X-PHENOMENES BIOCHIMIQUES DE SIGNALISATION DES CELLULES DE L'IMMUNITE. MECANISMES ACTIVATEURS ET INHIBITEURS
L'activité d'une cellule dépend
de récepteurs, en général, de surface. Ces
récepteurs de surface sont
des structures de membrane complémentaires de ligands se
comportant comme des signaux chimiques.
Ils sont associés à des systèmes de couplage
qui mettent ensuite en jeu de seconds signaux. Ces derniers déclenchent
alors une série de phénomènes biochimiques
qui aboutissent à 2 grandes
catégories d'effets :
la prolifération cellulaire et/ou l'expression des fonctions
(ou de certaines des fonctions) de la cellule concernée.
Les récepteurs cellulaires de surface sont très
variés, en revanche les mécanismes
servant à la transmission des ordres à partir de
ces récepteurs sont en petit nombre et analogues d'un type
cellulaire à l'autre.
Ainsi, interviennent comme seconds messagers (le premier messager
étant représenté par le ligand) l'AMPc ou
le GMPc, des phospholipases et le couple diacylglycérol/inositol
1,4,5-triphosphate (DAG/IP3 qui résulte de l'hydrolyse
du phosphatidylinositol 4,5-biphosphate (PIP2)), le Ca++ à
taux élevés dans le cytosol, la petite protéine
G ras.... Plusieurs seconds messagers peuvent intervenir simultanément
ou successivement.
De façon générale, les seconds
messagers participent directement
ou indirectement à l'activation
de protéine kinases qui,
en phosphorylant certaines protéines, suspendent ou révèlent
leurs fonctions métaboliques (une protéine
kinase est une enzyme qui transfère
sur une protéine, le groupement phosphate situé
en position g dans l'ATP, alors qu'une phosphatase a l'effet inverse en produisant une déphosphorylation).
Ces cibles protéiques ont fréquemment des activités
enzymatiques. Habituellement, lorsque la phosphorylation
inactive l'enzyme, celle-ci est
impliquée dans des réactions
de dégradation. Lorsque
la phosphorylation active l'enzyme, c'est qu'elle participe à des synthèses.
Suivant les cas, l'ordre est envoyé au noyau (induction
de mitoses, transcription en ARNm) ou à d'autres constituants cellulaires comme le cytosquelette (par exemple lors de
la dégranulation des mastocytes), les mitochondries, les
ribosomes....Lorsque l'ordre arrive au noyau, la dernière
étape fait intervenir des facteurs
de transcription se liant à
des sites de l'ADN (Response Elements
: RE) qui régulent l'expression
des gènes. Par exemple, quand les gènes codent pour
les cytokines, les RE sont nommés
CRE (Cytokine
Response Elements).
Plus rarement, les signaux chimiques peuvent agir grâce
à des récepteurs
intracellulaires comme par exemple
les hormones stéroïdes.
Lorsque les signaux extracellulaires atteignent la cellule, ils
entraînent son activation (ou stimulation). Les résultats
de cette activation sont complets ou incomplets s'ils s'arrêtent
aux premières étapes de la chaîne biochimique.
Les caractéristiques de l'activation dépendent du
type cellulaire et des ligands. Un signal
provenant d'un même récepteur peut aboutir à
des effets différents ou parfois opposés en fonction
du stade de maturation de la cellule.
X-1/ Signaux de transduction communs issus des récepteurs BcR, TcR et FcR
Les TcR,
BcR et FcR
se lient, soit à l'Ag
associé aux Ag du CMH (T) ou à l'Ag (B : fixation
directe au BcR ; cellules à FcR : fixation au FcR par l'intermédiaire
d'un Ac), soit à un superAg (T) ou son équivalent
pour les B. Il en résulte une agrégation des récepteurs,
notamment de leurs domaines activateurs intracytoplasmiques qui
se phosphorylent rapidement. Cette activation des cellules du
système immunitaire fait intervenir des motifs exprimés
sur la portion intracytoplasmique de plusieurs récepteurs
(BcR, TcR, différents FcR...). La figure
VI-51e résume les phénomènes d'activation et d'inhibition
des B. Parmi ces motifs se trouvent
2 motifs antagonistes :
*
l'un
est activateur (BcR, TcR, différents FcR...)
: ITAM, Immunoreceptor
Tyrosine-based Activation Motif, (anciennement ARH1 : Ag receptor
homology motif 1, ou ARAM : Ag recognition activation motif ou
TAM : tyrosine-based activation motif)
* l'autre
inhibiteur (FcgRIIB, KIR des NK...) : ITIM
(Immunoreceptor Tyrosine-based Inhibition
Motif) de l'effet activateur.
Les ITAM sont
faits d'un double motif YxxL encadrant des résidus variables
(D/E-X7-D/E-X2-Y-X2-L/I-X7-Y-X2-L/I). Les ITIM comprennent un seul motif YxxL encadrant des
résidus variables (I/V/LSxYxxL/V) et participent au contrôle
négatif de l'activation cellulaire en recrutant des SH2-phosphatases
inhibitrices. Les ITAM et les
ITIM deviennent fonctionnels après phosphorylation de leurs
tyrosines par des tyrosines-kinases de la famille scr. Les KIR (Killer-cell Inhibitory Receptors) qui
sont des récepteurs à ITIM exprimés par les
lymphocytes T et NK, servent de récepteurs pour les molécules
du CMH de Classe I. Leur liaison avec ces ligands inhibe les programmes
d'activation lymphocytaire. A chaque molécule KIR correspond
une molécule activatrice KAR (Killer-cell Activatory Receptor),
dont l'engagement se traduit par l'activation des lymphocytes
T et NK.
Les récepteurs à ITIM
mettent en jeu des phosphatases
intracytoplasmiques avec domaines
SH2, comme les tyrosine phosphatases SHP-1 et SHP-2 (SH2-domain-containing protein tyrosine Phosphatase)
ou la polyinositolphosphate phosphatase
SHIP (SH2-domain-containing
phosphatidyl-Inositol 5-Phosphatase).
SHP-1
interagit par exemple avec la portion intracytoplasmique de KIR,
NKG2A, CD22, CD72, ILT...), SHP-2 avec des récepteurs de cytokines. SHIP interagit
avec la portion intracytoplasmique des FcgRIIb ce qui conduit
à une augmentation de PI3,4-P2 et donc une diminution du
taux de PIP3 avec pour conséquence une inhibition de la
translocation membranaire de la btk. Ainsi, les KIR des NK qui
reconnaissent l'Ag de classe I, recrutent la tyrosine phosphatase
SHP-1 qui va déphosphoryler les ITAM. SHP-1, présent dans les cellules hématopoïétiques,
intervient en régulant
négativement par exemple
la signalisation par le BcR ou les récepteurs de certaines
cytokines. SHP-2, répartie dans de nombreux types cellulaires,
agit positivement dans l'hématopoïése et la
signalisation par les récepteurs de certaines cytokines.
La phosphorylation des protéines, qui est extrêmement
rapide, quelques secondes, modifie leur conformation, leurs propriétés
biologiques, leur capacité d'interagir avec d'autres protéines
et parfois leur localisation dans la cellule. Comme nous l'avons
vu, la phosphorylation des protéines est réversible
car les ITAM sont déphosphorylés
par des phosphatases comme le CD45 ou la calcineurine. La phosphorylation des protéines ne
porte pas obligatoirement que sur la tyrosine, mais peut également concerner sérine
et thréonine. Aussi, les réactions de phosphorylation
sont catalysées par deux groupes d'enzymes: les protéine sérine/thréonine
kinases et les protéine tyrosine kinases. De même, on distingue des protéine sérine/thréonine
phosphatases et des protéine tyrosine phosphatases.
La prolifération, la différenciation et l'activation
fonctionnelle des cellules dépendent de l'état de
phosphorylation des protéines cellulaires. Comme les BcR,
TcR et certains FcR ont une très courte extrémité
intracytoplasmique, ils doivent
utiliser pour transférer leurs signaux des complexes moléculaires
qui leur sont adjoints : Iga-Igb de B, CD3 de T, b et
g du
FeRI et
z du
FgRIII. En effet ceux-ci possèdent une longue
extrémité qui peut interagir avec des molécules
intracytoplasmiques par l'intermédiaire des motifs ITAM.
