgRIIb que les B. Leur membrane cytoplasmique porte
également les Ag d'histocompatibilité de classe
II.
Ces cellules gardent très longtemps l'Ag à leur
surface, sous forme de complexes immuns qu'elles ont fixé
grâce à leurs récepteurs pour le Fc des IgG
de type (et sans doute des IgA ou IgM) et à leurs récepteurs
pour C3 b (figure V-17a fin). Les B reconnaîtront l'Ag natif par l'intermédiaire
de leurs BcR et se lieront au complexe immun par leurs CD21. Il
en résulte une activation des B. Les complexes immuns ont
habituellement un effet inhibiteur sur les B en ce fixant sur
leurs FcgRIIb sauf si des cellules dendritiques folliculaires
sont présentes. En effet, le signal positif issu des CD21
prend le pas sur le signal négatif provenant des FcgRIIb.
Les cellules dendritiques folliculaires ont en plus la faculté
de libérer à partir de leurs dendrites des iccosomes ou
immune complex coated bodies. Ces iccosomes sont des particules (0,25 à
0,38 mm de diamètre) ressemblant à des
liposomes dont la surface comprend des FcgRIIb et des CD21
ayant capturé des complexes immuns. Les B des centres germinatifs
vont, après fixation des iccosomes grâce sans doute
à leurs BcR, CD21 et FcgRIIb, les endocyter, apprêter l'Ag et présenter
les peptides aux lymphocytes T qui en retour coopéreront
avec les B (figure V-17g).
V-1.
Les cellules endothéliales
Elles bordent la face interne
des vaisseaux où elles
constituent le tissu endothélial (Photo). D'aspect épithéloïde et
reposant sur une membrane basale, on en distingue 3 catégories
selon que l'endothélium qu'elles forment est une couche
unicellulaire continue, fenêtrée ou discontinue.
L'endothélium est continu dans le coeur, les gros vaisseaux et la majorité
des microvaisseaux. L'endothélium est fenêtré lorsqu'il laisse des discontinuités vides
de 60 à 80 nm entre les cellules endothéliales.
On le trouve dans de rares capillaires viscéraux. L'endothélium
est discontinu lorsqu'il existe des espaces vides dans et entre
les cellules endothéliales. Cet endothélium est
celui de la rate et du foie. Une variété particulière
de cellules endothéliales bordent les veinules
post-capillaires des tissus lymphoïdes périphériques
et d'autres tissus. Ces cellules
sont plus hautes que larges d'où le nom de veinules à
paroi endothéliale haute (VEH) donné aux vaisseaux
recouverts par ces cellules.
L'aspect des cellules varie d'un endroit à l'autre mais
ces cellules ont des caractéristiques en commun. Leur cytoplasme
riche en vésicules, tubules et vacuoles abrite un organite
cellulaire particulier en forme de batonnet fait de tubules de
15 nm d'épaisseur, le corps de Weibel-Palade qui contient
le facteur de Willebrand sous une forme polymérisée et
la sélectine P. Les cellules endothéliales produisent
d'autres facteurs de la coagulation. En effet, l'une des fonctions
de ces cellules est de contrôler la coagulation. Normalement
elles inhibent la thrombine par leur héparine sulfate de
membrane; mais elle peuvent être à l'origine de la
coagulation, si elles sont activées par différents
facteurs inflammatoires. Les filaments intermédiaires des
cellules endothéliales ne sont pas constitués (comme
ceux des cellules épithéliales) par des kératines,
mais dans la plupart des cas par de la vimentine (parfois de la desmine).
Ces cellules synthétisent l'angiotensine et les endothélines (ET 1,2 et 3) à forte activité
vasoconstrictive, mais aussi des facteurs vasodilatateurs (PG12,
ATP et monoxyde d'N). Elles contrôle encore le tonus des
muscles lisses en métabolisant ou en inhibant différentes
molécules vaso-actives. Les cellules endothéliales
jouent un rôle fondamental dans la coagulation en produisant
notamment le facteur de Willebrand, mais elles interviennent également
dans les phénomènes
immunologiques. Ainsi, elles
synthétisent l'IL1a et b, l'IL1Ra, le PAF, l'IL6, l'IL10,
le TNFa, les IFNa et b, les TGFab, l'IGF1, le GM-CSF, le M-CSF, le G-CSF, le PDGF,
des facteurs chimiotactiques (notamment l'IL8 et MIP2) et des
prostaglandines. De plus, elles expriment après activation,
à leur surface, les Ag du CMH de classe II (l'IFNg
augmente la densité de ces Ag ou les fait apparaître)
et l'ICAM-1 (intercellular adhesion molecule). On trouve également
sur la membrane plasmique l'ICAM-2 et l'ELAM-1 (endothelial-leukocyte
adhesion molecule). Ce dernier joue un rôle important dans
l'adhésion des neutrophiles aux cellules endothéliales et dans l'accumulation
de ces leucocytes dans les tissus inflammatoires. L'ELAM-1 fait
partie des adressines responsables de la localisation tissulaire
des polynucléaires. Enfin les cellules
endothéliales permettent également le trafic des
lymphocytes entre le torrent circulatoire et les tissus grâce
à des récepteurs de surface d'une part des lymphocytes
(les molécules de domiciliation ou récepteurs de
localisation) et d'autre part des cellules endothéliales
des VEH (les adressines).
