IX-LYMPHOKINES, MONOKINES, INTERLEUKINES ET CYTOKINES
Les cellules lymphoïdes communiquent,
à plus ou moins grande distance, entre elles ou avec des
cellules d'autres systèmes par l'intermédiaire de
facteurs solubles non immunoglobuliniques protéiques ou glycoprotéiques
de faible Pm véhiculant un message de type informatif.
Le terme de lymphokines se rapporte aux facteurs synthétisés
par les lymphocytes. Celui de monokine indique que le médiateur a pour origine
les monocytes. Le mot d'interleukine s'applique aux molécules provenant de
lymphocytes, de monocytes ou d'autres cellules, et qui servent
d'intermédiaire entre les leucocytes. Comme plusieurs de
ces facteurs ne sont pas seulement produits par les lymphocytes
ou les monocytes/macrophages, mais aussi par d'autres cellules,
aussi certains les nomment cytokines. De 1965 à 1985, un
très grand nombre de ces facteurs solubles a été
décrit sous des termes différents selon le mode
d'identification (habituellement test biologique), de sorte que
la plus grande confusion régna au début. Le but
a ensuite été de rassembler sous le même nom
un facteur soluble connu sous de multiples appellations. Le terme
d'interleukine est réservé
à un facteur soluble d'origine lymphocytaire ou monocytaire,
mais aussi plus largement provenant d'autres cellules, dont la
structure biochimique (séquence des AA de la molécule
et constitution en base de l'ADN codant pour cette molécule)
est connue.
Le tableau VI-XV
indique certaines activités soit en rapport avec des cytokines
non encore isolées et purifiées, soit partagées
par plusieurs cytokines. Avant de décrire les différentes
cytokines, il convient de préciser les techniques qui ont
abouti à la découverte et à la caractérisation
d'un facteur soluble de l'immunité, et de donner les propriétés
communes à l'ensemble de ces facteurs solubles. Enfin,
nous distinguerons les facteurs spécifiques dont l'existence
est contestée, des facteurs non spécifiques qui
sont bien identifiés. Les cytokines sont presque toutes
glycosylées et sont actives à des concentrations
de picoM à nanoM.
IX-1 Techniques à l'origine de la découverte et de la caractérisation des facteurs solubles de l'immunité
Différentes techniques ont été utilisées pour mettre en évidence ces facteurs.
IX-1.1./ Culture lymphocytaire
L'identification des cytokines a été réalisée
à partir de milieux conditionnés ou de leurs ARNm
dans les cellules
Dans cette technique, on isole des lymphocytes T ou B et des monocytes
que l'on stimule (Ag, mitogène ou Ac monoclonaux anti-CD2,
CD28...) de façon à recueillir quelques jours plus
tard le surnageant de culture duquel on a pris soin d'éliminer
les cellules résiduelles. Ce surnageant (appelé
milieu conditionné) est concentré et dessalé
par dialyse à travers des membranes conservant les molécules
d'une masse moléculaire > 1000. Dans un second temps,
on examine l'effet de ces surnageants sur la prolifération
et la différenciation cellulaire, sur la cytotoxicité,
sur la production d'anticorps ou d'autres facteurs etc...
Grâce à ce type de test biologique, il est possible
de purifier par les techniques conventionnelles de biochimie le
facteur responsable de l'activité biologique étudiée,
puis de préciser la séquence en AA de ce facteur.
Toutefois du fait de la très faible quantité de
produit sécrété, les techniques de biochimie
des protéines sont difficiles à mettre en oeuvre.
C'est pourquoi d'autres protocoles ont été appliqués.
Par une autre technique, sont identifiés chez les T activés,
les nouveaux ARNm synthétisés qui codent pour des
protéines dont l'extrémité N-terminale est
faite d'AA hydrophobes compatible avecune protéine sécrétée.
L'ADNc correspondant est ensuite introduit par transfection dans
une cellule qui produira alors en grande quantité la protéine
que l'on isolera et étudiera ensuite. C'est de cette façon
que l'IL13 a été identifiée.
IX.1-2./ Culture de lignée
tumorale
Les cellules tumorales en culture
peuvent libérer de nombreux facteurs solubles du fait du
dérèglement général de leur fonctionnement.
Dans la majorité des cas, ces facteurs sont identiques
(ou très voisins) aux facteurs synthétisés
par les cellules normales. L'avantage de ces cellules néoplasiques
est de produire en culture, une quantité très importante
de facteurs solubles. Si la cellule tumorale est d'origine lymphoïde,
on peut ainsi espérer obtenir les différents facteurs
solubles de l'immunité.
IX-1.3./ Culture d'hybridomes
T-T et Clones T
Pour obtenir la majorité
des lymphokines d'origine T, on a essayé d'immortaliser les lymphocytes T en construisant des hybridomes, de façon
à ce qu'ils produisent un taux élevé de facteurs
solubles de l'immunité. On peut aussi, grâce aux
milieux conditionnés ou à des facteurs de croissance
purifiés, cloner les lymphocytes T, puis conserver ces
clones de cellules normales in vitro et étudier les facteurs
qu'ils synthétisent.
Lorsqu'un facteur soluble produit par un hybridome est identifié
et partiellement purifié, on peut lui appliquer les techniques
de la biologie moléculaire. Elles consistent à isoler
l'ARNm correspondant à ce facteur et à construire
ensuite l'ADN complémentaire que l'on insère dans
une bactérie. Celle-ci synthétisera alors, sous
les ordres de l'ADN transféré, le facteur objet
de l'étude. Grâce aux tests fonctionnels, on sélectionne
la bactérie possédant la séquence nucléotidique
du gène du facteur recherché. Ces techniques ont
permis d'obtenir en quelques années, la structure de nombreux
facteurs non spécifiques de l'immunité.
IX-1.4./ Cellules transfectées
avec un génome transformant
L'IL7 a été identifiée
à partir de cellules du stroma de la moelle osseuse de
souris transfectée à l'aide d'un plasmide contenant
les séquences transformantes du SV40.
IX-2. Lymphokines spécifiques de l'antigène
Sous cette rubrique, on inclut les facteurs solubles de l'immunité, produits au cours d'une réponse immune, capables d'agir seulement en présence d'un antigène spécifique. Ces facteurs solubles seraint multiples puisque particuliers pour chaque Ag, mais ils possèderaient un certain nombre de propriétés communes qui permettraient de les caractériser. Globalement, on a distingué deux types de facteurs : les facteurs auxilliaires ou coopérants (THF = T-cell helper factor) et les facteurs suppresseurs (TSF = T-cell suppressor factor). L'existence de ces facteurs est contestée.
IX-2.1./ Les THF
Ils sont spécifiques de
l'Ag et coopèrent avec les B pour la synthèse des
Ac.
Ces produits élaborés par des lymphocytes T sensibilisés,
des hybridomes T ou des clones T peuvent parfois posséder
une spécificité
pour un Ag, voisine de celle de la région VH de certains
Ac. Ils réagissent avec
les sérums anti-Ag du CMH
de classe II (codés chez
la souris par les régions IA-IE) et ont un Mr (molecular
ratio) d'environ 50kDa et un point isoélectrique de 5 à
7.
IX-2.2./ Les TSF
Ils auraient la même complexité
que les THF ainsi que les propriétés suivantes :
*
Production par des lymphocytes
T sensibilisés spécifiques de l'antigène,
des hybridomes T ou des clones T.
*
Réactivité croisée
possible avec la région VH des immunoglobulines.
*
Reconnaissance par des sérums anti-I-J.
*
Participation de la chaîne TcRa à la constitution
du TSF.
*
Mr entre 30 et 70kDa.
IX-3. Cytokines non spécifiques
IX-3.1./
Caractéristiques communes aux cytokines
Un certain nombre de propriétés
communes caractérise les cytokines.
-a-
Cellules productrices
Il s'agit de lymphocytes T, B, de monocytes/macrophages, de polynucléaires,
de mastocytes et parfois de cellules épithéliales,
endothéliales ou fibroblastiques. Les cytokines sont libérées
après stimulation des cellules, la production spontanée
étant réduite. Une même cellule peut synthétiser
plusieurs de ces facteurs. Certaines cytokines existent sous une
forme associées à la membrane des cellules qui les
produisent.
-b- Structure biochimique
Les cytokines sont des polypeptides ou surtout des glycoprotéines d'une masse moléculaire variant de 4
à 80kDa, mais généralement située
entre 15 et 40kDa. Les cytokines ont pas ou peu d'homologie concernant
la séquence des AA, en revanche les analogies au niveau
de la structure tertiaire et quaternaire sont fréquentes.
Elle possède une activité biologique extrêmement
puissante, puisque ces molécules agissent à des
concentrations de 10-12
à 10-9mol/l, mais leur durée
de vie est très courte : quelques minutes. Les cytokines
peuvent se présenter sous différentes formes : précurseurs,
monomères, polyméres, molécules avec différents
degrés de glycosylation, fragments de protéolyse.
-c- Interaction
avec le récepteur
Ces molécules interagissent toujours avec un récepteur
spécifique et les constantes de dissociation sont habituellement
fortes de 10-8 à 10-12 M-1. L'interaction avec le récepteur
provoque des modifications biochimiques dans la cellule (diminution
du taux d'AMPc, hydrolyse des phosphatidyl inositol, flux intracytoplasmique
de calcium, augmentation du taux de GMPc et activation de protéines
kinases.... ).
Ces cytokines neutralisables par des Ac spécifiques ne
sont pas toujours détectables dans le sérum, mais
sont détectables dans les liquides inflammatoires. Lorsqu'elles
sont présentes dans le sérum leur taux est très
faible (<10pg/ml). Elles ont parfois, sur le plan de leur activité,
une spécificité
d'espèce.
Il existe des inhibiteurs de ces cytokines répartis en
: analogues inactifs de la cytokine occupant les récepteurs, récepteurs solubles
entrant en compétition avec les récepteurs de membrane
et auto-Ac anticytokines.
-d- Fonctions
Leur action est pléiotrope. Le tableau
VI-XVI donne quelques indications
sur ces fonctions.
IX-3.2./
Caractéristiques des récepteurs des cytokines
Les récepteurs des cytokines
peuvent être constitués par une
chaîne protéique
ou glycoprotéique, mais plusieurs récepteurs de forte avidité
sont formés par 2 ou 3
chaînes différentes.
Chacune de ces chaînes, lorsqu'elle n'est pas associée,
représente un récepteur de plus faible avidité.
Ainsi, l'IL2R de forte avidité comprend une chaîne
a,
une chaîne b et une chaîne g. La chaîne
a
est un récepteur peu avide, l'hétérodimère
bg,
est un récepteur moyennement avide et le trimère
abg
est le récepteur le plus avide. Les récepteurs de
forte avidité de certaines cytokines ont parfois les mêmes
chaînes b (comme cela est le cas pour les récepteurs
de l'IL3, du GM-CSF et de l'IL5), mais des chaînes a
différentes, respectivement a1, a2 et a3. Enfin l'OSM et le
LIF partagent les mêmes récepteurs de forte avidité
ab,
et la chaîne
b est identique à celle du
récepteur de l'IL6 (figure
VI-48a). Quand le récepteur
résulte de l'association entre plusieurs chaînes,
on peut, en généralisant et en simplifiant, dire
que les chaînes a sont des chaînes
privées spécifiques
fixant la cytokine et que les autres chaînes sont publiques car
partagées avec d'autres récepteurs . Elles accroissent
l'avidité du récepteur, stabilisent le complexe
et permettent la transduction
du signal. L'utilisation d'une
même chaîne transductrice par des récepteurs
différents explique que les cytokines utilisant ces récepteurs
ont des effets voisins.
Les récepteurs (ou les chaînes constitutives) des
cytokines dont la structure est connue, sont divisés en
plusieurs classes.
*
Les récepteurs
de classe I (récepteurs
des hématopoïétines ou des cytokines classiques)
ont des séquences conservées, 4 cystéines
et une séquence WSXWS (tryptophane-sérine-X-tryptophane-sérine).
Les cystéines font partie d'un domaine fait de 7 feuillets
b
antiparallèles avec 2 ponts S-S. Un autre domaine est également
constitué de 7 feuillets b antiparallèles mais sans ponts S-S et
comprenant la séquence WSXWS (souvent proche de la membrane
plasmique) : c'est un domaine fibronectine de type III. Ce sont
les structures Box1 et Box2 de 60 à 100AA, situées
au niveau de la portion intacytoplasmique, près de la membrane,
qui transduisent le signal. Font partie des récepteurs
de classe I, les GRHR (hormone de croissance), les PRLR (prolactine),
les EPOR (érythropoïétine), certaines chaînes
des IL2R, IL3R, IL4R...(figure
VI-48b1 et figure
VI-48b2).
*
Les récepteurs de classe
II ont des homologies entre eux,
notamment 1 paire de cystéines située à chaque
extrémité ainsi que 2 résidus tryptophanes
(figure VI-48b1). Les récepteurs de l'IL10, du TF (facteur
tissulaire ou facteur VII de la coagulation) des IFNa, b
et g
appartiennent à ce groupe.
*
La 3ème classe comprend les
récepteurs de la famille des TNFa et b.
Ces récepteurs sont faits de 3 à 4 domaines extracytoplasmiques
riches en cystéines. Le récepteur du facteur de
croissance des nerfs (NGF) appartient aussi à ce groupe
(figure VI-48d).
*
La 4ème classe est celle des
facteurs de croissance hématopoïétiques appartenant
à la superfamille des Ig.
Ce sont les IL1RI et II, PDGFR (platelet derived growth factor),
EGFR , CSF1R ... (figure VI-48c). Ces récepteurs ont une portion extracytoplasmique
comprenant des domaines Ig-like avec en général
1 pont S-S par domaine. Dans ces cas, existent aussi une zone
transmembranaire et une zone intracytoplasmique. Au niveau de
cette dernière pour PDGFR , EGFR et CSF1R existe une activité
tyrosine-kinase.
*
Dans une autre classe, se trouvent
les récepteurs couplés à une protéine
G qui comprennent 7 domaines hydrophobes transmembranaires, 3
boucles extracytoplasmiques et 3 boucles intracytoplasmiques (ces
dernières avec plusieurs sites de phosphorylation) (figure VI-48e).
Ce sont les récepteurs de l'IL8 et d'autres chémokines
(voir chapitre
IX), ainsi que du PAF et du C5 a
(CD88).
*
Une autre catégorie regroupe
les chaînes a de
l'IL2 et l'IL15 avec respectivement
2 domaines ou 1 domaine de structure globulaire de type Sushi
(figure VI-48f).
Le tableau VI-XVII fait l'inventaire des caractéristiques
des récepteurs des cytokines et le tableau
VI-XVIII rappelle la classification
de ces récepteurs.
IX-3.3./
Caractéristiques des principales cytokines
Le tableau
VI-XIXa début et suite résume
les caractéristiques des principales cytokines humaines.
Le dosage des cytokines dans les liquides qui les contiennent
font appel soit à des tests
fonctionnels, soit surtout à
des méthodes radio-immunologiques. On peut aussi repérer et numérer
les cellules produisant les cytokines. Dans ce dernier cas les
procédés suivants ont été utilisés
: ELISPOT, cytométrie
en flux (les cellules doivent être
activées pour provoquer la synthèse des cytokines
et en même temps la sécétion doit être
inhibée par monensine ou bréfeldine A pour obtenir
l'accumulation des cytokines dans l'appareil de Golgi), détection
des ARNm des cytokines par hybridation
in situ ou par une réaction de polymérisation
en chaîne inverse (RT-PCR).