Les ITAM sont présents dans les zones intracytoplasmiques
des chaînes Iga et Igb des B et
g, d, e et z du CD3 des T (figure VI-52a),
mais aussi b et g du FeRI et z
du FgRIII. Ces ITAM fonctionnent comme des transducteurs intracytoplasmiques en se liant avec la famille
des src protéines tyrosine kinases
(PTK : fyn, lyn, blk, lck...), avec la famille
des spleen tyrosine kinases (syk)
(figure VI-52b1)
et avec des phosphoprotéines
transducteurs. Lorsque les résidus tyrosines Y des ITAM sont phosphorylés,
les ITAM phosphorylés sont reconnus par les domaines SH2
des PTK src ou de protéines adaptateurs, comme Shc. La PTK syk ou la ZAP70 de la famille Syk interviennent
également dans l'activation respectivement des FeRI/BcR
et des TcR.
Lorsque les signaux des BcR, TcR et FcR sont transduits, 2 principales voies métaboliques peuvent être empruntées : la voie de l'inositol triphosphate (IP3) qui conduit surtout à la synthèse
de produits pouvant éventuellement être excrétés
et la voie ras qui aboutit plutôt à l'expression
d'Ag de différenciation, de récepteurs de surface
ou à la prolifération cellulaire. Ces PTK src vont
phosphoryler et activer, d'une part la phospholipase
C (la PLc est phosphorylée
par la kinase syk chez les B et chez les T par la syk ZAP70) qui
conduit à la voie du DAG/IP3, et d'autre part la voie ras
par l'intermédiaire des facteurs
d'échange GTP/GDP (sos
et vav) du ras qui aboutit à la cascade MAPK (mitogen activated
PK), puis, par exemple, aux mitoses.
X-1.1/
Les protéine tyrosine kinases (PTK)
Des anomalies de la régulation
de l'activité des PTK sont à l'origine de transformation
maligne des cellules. Ainsi, v-src, premier oncogène viral
découvert code pour une kinase, comme de nombreux autres
oncogènes. Ces PTK sont mutées et leur activité
kinase n'est plus régulée conduisant à des
cellules cancéreuse. En revanche les proto-oncogènes correspondants sont apparus comme des molécules
ayant un rôle physiologique majeur, notamment dans l'activation
des cellules de l'immunité. D'autres PTK apparentées
à ces proto-oncogènes ont été découvertes
et souvent on leur a données des noms d'oncogènes
(figure VI-52b1).
Les PTK de la famille src et les PTK de la famille syk interviennent
dans l'activation cellulaire par les BcR, TcR et les récepteurs
d'Ig.
X-1.1.1/ La famille src
La dizaine de PTK de la famille src
(figure VI-52b1)
ont habituellement un domaine N-terminal propre à chaque
PTK, suivi de deux domaines conservés d'où leur
nom de SH2
(Src Homology région 2) et SH3 (ces domaines SH2 et SH3 débordent les
limites de la famille src), suivis d'un domaine portant l'activité
kinase, et d'un domaine régulateur C-terminal. Les domaines
SH2 se fixent à des séquences
contenant un résidu tyrosine phosphorylé. Les domaines SH3
se fixent à des séquences riches en prolines.
Les src cytoplasmiques sont localisées sous la face interne de la membrane plasmique, et souvent associées aux domaines intracytoplasmiques
des récepteurs avec lesquels elles interagissent. Le deuxième
acide aminé de la molécule est une glycine à
laquelle est fixée de façon covalente, un acide
myristique. Cet acide gras, en s'intercalant dans les lipides
de la couche interne de la membrane plasmique, est responsable
de l'ancrage sous-membranaire de la PTK.
Certaines src comme src elle-même, yes, fyn et lyn s'expriment
dans de nombreux types cellulaires, d'autres ont une distribution
plus ou moins restreinte comme hck ou fgr qui sont présentes
dans les cellules hématopoïétiques, comme Ick exprimée
par les lymphocytes, et blk par seulement les lymphocytes B. Certaines src
existent sous deux formes, résultant d'un épissage
alternatif des transcrits d'un même gène dont la
distribution cellulaire est différente. Par exemple, fyn
a deux isoformes : l'une exprimée dans les cellules du
cerveau, l'autre dans les cellules hématopoïétiques.
La forme inactive des src est phosphorylée au niveau du
domaine de régulation C-terminal. Le domaine régulateur
contient une tyrosine qui phosphorylée se lie au SH2 de
src. La kinase se referme sur elle-même, rendant ainsi inaccessible
le domaine catalytique. Lorsque cette tyrosine n'est pas phosphorylée,
la PTK est sous forme active, car la tyrosine n'est pas liée
au SH2. Dans ce cas, la molécule dépliée
laisse les substrats de la kinase accéder au site enzymatique.
L'activité de la kinase s'exerce aussi sur elle-même
: l'activation des PTK se traduit alors par leur auto-phosphorylation.
Celle-ci porte sur un autre résidu tyrosine, situé
dans la séquence catalytique.
X-1.1.2/ La famille syk
La famille syk comprend deux
membres, syk
et ZAP-70
(Zêta-Associated Protein) (figure VI-52b1). ZAP-70 est une protéine
associée à la chaîne z du TcR après
stimulation des cellules T par un antigène. Elles sont
dépourvues des domaines
propre, régulateur et SH3.
Elles ont, par contre, deux domaines SH2 en tandem, qui précèdent
le domaine kinase. ZAP-70 est exprimée dans les lymphocytes T et les cellules NK, syk par les celIules
myéloïdes et lymphoïdes (lymphocytes B, thymocytes
et cellules T immatures). A des
stades de différenciation précoces, les cellules
T expriment à la fois ZAP-70 et syk. Syk intervient au
cours de la différenciation des cellules T et ZAP-70 dans
les réponses des cellules matures. Dépourvues de résidu glycine myristylé
d'ancrage, syk et ZAP-70 sont cytoplasmiques. Elles se mobilisent
après activation cellulaire pour se fixer aux ITAM phosphorylés
des BcR, TcR et FcR agrégés. Un SH2 peut se lier
à un motif YxxL phosphorylé de l'ITAM, mais l'affinité
de cette liaison est faible. Elle nécessite que les deux
domaines SH2 de ZAP-70 soient fixés, chacun sur un des
deux motifs YxxL, pour que l'association entre la kinase et le
récepteur soit suffisamment forte. Les mêmes conclusions
s'appliquent aux domaines SH2 de syk. La liaison des molécules
de la famille syk aux ITAM phosphorylés stimule leur activité
kinase. Celle-ci se traduit par une autophosphorylation et par
la phosphorylation de substrats cytoplasmiques.
L'agrégation artificielle des kinases intracellulaires
qui se fixent aux ITAM des sous-unités transductrices des
BcR, TcR et FcR, a les mêmes effets que l'agrégation
naturelle des récepteurs.
X-1.1.3/ La famille Tec
La famille des PTK non-récepteurs
Tec comprend les membres suivants : Tec,
Btk, Itk/Emt, Bmx, TXK/Rlk et Dsrc29 (figure VI-52b1).
Les B expriment Btk (Brutton's tyrosine kinase) et les T, Itk et Rlk. Les kinases Tec
contribuent à l'activation maximum de la PLCg et
donc à la mobilisation du Ca++ pour les T par l'intermédiaire
de LAT et
SLP76
(figure VI-52b2) et pour les B
par l'intermédiaire de
BLNK/SLP65 (figure VI-52b3).
X-1.2/
Les protéine tyrosine phosphatases (PTP)
Des PTP membranaires et d'autres
cytoplasmiques interviennent lors de l'activation cellulaire induite
par BcR, TcR et FcR.
X-1.2.1/ Les PTP membranaires
Le CD45
transmembranaire est exprimé
dans les cellules hématopoïétiques et existe
sous plusieurs isoformes (produites par épissage alternatif)
dont chacune est rencontrée dans des cellules différentes.
Le CD45 possède un long domaine intracytoplasmique portant
l'activité phosphatasique dont les substrats sont les résidus
tyrosine de protéines phosphorylées par les PTK.
Une cystéine présente dans les sites catalytiques
joue un rôle déterminant dans la déphosphorylation
en se liant au groupement phosphate libéré à
partir du substrat pour former un intermédiaire thiol-phosphate.
Cet intermédiaire libère son phosphate en milieu
aqueux, sous forme inorganique, ce qui régénère
l'enzyme sous forme active.
Les PTP membranaires sont nécessaires pour l'activation
cellulaire, et notamment dans l'activation des lymphocytes induite
par l'antigène. Ainsi, des cellules T sans CD45 ne répondent
pas à une stimulation antigénique. Cet effet s'explique
car le CD45 régule l'activité
des src en déphosphorylant la tyrosine du domaine régulateur
C-terminal phosphorylé constitutivement dans la kinase
inactive. Ainsi, l'effet positif
des kinases de type src dans l'activation cellulaire est induit
par une PTP, qui les active en déphosphorylant la tyrosine
de leur domaine régulateur. De plus, c'est la kinase csk
qui maintient les src sous forme inactive. Ainsi, cette kinase,
d'une autre famille que src, phosphoryle la tyrosine du domaine
régulateur des src, dont elle détermine la forme
active ou inactive, et qui sera déphosphorylée par
CD45.