Au niveau des ganglions, ces adressines contiennent des glucides
du type mannose. Les molécules de domiciliation complémentaires
de ces adressines sont situées sur les lymphocytes T. Elles
sont reconnues chez la souris par l'Ac monoclonal MEL14, chez
le rat par l'Ac A.11 et chez l'homme par les Ac 2E11 et 4C6.
La figure V-18
indique les principales molécules de surface de cellules
endothéliales.
V-2.
Les plaquettes
Dans le torrent circulatoire, les plaquettes ont une forme de
lentille biconvexe de 1 µm de diamètre. Elles sont
anucléées. Leur membrane plasmique, très riche
en phospholipides dont le "platelet
aggregating factor" (PAF)
est percée de pertuis (le système canaliculaire
ouvert). Le cytoplasme, riche en microtubules (en situation périphérique)
et en microfilaments, contient aussi des mitochondries, un système
tubulaire dense (très riche en Ca++, et riche en phospholipase
A2, cyclo-oxygénase et thromboxane synthétase),
des grains de glycogène et différents types de granules
(figure V-19)
(Photo1,
Photo2):
- granules a
de forme et de taille variées
abritant des structures tubulaires proches de celles des grains
de Weibel-Palade des cellulles endothéliales. Le facteur
de Willebrand est situé dans ces tubules. On trouve également
dans les granules a : la ß thromboglobuline, le facteur 4
plaquettaire (PF4), le PF4 de faible affinité, le facteur
de croissance dérivant des plaquettes (PDGF), le fibrinogène,
la fibronectine, la thrombospondine, l'albumine, le kininogène
de haut Mr, le facteur V, le plasminogène, la glycoprotéine
riche en histidine, la protéine S, l'héparinase,
l'élastase, un inhibiteur de la collagénase, l'ostéonectine,
le "transforming growth factor ß".
- granules denses : riches en nucléotides, Ca++, Mg++ et
sérotonine,
- granules lysosomiaux : sources d'hydrolases acides
- microperoxysomes hébergeant la catalase.
Les molécules de membrane sont essentielles pour les fonctions
des plaquettes (figure V-20) :
Les glycoprotéines riches en acide sialique sont responsables
de la charge négative de la membrane empêchant normalement
l'agrégation de ces cellules.
Les deux complexes glycoprotéiques majeurs sont le complexe Ib-IX
et IIb-IIIa
:
-complexe Ib (170 kDa)-IX (17kDa) : la portion intracytoplasmique
est reliée au cytosquelette et la partie externe de Ib
porte les récepteurs de forte et faible affinités
pour la thrombine et un site de liaison avec le facteur de Willebrand.
Ce dernier n'est accessible que lorsque les plaquettes sont activées
par la thrombine ou par le contact avec le sous-endothélium.
-complexe IIb (140 kDa)-IIIa (105 kDa) : c'est une intégrine
dont la chaîne ß est du type ß3 (voir Chapitre VI paragraphe
VII-2. : adhésion des cellules immunitaires). La chaîne IIb porte des sites de liaisons
avec le Ca++. Lors de l'activation plaquettaire la glycoprotéine
IIIa devient capable de fixer le Ca++, la fibronectine et le fibrinogène
provoquant l'agrégation des plaquettes. Le facteur de Willebrand
ne se lie au complexe que si les plaquettes sont activées
par l'ADP ou la thrombine.
D'autres glycoprotéines minoritaires sont présentes
à la surface des plaquettes : les intégrines VLA
(very late Ag) 2, 5 et 6, la gpIIIb ou IV (CD36) récepteur
pour la thrombospondine et des collagènes, le FcgRII
(CD32), le FceRII (CD23), la glycoprotéine V (substrat
de la prothrombine), le "decay accelerating factor"(70
kDa) qui inhibe la cytolyse dépendant du Ca++, en neutralisant
cet ion.
Des récepteurs variés sont exprimés sur la
membrane plasmique pour C3a, C4a, C5a, ADP, adrénaline,
sérotonine, angiotensine II, vasopressine, insuline, prostaglandines,
interférons et PAF.
On trouve enfin les Ag des groupes sanguins ABO et ceux du CMH
de classe I.
V-3. Les cellules épithéliales pièges et transporteurs d'Ag
Certaines cellules épithéliales des muqueuses se spécialisent pour capturer des Ag présents dans l'air ou l'alimentation. Il sagit des cellules fongiformes des cryptes amygdaliennes et des cellules M du colon et de l'appareil respiratoire. Ces cellules ont pour fonction de fixer à leur surface apicale les Ag micobiens ou alimentaires, de les amener à leur pôle basal sans transformation et de les transmettre à des CpAg voisines.