IX-3.3.1./
L'IL1
-a-
Structure
* Généralité
Il existe deux types d'IL1 : IL1a (159AA,
17,5kDa) et IL1ß (153AA de 17,3kDa) qui sont de forme globulaire,
constituées par 6 paires de feuillets ß antiparallèles,
issus de deux gènes différents qui ont environ 30%
d'homologie entre eux. Malgré ce peu d'homologie des deux
IL1, elles ont le même récepteur.
Les gènes pour l'IL1a et l'IL1ß comprennent chacun 7 exons,
et sont situés aussi bien chez l'homme que chez la souris
sur le chromosome 2. Chez l'homme, le gène de l'IL1a contient
12 kb et celui de l'IL1ß 9.7kb.
*
Synthèse
Les deux gènes codent pour un ARNm
qui est traduit en une protéine précurseur de Mr
31kDa. Cette dernière subit ensuite une protéolyse
par une plasmine qui la transforme en une protéine de 23kDa.
Cette forme non excrétée, surtout a, est localisée
sur la membrane cellulaire et agit par contact cellulaire. Il
y a enfin une deuxième protéolyse par une élastase.
On a alors libération d'une molécule de 17,5kDa.
Les proportions entre les formes a et ß excrétées
de 17,5kDa, dépendent des cellules et du signal inducteur
de la synthèse. Dans le cas des macrophages, la majorité
de l'IL1a reste associée à la membrane cytoplasmique,
alors que l'IL1ß est surtout excrétée. L'IL1
et son précurseur ne se retrouvent jamais dans le réticulum
endoplasmique, mais seulement dans le cytosol. L'I1ß est
produite par protéolyse du précurseur par l'IL1ß converting enzyme (ICE).
L'IL1 humaine agit chez la souris et vice versa. Un analogue de
l'IL1, mais inactif peut aussi être produit. Il est nommé
IL1ra ( IL1 receptor antagonist) car il se comporte comme un antagoniste de l'IL1.
| IL1a | IL1a | IL1ß | IL1b | IL1ra | |
| Humaine | Souris | Humaine | Souris | humain | |
| pI | 5.0 | 5.0 | 7.0 | 7.0 | |
| Acides aminés | |||||
| *précurseur | 271 | 270 | 269 | 269 | 177 |
| * mature | 159 | 156 | 153 | 159 | 152 |
| Pm(kDa) | 17.5 | 17.4 | 17.3 | 17.5 | 18,2 |
| Sites de Glycosylation | 0 | 0 | 0 | 0 | 1 |
| Ponts disulfures | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Gène | |||||
| * chromo | 2q12-q21 | 2 | 2q13-q21 | 2 | 2 |
| * exons | 7 | 7 | 7 | 7 | 7 |
-b- Cellules productrices et cellules inductrices
Les cellules productrices d'IL1 sont très
nombreuses : par exemple monocytes,
macrophages et autres CpAg, cellules de la microglie, kératinocytes,
cellules endothéliales et cellules mésangiales du
rein. Pour les macrophages, la production d'IL1 est modulée
par les TNFa et
b.
Les lymphocytes T coopérants synthétisent de l'IL1.
Cette production d'IL1 n'est pas constitutionnelle mais induite
par les stimuli. Il en est de même pour les lymphocytes
B dont la production d'IL1 dépend notamment de la stimulation
de ces cellules par des interleukines provenant des lymphocytes
T (IL4 et surtout IL2) et est auto-amplifiée par l'IL1.
Cette production est diminuée par la PGE2.
-c- Récepteur (4ème classe des récepteurs
des cytokines)
Il existe 2 types de récepteurs
de l'IL1 :
Le 1er type de récepteur de l'interleukine 1 (IL1RI ou CD121a),
présent sur les lymphocytes T, les cellules endothéliales,
les muscles lisses et les fibroblastes humains, est une protéine
glycosylée transmembranaire dont le Mr est de 80-90kDa.
Elle appartient à la superfamille des Ig. Ce récepteur
est commun aux formes matures de l'IL1a et ß et au
précurseur actif de l'IL1a. Il est constitué par une portion extracellulaire
avec 3 domaines ressemblant à ceux des immunoglobulines,
une portion transmembranaire et une portion intracytoplasmique
transductionnelle de 217AA. Cette dernière portion cytosolique
est homologue de la portion cytosolique des TLR (Toll-Like Receptor), on la nomme TIR (Toll/IL1
Receptor). Le gène de cet IL1R humain est situé
en 2q12. Il y a une grande homologie entre le récepteur
pour l'IL1 de la souris et de l'homme. Une autre chaîne
s'associe à l'IL1RI, il s'agit de l'IL1RAcp
(R.accessory ptotein) qui est
voisine de l'IL1RI. L'IL1a et b, mais pas l'IL1ra, sont fixées avec l'avidité
la plus forte par IL1R/IL1RAcp.
Le deuxième type de récepteur pour l'IL1 (IL1RII ou CD121b)
est présent sur les cellules B, les granulocytes, les macrophages,
les clones TH2, les T CD4+ activés, les kératinocytes
activés. Ce récepteur de 60 à 65kDa a 28%
d'homologie avec le récepteur de type 1 au niveau de la
partie extracellulaire. Cette dernière est constituée,
comme pour le récepteur de type 1, par trois domaines d'Ig.
La portion intracytoplasmique de l'IL1RII plus courte de 27AA
que celle du récepteur de type 1, est non transductionnelle.
Il se comporte comme un leurre pour l'IL1 d'où son nom
de decoy receptor ou récepleurre. Le gène de cet
ILIR est situé en 2q12-22. L'IL1RII se comporte comme un
leurre pour l'IL1 qui est ainsi détournée aux dépends
de l'IL1RI, d'où un effet inhibiteur des cellules portant
l'IL1RII.
Il a été décrit une molécule de 47kDa
circulante qui se lie à l'IL1ß, mais non à
l'IL1a. Cette molécule (IL1sR) qui est un fragment de protéolyse du
récepteur I ou II, se comporte comme un inhibiteur de l'IL1.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 569 | 576 |
| * mature | 552 | 557 |
| Pm(kDa) | 80 | 80-90 |
| Sites de glycosylation | 6N | 7N |
| Domaines Ig-like | 3 | 3 |
| Activité Kinase | Non | Non |
| Sites de phosphorylation | Oui | Oui |
| Transduction du signal | Oui | Oui |
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 398 | 410 |
| * mature | 385 | 397 |
| Pm(kDa) | 60-68 | 60 |
| Sites de glycosylation | 5N | 4N |
| Affinité (Kd) | 10-9 | 10-9 |
-d- Inhibiteurs de l'IL1
Nous venons de voir l'IL1sR qui inactive l'IL1, mais il existe
encore 3 variants d'un autre inhibiteur : l'IL1Ra se liant au
récepteur de l'IL1. Cet inhibiteur qui a une structure
proche de celle de l'IL1ß, est produit par les mêmes
cellules que l'IL1 et a son gène porté par le même
chromosome que celui de l'IL1. Quelques heures après le
début de la synthèse de l'IL1, commence celle de
l'IL1Ra. Chez les femmes enceintes et les sujets fébriles,
on a mis en évidence au niveau sanguin et urinaire cet
inhibiteur qui se lie à l'IL1 et empêche son action
biologique.
-e- Effets biologiques principaux (figure VI-49a)
L'IL1 agit au niveau de plusieurs types cellulaires et souvent
l'activité de l'IL1 est indirecte dépendant de la
libération d'autres cytokines :
* Cellules
du système immunitaire
- lymphocytes
T :
l'IL1 a un effet TCGF et une action globale d'activation et d'augmentation
du chimiotactisme. Sur ces cellules, elle induit l'augmentation
de la production de lymphokines telles que l'IL2, et la synthèse
du récepteur de l'IL2.
- lymphocytes B : elle a une activité BCGF et BCDF et
active le chimiotactisme de ces cellules.
- polynucléaires neutrophiles : l'IL1 entraîne une augmentation de la
libération des enzymes, une augmentation du métabolisme
oxydatif, du chimiotactisme et de la production de collagénase.
- macrophages
: la production de PGE2 et le chimiotactisme sont augmentés.
* Cellules
du système nerveux et endocrinien
L'IL1 stimule la prolifération des
astrocytes
in vitro. Chez l'adulte, elle semble jouer un rôle de modulation
de l'axe neuroendocrinien influençant le relarguage des
hormones pituitaires in vitro et in vivo.
* Système
nerveux central
- Induction du sommeil lent,
- Effet pyrogène par action au niveau de l'hypothalamus.
Cette même action pyrogène est retrouvée pour
l'IL6 et le TNFa.
- Stimulation du cortison releasing factor (CRF) ou action CRF-like.
*
Endothélium vasculaire
- Augmentation de l'activité procoagulante.
* Fibroblastes
du derme
* Foie
- Augmentation de la synthèse
des protéines de la phase aiguë de l'inflammation
(notamment de la CRP) et diminution de la synthèse d'albumine.
- Diminution du zinc sérique,
- Diminution du fer sérique.
* Ostéoclastes
- Augmentation de la résorption
osseuse
* Moelle
osseuse
- Augmentation du nombre des neutrophiles
sanguins.
* Muscles
squelettiques
- Accroissement de la protéolyse
des muscles squelettiques.
IX-3.3.2./
L'IL2
-a-
Structure
C'est une glycoprotéine (O-glycosylation en position 3),
de 15,5kDa comportant 133AA. Son gène, constitué
de 4 exons et de 3 introns, est situé sur le chromosome
4. La glycosylation n'est pas nécessaire à l'activité
biologique, mais la structure tertiaire est nécessaire
à celle-ci. L'IL2 est formée de 6 hélices
dont 3 (A, B, B') sont engagées dans la liaison avec l'IL2R.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 153 | 169 |
| * mature | 133 | 149 |
| Pm(kDa) | 15,5 | 30 (dimère) |
| Sites de glycosylation | 0 | 0 |
| Résidus cystéine | 3 | 3 |
| Gène | ||
| * chromosome | 4q26-q27 | 3 |
| * introns/exons | 3/4 | 3/4 |
-b-
Cellules productrices
Principalement les lymphocytes T (TH0 et TH1)
activés, mais aussi les cellules
NK et certaines B.
-c- Récepteur
(1ère classe pour la chaîne b)
Le récepteur de l'IL2 est constitué de 3 composants membranaires distincts : la chaîne a (p55), la chaîne b (p75
ou CD122) et la chaîne
g. Cette dernière est commune
aux IL4R, IL7R, IL9R, IL13 et IL15R, et peut être IL14R.
* La
p55 est
codée par le chromosome
10 (10p14-15). L'expression du
gène de cette chaîne
a nécessite
l'activation des T. La chaîne a est reconnue par
l'Ac anti-TAC (anti-CD25). La chaîne a p55 possède
un court segment intracytoplasmique de 13AA avec un seul site
de phosphorylation, mais ne délivre pas de signal intracytoplasmique.
La portion extracytoplasmique comprend 2 sous-unités globulaires
de type "Sushi" qu'on retrouve chez des protéines
du C et des molécules d'adhésion. Chaque sous-unité
comprend 4 cystéines formant 2 ponts S-S.
*
Le gène
22q11,2-12 de le chaîne
b de
l'IL2R est exprimé constitutivement au niveau des cellules
T CD8+ cytotoxiques, mais pas au niveau des cellules CD4+. Ce
gène est induit lors de l'activation de ces cellules. La
chaîne p75 doit être phosphorylée lors de son
passage intracytoplasmique pour être fonctionnelle. La chaîne
ß p75 possède un long segment intracytoplasmique
de 286AA avec une région riche en sérine et une
autre en proline. La chaîne p75 est essentielle à
la transduction du signal. Le récepteur n'est fontionnel
que si les chaînes
a et ß sont liées à
une chaîne g
(protéine phosphorylée
de 64kDa) analogue à la chaîne ß, mais avec
une partie intracytoplasmique plus courte.
*
Le gène Xq13 de la chaîne g
est exprimé constitutionnellement
au niveau des cellules lymphoïdes.
Quand l'IL2 est fixée à son récepteur, seule
la chaîne p75 est internalisée avec une demi-vie
de 15 min. L'IL2 ne stimule pas l'expression de la chaîne
p 75, comme elle le fait pour la chaîne p55. Après
leur biosynthèse, le transport des éléments
du récepteur jusqu'à la membrane dure environ une
heure. L'IL2R occupé est endocyté avant qu'il ne
soit dissocié de l'IL2 qu'il porte. Le tableau suivant
montre l'affinité pour l'IL2 des différentes chaînes
isolées ou en association.
| Sous unités | Forces de liaison à l'IL2 (Kd) | Transduction du signal |
| a | 10-8 M | - |
| b | 10-7 M | - |
| g | non détectable | - |
| ab | 10-10 M | - |
| ag | 10-8 M | - |
| bg | 10-9 M | + |
| abg | 10-11 M | + |
Les chaînes b et g de l'IL2R, mais pas la chaîne a, appartiennent à la superfamille de récepteurs des cytokines caractérisée par la présence de 4 cystéines et la séquence WSXWS (motif WS). La chaîne b est proche physiquement de la p56lck, et la stimulation de l'IL2 provoque l'activation de la p56lck tyrosine kinase, puis celle de la p21ras et enfin de c-jun et de c-fos. Les déficits immunitaires liés à l'X ont d'importantes mutations au niveau du gène de la chaîne g de l'IL2R. Cette dernière joue aussi un rôle important dans la maturation thymique des cellules T. La chaîne g est commune à IL4R, IL7R, IL9R, IL13R, IL15R et est associée à Jak3. Le défaut du gène de la chaîne g chez l'homme ou la souris conduit à l'immunodéficit combiné sévère lié à l'X (XSCID) caractérisé par une diminution des effets des IL2, 4, 7, 9, 13, 15.
|
|
|
|
| Homme | Souris | Homme | Souris | Homme | |
| Acides aminés | |||||
| * précurseur | 272 | 268 | 551 | 539 | 369 |
| * mature | 251 | 247 | 525 | 513 | 347 |
| Pm(kDa) | 55 | 5O-65 | 75 | 75 | 64 |
| Sites de glycosylation | 2N | 4N | 4N | 6N | 6N |
| Sites de phosphorylation | Oui | Oui | Oui | Oui | |
| Transmission du signal | Non | Non | Oui | Oui | |
| Gène | |||||
| * chromosome | 10p14-15 | ? | 22q11,2-12 | ? | Xq13 |
| * introns/exons | ? | 9/10 | ? | 7/8 |
-d-
Effets biologiques (figure VI-49b)
L'occupation de l'IL2R permet de passer de la phase G1 à
la phase S. Plus la densité de récepteurs occupés
par l'IL2 est importante, plus la phase G1 est courte. L'IL2 induit
la transcription de l'oncogène c-pim et du proto-oncogène
c-myc.
*
Prolifération des différents sous-types de lymphocytes
T activés (l'IL15 agit de façon analogue), mais
aussi dans certaines circonstances production d'une apoptose après
stimulation du TcR.