X-1.2.2/ Les PTP cytoplasmiques
Les PTP cytoplasmiques interviennent
après que l'activation cellulaire ait débuté
pour contrôler cette activation. Parmi les PTP cytoplasmiques
se trouvent la SHP-1 et la SHP-2 (SH2-domain-containing protein tyrosine Phosphatase).
Ces PTP ont des domaines SH2.
La SHP-1
(ou PTP1C) exprimée dans les cellules hématopoïétiques
possède deux SH2 adjacents, suivis du site à activité
phosphatasique, puis du domaine C-terminal qui comporte 2 sites
conservés de phosphorylation de tyrosines. Les domaines SH2, en se liant à des ITIM
phosphorylés, démasquent l'activité phosphatasique
de la PTP qui agit alors sur d'autres substrats. La SHP-1 régule
ainsi négativement l'activation des lymphocytes B induite
par l'agrégation du BCR en augmentant le seuil d'activation de la cellule
resultant de l'engagement de ce BcR. Elle participe aussi à
la régulation de la prolifération cellulaire succédant
à l'action des facteurs de croissance. Les souris auto-immunes
motheaten
qui présentent une intense prolifération des cellules
hématopoïétiques, ont des anomalies du gène
de la SHP-1 conduisant
à un défaut en SHP-1.
La SHP-2
a une structure analogue à SHP-1, mais avec en plus du coté C-terminal
une séquence riche en proline capable d'interagir avec
un domaine SH3. Cette très ubiquitaire SHP-2 (ou PTP1D)
favorise l'action de certaines cytokines ou facteurs de croissance
(IL3, GM-CSF, PDGF...) sur la multiplication cellulaire. L'activation
des récepteurs de ces molécules génère
des sites de liaison avec SHP-2, ce qui conduit à la phosphorylation
des 2 tyrosines de l'extrémité C-terminale SHP-2
et permet à l'activité phosphatasique de s'exprimer.
Les substrats de la SHP-2 seraient des src et la SHP-2 se comporteraient
comme le CD45. En fait, on ne sait pas si SHP-2 intervient plutôt
comme un adaptateur ou une phosphatase. Ainsi, la SHP-1 et la
SHP-2,
bien que structurellement voisines, exercent des effets biologiques
opposés : la SHP-2 stimule les cellules alors que la SHP-1 les inhibe.
X-1.3/
Les domaines SH2 et SH3 et leur association à différents
sites enzymatiques
En général, chaque SH2 particulier se lie à des phosphotyrosines
en fonction des trois acides aminés qui suivent la phosphotyrosine. Les différents SH2 sont chacun spécifique
d'une séquence particulière d'acides aminés,
à l'exception des SH2 des src qui se lient aux mêmes
phosphopeptides. Les domaines SH2 sont constitués de deux
hélices a encadrant cinq feuillets b antiparallèles,
et encadrées à leur tour par deux feuillets b.
Ils contiennent deux sites de liaison, un pour la phosphotyrosine,
l'autre pour les trois autres acides aminés. Le premier
site détermine la spécificité du domaine
SH2 pour une séquence contenant une phosphotyrosine, le
second détermine l'affinité de la liaison. Le rôle
des SH2 est de rapprocher des molécules qui interagiront
par d'autres séquences fonctionnelles.
Les SH3 favorisent l'interaction
des kinases avec leurs substrats.
Les SH3 sont constitués par cinq feuillets b
antiparallèles dans lesquels des acides aminés hydrophobes
constituent une poche où se niche le ligand qui porte le
motif PxxP dans lequel P est une proline et x un acide aminé
quelconque. Cette séquence adopte une conformation secondaire
en hélice de type polyproline qui permet l'interaction
avec les acides aminés de SH3. La spécificité
de chaque domaine SH3 dépend des acides aminés x
qui entourent les prolines. Les SH3 permettent la rencontre entre
des protéines cytoplasmiques et des protéines membranaires
et, par exemple, entre des kinases à SH3 et leurs substrats.
Les SH2
et les SH3
ne sont pas spécifiques des src, ni même des kinases
puique des protéines phosphatases possèdent des
domaines SH2, mais également des lipides kinases, des phospholipases
et des facteurs de transcription. Donc, des domaines de liaison
semblables peuvent être associés à des domaines
catalytiques différents.
X-1.4/
Les molécules adaptateurs
Les adaptateurs
sont des molécules sans activité enzymatique ou
de transcription qui permettent le rappochement entre protéines
qui ensuite interagiront. Ces
adaptateurs sont importants dans la transduction des signaux lors
de l'activation des cellules de l'immunité.
Les adaptateurs portent des structures
capables en générale de se lier à au moins
2 autres types de molécules
parmi celles-ci :
* SH2 et domaines PTB (PhosphoTyrosine-Binding) responsables de
liaisons avec les phosphotyrosines;
* SH3 s'associant avec les séquences riches en prolines;
* domaines homologues avec la pleckstrine liant les phospholipides;
* domaines WW dont les cibles sont les motifs consensus proline/tyrosine
ou proline/leucine;
* domaines PDZ qui s'associent aux extrémités terminales
riches en résidus hydrophobes;
* séquences riches en prolines s'associant avec les SH3
et tyrosines qui après phosphorylation sont responsables
de liaisons avec les SH2 et domaines PTB.
La figure VI-52c donne la structure de certains adaptateurs :
les uns peuvent intervenir dans l'activation des cellules de l'immunité,
les autres dans leur inhibition.
X-1.4.1/ Grb2 (Growth Factor
Receptor Binding Protein 2) (et son homologue Gads) , shc et LAT
(Linker for Activation of T)
La grb2 s'associe à
sos dans l'activation des T et B pour faciliter la mise en oeuvre
de la voie ras. Chez les T, l'adaptateur qui intervient entre le signal
provenant des TcR et grb2 est le LAT (p36) après phosphorylation. Le LAT peut
aussi s'associer à la PLcg1. Ce sont les phosphotyrosines des LAT qui se
lient aux SH2 de grb2 et PLcg1. La Gads constitutionnellement associée
chez les T peut aussi se fixer sur les phosphotyrosines des LAT.
Le LAT est surtout présent dans les T,
NK et mastocytes, mais absent dans
les B.
La Gads forme un complexe avec itk (PTK de type Tec), SLP76, vav,
nck, pack1 et SLAP qui favorise le réarrangement du cytosquelette
et le passage par la MAPKinase (ou ERK : Extracellular-Signal
-Regulated kinase).
Chez les B,
l'adaptateur entre activation des BcR et grb2 est le shc et la PTK
de type Tec est la Btk (Brutton's tyrosine kinase) dont la mutation
du gène conduit à l'agammaglobulinémie liée
à l'X..
X-1.4.2/ SLP-76 (SH2 domain-containing
Leukocyte Phosphoprotein), SLP-65 ou BLNK (B cell LiNKer protein)
analogue au précédent, SLAP-130 (SLP-76-Associated
Phosphoprotein) ou Fyb (Fyn-binding protein) et SKAP-55 (Src-Kinase-Associated
Phosphoprotein)
La séquence centrale
riche en prolines de SLP-76 peut se lier aux SH3 de grb2. Les
phosphotyrosines de SLP-76 fixent les SH2 de vav ou de fyn et
le SH2 de SLP-76 s'associe aux phosphotyrosines de SLAP-130. La
région riche en prolines de SLAP-130 interagit avec SH3
de SKAP-55.
L'ensemble grb2, vav, SLP-76, SLAP-130 favorise l'activation du
promoteur de l'IL2.
X-1.4.3/ Cbl et crkL
Ce sont des adaptateurs participant
aux phénomènes d'inhibition de l'activation. Ainsi,
cbl, produit d'un proto-oncogène, se lie à syk (B)
ou à ZAP 70 (T) dont il bloque l'activité kinase.
En plus, les phosphotyrosines de cbl peuvent se fixer au SH2 de
crkL. Le complexe cbl/crkL s'associe alors au facteur d'échange
guanine-nucléotide C3G qu'il rapproche de la membrane plasmique
où il favorise la fixation de GTP sur la petite protéine
G rap1. Cette dernière se comporte alors comme un antagoniste
de ras.