*
Activation des cellules NK soit directement par l'IL2, soit indirectement
(l'IL2 entraîne une augmentation de la production d'IFNg
qui lui-même active les cellules NK).
* Prolifération
des cellules B et production d'immunoglobulines. (l'IL4 se comporte
comme un antagoniste).
*
Augmentation de la cytotoxicité des macrophages.
*
Prolifération des oligodendrocytes.
*
La ciclosporine A et les corticoïdes
inhibent la synthèse d'IL2. Les corticoïdes en inhibant
la sécrétion de l'IL1 entraînent la diminution
de celle de l'IL2. La ciclosporine A provoque une variation de
l'expression du récepteur de l'IL2 et une diminution de
la synthèse de l'IL2.
IX-3.3.3./
L'IL3
-a- Structure
L'IL3 est une protéine glycosylée de 133AA et de
Mr 25kDa. Elle est codée par le chromosome 5. Il n'y a
pas d'activité croisée entre l'IL3 de souris et
celle de l'homme. Elle comporte 2 sites de N-glycosylation et
un pont disulfure entre les résidus 16 et 84. L'IL3 murine
a 4 sites potentiels de N-glycosylation, dont un en position 42
qui est le plus important. La glycosylation n'est pas nécessaire
à l'activité biologique. Il y a 4 résidus
cystéiques sur l'IL3 murine dont deux en position 43 et
106, nécessaires à l'activité biologique.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 152 | 166 |
| * mature | 133 | 139/140* |
| Pm(kDa) | 14,6 (30) | 23/28 |
| Sites de glycosylation | Oui (2N) | Oui (4) |
| Ponts disulfure | Oui | Oui (1) |
| Gène | ||
| * chromosome | 5q23-31** | 11 |
| * exons | 5 | 5 |
* 29% d'homologie
** Près des gènes de : IL5, MCSF, GM-CSF, MCSFR
et PDGFR.
-b- Cellules productrices
Cellules T activées surtout CD4+, certaines lignées
myélomonocytaires, certains leucocytes du sang périphérique
stimulés par des lectines et mastocytes activés.
-c- Récepteur (1ère classe : chaîne a1 (CD123) et chaîne b)
Chez l'homme c'est un hétérodimère a1b
dont la chaîne
b est commune avec l'IL5R et le GM-CSFR.
La portion N-terminale de la chaîne a1 a des homologies
avec la zone correspondante des chaînes a des IL5R et GM-CSFR.
Chez la souris, la chaîne a
à un Pm de 41/42kDa et la
chaîne b de 94kDa.
| chaîne a1 | chaîne b | |
| Acides aminés | ||
| -précurseur | 378 | 897 |
| -mature | 360 | 881 |
| Pm(kDa) | 70 | 120 |
| Sites de glycosylation | 6N | 3N |
| Affinité | 10-7 | nulle |
| Gène | ||
| * chromosome | Yp13,3/Xp22,3 | 22 |
-d- Action biologique (figure VI-49c)
C'est un multi-CSF car elle est un facteur de croissance et de
différenciation des lignées sanguines : neutrophiles,
éosinophiles, basophiles, mastocytes, monocytes/macrophages
(la lignée érythrocytaire ne donne de GR matures
qu'en présence d'EPO). Elle induit la production de mastocytes
en synergie avec l'IL4, de mégacaryocytes avec l'IL11 et
de monocytes/macrophages grâce aux CSF. Elle agit sur les
cellules pré-T en induisant la synthèse de la 20-hydroxy-stéroïde
déshydrogénase.
Elle a aussi une activité BCDF.
Enfin, elle augmente la cytotoxicité des macrophages et
entraîne l'activation des polynucléaires éosinophiles.
IX-3.3.4./
L'IL4
-a-
Structure
L'IL4 est une protéine de 128AA et de 14kDa avec deux sites
de N-glycosylation et 6 résidus cystéiques à
l'origine de ponts S-S. Il y a 50% d'homologie entre l'IL4 humaine
et l'IL4 murine au niveau des AA 1 à 90 et 129 à
149.
Son gène comporte 4 exons et 3 introns, et est situé
chez l'homme sur le chromosome 5 (5q23-31) au même endroit
que les gènes de l'IL-3, l'IL-5, l'IL-9, l'IL-13 et du
GM-CSF.
La structure de l'IL-4 présente des homologies avec le
GM-CSF, le M-CSF et la GH.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 153 | 140 |
| * mature | 129 | 120 |
| Pm(kDa) | 14 (19) | 15 (19) |
| Sites de glycosylation | 2N | 3N |
| Ponts disulfure | Oui (6 Cys) | Oui (6 Cys) |
| Gène | ||
| * chromosome | 5q23-q31 | 11 |
| * exons | 4 | 4 |
-b-
Cellules productrices
Ce sont les cellules TH2 et
les TH0,
mais aussi les mastocytes, les
PN basophiles et les cellules stromales de la moelle osseuse. Les cellules CD4+CD45R+ ne possèdent
pas d'ARNm pour l'IL4, alors que les cellules CD4+CD45R- l'ont.
-c- Récepteur (1ère classe pour
les chaînes a
et g)
L'IL4 se lie à des récepteurs qui sont exprimés
en faible nombre sur lymphocytes B et T, monocytes, granulocytes,
fibroblastes, cellules épithéliales et cellules
endothéliales. L'IL4 se lie à 3 sortes de molécules
dont les Mr sont de 140, 75 et 65kDa. Seule la glycoprotéine
de 140kDa lie l'IL4 avec une grande affinité. Une forme soluble de ce récepteur a été
mise en évidence qui lie l'IL4 avec une grande affinité
et inhibe ses effets biologiques.
On retrouve une forte proportion de proline au niveau de la région
cytoplasmique de ce récepteur comme au niveau de la chaîne
b de
l'IL2R. Cette molécule est associée à la
même chaîne g que
celle de l'IL2R. L'IL4R est spécifique d'espèce. Après stimulation par le LPS ou par
un Ac anti-m, le nombre de récepteurs à la
surface des cellules B augmente. Les cellules T fraîchement
isolées expriment un nombre faible d'IL4R qui reste inchangé
quand les cellules sont cultivées en l'absence de stimulation.
L'association de mitogène et d'IL4 ou d'IL7 entraîne
une augmentation de l'expression de l'IL4R plus importante que
lorsqu'on met un mitogène seul.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 825 | 810 |
| * mature | 800 (EC:207, TM:25, IC:569) | 785 (EC:208, TM:24, IC:553) |
| * Forme sécrétée | 230 | |
| Pm(kDa) | ||
| * mature | 140 | 138-145 |
| * sécrétée | 32-41 | |
| Sites de glycosylation | 6N | 5N extracell., 3N intracell. |
| Résidus cystéiques | 6 | 7 |
| Sites de phosphorylation | Non | 1 possible |
| Gène : chromosome | ? | 7 |
-d- Action
biologique (figure VI-49d)
* Action
au niveau cellulaire de l'IL4
- Les
cellules B : Elle inhibe la prolifération
des cellules pré-B probablement par l'induction de la production
d'un facteur inhibiteur par les cellules stromales. L'IL4 agit
sur les cellules B au repos comme facteur de prolifération
et de différenciation. Elle augmente nettement l'expression
des Ag de classe II du CMH (HLA-DR, DP et DQ). Elle favorise la
commutation en plasmocytes à IgG1 ou IgE et gêne
celle conduisant aux plasmocytes à IgG3. Des souris knock
out pour le gène de IL4 n'ont plus de réponse humorale
thymodépendante à prédominance IgG1 et ont
perdu la faculté de produire des IgE. Elle accroît
le nombre des FceRII (CD23) de surface de ces cellules. Les FceRIIa,
mais pas les FceRIIb, sont exprimés faiblement sur les
cellules B normales. L'IL4 augmente l'expression de FceRIIa
et induit l'expression de FceRIIb. Elle favorise aussi la production de CD23
soluble par les cellules B. L'IL4 régule l'expression des
IgM de surface, du CD40 et aussi des contre structures du CD28
et de CTLA4 (B7.1 : CD80 et B7.2 : CD86). Sous l'influence de
l'IL-4, les cellules B produisent de l'IL6 et du TNF et expriment
le Thy-1, en revanche l'expression du CD32/FcgRII diminue. Elle
induit l'expression de LFA-1 et de LFA-3 sur les lignées
de cellules de lymphome de Burkitt.
- Les
cellules T : L'IL4 et l'IL10
orientent la différenciation des cellules TH0 dans
le sens TH2 alors que l'IFNg , TGFb
et l'IL12 induisent la différenciation des TH0 en TH1. L'IL4
peut agir sur les cellules CD4+ et CD8+ d'une manière indépendante
de l'IL2. L'IL4 et l'IL2 sont respectivement des facteurs autocrines
de croissance des clones T cellulaires TH2 et TH1 . L'IL4 inhibe la production
d'IFNg par les cellules T. Comme l'IFNg
bloque différents effets de l'IL4, l'IL4 bloque ceux de
son antagoniste. L'IL4 induit l'expression du CD23 sur les lymphocytes
T activés. Les clones T cultivés en présence
d'IL4 ont un pouvoir cytotoxique plus important qu'avec l'IL2.
Cette différence pourrait être due à l'expression
d'une lipase importante dans le phénomène de cytotoxicité.
- Les
cellules macrophagiques : Elle
augmente l'expression des Ag de classe II (HLA-DR et DQ), diminue
celle du CD14, du CD64, du CD32 et du CD16. L'IL4 bloque la production
spontanée et induite de l'IL1, de l'IL6, de l'IL8 et du
TNFa
par les monocytes.
- Les
fibroblastes : L'IL4 induit la
sécrétion des protéines de la matrice extracellulaire,
comme les collagènes de type I et II et la fibronectine.
Elle bloque la production de cytokines (IL1, PDGF) par les synoviocytes.
Elle augmente la production d'IL6 induite par les fibroblastes.
- Les
cellules endothéliales : Les
cellules endothéliales prolifèrent en réponse
à l'IL4. Il y a une augmentation de l'expression de VCAM-1.
- Les
cellules épithéliales :
L'IL4 augmente la production de CD23 soluble par les cellules
du carcinome nasopharyngé et d'IL6 par les cellules épithéliales
thymiques.
- Les
mastocytes : Pour ces cellules,
elle se comporte comme un facteur de croissance en synergie avec
l'IL3 et l'IL9.
- Les
thymocytes foetaux : L'IL4 stimule
les thymocytes foetaux sauf les cellules DP.
- Les
hépatocytes :
Elle diminue la production d'haptoglobine.
- Les
cellules hématopoïétiques : Elle bloque le développement des colonies
dépendantes du M-CSF, mais stimule celles dépendantes
du G-CSF. L'IL4 antagonise la stimulation par l'IFNg des
colonies de monocytes induites par le GM-CSF ou le M-CSF. L'IFNg
inhibe la stimulation par l'IL4 des colonies de granulocytes induites
par le G-CSF. L'IL4 agit de manière synergique au niveau
de la lignée érythrocytaire avec l'érythropoïétine,
des monocytes avec l'IL3 et le CSF et des mastocytes avec l'IL3.
- Les
cellules NK : L'IL4 inhibe la
prolifération IL2 dépendante des cellules NK et
bloque la génération des cellules LAK humaines.
La suppression par l'IL4 de cytotoxicité médiée
par l'IL2 est spécifique de la phase d'induction, mais
n'affecte pas la phase de cytolyse.
*
Interactions de l'IL4 avec d'autres lymphokines
- L'IFNg inhibe l'action
de l'IL4 sur les cellules B en diminuant l'expression des Ag de
classe II sur ces lymphocytes malgré la présence
d'IL4, entraîne une diminution du récepteur FceRII,
et enfin induit une diminution de la sécrétion d'IgG1
ou d'IgE en présence d'IL4 et d'activateurs.
-
Elle inhibe fortement l'induction par l'IL2 et l'IFNa des
LAK dans le sang périphérique et la rate.
-
Il y a une synergie d'action entre l'IL5 et l'IL4 entraînant
l'augmentation de la synthèse du FceRII.
IX-3.3.5./
L'IL5
-a-
Structure
L'IL5 est une protéine glycosylée dimérique
dont chaque monomère de 13kDa est formé de 115AA.
Le gène de l'IL5 est situé sur le chromosome 5 chez
l'homme et sur le chromosome 11 chez la souris. Dans les 2 cas,
il est lié à ceux de l'IL3, de l'IL4 et du GM-CSF.
Chez l'homme, ces quatre cytokines sont retrouvées sur
un segment de 500 kb et ont toutes la même orientation suggérant
qu'elles peuvent dériver d'un même gène ancestral.
| Homme | souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 134 | 133 |
| * mature | 115 | 113 |
| Pm(kDa) | 45 (homodimère) | 45-50 (homodimère) |
| Sites de glycosylation | 2N | 3N |
| Résidus cystéiques | 2 | 3 |
| Gène | ||
| * chromosome | 5q23-31 | 11A5-B1 |
| * exons | 4 | 4 |
-b-
Cellules productrices
Les cellules T, mastocytes, éosinophiles
et quelques sous-populations B
.
-c-
Récepteur (1ère classe : a3 ou CD125 et b)
C'est un hétérodimère
a3b dans lequel la chaîne b est
identique à la chaîne b des IL3R et du
GM-CSFR. La forme mature de la
chaîne a3, d'un Mr de 60kDa, est composée de 398AA.
Il y a 6 sites potentiels de N-glycosylation dont quatre sont
retrouvés sur la portion extracellulaire de 322AA. La région
transmembranaire est faite de 22AA. Le domaine intracellulaire
qui compte 54AA, est homologue aux portions intracytoplasmiques
des récepteurs du GM-CSF, de la prolactine et des hormones
de croissance. Il n'y a pas de domaine à activité
kinase. Une région hydrophobe N-terminale de 17AA constitue
le peptide signal. Une forme soluble sans partie transmembranaire
peut être aussi secrétée.
Ce récepteur est retrouvé sur les B (souris), les
mastocytes et les polynucléaires éosinophiles. Le
GM-CSF augmente l'expression de l'IL5R sur ces polynucléaires.
| Homme | souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 420 | 415 |
| * mature | 400 | 398 |
| Pm(kDa) | 60 | 60 |
| Sites de glycosylation | 6N | 4N |
| Affinité | 5.10-10 | 5.10-9 |
| Gène | 3p26 | 6 |
-d- Effets biologiques
(figure 49e)
L'IL5 agit au niveau de différentes cellules :
*
cellules B : L'IL5 induit la
prolifération et la différenciation des lymphocytes
B et augmente le nombre de récepteurs pour l'IL2 des B.
Elle favorise la sécrétion des IgM et surtout des
IgA chez la souris. Avec l'IL4, l'IL5 induit la production d'IgG1
et d'IgE aussi bien chez l'homme que chez la souris.
*
moelle osseuse : L'IL5 est un facteur
de croissance et de différenciation des précurseurs
des éosinophiles chez l'homme et la souris.
*
éosinophiles : Activation et chimiotactisme positif.
IX-3.3.6./
L'IL6
-a- Structure
L'IL6 est une glycoprotéine de 21,5 à 28kDa selon
la glycosylation et la phosphorylation, comportant 185AA, codée
par le chromosome 7. Il existe 40% d'homologie entre l'IL6 murine
et humaine. Il n'y a pas de spécificité d'espèce.
L'homologie est grande entre l'IL6 et le G-CSF. La position des
4 résidus cystéiques est très proche de celle
rencontrée pour le G-CSF ce qui amène à penser
que les gènes de ces deux cytokines sont issus d'un même
gène ancestral. Elle est associée dans le sang à
l'a2
macroglobuline. L'IL6 appartint à la famille du LIF, CNTS,
Oncostatine M, IL11 et CT1.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 212 | 211 |
| * mature | 185 | 187 |
| Pm(kDa) | 21 (28) | 22 (29) |
| Sites de glycosylation | 2N | 0 |
| Résidus cystéique | 4 | 4 |
| Gène | ||
| * chromosome | 7p21-p14 | 5 |
| * exons | 5 | 5 |
-b-
Cellules productrices
Très nombreuses cellules
activées : Lymphocytes
T et B, monocytes, macrophages, fibroblastes, cellules de la microglie,
cellules transformées par l'HTLV-1, cellules de glioblastome
ou d'astrocytome, cellules épithéliales thymiques,
cellules endothéliales, certaines cellules cancéreuses
(ostéosarcome), cellules myélomateuses (il y a une
action autocrine de l'IL6 sur les cellules myélomateuses)...
. La sécrétion d'IL6 par certaines cellules comme
les macrophages est induite par d'autres cytokines comme l'IL1
et le TNF et inhibée par l'IL4, l'IL10 et le TGFb.
La production d'IL6 par les cellules épithtéliales
et les fibroblastes est stimulée par l'IL17.
-c- Récepteur
(1ère classe pour les 2 chaînes)
Il est formé de deux chaînes (a
gp80 ou CD126 et b gp130 ou CD130)
qui portent chacune un domaine extracellulaire de la superfamille
des Ig. Les gènes sont chez l'homme sur le chromosome 1
pour la chaîne a
et sur les chromosomes 5 et 17 pour
la chaîne b. La chaîne b est commune au IL11R,
au LIFR, à l'OSMR et au ciliary neurotrphic factor R (CNTFR).
Le signal provenant des IL6R est transduit quand 2 molécules
d'IL6 se fixent sur un récepteur comprenant 2 chaînes
a
et 2 chaînes
b pour former une structure héxamérique.
C'est la portion intracytoplasmique des chaînes b qui
permet au signal de passer. Des cellules très différentes
possèdent un récepteur pour l'IL6. Les cellules
myélomateuses ont plus de 10.000 récepteurs à
leur surface. Ce récepteur n'est pas sur les cellules B
au repos, mais sur les B activées. Il est présent
sur les cellules T au repos et activées, et sur différentes
lignées hématopoïétiques. Chez l'homme
les gènes de l'IL6R sont situés sur le chromosome
1q21. Il existe des IL6R solubles se comportant comme
|
|
|
| Homme | Souris | Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||||
| * précurseur | 468 | 460 | 918 | 917 |
| * mature | 449 | 441 | 896 | 895 |
| Pm(kDa) | 80 | 78 | 130 | 100 |
| Sites de glycosylation | 6N | 5N | 10N | 9N |
| Résidus cystéiques | 12 | 11 | ||
| Domaine Ig-like | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Sites de phosphorylation | Non | Non | Oui | Oui |
| Transduction du signal | Non | Non | Oui | Oui |
| Affinité | faible | faible | nulle | nulle |
-d- Effets biologiques (figure 49f).
Les cibles cellulaires de l'IL6 sont diverses :
*
Cellules B : L'IL6 a une action de différenciation
des cellules B et de stimulation de la sécrétion
de toutes les classes d'Ig.
*
Cellules T : L'IL6 est un facteur de croissance des cellules
T. Elle induit en plus la production d'IL2 et la différenciation
en lymphocytes T cytotoxiques.
*
Plasmocytomes : On peut remplacer
les cellules nourricières des hybridomes par de l'IL6 qui
est le facteur de croissance majeur. C'est également un
facteur de croissance des cellules du sarcome de Kaposi.
*
Hépatocytes : elle agit, comme
l'IL1, en induisant l'augmentation du taux des protéines
de la phase aiguë de l'inflammation.
*
Système nerveux central
: Elle a une activité
neurotrophique et favorise la différenciation neuronale.
C'est avec l'IL1 et le TNF un pyrogène endogène.
Cette activité est bloquée par les inhibiteurs des
prostaglandines.
*
Cellules souches pluripotentes
: L'IL6 induit la différenciation de ces cellules.
*
Thymocytes : Elle stimulerait leur prolifération.
* Hypophyse : L'IL6, comme l'IL1, stimule la synthèse
d'ACTH.
Des souris knock out pour le gène de l'IL6 ont un comportement
presque normal.
IX-3.3.7./
L'IL7
-a- Structure
C'est une glycoprotéine de 152AA avec deux sites potentiels
de N-glycosylation au niveau des AA 69 et 90, et six résidus
cystéiques. La réduction par le mercapto-éthanol
fait perdre à l'IL7 son activité ce qui montre que
sa structure tertiaire est nécessaire à son activité
biologique. Il y a 60% d'homologie entre l'IL7 humaine et murine.
L'IL7 humaine possède 19AA supplémentaires entre
les AA 96 et 114 : c'est le résultat de la présence
d'un exon supplémentaire au niveau du gène humain.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 177 | 154 |
| * mature | 152 | 129 |
| Pm(kDa) | 22 (28) | 25 |
| Sites de glycosylation | 2N | 2N |
| Résidus cystéiques | 6 | 6 |
| Gène | ||
| * chromosome | 8q12-13 | ? |
| * exons | 5 | 4-5 |
-b- Cellules
productrices
Cellules du stroma de la moelle
osseuse, mais aussi de la rate et du thymus.
-c- Récepteur (1ère
classe)
Le récepteur pour l'IL7 humaine (CD127) et murine est une
glycoprotéine de Mr 70kDa. Cette molécule (chaîne
a) est associée à la même chaîne g identifiée
pour l'IL2R. Cette association
entre le CD127 et la chaîne g donne un complexe
de plus forte avidité pour l'IL7 que le CD127 isolément.
Une forme soluble du récepteur
de l'IL7, à laquelle manque
la portion transmembranaire, se comporte comme un inhibiteur de
l'IL7. Ces 2 types d'IL7R résultent d'un épissage différentiel de l'ARNm.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 459 | 459 |
| * mature | 439 | 439 |
| Pm(kDa) | 70 | 70 |
| Sites de glycosylation | 9N | 6N |
| Résidus cystéiques | 13 | 11 |
| Domaines Ig-like | Non | Non |
| Activité kinase | Non | Non |
| Sites de phosphorylation | 1 | 1 |
| Chromosome | 5p13 | 15 |
-d-
Effets biologiques
L'IL7 provoque la prolifération des lymphocytes pré-B
et des thymocytes CD4-CD8-.
Elle stimule les lymphocytes T en présence de mitogènes
ou d'Ag. Les sous-populations de cellules T CD45- répondent
mieux à l'IL7 que les cellules CD45+. L'IL7 induit l'expression
des récepteurs de l'IL2 et de la transferrine. L'IL7 fait
apparaître sur les cellules de la lignée B, une métallo(zinc)-peptidase
(BP1) dont la présence coïncide avec la prolifération
cellulaire. Enfin, l'IL7 favorise la production des plaquettes
et induit la synthèse d'IL1, TNFa, IL6 par les monocytes,
d'IL2, IFNg par les T et de GM-CSF, IL6 par les cellules
stromales.
IX-3.3.8./
L'IL8
-a- Structure
C'est une protéine non glycosylée de 77AA (précurseur
de 99AA) et de Mr 8kDa, codée par le chromosome 4 (4q12-21).
Elle fait partie des cytokines inflammatoires SIS (small induced
secreted) ou chémokines. Les autres chémokines sont
d'une part, les facteurs GRO
a, b et g, les facteurs plaquettaires
(PF4, thromboglobulines
b (b-TG)), connective tissue activating peptide III
(CTAPIII), neutrophil activating protein 2 (NAP2) et d'autre part,
les protéines inflammatoires des macrophages (MIP1a et
b), la protéine chimiotactique MCP1, la molécule
RANTES.... L'IL8 et les chémokines du premier groupe sont
codées en 4q12-21 et celles du second groupe en 17q11-32.
| pHi | 8,6 |
| Acides aminés | |
| * précurseur | 99 |
| * mature | 72-77 |
| Pm(kDa) | 8 |
| Sites de glycosylation | 0 |
| Pont disufure | 2 |
| Gène | |
| chromosome | 4q12-21 |
-b- Cellules productrices
Nombreuses cellules : Cellules T activées, fibroblastes,
monocytes/macrophages activés, neutrophiles, chondrocytes,
hépatocytes, kératinocytes, cellules endothéliales
de la synoviale, cellules épithéliales de la corticale
du rein et mésangiales. Ce sont l'IL1 et les TNF qui sont
les principales cytokines inductrices de synthèse d'IL8.
-c- Effets biologiques
L'IL8 est chimiotactique pour les polynucléaires neutrophiles
et basophiles et pour les lymphocytes T. L'IL8 entraîne
un relarguage de la lactoferrine à partir des granulocytes
(dégranulation) et une augmentation du métabolisme
oxydatif. C'est également un facteur de croissance des
kératinocytes. Elle inhibe la résorption osseuse
et a une activité pyrogène sur le système
nerveux indépendante des PGE2.
-d- Récepteurs
L'IL8 se fixe sur des récepteurs qui présentent 7 domaines
intracytoplasmiques et qui sont
lié à une protéine G (figure
VI-48e). Ils appartiennent à
la superfamille de la rhodopsine. Un récepteur est de forte affinité
est ne fixe que l'IL8 (IL8RA : CD128a), l'autre (IL8RB : CD128b)
de faible affinité se lie aussi à GRO/MGSA et à
NAP2. Les neutrophiles, basophiles et lymphocytes ont des IL8R.
Les GR Duffy+ peuvent fixer l'IL8
sur l'Ag Duffy (figure VI-49g).
| Forte affinité | Faible affinité | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 350 | 355 |
| * mature | ? | ? |
| Pm(kDa) | 40 | 32 |
| Sites de glycosylation | 4N | 1N |
| Affinité | 10-9 | |
| Gène | ||
| * chromosome | 2q35 | 2q35 |
IX-3.3.9./
l'IL9
-a- Structure
Chez l'homme et la souris, c'est une glycoprotéine (126AA)
de 32 à 40kDa, synthétisée à partir
d'un précurseur de 144AA comportant un peptide signal de
18AA. Son gène, chez l'homme comme chez la souris, est
formé de 5 exons et de 4 introns. Il y a une grande homologie
entre les gènes des deux espèces. Les gènes
sont respectivement sur les chromosomes 5 (5q29-31) de l'homme
et 13 de la souris.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 144 | 144 |
| * mature | 126 | 126 |
| Pm(kDa) | 32-39 | 30-40 |
| Sites de glycosylation | 4N | 4N |
| Ponts disulfure | 5 | 5 |
| Gène | ||
| * chromosome | 5q29-q31 | 13 |
-b-
Cellules productrices
Cellules T, surtout TH2 CD4+, et cellules de Hodgkin.
-c- Récepteur
La chaîne a (récepteur de
1ère classe) est associée à la chaîne
g de
l'IL2R. Les chaînes a
pour l'IL9 (glycoprotéine de 64kDa, protéine de
52kDa) ont une homologie partielle avec l'IL2Rb, sont au nombre
de 3000 environ par cellule cible (T stimulés, macrophages,
progéniteurs érythroïdes, lignées mastocytaires).
Ils peuvent exister sous forme
soluble. Un récepteur
de l'IL9 a été détecté sur des cellules
tumorales T, des macrophages et des mastocytes.
On n'a pas détecté de récepteur de l'IL9
sur les cellules B normales ou transformées, sur les lignées
de cellules épithéliales ou fibroblastiques. Le
gène, fait de 11 exons, est localisé chez l'homme
sur une région pseudo-autosomale du bras long des chromosomes
X et Y.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 522 | 468 |
| * mature | 482 | 431 |
| Pm(kDa) | 64 | 64 |
| Sites de glycosylation | 2N | 2N |
| Affinité | 1-2.10-10 | 1-2.10-10 |
-d- Effets
biologiques
Cette cytokine a été identifiée chez la souris
comme un facteur de croissance des cellules T activées,
mais elle a aussi une action sur les cellules mastocytaires et
les cellules leucémiques mégacaryoblastiques. Cependant
elle n'est pas un facteur de croissance ou de maturation des mégacaryocytes.
Elle aurait comme autres cibles les cellules BFU-E (CD34+DR+CD33-)
sur lesquelles elle agirait en association avec l'érythropoïétine.
Le traitement des cellules T par la PHA ou par les Ac anti-CD3
augmente la production de cette molécule. Les souris avec
transgène de l'IL9 présentent une forte mastocytose.
IX-3.3.10./
L'IL10
-a-
Structure
L'IL10 est un homodimère dont la chaîne constitutive,
chez la souris, est une protéine de 157AA (Mr : 18,4KDa)
avec un domaine N-terminal hydrophobe, 2 sites potentiels de N-glycosylation,
4 résidus cystéine et 9 résidus méthionine.
La glycosylation n'est pas nécessaire à l'activité
biologique de l'IL10 murine. Chez l'homme, c'est une protéine
non glycosylée, faite de 160AA (Mr 18,5kDa). La séquence
en acides nucléiques du gène de l'IL10 a des homologies
avec un gène du génome de l'EBV (BCRFI). Le produit
de ce gène de l'EBV (70% d'homologie avec l'IL10) possède
la majorité des activités de l'IL10. Le gène
de l'IL10 est localisé sur le chromosome 1 chez l'homme
et la souris. Les cDNA de l'IL10 humaine et de souris ont plus
de 80% d'homologie.
| Homme | Souris | |
| pHi | 8 | 8,1 |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 178 | 178 |
| * mature | 160 | 160 |
| Pm(kDa) | 37 | 17-19-21 |
| Sites de glycosylation | 1N | 2N |
| Ponts disulfure | 2 (4 cystéine) | 2 (5 cystéines) |
| Gène | ||
| * chromosome | 1 | 1 (5 exons) |
-b- cellules
productrices
Cellules T CD4+, surtout TH0 et TH2, T CD8+,
cellules B et lymphomes B, lignées mastocytaires, kératinocytes
et monocytes/macrophages.
-c- Effets biologiques (figure VI-49h)
*
Actions stimulantes
L'IL10 stimule l'hématopoièse.
l'IL10 apparaît comme un facteur de costimulation pour la
croissance des précurseurs cellulaires. Elle intervient
sur la croissance des cellules précurseurs dépendantes
de l'IL3, mais ne joue pas de rôle majeur dans l'érythropoièse.
L'IL10 peut, au niveau des précurseurs des cellules mastocytaires,
en présence d'IL3 (comme pour l'IL4), augmenter la croissance
des clones des précurseurs des mastocytes. Elle a un effet
de costimulation sur les thymocytes. Elle favorise le développement
des cellules T cytotoxiques et la viabilité, la prolifération,
l'expression des CMH de classe II et le passage au stade plasmocytes
des cellules B.