Chez les B, une inhibition peut aussi survenir lorsque la liaison
entre les 2 adaptateurs grb2/shc est génée par SHIP
(SH2-domain-containing Inositol
5 Phosphatase). Quand l'Ag est capturé simultanément
par le BcR et une IgG implantée dans un FcgRII,
SHIP se fixe par SH2 sur les ITIM de FcgRII, puis est phosphorylée.
Les phosphotyrosines de SHIP se lient alors au SH2 de Shc et empêchent
le SH2 de grb2 de s'associer aux phosphotyrosines de shc, d'où
le blocage de la voie ras.
X-1.5/
Détails sur la transduction des signaux issus des TcR,
BcR et FceRI
La transduction des signaux par
les TcR, BcR et FcR fait intervenir une ou plusieurs kinases src,
puis une kinase de la famille syk.
* Les
TcR
La reconnaissance simultanée
du peptide antigénique par le TCR et de l'Ag du CMH par
la portion extracellulaire de CD4 ou de CD8, conduit à
la coagrégation des domaines intracytoplasmiques du complexe
du TCR
et des domaines intracytoplasmiques de CD4/CD8. Or, la lck est associée constitutivement par des
résidus cystéine au domaine intracytoplasmique de
CD4 et de CD8 et le rapprochement de lck des ITAM permet la phosphorylation
des tyrosines de ceux-ci par le domaine kinase de lck. SH2 et
SH3 de lck sont nécessaires pour induire une réponse
cellulaire. En fait, lck se comporte
plus comme un adaptateur amenant à proximité les
unes des autres différentes molécules capables d'interagir,
que comme une kinase. Quoiqu'il
en soit, l'agrégation du TcR, phosphoryle les tyrosines
des nombreux ITAM des sous-unités du CD3 du TCR, surtout
de z. ZAP-70 se fixe
alors sur les phospho-ITAM de z, s'active et phosphoryle plusieurs substrats
qui relient le TCR à différentes
voies de signalisation intracellulaire PLc ou ras/raf1. Le LAT implanté dans la membrane plasmique
est ainsi phosphorylé et capte soit grb2 par ses phosphotyrosines
et par les SH2 de grb2 (voie ras), soit PLc (voie IP3/DAG). Le
CD4 pour les T coopérants, ou le CD8 pour les T cytotoxiques,
se comporte comme un corécepteur (figure
VI-52d et 52e).
L'absence de l'interaction du CD28 avec ses ligands B7-1 et 2
conduit à une inhibition de la phosphorylation des ITAM
et de ZAP-70. Donc les interactions CD28/B7 augmentent la capacité
de signalisation du TcR. L'intervention simultanée de signaux
venant de TcR et CD8 ouvre la voie rac. Ce sont les 3 voies PLc,
ras/raf1 et rac qui permettent d'obtenir une réponse en
cytokines optimale en activant les différents facteurs
de transcription NF-AT (Nuclear Factor of Activated Tcells) qui
avec des protéines de la famille AP-1 (Activator Protein),
comme jun et fos, se fixent dans leurs sites de fixation au niveau
des promoteurs des gènes des cytokines d'où synthèse
des cytokines. L'activation des T peut aussi faire intervenir
une voie utilisant le complexe SLP-76 (phosphorylé par
ZAP-70)/gads/vav-SLAP-130/SKAP-55.
* Les
BcR
Des
PTK de la famille src (lyn, fyn, lck et blk) sont associées,
par les acides aminés N-terminaux, à Iga et
surtout à Igb. L'agrégation du BcR induit la phosphorylation
des ITAM d'lga et d'lgb par les kinases de la famille src (essentiellement
lyn).
La kinase syk se fixe alors aux phospho-ITAM par ses deux domaines
SH2, s'active à son tour et phosphoryle d'autres substrats
comme peut-être le CD22, le CD19, la protéine cytoplasmique
HS1 et le vav. En même temps, des molécules adaptatrices
à SH2, comme shc et/ou BLNK, sont recrutées. Ensuite le signal se
propagera selon les besoins par la voie
PLcg ou ras (figure VI-52f). La mise en action de PLcg fait intervenir
non seulement syk, mais en plus une kinase de la famille tec,
Btk
(Brutton's tyrosine kinase), dont le domaine pleckstrine est engagé
dans une association avec IP4.
* Les
FceRI
La sous-unité b
des FceRI est associée à lyn de la famille
scr, ancrée dans la membrane cytoplasmique par le résidu
glycine myristylé situé du côté N-terminal.
L'agrégation des FceRI rapproche lyn des ITAM des sous-unités
b
et g
du récepteur voisin. L'agrégation de lyn, dont le
domaine régulateur est déphosphorylé par
CD45, stimule son activité kinase qui transphosphoryle
les tyrosines des ITAM. Les phosphotyrosines des deux ITAM de
g
se lient alors aux SH2 de syk qui, du cytoplasme, vient ensuite s'associer
aux FceRI. Syk est alors phosphorylée, en partie
par autophosphorylation et en partie par lyn. Ainsi activée,
syk phosphoryle d'autres substrats intracellulaires qui ensuite,
suivant les cas, propageront le signal dans des direction appropriées
(figure VI-52g
et 52h).
Les activations cellulaires précédentes font donc principalement intervenir une activation de syk ou de ZAP-70.
X-1.6/
Transmission des signaux jusqu'à l'obtention du résultat
final
Lorsque les signaux des BcR,
TcR et FcR sont transduits, ils provoqueront des effets différents
selon les chemins métaboliques qu'ils emprunteront. Ces
voies sont en nombre restreint et pourront être utilisées
par des signaux issus de récepteurs variés. On peut
ainsi distinguer la voie de l'inositol triphosphate qui conduit
à la production de molécules pouvant éventuellement
être sécrétées et la voie ras qui aboutit
à des effecteurs nucléaires responsables de l'induction
de la synthèse de protéines qui seront sécrétées
ou qui conduiront à la différenciation ou à
la prolifération cellulaire.
X-1.6.1/ La voie de l'inositol
1,4,5-triphosphate (IP3), Diacylglycérol (DAG), et du calcium
Après activation, les kinases de
la famille syk se séparent des ITAM et vont phosphoryler
d'autres substrats notamment une phospholipase C g
(PLcg1 des T ou des mastocytes et PLcg2 des B). Les PLc peuvent aussi être activées
par des protéines G qui ont la faculté de lier le
guanosine triphosphate (GTP). La protéine G abaisse le
seuil de Ca++ nécessaire à l'activation des PLcg
(l'affinité de la PLc pour le Ca++ est très augmentée
par cette protéine G).
Les PLc et 2 qui portent deux
SH2 et un SH3, ont comme cibles
le phosphatidylinositol (PI), le phosphatidyl 4 phosphate (PIP) et surtout
le phosphatidyl 4,5-biphosphate (PIP2). La PLcg1
chez les T est mise en oeuvre
par le complexe LAT-Gads-SLP76-Itk et la PLcg2
des B, par le complexe Btk-BLN/SLP65.
Le résultat de l'hydrolyse des PI, PIP et PIP2 par la PLc
conduit à la production de 2
autres seconds messagers : le
diacylglycérol (DAG) et l'inositol 1,4,5 triphosphate (IP3). Une IP3
kinase conduit à IP4, à partir de IP3. Une phosphatidyl
IP3 kinase (p85/p110) phosphorylée par les src est responsable
du passage PIP2 à PIP3 (figure
VI-53a).
Le DAG
provoque l'augmentation intracytoplasmique du pH (fuite de H+)
et du taux de Na+, ainsi que la phosphorylation des protéines
par l'intermédiaire de l'activation de la protéine
kinase C (PKC). Après activation, la PKC est transloquée
du cytoplasme vers la membrane où elle phosphoryle des
protéines (g du TcR, CD4, IL2R, CD45, lck, Ras/GAP) sur les
résidus sérine et thréonine (séquence
préférentiellement reconnue : Ser-Thr-X-Lys-Arg).
Dans la forme inactive de la PKC, le site enzymatique est bloqué
par une structure de la PKC elle-même, nommée pseudo-substrat.
La PKC est activée par la formation d'un complexe quaternaire
PKC, DAG, phospholipide et Ca++. Le phospholipide le plus efficace
pour cette activation est la phosphatidylsérine. La calpaïne
peut activer de façon irréversible la PKC en coupant
la molécule au niveau de la charnière V3 (figure VI-53b).
Les phosphorylations dépendant de la PKC aboutissent à
l'activation des gènes de l'IL2 et de l'IL2R, mais à
la diminution de l'expression des Ag de surface CD3 et CD4.