L'IL10 stimule la multiplication des cellules B humaines en présence
de l'endotoxine de Staphylococcus aureus ou d'Ac anti-IgM, or
comme les cellules B activées produisent de l'IL10, cette
cytokine se comporte comme un facteur de croissance autocrine
des cellules B. Des souris traitées dès leur naissance
par des anticorps anti-IL10 ont un nombre normal de cellules B
CD5-, mais aucune cellule B CD5+. On observe aussi une diminution
des taux sériques d'IgM et surtout d'IgA, car l'IL10 favorise,
en présence de CD40L et de TGFb, la commutation
conduisant à l'IgA. L'IL10 est importante pour le développement
des cellules CD5+. Chez ces souris, on observe aussi des taux
sériques d'IL6 et d'IFNg
normaux.
*
Actions suppressives
Suppression de l'expression des
antigènes de classe II du CMH sur les macrophages.
Inhibition de la lyse intracellulaire de parasites au niveau du
macrophage et de la production de cytokines par les macrophages
activés, les cellules TH1 et les cellules NK.
L'immunité cellulaire médiée par la réponse
des cellules TH1 est inhibée ainsi que la prolifération
des T dépendante des macrophages.
Suppression de la production d'IFNg dépendante
des cellules dendritiques par les clones TH1.
Parmi les cytokines d'origine monocytaire/macrophagique, certaines
comme le TNFa, l'IL1a et l'IL1b
sont d'importants médiateurs
de la réponse inflammatoire, alors que d'autres comme le
TGFb et
l'IL1Ra ne le sont pas et même ce dernier a une activité
anti-inflammatoire. Si l'IL10 bloque puissamment la production
des médiateurs pro-inflammatoires (IL1a, d'IL1b,
d'IL6, d'IL8, TNFa), et des GM-CSF et G-CSF par les macrophages
activés, elle n'agit pas sur la production de TGFb
et stimule celle d'IL1Ra.
La fonction effectrice des cellules macrophagiques, des cellules
NK et des cellules T est inhibée. Les macrophages activés
par le LPS produisent des taux élevés d'IL10 et
cette cytokine inhibe elle-même sa propre production. L'IL10
joue un rôle mineur dans la suppression de la génération
des cellules TH1 alors qu'elle joue un rôle majeur dans
la capacité d'inhiber l'activité des TH1, et
plus particulièrement la sécrétion d'IFNg.
La même activité de suppression de production d'IFNg par
les cellules NK est observée.
-d- Récepteurs (2ème
classe) :
Le cDNA codant pour le récepteur de l'IL10 a été
obtenu à partir d'une lignée de lymphome de Burkitt.
Le récepteur est un polypeptide de 110kDa. Le gène
du récepteur de l'IL10 est situé sur le chromosome
11. Comme le récepteur murin de l'IL10, le récepteur
humain a une structure analogue à celle des récepteurs
des IFN. Ces récepteurs se trouvent sur les cellules B,
thymocytes, mastocytes, lignées de macrophages.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 578 | 575 |
| * mature | 557 | 559 |
| Pm(kDa) | 90-110 | 110 |
| Sites de glycosylation | 6N | 4N |
| Affinité | 2.10-10 | 7.10-11 |
| Gène | ||
| * chromosome | 11 | ? |
IX-3.3.11./
L'IL11
-a- Structure et cellules
productrices
Protéine de 19kDa (calculée) et 23kDa (SDS-Page),
sans résidus cystéines, ni sites de N-glycosylation,
riche en proline (12% de la forme mature de l'IL11), constituée
de 179AA et provenant d'un précurseur de 199AA (peptide
signal 21AA). Son gène de 7kb est situé sur le chromosome
19 bande 19q13.3-13.4. Cette interleukine mise en évidence
à partir d'une lignée fibroblastique est synthétisée
par les fibroblastes activés par l'IL1 et des lignées
stromales. L'IL1a et les TGF b1 et b2 régulent la production d'IL11, mais
de façon variable selon le type cellulaire.
| Acides aminés | |
| * précurseur | 199 |
| * mature | 179 |
| Pm(kDa) | 23 |
| Sites de glycosylation | 0 |
| Ponts disulfure | 0 |
| Gène | |
| * chromosome | 19q13.3-13.4 (5 exons) |
-b- Effets biologiques
Elle a des activités voisines de celles de l'IL6 avec laquelle
elle présente des analogies de structure.
* Sur
les cellules de myélome :
L'IL11 a un effet sur la croissance des
cellules de plasmocytome de souris, mais elle ne semble pas jouer
un rôle dans la myélopoïèse maligne humaine.
* Sur
les précurseurs hématopoïétiques
:
C'est un facteur de croissance. Comme l'IL6,
elle accroît la multiplication de progéniteurs hématopoïétiques
multipotents dépendant de l'interleukine 3. Cette multiplication
est due à une diminution de la durée de la phase
Go des cellules souches
*
Sur les progéniteurs des
mégacaryocytes :
L'IL11 favorise le développement
des mégacaryocytes en synergie avec l'IL3. Deux facteurs
semblent importants dans la mégacaryogénèse.
Le premier est appelé le megakaryocyte-colony stimulating
factor (Meg-CSF), car il stimule de manière très
précoce la mégacaryopoièse. L'autre facteur,
appelé megakaryocyte potentiator (Meg-POT), induit la maturation
des mégacaryocytes. L'IL11 apparaît comme étant
capable d'agir comme le Meg-POT.
* Sur
les progéniteurs de l'érythropoïèse
:
L'IL11 stimule la formation de colonies
érythrocytaires dépendant de l'IL3 et augmente aussi
la croissance de colonies dépendant de l'IL3 dérivant
de BFU-E en l'absence d'érythropoïétine. Elle
semble avoir aussi un effet sur les stades plus tardifs du développement
de la lignée rouge.
*
Sur les macrophages :
Elle accroît la prolifération
des macrophages.
*
Régulation de la réponse
antigène spécifique :
L'IL11 stimule le développement des
cellules B, accroît le nombre de plasmocytes et la sécrétion
T dépendant des Ac.
* Régulation
de l'adipogénèse :
L'IL11 supprime l'activité de la
lipoprotéine lipase (LPL) sur des lignées d'adipocytes.
Cette suppression d'activité se fait à un niveau
post-transcriptionnel. Elle inhibe le processus d'adipogénèse
sur cette lignée cellulaire.
* Régulation
de la production des protéines de l'inflammation au niveau
hépatique :
L'IL11 stimule la synthèse de différentes
protèines de l'inflammation. Il en est ainsi pour la thiostatine
et le fibrinogène au niveau du foie du rat. Elle induit
aussi la synthèse de a1-acide glycoprotéique et du complément
C3 en présence d'IL1 ou d'IL1 et de dexaméthasone.
* Cofacteur
de croissance pour les ostéoclastes
-c- Récepteurs
L'IL11R comprend une chaîne b (gp130)
commune aux IL6R, LIFR et oncostatine qui va transmettre le signal par phosphorylation
des tyrosines de sa portion intracytoplasmique. Une autre chaîne
(chaîne a
: chez la souris 46kDa, 432AA) propre
à l'IL11R complète ce récepteur. Cette chaîne
isolée fixe l'IL11 avec une très faible affinité.
IL11R est exprimé dans de très nombreux organes.
IX-3.3.12./
L'IL12
-a- Structure
L'IL12 est un hétérodimère composé
de deux chaînes glycoprotéiques liées par
un pont S-S, une de 40kDa et une autre de 35kDa (chaîne
de transduction). Ces deux glycoprotéines sont codées
par des gènes séparés. L'ARNm de la première
chaîne est uniquement présent dans le tissu lymphoïde
alors que celui de la seconde est aussi retrouvé dans d'autres
organes comme le cerveau. La chaîne légère
a des homologies avec l'IL6 et le G-CSF. Comme beaucoup de cytokines,
elle a une structure riche en hélice a.
La chaîne lourde p40 appartient à la famille des
récepteurs hématopoiétiques et comprend un
site de liaison à l'héparine. Sa portion externe
a des homologies avec le récepteur de l'IL6 et le récepteur
du CNTF (ciliary neurotrophic factor). Quant à la chaîne
p35, elle est homologue de l'IL6.
|
|
|
|
|
| chaîne a p35 | chaîne b p40 | chaîne a p35 | chaîne b p40 | |
| pHi | 6,5 | 5,4 | ||
| Acides aminés | ||||
| * précurseur | 253 | 328 | 215 | 335 |
| * mature | 196 | 306 | 193 | 313 |
| Pm(kDa) | 30-33 | 35-44 | ||
| Sites de glycosylation | 3N | 4N | 1N | 5N |
| Ponts disulfure/Nb. de cystéines | 3/7 | 5/10 | 3 | 6 |
-b-
Cellules productrices
Monocytes/macrophages, cellules
B, cellules dendritiques, kératinocytes.
-c- Cellules cibles
et récepteurs
Cellules T activées et
NK (1.000 à 9.000 récepteurs
par cellule). Le récepteur de l'IL12 de forte avidité
est fait de 2 sous-unités : a ou
b1 (chez l'homme : 662 AA avec 516AA et 6 sites
de N-glycosylation pour le domaine extracellulaire, 30AA pour
la région transmembranaire, 91AA sans tyrosine pour le
domaine intracytoplasmique) de 100kDa et b
ou b2 de 130kDa. Les chaînes sont des protéines
transmembranaires de type I. L'expression de b1 est régulée
par IL2, IL7 et IL15 et celle de b2 par IL4 et IFNg.
-d- Effets biologiques
L'IL12 est particulièrement efficace dans l'induction de
la production d'IFNg avec un effet synergique avec d'autres inducteurs
comme l'IL2, les mitogènes, les ligands pour le TcR-CD3,
le CD28 sur les cellules T et les ligands du CD16 ou l'IL2 sur
les cellules NK. L'IL12 stimule la production et l'activation
des cellules TH1. L'IL12 semble agir sur les cellules TH1 et sur
leurs précurseurs de manière indirecte en induisant
la production d'IFNg
par les cellules T et les cellules
NK en coopération avec le TNF et l'IL1. L'IL12 inhibe la
sécrétion d'IgE induite par l'IL4. Cet effet est
en partie dépendant de l'IFNg synthétisé
par les TH1 et les cellules NK. La prolifération
des cellules T activées et l'activité des cellules
NK et LAK sont augmentées par l'IL12.
L'IL12 est un facteur de polarisation dans le sens de la réponse
en cytokines de type I ausi bien pour les CD4+ que pour les CD8+.
-e- Antagonistes
Récepteurs solubles et surtout chaîne p40 et nonadimère
(p40)2. La production d'IL12 est associée à la synthèse
d'un excès de p40. Cette dernière persiste plus
longtemps que celle de l'IL12, la p40 apparaît comme un
régulateur de la synthèse de l'IL12.
IX-3.3.13./
L'IL13
-a- Structure
C'est une protéine a son gène situé sur le
bras long du chromosome 5 humain (5q23-31) devant celui de l'IL4,
IL5, IL3 et GM-CSF et sur le chromosome 11 murin. Il existe une
forte homologie entre IL13 humaine et murine, mais faible entre
IL13 et IL4.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 132 | 131 |
| * mature | 112 | 111 |
| Pm(kDa) | 12,5 | 12,2 |
| Sites de glycosylation | 4N | 3N |
| Ponts disulfure | 2 | ? |
| Gène | 5q23-31 | 11 |
-b-
Cellules productrices
Lymphocytes T activés (surtout
TH2),
mastocytes et populations B.
-c- Cellules cibles
Lymphocytes B de l'homme (mais non de la souris) et monocytes/macrophages.
-d- Effets biologiques
Activité BCGF (surtout pour les cellules vierges) additive
avec celle de l'IL2. Elle a une action synergique avec l'IL2 dans
la régulation de la synthèse de l'IFN g par
les grands lymphocytes granuleux (LGL). L'IL13 induit, comme l'IL4,
la synthèse d'IgG4 et d'IgE par les cellules B humaines,
mais cette induction est indépendante de l'IL4. L'IL13
plus une costimulation par le CD40, favorise la commutation conduisant
à l'IgE. L'IL13 provoque ou augmente l'expression de CD23,
de CD72, des IgM de surface et des Ag de classe II du CMH sur
les cellules B. L'IL13, comme l'IL4 et l'IL10, inhibe la production
de cytokines inflammatoires (IL1, IL6, IL8, TNFa...) par les monocytes
humains activés par le LPS. Cet effet anti-inflammatoire
est accentué par la faculté pour l'IL13 de stimuler
la synthèse d'inhibiteurs de l'IL1 (l'antagoniste du récepteur
de l'IL1 est le récepteur soluble de type II de l'IL1).
Selon l'effet de l'IL13 sur les monocytes/macrophages, celui-ci
peut être le même ou l'inverse de l'effet de l'IFNg
ou de l'IL10. L'IL13 et l'IFNg
augmentent les Ag de classe II de
surface, mais l'IL10 les diminue (figure
VI-49h). L'IFNg et l'IL10 favorisent
l'expression des FcR, mais l'IL13 la gêne. Enfin, l'IL13
accroît et l'IFNg
décroît l'expression
des récepteurs mannose impliqués dans la phagocytose
des bactéries mannosylées. L'IL13 inhibe la réplication
du HIV dans les monocytes/macrophages.
L'IL13 stimule la production des mégacaryocytes à
partir des cellules du sang du cordon, surtout en association
avec l'IL3..
-e-
Récepteurs
La chaîne b de 49kDa est
associée à la chaîne
a gp140 de l'IL4R (CD124).
La chaîne gc participe aussi à la constitution de
L'IL13R ; Celui-ci s'exprimerait sur des sous-populations des
cellules exprimant l'L4R.
IX-3.3.14./ L'IL14
L'IL14 produite par les T et certaines cellules B néoplasiques, augmente la prolifération des cellues
B activées et inhibe la synthèse des Ig. Elle a
des homologies avec le facteur Bb du système complément
et ce facteur peut se fixer sur l'IL14R..
| pHi | 6,7-7,8 |
| Acides aminés | |
| * précurseur | 498 |
| * mature | 483 |
| Pm(kDa) | 60 |
| Sites de glycosylation | 3N |
| Ponts disulfure | ? |
L'IL14 provoque chez les B une hyperexpression
de L'IL14R et un accroissement intracellulare d'AMPc, du DAG et
du Ca++.
Le récepteur de l'IL14
a une affinité de 10-9 et peut
fixer le facteur B b du complément. Il est présent
sur les B normales et leucémiques.
IX-3.3.15./
L'IL15
L'IL15, isolée et clonée
à partir d'une lignée de cellules épithéliales
de rein de singe, a des fonctions
analogues à celles de l'IL2
(notamment génération de T cytotoxiques et induction
des LAK). Mais alors que l'IL2 n'est produite que par les lymphocytes
activés, ces derniers ne sont pas à l'origine de
l'IL15 qui est synthétisée par les cellules nucléées
sanguines périphériques (surtout les monocytes),
les cellules musculaires du placenta, du rein, du foie et du coeur.
De façon générale, les cellules épithéliales
la produisent. Les caractéristiques chimiques de cette
cytokine sont indiquées dans le tableau qui suit :
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 162 | 162 |
| * mature | 114 | 114 |
| Pm(kDa) | 14-15 | 14-15 |
| Sites de glycosylation | 3N | 0 |
| Résidus cystéine | 4 | 4 |
| Ponts disulfure | 2 | 2 |
| Gène | ||
| * chromosome | 4q31 | 8 |
| * introns/exons | 7/8 | 7/8 |
L'IL15 provoque la multiplication et
la différenciation des B. Elle a une fonction de facteur
de croissance sur les T et NK et d'activation des NK en LAK. Enfin,
elle est un chimioattractant pour les T. L'IL15 de l'homme est
active chez la souris.
L'IL15R
est constitué par les chaînes b et
g
de l'IL2R et par une chaîne propre a de 58 à
60kDa ayant des homologies avec le CD25. La partie extracellulaire
(173AA) comporte un domaine du type "complément control
protein" suivi par une région riche en Prot/Thr. La
portion transmembranaire est faite de 21AA et l'intracellulaire
courte comprend 37AA. Il y a compétition entre IL15 et
IL2 pour leurs sites de liaison sur leurs récepteurs. Les
IL15R sont répartis sur de nombreuse cellules notamment
des populations T et B. Il existe une forme soluble antagoniste
de l'IL15.
IX-3.3.16./
L'IL16
-a-Structure
Glycoprotéine active sous forme d'un homotétramère
(56kDa, pHi 9,1) fait de monomères de 14kDa (130AA) comprenant
6 feuillets b. Le précurseur de 68kDa (631AA) est dépourvu
de peptide signal. Le gène est situé sur le chromosome
7 de la souris et sur le chromosome 15 (15q26.1) de l'homme. Seulement
une petite partie de l'ARNm est traduit pour donner le monomère
qui ne présente aucune séquence hydophobe. Dans
un premier temps, un dimère se constitue grâce à
des ponts S-S. Puis, les dimères forment le tétramère
par création de liaisons non covalentes.
-b-Cellules
productrices
Les TCD8+ produisent constitutionnellement
la cytokine, la stockent sous
forme de tétramères et la libèrent sous l'effet
par exemple de l'histamine. Les TCD4+,
les cellules épithéliales bronchiques et les éosinophiles
peuvent synthétiser l'IL16
sous l'influence de la CON A,
l'histamine ou la sérotonine.
Les autres sourses d'IL16 sont les macrophages,
les fibroblastes synoviaux et les mastocytes.
-c-Récepteurs
et cellules cibles
Le récepteur de l'IL16
est le CD4, donc un récepteur
de classe IV. Le site de liaison est situé au niveau du
domaine D4 qui contient la zone nécessaire à la
formation du dimère. Il est différent du site de
liaison au HIV. Sur l'IL16, les extrémités N et
C participent à la fixation sur le CD4. Le peptide Arg.106-Sér.121
qui correspond aux 16AA de l'extrémité C-terminale
de l'IL16, est suffisant pour bloquer la fixation de l'IL16 sur
le CD4 et l'effet de la cytokine. L'Arg.107 est l'AA essentiel
pour l'activité de l'IL16 ou celle de l'inhibiteur.
Les cellules cibles sont largement des TCD4+, surtout des T mémoires
activés.
Les autres cellules cibles sont les cellules portant le CD4 :
TCD4+, éosinophiles et monocytes, puisque le récepteur
de l'IL16 est le CD4.
-d-Effets
biologiques
L'IL16 est un facteur chimiotactique et activateur (expression
HLA-DR, IL2R (CD25), passage G0 à G1) pour les TCD4+ (d'autres
ligands de CD4 : gp120 du HIV et les Ac anti-CD4 entraînent
aussi une migration de ces cellules). C'est pour les éosinophiles,
le plus efficace des facteurs chimiotactiques tels que l'IL8,
le C5a, PAF... Il n'y a pas de dégranulation des éosinophiles.
L'IL16 est aussi chimiotactique pour les monocytes qui vont exprimer
le HLA-DR et l'IL2R sous l'influence de cette cytokine. L'IL16
rend résistant les cellules cibles du HIV à l'infection
par ce virus en empêchant l'expression des ARNm.
IX-3.3.17./
L'IL17
-a-Structure
D'abord identifiée chez la souris (13AA pour le peptide
signal et 137AA pour la forme mature), cette molécule a
été retrouvée chez l'Homme (19AA pour le
peptide signal et 136AA pour la forme mature). Un gène
du virus herpes Saimiri code pour la protéine HVS13 qui
a une très forte homologie avec l'IL17. Le virus a sans
doute intégré à son génome le gène
de l'IL17 qu'il aura capturé dans les cellules qu'il a
parasité.
Deux formes, une de 17,5kDa et une glycosylée de 20 à
30kDa, sont présentes chez la souris. Chez l'Homme, l'IL17
de 17,5kDa est sécrétée sous forme de dimères
(30 et 38kDa) dont les monomères sont liés entre
eux par des ponts S-S (il existe 6 cystéines et 1 site
de N-glycosylation).
-b-Cellules
productrices
Elles sont largement des TCD4+,
surtout mémoires.
-c-Cellules
cibles et récepteurs
Cellules épithéliales, endothéliales et fibroblastes
qui portent des récepteurs
d'un type propre à l'IL17,
représentés chez la souris par une protéine
de type I transmembranaire. Le récepteur a un Pm 98kDa.
La partie extracellulaire porte 12 cystéines et la longue
portion intracytoplasmique est constituée par 521AA.
-d-Effets
biologiques
L'IL17 provoque chez les cellules cibles la production d'IL6,
d'IL8 et de G-CSF, ainsi que l'expression d'ICAM1.
L'IL17 est donc une cytokine pro-inflammatoire qui participe également
à l'hématopoïèse par l'intermédiaire
du GCSF.
IX-3.3.18./
L'IL18
-a-Structure
et effets biologiques
L'IL18 (157AA), protéine non glycosylée de 24kDa,
ressemble à l'IL1. Elle est synthétisée sous
forme d'une pro-IL18 par les CpAg présentant l'Ag aux T,
par les ostéoblastes, kératinocytes, cellules du
cortex surrénalien produisant les glucocorticoïdes
....Cette pro-IL18 comprend 193kAA chez l'homme et 192 AA chez
la souris, mais ne présente pas de peptide signal hydrophobe.
Elle est spécifique d'espèce. Aussi le mode de sécrétion
de l'IL18 est il analogue à celui de l'IL1b
par protéolyse du précurseur par IL1b
Converting Enzyme (ICE). Elle est initialement connue sous le
nom d'IGIF (IFNg inducing factor), car elle augmente la production
d'IFNg (mais aussi d'IL2 et de GM-CSF) par les TH1 à
condition que ces lymphocytes soient activés par l'Ag,
en même temps les TH1 se multiplient et hyperexpriment les IL2R. Il
existe une synergie pour la sécrétion d'IFNg par
les TH1
seulement entre l'IL12 et l'IL18. L'IL18 entraîne une expression
importante de fasL sur les TH1 etNK. L'IL18 participerait aux manifestations
du choc septique. Ainsi, des souris knock out pour le gène
de l'IL18 ont un taux très élevé en TNF et
une forte sensibilité au LPS. L'IL18 produite par les ostéoblastes
inhibe la formation des ostéoclastes en induisant la production
de GM-CSF par les T. Cette cytokine agit alors de façon
négative sur les précurseurs des ostéoclastes.
-b- Récepteurs
L'IL18R comprend 2 chaînes : La première est l'IL1Rrp (IL1 related receptor protein) qui a des homologies avec l'IL1RI
et lie l'IL18. Cette chaîne a une portion cytosolique homologue
de la portion cytosolique de l'IL1RI et des TLR (Toll-Like Receptor), on la nomme TIR (Toll/IL1
Receptor). La seconde est l'AcPL (accessory protein like). Elle est homologue de l'IL1RAcP
(accessory protein) et ne fixe pas l'IL18. L'IL18R appartient
donc à la famille de l'IL1R
(figure
VI-49i).
L'expression de l'IL18R est augmentée par le traitement
par l'IL12 et diminuée par celui par l'IL2. L'IL18 peut
activer l'IL1 receptor associated kinase (IRAK) et le NF-kB
(NF-kB inducing kinase). Il existe
entre IL1 et IL18 des analogies d'effet pour la première
sur les TH2 et pour la seconde sur les TH1 par l'intermédiaire
de l'activation de l'IRAK, du TRAF6 (TNF receptor associated factor
6), du NIK, de l'IKK (I-kB kinase) et du NF-kB. Les IL1R seraient
surtout présents sur les TH2 et les IL18R sur les
TH1.
L'IL18 inhiberait la production d'IgE par les B.
IX-3.3.19./
Les interférons
-a- Structure
Ce sont des molécules capables de bloquer la réplication
virale.
Il y a deux types d'IFN. Les IFN de type I correspondent aux IFNa
et ß et les IFN de type II à l'IFNg.
*
IFNa : C'est une
glycoprotéine de 18kDa, stable en milieu acide et résistante
à la chaleur. Elle est codée par le chromosome 9.
Elle est produite par les leucocytes. Un peu plus de 23 gènes
humains ont été identifiés pour l'IFNa
et au moins 15 codent pour une protéine fonctionnelle.
La plupart de ces protéines sont non-glycosylées
et comportent 166AA, mais certaines n'ont que 165AA. L'homologie
entre l'IFNa humain et murin est de 60 %.
*
IFNß : C'est une glycoprotéine de 20kDa, stable
en milieu acide. Elle comporte 146AA et est codée par le
chromosome 9. Elle est produite par les fibroblastes et les cellules
épithéliales.
*
IFNg
: C'est une glycoprotéine
de 20 et 25kDa, instable en milieu acide et ne résistant
pas à la chaleur. L'IFNg n'est actif que sous forme d'un homodimère.
Chaque monomère comprend 6 hélices a
réunies par des boucles, et le dimère très
compact résulte d'intrication des hélices de chaque
monomère. Elle est produite, après activation, par
les lymphocytes TH1 surtout et les cellules NK, alors que les IFN
de type I ne sont synthétisés que si les cellules
productrices sont infectées par des virus.
|
|
|
|
| Homme | Souris | Homme | Souris | Homme | Souris | |
| Nombre de variétés | > 15 | > 4 | 1 | 11 | 2 | |
| Acides aminés | ||||||
| * précurseur | 189/188 | 189/190 | 187 | 182 | 166 | 155 |
| * peptide signal | 23 | 23 | 21 | 23 | 19 | |
| * mature | 166/165 | 166/167 | 146 | 161 | 143 | 136 |
| Pm(kDa) | 16-27 | 20-24 | 20 | 26-40 | 20 et 25 | 19 |
| Sites de glycosylation | 0 parfois oui | 1N | 1N | 3N | 2N | 2N |
| Résidus cystéiques | 4/5 | 5 | 3 | 1 | 0 | 1 |
| Gène | ||||||
| *chromosome | 9p22-13 (gènes > 15) | 4 | 9p22 (1 gène) | 4 | 12 (1 gène) | 10 |
| * introns | 0 | 0 | 0 | 0 | 3 |
-b- Récepteurs
Les IFNa
et b
ont des récepteurs communs
(2ème
classe) qui font intervenir 1 chaîne IFNAR1,
1 chaîne IFNAR2 et peut être une
3ème chaîne. Le
gène du récepteur de IFNA1 est situé sur
le chromosome 21 de l'homme . Dans la trisomie 21, il y a une
augmentation de ce récepteur. Chez la souris, le gène
de la chaîne IFNA2R est localisé sur le chromosome
16. La chaîne IFNA2R existe
sous 3 formes dont seulement 2 sont transmembranaires.
| Acides aminés | |
| * précurseur | 557 |
| * mature | 533, EX :422 , TM :11 , IC : 100AA |
| Pm(kDa) | 95-140 |
| Sites de glycosylation | 15N très variable |
| Résidus cystéiques | 11 |
| Transduction du signal | Oui |
| Chromosome | 21q21-ter |
Le récepteur
pour l'IFNg
(2ème
classe) comporte une chaîne
responsable de la liaison à la cytokine et une chaîne
accessoire permettant un effet plus complet. Une dernière
chaîne est peut être nécessaire pour obtenir
une activité totale.
| Chaîne de liaison | Chaîne accessoire | |
| Acides aminés | 489 | 337 |
| * peptide signal | 17 | 27 |
| * portion extracellulaire | 228 | 220 |
| * portion transmembranaire | 23 | 26 |
| * portion intracytoplasmique | 221 | 64 |
| Pm (kDa) (deduit/apparent) | 54 (90-95) | 35 |
| Chromosome | 6 | 21 |
-c- Effets
biologiques
*
Propriétés antivirales surtout pour les IFNa
et ß qui stimulent la 2 '5 'oligoA-synthétase.
*
L'IFNg entraîne l'inhibition
de la croissance de nombreuses cellules (surtout des progéniteurs
des cellules hématopoïétiques) avec parfois
une action cytolytique sur certaines cellules.
* L'IFNg
augmente l'expression des Ag de classe I (les IFNa
et b ont
aussi cette faculté) et de classe II (les IFNa et b n'ont
pas cette faculté) sur de nombreuses cellules, notamment
sur les cellules présentatrices de l'Ag.
*
Sur les cellules B, les IFNg ont une activité BCGF, alors qu'ils ont
une action inhibitrice sur les lymphocytes TH2.
*
L'IFNg accroît les propriétés antitumorales
et antibactériennes des macrophages et les propriétés
cytolytiques des T et NK.
IX-3.3.20./
Les TNF (Tumor Necrosis Factor)
Il existe 4 types de TNF : TNFa ou
cachectine, TNFb ou lymphotoxine a et lymphotoxine b (cette
dernière molécule se présente seulement sous
une forme membranaire). Ces cytokines appartiennent à la
vaste famille des ligands ou récepteurs apparentées
au TNF (tableauVI-XIXb).
A
/ TNFa ou cachectine
-a-
Structure
Les TNFa humain (non glycosylé) et murin (glycosylé) sont des protéines
matures de 157AA (homme) et 156AA (souris) provenant d'un précurseur
par perte d'un peptide signal de respectivement 76 et 79AA. Le peptide signal comporte un long segment hydrophobe
qui sera utilisé pour la fixation dans la membrane cytoplasmique
de la forme liée à la membrane du TNFa.
La libération d'une molécule active à partir
d'un précurseur à domaine transmembranaire est un
phénomène fréquent. En effet, la partie extracellulaire
des protéines de surface de la membrane plasmique est modifiée
en permanence par le relargage protéolytique du domaine
extracellulaire. Les
enzymes de la famille ADAM (A Disintegrin And Metalloproteinase)
dont la première caractérisée a été
TACE (TNF a converting enzyme)
ou ADAM17,
sont chargées de cette fonction. Ces protéines sont
elles-mêmes ancrées
dans la membrane et cibles de
la protéolyse (figure VI-49j) Leur ectodomaine comporte un domaine catalytique
protéasique dont l'activation dépend du zinc, un domaine
désintégrine et parfois un domaine riche
en cystéines. Il existe
une vingtaine de membres dans la famille ADAM. L'activité
de ces molécules a d'abord été décrite
pour les Snake Venom MetalloProteinase
(SVMP) dans des venins de serpents.