L'IP3
fonctionne comme un second messager majeur. Sa fonction principale
est la mobilisation du calcium intracellulaire. La majorité
du Ca++ intracellulaire est stockée dans le réticulum
endoplasmique, où il entre sous l'influence de pompes à
Ca++ dépendant de l'ATP et y reste parce qu'il se lie à
des molécules comme la calséquestrine ou la calréticuline.
L'IP3 possède des récepteurs sur la face cytoplasmique
de la membrane du réticulum endoplasmique. Ces récepteurs
sont des homotétramères (monomère de 250
à 313kDa) formant un canal qui s'ouvre et laisse sortir
le Ca++ lorsque chaque sous-unité fixe une molécule
d'IP3. La liaison de l'IP3 aux récepteurs stimule la sortie
transitoire du Ca++ hors du réticulum endoplasmique. Le
taux de Ca++ se comporte comme un signal. L'augmentation de la
concentration de Ca++ en provenance du réticulum induit
une entrée de Ca ++ extracellulaire. Dans le cytosol, l'accroissement
de la concentration de Ca++ stimule les activités de nombreuses
enzymes et protéines (figure
VI-53c). L'IP3 et l'IP4 entraînent
ainsi le pénétration du Ca++ du RE et extracellulaire
dans le cytosol après ouverture des canaux calciques. Quand
le Ca++ est dans le cytosol, il agit en se fixant sur différentes
molécules fonctionnellement importantes :
*
La famille des EF-hand Ca++-binding
proteins (calmoduline, calcineurine, calpaïne) porte des structures "EF hand" fixant
chacune un Ca++. La calmoduline lorsqu'elle fixe 4 ions Ca++,
change de conformation, ce qui lui permet de se lier à
des protéines. De nombreuses enzymes (kinases, phosphatases,
cyclases, ATPases...) sont soumises à cette régulation.
La calcineurine est une isoforme d'une sérine-thréonine
phosphatase activée par la calmoduline-calcium. En le déphosphorylant,
elle active le composant cytoplasmique d'un facteur de transcription
du gène de l'IL2 dans les cellules T. La calpaïne
est une protéase qui a pour cible des protéines
du cytosquelette et, en plus, qui peut activer en permanence la
PKC en l'absence de Ca++ et de DAG.
* La
famille des annexines (calpactine-lipocortine) est représentée dans les lymphocytes
par les annexines : IV (p32), II (p36), VI (p68). Le Ca++ accroît
l'hydrophobicité de ces molécules qui vont alors
gagner la membrane plasmique où elles se lient aux phospholipides.
Ces annexines seraient des substrats des tyrosine kinases de type
src.
* La
famille des molécules contrôlant la polymérisation
de l'actine (gelsoline...) joue
un rôle important dans le phénomène de "capping"
et de dégranulation des basophiles et mastocytes.
L'augmentation du pH et des taux de Na+ et Ca++ peut conduire
notamment par l'intermédiaire de la PKC, puis de raf à
la stimulation des oncogènes C-myc/C-fos avec prolifération
cellulaire. Les produits de certains oncogènes vont à
leur tour pouvoir agir à différents niveaux du cycle
du phosphatidylinositol.
X-1.6.2/ La voie ras
Cette voie a des conditions d'entrée en activité
et de régulation différentes selon les récepteurs
et selon les cellules, mais elle
fonctionne selon des modalités communes. Elle permet l'expression
de gènes non exprimés dans les cellules au repos.
Ils codent en général pour les protéines
impliquées dans la multiplication cellulaire. Elle est
mise en jeu par BcR, TcR et FcR, mais aussi par de nombreux
autres récepteurs comme les récepteurs pour les
facteurs de croissance. Comme
les protéines ras font partie de la famille
des petites protéines G
(21 kDa) intracellulaires, nous envisagerons d'abord les généralités
sur les protéines G puis, en particulier les caractéristiques
du ras.
X-1.6.2.1/ Les protéines
G (généralités)
Il existe 2 variétés
de protéines G : les protéines G hétérotrimériques
et les petites protéines G.
*
Protéines G hétérotrimériques
Des récepteurs sont liés à
des protéines G qui stimulent (Gs) l'adénylyl-cyclase, d'autres aboutissent
à des protéines G inhibitrices (Gi). Le taux
d'AMPc résultant de ces activités opposées
contrôle la phosphorylation des protéines et la transcription
au niveau du noyau des ARNm. L'intermédiaire entre l'AMPc
et les effets précédents est constitué par
les protéines kinases A de type I et II.
D'autres récepteurs, lorsqu'ils fixent leur ligand, stimulent
des protéines Gp qui régulent les mouvements de Ca++ dans
la cellule par l'intermédiaire de phosphatidylinositol
4,5 biphosphate (PIP2) (cycle du phosphatidylinositol).
Ces protéines G sont constituées de 3 sous-unités a, b, g parmi
lesquelles a est combinée au GDP.
L'activation de la protéine G par le récepteur se
fait par le remplacement du GDP par le GTP et la libération
du complexe a-GTP qui va agir sur la molécule (adénylyl-cyclase,
guanylate cyclase, phosphodiestérase...), premier chaînon
conduisant au 2ème messager. Le complexe bg libéré
peut également avoir une fonction régulatrice.
La toxine de Vibrio cholerae inhibe Gs, alors que celle de Bordetella
pertusis bloque Gi et une forme sensible de Gp (macrophages et
polynucléaires neutrophiles). Le TcR
/CD3 n'est pas lié à des protéines G hétérotrimériques,
mais ces protéines existent dans les lymphocytes et sont
associées à des récepteurs (comme IL8R, sérotonine R, leukotriènes
R... autres que le TcR/CD3) qui peuvent intervenir lors de l'activation
antigénique. Ainsi, l'IL8 après liaison avec son
IL8R associé à Gi2 agit, par l'intermédiaire
des src, en accroissant la prolifération des T, la synthèse
d'IL2, l'expression membranaire de CD25 et CD69, induites par
l'intermédiaire des TcR/CD3.
Un même récepteur peut être couplé à
une ou plusieurs protéines G, une protéine G peut
être liée à différents récepteurs,
et enfin une seule protéine G peut moduler plusieurs effecteurs
moléculaires. Le récepteur en cause est en général
du type IL8R à 7 domaines transmembranaires hydrophobes.
Les protéines G liées à des récepteurs
activateurs vont servir d'intermédiaires pour l'activation
de la phosphodiestérase. Or, les taux d'AMPc et de GMPc
dépendent de l'effet en sens inverse de l'adénylyl-cyclase
(ou de la guanylyl-cyclase) et de la phosphodiestérase
sur les nucléosides cycliques. L'activation
des lymphocytes conduit à une chute du taux d'AMPc, précédée
d'une brève augmentation.
De plus, la phosphodiestérase est Ca++ dépendante,
et par conséquent s'il y a augmentation du taux de Ca++,
la chute d'AMPc s'accentue (figure
VI-53d).
L'accroissement
du taux d'AMPc inhibe le métabolisme du phosphatidyl inositol
et en même temps la cascade des phénomènes
biochimiques d'activation cellulaire.
L'activation de la protéine G conduit selon le récepteurs
à la phosphorylation (donc l'activation) soit d'une phospholipase
C, soit la phopholipase A2 Ca++ dépendante.
*
Petites protéines G.
Les GTPases
Ces petites protéines G lient le
GTP ou le GDP et ont une activité
GTPasique. La forme liée
à GTP est active et celle liée à GDP inactive.
Les protéines GEF (Guanine Nucleotide Exange Factors) favorisent
le passage à la forme active et les protéines GAF
(GTPase Activating Factors) induisent la forme inactive. Dans
la transcription du signal antigénique, interviennent principalement
certains membres de la super-famille ras des petites protéines
G qui comprend plusieurs groupes :
*la trentaine d'oncogènes ras (rôle dans l'activation
antigénique),
*les rho (rôle dans la polymérisation de l'actine),
*les rac,
*les rab et ARF (ces 2 derniers impliqués dans les mécanismes
de sécrétion).
X-1.6.2.2/
Exemples de petites protéines
G
* Les
ras
sont des protéines G seulement
constituées par la chaîne
a
des protéines G hétérotrimériques. Elles ont pour propriété commune
de fixer, soit le GTP, soit le GDP. EIles possèdent une
extrémité C-terminale très hydrophobe qui
leur permet une solide fixation à la membrane. Elles possèdent
un site de fixation du GTP ou du GDP et deux régions qui
changent de structure selon que le GDP ,ou le GTP, est fixé
dans le site. Les protéines ras fonctionnent comme des
interrupeurs moléculaires selon le principe suivant :
1- Au repos, ras est complexée
au GDP. Un facteur d'échange
remplace la molécule de GDP par une molécule de
GTP. Ras-GTP peut alors interagir avec une cible moléculaire spécifique
qui sera l'effecteur des réactions qui suivront.