Lorsque le domaine catalytique des molécules ADAM est clivé,
le domaine désintégrine
(ligand des intégrines) est dévoilé et la molécule participe à l'adhérence
cellulaire en se liant aux intégrines. C'est le cas pour
l'interaction oeuf-spermatozoïde où les fertilines (ADAM 1 et 2) perdent leurs domaines protéasiques
et peuvent se lier aux intégrines de l'oviducte par le
domaine désintégrine. Au contraire, l'adhérence des leucocytes à l'endothélium
par la sélectine est rompue par clivage de l'ectodomaine
de cette sélectine par TACE.
Les substrats de TACE sont très divers, comme des précurseurs
de ligands ancrés dans la membrane, dont la protéolyse
libère le domaine actif qui peut alors s'associer à
son récepteur. Comme nous l'avons vu ce phénomène
se produit pour le TNFa, comme le montre l'étude de souris à
gènes modifiés. Ainsi, des souris dont on a supprimé
les séquences du gène de TACE codant pour le domaine
de liaison du zinc, produisent des TACE sans activité protéasique.
La majorité de ces souris meurt in utero ou à la
naissance. En revanche, des souris hétérozygotes
pour le gène anormal sont pratiquement normales. Les souris
homozygotes qui survivent naissent avec des vibrisses mal développés
et les yeux ouverts. Il existe en plus un défaut de maturation
de la plupart des épithéliums. Les yeux, les poils
et la peau de ces souris évoquent ceux des souris knock
out pour le gène de TNFa. Le TNFa est synthétisé sous la forme d'un
précurseur transmembranaire, relâché de la
membrane par un mécanisme dépendant d'une protéinase.
Ainsi, les fibroblastes issus de souris homozygotes pour le gène
anormal de TACE ne libèrent pas de TNFa dans le milieu lorsqu'elles
sont cultivées en présence d'EGF bien que le TNFa
membranaire soit présent en quantité normale. Celui-ci
est libéré si l'on ajoute de la TACE recombinante.
Donc le TNFa soluble est indispensable à la formation
des paupières et de follicules pileux normaux. Les autres
défauts épithéliaux rappellent ceux observés
chez les souris knock out pour le gène du récepteur
de l'EGF.
Certains récepteurs sont activés par clivage. Ainsi,
le récepteur TNFR2 de 75kDa du TNFa doit être
partiellement protéolysé par TACE pour que son site
de liaison soit démasqué et qu'il puisse fixer le
TNFa.
De nombreuses molécules de membrane sont des précurseurs
qui attendent un clivage pour changer de rôle ou devenir
actifs. Les ADAM et leurs substrats
sont sur la même membrane cellulaire, mais sont éloignés
les uns des autres jusqu'à ce que survienne un signal qui
les rapproche. Un signal peut
également modifier les domaines cytoplasmiques des enzymes
ou des substrats, produisant un changement dans la conformation
de ces protéines qui active l'enzyme ou dévoile
le site de clivage sur le substrat. La régulation de l'activation
des ADAM serait sous la dépendance de la protéine
kinase C, de récepteurs tyrosine kinases, de kinases dépendant
du Ca2+, de la calmoduline, et du cytosquelette.
L'activité de TACE est inhibée localement et spécifiquement
par TIMP-3.
Les TNFa et ß humains et murins ont deux résidus
cystéiques qui forment un
pont disulfure nécessaire
à l'activité des molécules. Le TNFa murin
possède un seul site de N-glycosylation alors que le TNFa
humain n'en a pas. Les formes monomériques de TNFa
sont inactives alors que les formes trimériques le sont.
Il y a 35% d'homologie entre le TNFa et le TNFß
chez l'homme et la souris.
|
|
|
|
| Homme | Souris | Homme | Souris | Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||||||
| * précurseur | 233* | 235 | 205 | 202 | * 244 | * 310 |
| * mature | 157** | 156 | 171 | 169 | ||
| Pm(kDa) | 17,3 | 18,5 | 25 | 18 | 25 | 33 |
| Sites de glycosylation | Non | 1N | 1N | 1N | 1N | |
| Résidus cystéiques | 2 | 2 | Non | 1 | 1 | |
| *chromosome | 6q21.3 | 17 | 6q21.3 | 17 | 6 | 17 |
| * exons | 4 | 4 | 4 | 4 | 4 | 3 |
-b-
Cellules productrices
Le TNFa est surtout synthétisé par les
macrophages (activés par LPS, IL1, PMA ou virus) mais également
par les cellules B, T, NK et mastocytes.
-c- Récepteur
(3ème classe des récepteurs
des cytokines)
| Type 2 (CD120b) | Type 1 (CD120a) | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 461 | 455 |
| * mature | 439 (EC:235, TM:28, IC:176) | 426 (EC:182, TM:23, IC:223) |
| Pm(kDa) | 75 | 55 |
| Sites de glycosylation | 3N | 4N |
| Résidus cystéiques | Domaine extracellulaire | Idem |
| Sites de phosphorylation | ? | Oui |
| Transduction du signal | oui | Oui |
| * Chromosome | 1 | 12 |
| * exons | 10 |
Les TNFa et
ß se lient à un même récepteur (10-10
M) présent sur de nombreuses
cellules. Le nombre de récepteurs par cellule est de 1000
à 10000. Un premier récepteur est une glycoprotéine de 75kDa et de
439AA qui s'internalise rapidement après liaison avec le
TNF, puis qui est rapidement dégradée. Son domaine
extracellulaire est riche en cystéine.
Un second récepteur a été identifié (Pm55kDa
et 426AA). Son domaine extracellulaire (4 domaines) est riche
en cystéine et présente des homologies avec le récepteur
du NGF, l'antigène CD40 et l'antigène OX40 trouvé
sur des cellules T de rat.
Le récepteur de 55kDa,
sous sa forme monomérique, se lie au TNFa (mais pas au
TNFß). En revanche, l'homodimère
55x55 et l'hétérodimère 55x75 fixent fortement
les TNFa et ß.
Il existe une forme soluble de
chacun des 2 récepteurs
(type 1 : 30kDa, type 2 : 40kDa) qui inhibent les activités
des TNF.
Le TNFR1 s'exprime de façon constitutive et en faible quantité,
alors que le TNFR2 est inductible.
-d- Effets
biologiques
C'est le premier médiateur du choc dans les septicémies
à bacilles gram(-). Le TNFa a un effet cachectisant
dans les infections chroniques ou dans les syndromes tumoraux
par blocage de la lipoprotéine lipase (LPL). Il induit
la production de PGE2 ou de collagénase au niveau des synoviocytes
et des fibroblastes. Il a aussi une activité de type OAF
et TCGF. Il stimule l'activité des polynucléaires,
notamment la capacité cytotoxique des éosinophiles
vis-à-vis de Schistosoma mansoni en présence ou
non d'Ac. Enfin, il induit sur les différentes variétés
de macrophages, l'expression des Ag du CMH de classe II et accroît,
comme sur d'autres cellules, celle des Ag du CMH de classe I.
C'est un inducteur de synthèse de plusieurs cytokines :
CSF par les monocytes/macrophages, les cellules endothéliales
et les T, l'IL1 par les monocytes/macrophages et les cellules
endothéliales, l'IL6 par les fibroblastes et les neutrophiles.
Enfin, activité BCGF faible.
B / TNFß
ou lymphotoxine
Chez la souris ainsi que chez
l'homme, les gènes pour les TNFa et ß situés
dans le CMH, sont très proches l'un de l'autre (séparés
seulement par 1200 pb). Il existe un haut degré d'homologie
entre les TNFa et ß humains et murins (environ 79%).
-a- structure
C'est une protéine glycosylée de 25kDa comportant
171AA. Entre la souris et l'homme, il existe une homologie de
75% d'où l'absence de spécificité d'espèce.
Cette protéine est codée par un gène du chromosome
6 situé dans le génome du CMH. Les formes murines
et humaines de TNFß ont un seul site de N-glycosylation
et sont glycosylées, mais la glycosylation n'est pas nécessaire
à l'activité biologique. Cette cytokine existe sous
forme de trimères.
-b- Cellules productrices
Macrophages, cellules T stimulées et cellules B lymphoblastoïdes
stimulées ou non par la PMA. Les macrophages transformés
par le SV40 produisent du TNFß, alors que les macrophages
non transformés produisent du TNFa.
-c- Mode d'action
L'action est différente de celle de la perforine. On ne
note pas de modification de la structure membranaire, mais des
variations dans la synthèse protéique, en particulier
des modifications du métabolisme des acides gras avec production
d'acide arachidonique, de prostaglandines et de radicaux libres.
On observe aussi une fragmentation de l'ADN (apoptose).
-d- Effets
biologiques
*
In vitro, on note pour les TNFa
et
b, d'une part un effet cytotoxique
sur les fibroblastes embryonnaires et un grand nombre de cellules
tumorales et d'autre part un effet positif sur la réponse
oxydative, la production de facteurs procoagulants par les cellules
endothéliales, l'induction de fièvre, la synthèse
des protéines de la phase aiguë de l'inflammation
par les hépatocytes, la multiplication des B et la synthèse
des Ac par ces cellules.
*
Il existe une synergie d'action entre le TNFß et les IFN.
* A
faible dose, il y a un effet d'induction de l'expression de certains
gènes en particulier ceux des Ag de classe I du CMH.
*
Effet d'activation des polynucléaires neutrophiles.
*
Différenciation in vitro des lignées leucémiques
myéloïdes.
*
Action sur les ostéoclastes de type "Osteoclast Activating
Factor" (OAF) avec stimulation de la résorption osseuse.
* Effet
antiviral, en particulier sur les virus VSV, HSV-II et l'ADV.
*
Inhibition de l'érythropoïèse et de la myélopoïèse
normale et anormale, potentialisée par l'IFNg.
*
Enfin, activité BCGF faible.
C / TALL1
(TNF-and ApoL-related Leucocyte-expressed Ligand) et APRIL (A
Proliferative-Inducing Ligand)
Il s'agit de 2 membres importants
de la famille TNF présentant une forme
libre et une forme associée à la membrane.
TALL1
( BAFF, THANK, zTNF4 ou TNSF13B) a, au niveau du domaine extracellulaire
de liaison, 33% d'homologie avec APRIL et 20% avec les autres
membres de la famille TNF : TNFa et TRAIL. TALL1 est surtout exprimé sur
les cellules d'origine myéloïdes. C'est un costimulateur
puissant des B en préssence
de signaux provenant du BcR. TALL1 régule aussi l'expression
de Bcl2 et protège les
B contre l'apoptose. Deux récepteurs
de TALL1 existent : TACI présent sur les T activés et les
B et BCMA
présent seulement sur les B. Le nombre de ce dernier récepteur
à la surface des cellules est inférieur à
celui de TACI.
APRIL
très voisin de TALL1, s'exprime à la surface des
leucocytes du sang particulièrement sur les monocytes/macrophages.
TACI
et BCMA
sont aussi les récepteurs d'APRIL, mais l'avidité
est plus grande pour BCMA.
Les taux de TALL1 sont augmentés
dans certaines affections auto-immunes,
comme LED, myasthénie ou maladie de Wégener et chez
les souris lupiques MRL/l et NZBWF1.
Le BCMA soluble à un effet
inhibiteur sur la croissance
des cellules néoplasiques du colon, alors que APRIL stimule
ces cellules.
IX-3.3.21/
G-CSF (Granulocyte Colony Stimulating Factor)
-a-
Structure
C'est une glycoprotéine (O-glycosylation) de 19,6kDa codée
par le chromosome 17 (17q21-22).
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 207 | 208 |
| * mature | 174 et 177 | 178 |
| N-glycosylation | 0 | 0 |
| Ponts disulfure | 2 | 2 |
| Pm (kDa) | 19,6 | 19,6 |
| * Chromosome | 17q21-22 | 11 |
| * Exons | 5 | 5 |
-b-
Cellules productrices
Fibroblastes, cellules endothéliales, lymphocytes T (principalement
TH1),
monocytes, macrophages stimulés par le phorbol-ester, l'endotoxine...
et cellules du stroma médullaire.
-c- Récepteur (1ère
classe)
Il a une affinité de 1 à 5x10-10M et est exprimé
sur les progéniteurs hématopoïétiques,
des cellules tumorales, le placenta, les monocytes/macrophages
et les neutrophiles.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 836 | 837 |
| * mature | 812 | 812 |
| Glycolysation | 9N | 11N |
| Pm (kDa) | 150 | 95 à125k |
| * Chromosome | 1p32-34 | ? |
-d- Effets
biologiques
Le G-CSF est un facteur de croissance et de différenciation
de la lignée myélocytaire. Il active en plus les
PNN en augmentant leur cytotoxicité dépendant des
Ac et leur production d'anions superoxydes.
IX.3.3.22./
CSF2 ou GM-CSF (Granulocyte Macrophage Colony Stimulating Factor)
-a- Structure
Le GM-CSF est une glycoprotéine (23kDa) de 127AA avec 17AA
pour le peptide signal du précurseur, codée par
le chromosome 5 chez l'homme (5q23-31) et 11 chez la souris. Il
existe une grande homologie entre la protéine humaine et
murine. L'existence de 2 ponts S-S conservés chez les mammifères
est indispensable à l'activité de la molécule.
Il n'y a que 56% d'homologie entre les CSF2 humain et murin.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 144 | 141 |
| * mature | 127 | 124 |
| Cystéines | 4 | 4 |
| Glycosylation | 2N | 2N |
| Pm (kDa) | 22 | 23 |
| * Chromosome | 5 | 11 |
| * Exons | 4 | 4 |
-b- Cellules productrices
Cellules T activées, cellules du stroma médullaire,
lymphocytes T infectés par le HTLV-1, cellules endothéliales
et fibroblastes surtout après activation par le TNF, mastocytes,
cellules leucémiques myéloïdes et cellules
de tumeur de la vessie.
-c- Récepteur
(1ère classe : chaîne
a2
et chaîne b)
|
|
|
| Chaîne a2 | Chaîne b | Chaîne a | Chaîne b | |
| Acides aminés | ||||
| * précurseur | 400 | 897 | 387 | 896 |
| * portion extracellulaire | 298 | 420 | 295 | 417 |
| * portion transmembranaire | 26 | 25 | 25 | 26 |
| * portion intracytoplasmique | 54 | 431 | 38 | 431 |
| Pm (kDa) | 80 | 120 | 50/60 | 95 |
| Particularité | P. extracellulaire dupliquée |
|
P. extracellulaire dupliquée |
C'est un hétérodimère
ab dont
la chaîne b est commune avec le IL3R et le IL5R. Il y a une spécificité d'espèce
pour ce récepteur. On le retrouve sur les cellules leucémiques
myéloïdes, les PNN matures, les éosinophiles
et les monocytes.
-d- Effets biologiques
* Précurseurs hématopoïétiques
: Le CSF2 accroît la survie et entraîne
la prolifération et la différenciation des progéniteurs
engagés dans la voie des neutrophiles, des monocytes mais
aussi des éosinophiles et des mégacaryocytes. Il
a également un effet sur la lignée rouge en favorisant
la génération de BFU-E s'il est associé à
l'EPO. Enfin il peut favoriser le développement des cellules
multipotentes.
*
Neutrophiles : il induit
la phagocytose, la production d'ions superoxydes et la cytotoxicité
médiée par les Ac.