2- La molécule effectrice ayant été activée,
une protéine GAP (GTPase
activating protein) hydrolyse
alors le GTP en GDP et la protéine ras-GDP est prête
pour un autre cycle.
Le facteur d'échange de
type GEF (Guanine nucleotide
Exchange Factor) est une protéine sos. Celle-ci possède une extrémité
C-terminale riche en prolines qui se lie à SH3, donc qui
peut s'associer à la protéine Grb-2 qui porte deux domaines SH3, de part et d'autre
d'un domaine SH2. Grb-2 transloque
sos du cytoplasme vers la membrane où il peut assurer l'échange
GDP-GTP sur ras.
Dans les cellules T, interviennent alors les molécules
activées par l'agrégation du TcR. Les ITAM phosphorylés de la sous-unité z
se fixent sur les SH2 de l'adaptateur shc, dont les résidus
tyrosine se phosphorylent. Shc phosphorylé recrute Grb-2
et sos à proximité du TcR activé. Le résultat
est une activation de sos et, en conséquence, une augmentation
de la concentration locale de ras-GTP. Ras-GTP
peut alors interagir avec la protéine effectrice raf. C'est une sérine thréonine kinase
qui peut s'associer avec deux molécules différentes
par ses deux extrémités. Par son extrémité
N-terminale, elle se lie à ras-GTP. Par son extrémité C-terminale,
elle se lie à la kinase
MEK ou MAPKK (Mitogen-Activated
Protein Kinase Kinase). MEK phosphoryle une autre kinase ERK (Extracellular-signal-Regulated
Kinase) de type MAP kinase. Une fois phosphorylée, la MAP kinase
peut pénétrer dans le noyau où elle phosphoryle
des protéines qui contrôlent la transcription des
gènes impliqués dans la division cellulaire (figure VI-53e).
* Les
rac sont
des GTPases dont le GEF est le
vav1 après phosphorylation
des tyrosines de celui-ci.
Chez les T,
la liaison de CD28 avec ses ligands B7-1 ou 2 favorise la phosphorylation
de vav. Si en plus les T sont activés par l'Ag, vav s'associe
à l'adaptateur SLP-76.
Chez les B,
vav se lie au CD19.
IP3 en se combinant au domaine plekstrine de vav1 facilite la
phosphorylation des tyrosines de ce GEF. Comme IP3 est produit
sous l'effet de l'Ag, des costimulateurs et des cytokines, il
permet le couplage des récepteurs pour l'Ag des lymphocytes
avec les rac, ce qui facilite l'activation des gènes des
cytokines. En effet, ces gènes sont convenablement activés
si les voies ras, IP3 et rac interviennent simultanément.
Ces différentes voies aboutissent
à l'activation des NFAT (Nuclear Factor of Activated T
cell) qui gagnent le noyau où ils forment avec les facteurs
de transcription des familles fos et jun des complexes transcriptionnels
actifs des gènes des cytokines.
- Les GTPase
rho (rac1, rhoA, cdc42)
qui interviennent dans la différenciation des thymocytes et le contrôle
du cytosquelette des lymphocytes,
ont également vav1 pour GEF.
- Le Rap1,
GTPase de la famille ras intervient dans l'inhibition de l'activation
des lymphocytes. Ainsi, la reconnaissance de l'Ag par les TcR
active fyn qui phosphoryle les tyrosines de cbl, ce dernier constituant
le complexe cbl-phosphoY/SH2-crkl-SH3 (adaptateur)/prolines-C3G
(GEF de rap1) qui va, surtout en présence de Ca++, activer
rap1, dans sa forme active, gêne la voie ras/raf. Ainsi,
les T anergiques sont riches en rap1-GTP et la liaison entre CD28
et ses ligands empêche l'activation de rap1 lors de la combinaison
entre TcR et Ag.
X-1.7/
Régions de la membrane enrichies en sphingolipid/cholestérol
''membrane rafts"
Les MIRR (Multichain Immune Recognition Receptors) faits
de sous-unités de reconnaissance de la famille des Ig et
de sous-unités de transduction dont les TcR, BcR et FcRe,
s'associent fortement à ces rafts lors de leur activation
par un accroissement de l'affinité des MIRR pour les rafts.
Les rafts sont enrichis en PTK de type src et en CD4 et CD8. Les
rafts apparaisent comme des zones essentielles pour l'activation
et la transduction, au niveau desquelles s'agrégent les
molécules nécessaires à ces phénomènes.
X-2/
Signaux de transduction communs issus des récepteurs cellulaires
des cytokines
La première étape qui suit
la liaison des cytokines avec leurs récepteurs est la dimérisation.
Les cytokines dont le récepteur est composé d'une
seule chaîne polypeptidique, conduisent à une homodimérisation
du récepteur car 2 molécules de ce récepteur
s'associent après que chaque récepteur ait fixé
une molécule de la cytokine correspondante.
Les récepteurs constitués de plusieurs chaînes
différentes, comme ceux de l'IL6, sont le siège
d'une hétérodimérisation car les complexes
IL6/IL6R induisent d'abord la dimérisation de la chaîne
b (gp
130) en formant une liaison dans la portion intracytoplasmique
de cette chaîne, puis l'activation de la tyrosine kinase.
On a ensuite formation d'un complexe hétérodimérique
entre une chaîne a de l'IL6R et deux chaînes b.
Le signal biologique est transmis après constitution des
homo- ou hétérodimères. Enfin
intervient la phosphorylation des récepteurs.
Après formation des dimères, apparaît une
phosphorylation des résidus tyrosine de différentes
protéines cellulaires, et notamment de ceux du récepteur.
La partie intracytoplasmique des récepteurs des cytokines
porte des séquences en acides aminés impliquées
dans la transduction du signal biologique.
Un motif riche en sérines et une séquence
riche en acides aminés acides
ont été identifiés sur la chaîne b
du récepteur de l'IL2, le motif riche en sérines
est aussi présent sur les chaînes a de l'IL3R, de l'IL4R,
de l'IL7R, le récepteur du G-CSF, et la chaîne b
du récepteur de l'IL6.
Une séquence consensus
riche en prolines, de huit acides
aminés est également signalée. Elle peut
se lier à des protéines qui ont des domaines SH3
ou des domaines semblables.
En plus du domaine riche en sérines et du domaine riche
en prolines, la chaine b de l'IL6R possède une séquence consensus pour la liaison des
nucléotides. Cette séquence
est souvent retrouvée dans les protéine kinases.
Sur la chaîne
g du récepteur de l'IL2 existe
une séquence en acides aminés semblable à
celle du domaine SH2 des tyrosine kinases de la famille src. Ces récepteurs peuvent donc être
la cible de différentes tyrosine kinases. L'IL2R implique des tyrosine kinases de la famille
src,
telles que fyn, lyn et Ick. Le motif riche en sérines de
la chaîne b de l'IL2 intervient pour donner l'ordre de prolifération
par l'intermédiaire de l'activation du proto-oncogène
c-myc. La séquence riche en acides aminés acides
interagirait avec la protéine kinase Ick et induirait l'expression
des proto-oncogènes c-fos et c-jun. Les tyrosine kinases fyn et lyn interviennent
après stimulation de lignées
B par l'IL7. La portion intracytoplasmique
de l'IL4R
ou de l'IL9R est phosphorylée par une tyrosine kinase
de la famille jak. Ces résidus phosphorylés sont
capables d'activer plusieurs molécules grâce à
leurs domaines SH2. Ces molécules peuvent être la
phosphatidylinositol-3'-OH kinase (IP3K), le complexe Grb-sos,
une phosphotyrosine phosphatase (syp), et la protéine de
liaison nck. Dans les cellules
souches embryonnaires, l'IL6 induit la
phosphorylation de lck, alors que dans les lignées dérivées
de leucémies et dépendant des facteurs de croissance,
l'IL6 active la tyrosine kinase sak (figure VI-54a).
Les tyrosine kinases de la famille jak jouent un rôle majeur
dans la transduction du signal des cytokines. Deux voies principales
STAT et ras sont alors utilisées
pour conduire le signal de la membrane au noyau de la cellule.
* La
voie STAT (figure VI-54b
et 54c et tableau
VI-XX)
Lors de la stimulation d'une cellule par
l'interféron a
ou l'interféron b,
on observe la phosphorylation de STAT (Signal Transducer and Activator
of Transcription) 1a (p9l), 1
b (p84) et 2 g (p113). Ces protéines
migrent dans le noyau sous forme de complexes où elles
se fixent sur l'ADN au niveau des séquences ISRE (Interferon-Stimulated
Response Element).
Dans le cas de l'interfron g,
la phosphorylation du facteur STAT-1a par les tyrosine kinases
jak-1 et jak-2 conduit STAT-la phosphorylé dans le noyau
où il se fixe sur des séquences appelées
GAS (Interferon g Activation Sites).
L'IL3,
l'IL4,
l'IL5,
le GMCSF
et l'IL6
induisent aussi l'activation de facteurs STAT.
* La
voie ras
Les tyrosine kinases de la
famille jak
ou de la famille src sont associées aux domaines cytoplasmiques
des récepteurs sur les motifs
riches en prolines, soit directement.
soit par la voie d'un adaptateur (les jak ne possèdent pas de domaine
SH3).
La fixation du ligand induit l'homo- ou l'hétérodimérisation
des récepteurs et le rapprochement des kinases qui induisent
une transphosphorylation des kinases
propres au récepteur et des résidus tyrosine des
récepteurs. Les résidus
tyrosine phosphorylés capturent les protéines
adaptateurs possèdant
des domaines SH2 tels que la protéine grb-2 (2 domaines SH3 entourant un domaine SH2) et
la protéine shc (un domaine SH2 capable de s'associer au motif
contenant des phosphotyrosines). Shc est à son tour phosphorylée
sur plusieurs tyrosines et l'une d'entre elles est reconnue par
le domaine SH2 de grb-2. Ensuite, le facteur d'échange
(protéine favorisant de façon catalytique l'échange
GDP-GTP sur une petite protéine G)
sos se lie au domaine SH3 de
grb-2 par l'intermédiaire de la séquence riche en
prolines. Le complexe grb-2/sos s'est rapproché du ras
sous la membrane plasmique pour permettre à sos de favoriser
l'échange GDP/GTP sur ras. Ras-GTP
permet de transloquer raf sous la membrane plasmique où raf est activé par une autre
protéine associée à la membrane. Ainsi, après
activation, raf peut phosphoryler d'autres kinases. Ces MAP-kinases
(Mitogen Activated Protein Kinase) peuvent alors phosphoryler,
par exemple dans le cas de l'IL6, le facteur NF-IL6, c-myc et
c-jun.
L'IL1 utilise la voie rac/cdc42 qui est une voie de petites protéines
G voisine de celle du ras qui passe ensuite par MAPKK et MAPK.
X-3.1/Facteur de transcription
NF-kB (Nuclear Factor kB)
Les protéines de la famille NF-kB
sont des facteurs de transcription intervenant dans les réponses immunes
et inflammatoires, la régulation de la croissance et de
la mort cellulaires. De nombreux stimuli : antigènes, cytokines,
contacts cellulaires, stress, virus, activent NF-kB qui agit alors
sur des gènes codant pour des immunorécepteurs, des cytokines et leurs récepteurs, des protéines
de la phase aiguë de l'inflammation,
des génomes viraux.... Les protéines NF-kB sont présentes dans le cytoplasme sous
forme d'hétérodimères
inactivés par une sous-unité inhibitrice de la famille
IkB dont les principaux membres
sont IkB-(a, b , e). La fixation d'IkB sur un dimère NF-kB
masque le signal de localisation nucléaire présent
sur chaque sous-unité du facteur de transcription, empêchant
ainsi sa translocation dans le noyau. L'activation de NF-kB nécessite
l'élimination de l'inhibiteur Ikb. L'engagement de
récepteurs de surface, comme ceux du TNFa ou de l'IL1, induit
la phosphorylation des sérines 32 et 36 d'IkBa
qui permet le recrutement d'une ubiquitine ligase, responsable
de l'ajout d'une série de molécules d'ubiquitine
au niveau des lysines 21 et 23. Le protéasome (complexe multiprotéique enzymatique)
va alors dégrader IkBa
libérant NF-KB pour sa
translocation nucléaire.
Un autre mécanisme d'activation utilise la phosphorylation de la tyrosine 42
d'IkBa qui entraîne une dissociation des complexes sans
dégradation de l'inhibiteur. Deux sérine kinases
IKKa et IKKb (IkB kinases) phosphorylent les sérines
régulatrices 32 et 36 d'IkBa. Ces IKK possèdent
un domaine kinase dans leur partie N-terminale, suivi d'un domaine
leucines (leucine zipper, LZ) et d'un domaine hélice-boucle-hélice
(HLH) impliqués dans les interactions protéine/protéine.
Ces deux kinases sont capables de former des homo- ou hétérodimères
par l'intermédiaire de leur séquence LZ (figure VI-54d).
Les IKK qui possèdent une boucle d'activation de type MAPkinase
kinase (motif SxxxS), sont activées à la suite de
la phosphorylation de cette boucle par une sérine kinase,
NIK (NF-kB-Inducing Kinase) qui est une kinase de type MAP3K (mitogen
activated protein kinase kinase kinase). Elles sont également
activées par MEKK1, une MAP3K de la voie de transmission
intracellulaire des signaux du stress, aboutissant à la
phosphorylation du facteur de
transcription c-Jun. (MEKK1 est
une cible de la protéine transactivatrice Tax du virus
HTLV-1. Tax stimule MEKKI, entraînant une activation du complexe IKK
et par conséquent de NF-kB).
Ces différentes kinases
font partie du signalsome, complexe
de haut poids moléculaire (700 à 900 kDa), comprenant
également NEMO (NF-KB Essentiel MOdulator) ou IKKg
(NEMO est un composant permettant la formation du complexe IKK)
et IKAP (IKK-complex Associated Protein : protéine qui
lie NIK, IKKa et
b pour former un complexe actif)
(figure VI-54d).
NIK et MEKKI phosphorylent préférentiellement et
respectivement IKKa et IKKb. En aval, IKK phosphoryle les deux sérines
d'IkBa, mais une seule sérine sur IkBb.
Enfin, les inhibiteurs IkB s'associent à des dimères
NF-kB différents qui, eux-mêmes, ont une sélectivité
de fixation et d'affinité pour les nombreux sites kB existant
au niveau des promoteurs. Toutes
ces possibilités différentes déterminent
la spécificité de la transcription dépendant
de NF-KB.
X-3.2/ Facteur de transcription
NF-AT (Nuclear Factor of Activated T cell) (figure VI-54e)
Les NF-AT sont activés
par déphosphorylation par des phosphatases, comme la calcineurine.
X-4.1/
Des lymphocytes TCD4+
L'activation des lymphocytes
T quiescents les fait passer, dans un premier temps, du stade
GO au stade G1 avec production d'IL2 et expression membranaire
du CD69 et de la chaîne a du IL2R. Dans un second temps, l'IL2 permet
le passage du stade G1 au stade S (à cette phase s'expriment
en surface le récepteur de la transferrine (CD71) et les
Ag de classe II), puis au stade G2, pour aboutir enfin à
la division cellulaire et à la synthèse de différentes
lymphokines. On constate en même temps une modulation de
CD4 et l'activation de la PKC (figures
VI-55a, 55b et 55c).
X-4.1.1/ Activations physiologiques
et artificielles
Nous en donnerons quelques exemples.
L'activation des T fait intervenir d'abord un signal principal
provenant de la reconnaissance de l'Ag dans le contexte des Ag
du CMH par le complexe TcR-CD3. La phosphorylation de CD3 principalement
par la PTK lck est critique pour le couplage de CD3 au métabolisme
de l'IP3. Ainsi, des tyrosines des chaînes g, d, e
et z
de CD3 sont phosphorylées, en plus, la phosphorylation
touche les sérines des chaînes g et e.
Des seconds signaux agissent comme des costimulateurs. Les seconds signaux résultent de la
rencontre soit entre des cytokines et leurs récepteurs,
soit entre les molécules de surface des T et leurs ligands.
Ces ligands sont soit des molécules
de membrane des cellules présentant l'Ag, ou des cellules
partenaires, soit des constituants de la matrice extracellulaire (figure VI-56a). Les Ac monoclonaux (ou certains de ces Ac)
dirigés contre ces molécules membranaires peuvent
se comporter comme les ligands naturels et induire le même
type d'activation. Certaines molécules de surface des lymphocytes
T peuvent aussi, après combinaison avec leurs Ac monoclonaux,
être le point de départ de signaux activateurs.
L'Ag est responsable du début de l'activation. Interviennent
ensuite les ligands de différentes molécules d'adhésion
(CD2, CD4, CD28...), et des cytokines comme l'IL1 et l'IL6, puis
l'IL2. L'IL2 agit notamment en préactivant la PKC du cytoplasme
qui gagne alors la membrane cytoplasmique et en activant la tyrosine
kinase JAK3 qui agit sur STAT5A/B.