*
Macrophages : la phagocytose et l'expression des Ag de classe
II du CMH sur ces cellules sont accrues.
*
Eosinophiles :
il provoque la production d'ions superoxydes
et la synthèse de la leucotriène LTC4.
Par son action sur ces 3 derniers types cellulaires, il se comporte
comme une molécule de l'inflammation.
IX-3.3.23./
CSF1 ou M-CSF (Macrophage Colony Stimulating Factor)
-a- Structure
Le CSF-1 diffère aussi bien au niveau de ses propriétés
physicochimiques que dans son spectre d'action, des autres hématopoïétines,
comme le GM-CSF et l'IL3. Il existe des formes solubles et une
forme membranaire. Les formes sécrétées et
liées à la membrane dépendent d'un seul gène
situé sur le chromosome 1 (bande p13-21). La molécule
de haut Pm est un homodimère dont la core protéine
présente une chaîne de 18kDa de chondroïtine
sulfate sur la sérine 276 (souris) et 277 (homme) du M-CSF.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur (de la forme non secrétée) | 522 | 520 |
| * mature membranaire | 224 | 222 |
| * mature secrétée | 552 | 520 |
| * Peptide signal | 32 | 32 |
| * Peptide actif | 150 premiers AA | 150 premiers AA |
| * Portion extramembranaire | 463 | 463 |
| * Portion transmembranaire | 23 | 23 |
| * Portion intracytoplasmique | 36 | 36 |
| Pm (kDa) | 200 | 375 |
| Cystéines | 9 | 9 |
| glycosylation | N+ | N+ |
| * Chromosome | 1p13-21 | 3F3 |
| * Exons | 10 | 10 |
-b- Cellules productrices
Fibroblastes, cellules du stroma médullaire, cellules épithéliales
thymiques, cellules endothéliales et cellules d'une lignée
d'un carcinome pancréatique. La production est aussi induite
dans les monocytes/macrophages en réponse à d'autres
cytokines. Le M-CSF existe normalement dans le torrent circulatoire.
Le CSF1 est produit par l'épithélium utérin
pendant la grossesse. Les taux de production de CSF1 utérin
augmentent de plus de mille fois pendant la grossesse et les taux
les plus élevés sont observés lors de l'accouchement.
Comme il y a des récepteurs pour le CSF1 sur le trophoblaste,
le CSF1 aurait un rôle important dans le développement
placentaire.
-c- Récepteur (4ème
classe des récepteurs des cytokines)
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * Portion extracellulaire | 512 | 510 |
| * Portion transmembranaire | 25 | 26 |
| * Portion intracytoplasmique | 435 | 440 |
| Pm (kDa) | 150 | 165 |
| * Chromosome** | 5q33-34 | 18 |
| * Exons | 22 | 22 |
Chez l'homme, constitué de 972AA,
il est codé par le proto-oncogène
c-fm. Le CSF1R de haute affinité
est retrouvé sur les macrophages, les monocytes et leurs
précurseurs issus de la moelle osseuse.
Ce récepteur comprend un peptide signal, une région
extracellulaire N-terminale de 512AA portant le site de liaison
au ligand, une région hydrophobe de 25AA correspondant
à la région transmembranaire et un domaine intracellulaire
de 435AA comportant un site d'activité tyrosine kinase.
Le CSF1R est proche des isoformes
a et b du
PDGFR, du produit du proto-oncogène
c-kit et du récepteur du facteur de croissance des fibroblastes
(FGFR) et de l'insuline. Le domaine extracellulaire est richement
glycosylé et contient 11 chaînes additionnelles d'asparagine
qui contribuent pour 45kDa au Mr total de 150kDa. Le domaine intracellulaire
contient une séquence de la forme gly-X-gly-X-X-gly entre
les AA 589 et 594. Cette séquence est suivie par une lysine
en position 616, site potentiel de liaison de l'ATP.
Après liaison du CSF-1 à son récepteur, il
y a activation d'une protéine tyrosine kinase qui entraîne
la phosphorylation du récepteur lui-même sur des
résidus tyrosine. Ce récepteur a lui-même
une activite tyrosine kinase.
-d- Effets biologiques
Le M-CSF stimule la prolifération et induit la différenciation
des cellules de la lignée monocytaire à partir de
précurseurs issus de la moelle osseuse et peut aussi stimuler
la prolifération de macrophages.
Ce facteur permet aussi d'augmenter la capacité des macrophages
matures à détruire les micro-organismes. Il induit
aussi la cytotoxicité des macrophages notamment vis à
vis des cellules tumorales.
Ce facteur régule aussi la synthèse des cytokines
produites par les macrophages comme le TNF, l'IL1, le G-CSF, mais
aussi les prostaglandines, la thromboplastine et l'activateur
du plasminogène.
Le CSF-1 induit, chez les cellules cibles, des changements rapides
au niveau membranaire avec formation de vacuoles, alcalinisation
du cytoplasme, action au niveau de la pompe Na+/H+, augmentation
du transport des hexoses et induction de gènes appartenant
à la famille des "immediate early response" comme
le proto-oncogène c-fos quelques minutes après l'activation.
La mutation (op) du gène du M-CSF de la souris permet d'apprécier
l'activté in vivo de M-CSF.
IX-3.3.24./
TGF-ß (Transforming Growth Factor ß)
-a-
Structure
Il existe au moins 4 isoformes de TGF-ß (TGF-ß1 à
TGF-ß4) avec un Mr allant de 16 à 27kDa comportant,
pour le TGF-ß1 deux fois 112AA. Seule la forme inactive
est glycosylée. Les TGFß forment une famille de petits
polypeptides non glycosylés distincts du TGFa utilisant
des récepteurs différents. Les TGFß sont des
molécules multifonctionnelles qui participent à
l'inflammation. Les formes biologiquement actives sont des homodimères
ou des hétérodiméres faits de monomères
de 25kDa liés par des ponts disulfure.
Le précurseur du TGFß1 humain est constitué
par 391AA, celui de la souris de 390AA. Il y a trois sites de
N-glycosylation sur le précurseur, mais aucun sur la molécule
mature. Il y a 9 résidus cystéiques sur la protéine
mature et 12 sur le précurseur. La séquence N-terminale
des précurseurs humains et murins est hautement conservée
et contient 16AA hydrophobes qui interviennent dans la sécrétion
du TNFß1. Il y a seulement un seul AA différent entre
la forme mature de l'homme et de la souris.
Le TGFß2 est issu d'un précurseur de 414AA et le
TGFß3 d'un peptide de 412AA. Il y a 70% à 80% d'homologie
entre les différentes isoformes.
Le gène pour le TGFß1 est situé sur le chromosome
19q13.1-13.2, pour le TGFß2 sur le chromosome 1q41 et pour
le TGFß3 sur le chromosome 14q24.
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur | 391 | 390 |
| * mature | 112 | 112 |
| Pm(kDa) | 25 (12.5x2 ) | 25 (12.5x2) |
| Sites de glycosylation | Non | Non |
| Résidus cystéiques | 9 | 9 |
| Gène | ||
| * chromosome | 19q13.1-13.2 | ? |
| * exons | ? | ? |
-b-
Cellules productrices
Nombreuses cellules : monocytes/macrophages, plaquettes, lymphocytes
activés, cellules endothéliales, épithéliales...
-c- Cellules cibles
Presque toutes les cellules.
-d- Récepteurs
Il en existe 3 types dont les Mr vont de 65kDa à 600kDa : le
type I (65kDa) et le type II (85-110kDa) lient le TGFß1
avec une forte affinité, mais aussi le TGFß2. Le
récepteur de type II porte sur sa partie intracytoplasmique
une séquence sérine/thréonine kinase. Le
récepteur de type III est un protéoglycane de 600kDa
qui peut être réduit en une molécule de 280-300kDa,
et qui lie les TGFß1, ß2 et ß3 avec la même
affinité.
-e- Effets biologiques
Ce facteur est :
*
inhibiteur : Il gène l'expression des Ag du CMH
de classe II, la production d'ions superoxydes et de cytokines
par les macrophages, l'adhérence des neutrophiles aux cellules
endothéliales, l'activation des NK et des lymphocytes T
et B. C'est surtout une molécule antiproliférative
qui bloque ou allonge la phase G1 du cycle cellulaire de nombreuses
cellules dont les cellules épithéliales et celles
du système hématopoïétique (exception
: cellules de Schwann et ostéoblastes). C'est un inhibiteur
directe et indirecte des protéases (les souris knock out
pour le gène du TGF-b développent une inflammation généralisée).
*
stimulant : de la synthèse de l'IL1, du collagène,
de la fibronectine et des protéoglycanes. Le TGF-ß
participe à la formation de l'os et du cartilage et se
comporte comme un facteur chimiotactique puissant pour les macrophages
et les fibroblastes. Il présente une activité BCGF
pour les plasmocytes à IgA et BCDF (avec l'IL10) pour la
différenciation en plasmocytes à IgA.
IX-3.3.25./
Oncostatine M (OSM)
-a-
Structure
Cytokine de Mr 28 à 36kDa dont le gène est, chez
l'homme, sur le chromosome 22.
-b- Cellules productrices
Lymphocytes T et monocytes/macrophages.
-c- Récepteur
Le récepteur de forte avidité
est identique à celui du LIF.
C'est un hétérodimère comportant une chaîne a de 190kDa et une
chaîne ß de 130kDa.
Cette dernière est la même
que celle qui participe à la formation du récepteur
de forte avidité de l'IL6, l'IL11 et du CNTF. Une 3ème
chaîne intervient sans
doute pour la constitution des LIFR et OSMR. Le gène de
la gp190 est situé sur le chromosome 5 en p12-13 chez l'homme
et le chromosome 15 chez la souris. Dans les 2 cas, il est colocalisé
avec les gènes codant pour les IL7R (chaîne a).
-d- Effets biologiques
Régulation de la croissance de cellules normales ou néoplasiques,
production d'IL6 par les cellules endothéliales, stimulation
de l'activateur du plasminogène des cellules endothéliales,
induction de la synthèse des protéines de l'inflammation
par les hépatocytes (effet analogue à celui de l'IL6).
IX-3.3.26./
Leukemia inhibitory factor
-a- Structure
Il s'agit d'une cytokine avec une grande hétérogénéité
de Mr (38 à 67kDa) à cause d'une grande variabilité
de la glycosylation. Elle comporte 3 ponts S-S nécessaires
à l'activité biologique de la molécule. Le
gène est sur le chromosome 22 en q12-1 (homme) ou 11 (souris).
| Homme | Souris | |
| Acides aminés | ||
| * précurseur forme D* | 202 | 202 |
| * précurseur forme M** | 199 | |
| * mature forme D | 180 | 180 |
| * mature forme M | 180 | |
| Glycosylation | 7N | 7N |
| cystéines/ponts S-S | 6/3 | 6/3 |
| * Chromosome | 22q12-1 | 11A1-A2 |
| * Introns/exons | 2/3 | 2/3 |
-b-
Cellules productrices
Lymphocytes T, monocytes/macrophages, cellules stromales de la
moelle osseuse, ostéoblastes, astrocytes, synoviocytes,
cellules épithéliales thymiques....
-c- Récepteurs
Le récepteur de forte avidité
est le même que celui de l'OSM.
-d- Effets biologiques
(figure
VI-49k)
Le nom de LIF tient de la propriété de cette cytokine
d'inhiber la prolifération de certaines lignées
leucémiques. De plus, le LIF favorise l'implantation intra-utérine
des embryons, induit la synthèse par les neurones sympathiques
d'acétylcholine en inhibant la production des catécholamines,
provoque la synthèse des mêmes protéines de
l'inflammation que l'IL6 par les hépatocytes, exprime une
activité OAF (osteoclast activating factor), inhibe, comme
le TNFa1, l'IFNg ou l'IL1, la lipoprotéine lipase des
adipocytes qui conduit à l'incorporation des acides gras
circulants dans ces cellules (cet ensemble de cytokines est responsable
de la cachexie des cancers).
IX-3.3.27./
IGF I et II ou somatomédine A et C
Ce sont des facteurs sécrétés
par des cellules de Leydig et qui ont été retrouvés
dans les macrophages alvéolaires.
IX-3.3.28./
Platelet derivated growth factor (PDGF)
Il existe sous forme d'un dimère
agissant sur les cellules musculaires lisses et favorisant l'athérome
et les fibroses pulmonaires. Cette cytokine agit par l'intermédiaire
d'un récepteur (récepteur
de classe IV) se présentant
sous 2 formes. Le gène de la forme
a
du PDGFR est localisé
dans la même région chromosomique que le proto-oncogène
c-kit, qui code pour un récepteur dont le ligand est le
SCF. Le gène de la forme b du
récepteur du PDGF est
situé sur le chromosome au niveau de la bande q31-32. Le
PDGFRb est une glycoprotéine de 160kDa à
activité tyrosine-kinase présent sur monocytes,
neutrophiles, fibroblastes et muscles striés.
IX-3.3.29./
Cytotoxic lymphocyte maturation factor (CLMF)
C'est une lymphokine sécrétée
par les lymphocytes B, faite de deux chaînes (35 et 40kDa)
unies par des ponts S-S. Cette molécule accroît la
prolifération des T, provoque chez ces cellules la production
d'IFNg et agit synergiquement avec L'IL2 sur les NK
et LAK.
IX-3.3.30./
Stem cell factor (SCF) ou ligand de c-kit
Ce facteur soluble (20 à 35kDa, 273AA
pour le précurseur et 187AA pour la molécule mature),
produit par les cellules du stroma, peut aussi se présenter
comme une molécule de surface.
| homme | souris | |
| Acides aminés | ||
| *précurseur | 273 | |
| * mature | 248 | 248 |
| Pm (kDa) | 20-35 | 20-35 |
| glycosylation | 5 | 4 |
| Cystéines | 4 | 4 |
| * Chromosome | 12q22-24 | 10 |
Il est le ligand du proto-oncogène c-kit qui est un récepteur de classe IV (5 domaines immunoglobuliniques et activité tyrosine kinase).
| Acides aminées | |
| *extracellulaire | 491 |
| * transmembranaire | 23 |
| * intracytoplasmique | 439 |
| Pm (kDa) | 145-165 selon les cellules |
| * Chromosome | 4q31-33 |
Le CSF potentalise l'effet des facteurs de croissance actifs sur les lignées érythropoïétiques, myéloïdes et lymphoïdes.
La figure VI-50 résume les effets des cytokines sur la réponse immune.
IX-3.4./
Structures secondaires des cytokines
La structure spatiale de certaines
cytokines est voisine (IL6, IL11, G-CSF, MG-CSF) de celle de l'hormone
de croissance, de la prolactine et de l'érythropoïétine
ou partiellement analogue (IL2). On constate sur ces molécules
4 hélices a
successives A, B, C et D séparées
par des boucles AB, BC et CD (figures
VI-51a1, VI-51a2 et VI-51b1). Le MG-CSF comprend aussi 4 hélices
a mais
en plus 2 feuillets
b antiparallèles (figure VI-51b2).
La conformation tridimentionnelle de l'IL8 a des analogies avec
celle des Ag du CMH de classe II (figure
VI-51c). Les TNF sont faits de 2
séries de 5 feuillets
b antiparallèles disposées
comme les tranches de pain d'un sandwich (figure
VI-51d).