X-4.1.1.1/ Molécules
d'activation TcR/CD3
Le signal normal provient de la reconnaissance
de l'Ag dans le contexte des Ag du CMH par le complexe TcR-CD3.
Pour les T quiescents récemment isolés, il faut
des Ac anti-CD3 ou anti-TcR et des macrophages ou des produits
d'origine macrophagique. Pour les clones T, les anti-CD3 ou les
anti-TcR couplés à des billes sont suffisants. Le
signal provenant de CD3 permet l'apparition du CD40L à
la surface des T.
X-4.1.1.2/ Molécules
d'activation accessoires ou molécules costimulatrices
Ces molécules peuvent
transduire un signal d'activation soit après liaison avec
un ligand spécifique, soit après combinaison avec
des Ac monoclonaux
- CD2 et CDw150 (SLAM : Signalling
Lymphocyte Activation Molecule)
Le ligand de CD2 est LFA3,
présent sur les cellules endothéliales, épithéliales
et sanguines. Les Ac anti-CD2 peuvent à eux-seuls activer
les T de différentes sources. Ainsi, les Ac monoclonaux
dirigés contre l'épitope T111 inhibent la formation
des rosettes mouton, et les Ac monoclonaux anti T112 et T113 en
association entraînent la prolifération des T.
L'activation par le CD2 ne nécessite pas obligatoirement
l'existence d'un complexe TcR/CD3 fonctionnel. Elle induit la
phosphorylation de CD3z, lck et PLc g1.
CDw150
de la sous famille du CD2 est son propre ligand. Il augmente la
production d'IFNg et la prolifération des cellules mémoires.
- CD4/CD8
Ces molécules stabilisent
la liaison entre le complexe TcR/CD3 et le complexe peptide Ag
du CMH en se liant à des structures conservées des
molécules de classe II ou I. Les domaines intracellulaires
de CD4 et CD8 sont physiquement associés avec la protéine
tyrosine kinase T spécifique lck. On a montré que
la liaison de certains Ac sur le CD4 stimule l'activité
enzymatique de la lck et la phosphorylation de la sous-unité
z
du complexe TcR/CD3.
- CD6 et CD7
Le CD6, protéine de 120kDa, est exprimé sur les cellules T matures et sur une sous-population de lymphocytes B. Certains Ac anti-CD6 augmentent la concentration intracytosolique de Ca++. Le CD7 est une glycoprotéine de 41kDa présente sur toutes les cellules T. Certains anticorps anti-CD7 ont les mêmes effets que les Ac anti-CD6.
- CD9
Protéine de 24kDa appartenant à la superfamille TM4 (transmembrane 4). Elle accroit l'activation des T.
CD26 et VLA (very late antigen)
Les VLA 3, 4, 5, et 6 ainsi que
le CD26 (dipeptidylpeptidase) transduisent des signaux costimulants
lorsqu'ils se lient à leurs ligands présents au
niveau de la matrice extracellulaire. Il s'agit du collagène
pour CD26 et VLA3, de la fibronectine pour VLA 4 et 5 et de la
laminine pour VLA 6.
Le CD26 ou thymocyte-activating molécule (THAM) est une
protéine hétérodimérique de 110 à
128kDa exprimée sur la majorité des thymocytes foetaux
et adultes DN. Des anticorps anti-CD26 induisent la prolifération
des thymocytes immatures et matures en présence de PMA
(acétate de phorbol myristate) ou d'IL1 et d'IL2.
- CD27
Il appartient à la famille
TNFR et son ligand CD27R (CD70) est de la famille TNF. Il intervient
dans les interactions T/B et T/T et participe à l'expansion
des T lors de la costimulation par CD28.
- CD28 et ICOS (Inducible COStimulator)
Le CD28 (superfamille des Ig) est un homodimère
lié par des ponts disulfures, formé de sous-unités
de 44kDa et exprimé sur toutes les cellules T CD4+ et 50%
des T CD8+ humains. Les ligands
du CD28 sont le CD80 et le CD86 qui apparaissent sur les B activés. Ces cellules peuvent alors se comporter comme
des CpAg professionnelles. Des Ac anti-CD28 entraînent un
signal complémentaire d'activation qui augmente la réponse
des cellules T stimulées par d'autres ligands comme la
PHA la ConA, les Ac anti-TcR/CD3 ou anti-CD2. Les ligands du CD28
provoquent seulement une phosphorylation rapide de vav1. Le CD28
agit par l'intermédiaire de l'IP3 kinase. L'effet résultant
de l'activation du CD28, n'est pas inhibé par la cyclosporine.
Le CD28 module la production de cytokines, surtout d'IL2, en favorisant
la transcription des ARNm de ces molécules, puis en les
stabilisant. Le CD28 protège les T contre l'apoptose. En
l'absence de signaux provenant du CD28, ceux issus des TcR peuvent
induire une anergie ou une apoptose. L'effet de CD28 est plus
important sur les CD4+ que sur les CD8+.
L'ICOS
est une molécule qui appartient à la sous-famille
du CD28 et s'exprime sur les T activés. In vivo, ICOS n'est
présent que dans les centres germinatifs. Les Ac monoclonaux
anti-ICOS induisent in vitro la synthèse surtout d'IL10, IFNg,
TNFa
et GMCSF mais pas d'IL2. La liaison d'ICOS avec son ligand favorise
la différenciation des B en plasmocytes et cellules mémoires.
- CD30
Présent sur de nombreux
types cellulaires dont les T activés, c'est un constituant
qui induit la mobilisation calcique.
- CD31
Exprimé sur de nombreux
types cellulaires, il est phosphorylé par la PKC. Son taux
diminue après activation.
- CD38
Le CD38 est un ectoenzyme qui
catalyse la formation de nicotinamide et d'adénosine diphosphate
ribose (ADPR), mais aussi la formation et l'hydrolyse de l'ADPR
cyclique. Il est hyperexprimé sur les cellules lymphoïdes
et myéloïdes après activation. C'est un costimulant.
- CD43 (sialophorine)
Le CD43 est une glycoprotéine
de 115kDa à effet comitogène, dont l'expression
est diminuée au cours du syndrome de Wiskott-Aldrich qui
se caractérise par une diminution de la fonction des cellules
T. Un Ac monoclonal anti-CD43 stimule la prolifération
des cellules T périphériques. Le ligand du CD43
est le CD54.
- CD44
Présent sur de nombreux
types cellulaires, il favorise la phosphorylation des tyrosines.
Certains des Ac monoclonaux peuvent agir comme comitogènes.
- CD45
C'est une tyrosine-phosphatase
dont la présence est nécessaire à l'activation
des T CD4+ par l'intermédiaire du TcR/CD3 et/ou du CD4,
en modulant l'activité des différentes tyrosine-kinases
mises en oeuvre au cours de ces activations. Les T portent les
isoformes CD45 RO et CD45 RA. Le ligand du CD45 RO est le CD22
b
des B. Les isoformes du CD45 ont des régions extracellulaires
différentes, mais une portion intracytoplasmique identique
portant 2 domaines où siège l'activité catalytique
responsable de leur fonction. Le CD45 déphosphoryle le
lck qui devient ainsi actif.
- CD47
Glycoprotéine simple chaîne avec un Pm de 47à52 kDa. Elle peut augmenter l'activation des T.
- CD50
Présent à la surface
des cellules hématopoïétiques, il est associé
à lck et syn. Il provoque la mobilisation calcique.
- CD69 (early activation antigen-1
= EA1)
Exprimé sur les cellules
hématopoïétiques activées, il se comporte
comme un comitogène. Les tyrosines sont phosphorylées.
60% des thymocytes et 6% des lymphocytes sanguins ont le CD69
à leur surface. Après activation par le PMA (acétate
de phorbol myristate), le CD28 est exprimé sur les cellules
T ce qui précède la production d'IL2R.
- CD100
Il est hyperexprimé sur
les cellules hématopoïétiques activées.
Il se comporte comme un costimulant.
- CD134 (OX40)
De la famille des TNFR, son ligand
est OX40L de la famille du TNF et il est seulement exprimée
sur les T activés. Il favorise la différenciation
en TH2 et la sécrétion d'IL2 et des cytokinesTH2.
- LFA1 (de la famille des intégrines)
L'activation de CD11a et CD18
(les 2 sous-unités de LFA1) par des Ac monoclonaux a une
action synergique avec des doses submitogènes d'Ac anti-CD3
ou de PMA sur l'induction du IL2R complet, la sécrétion
de l'IL2 et la prolifération des cellules T. Des Ac anti-LFA1
peuvent augmenter le taux de Ca++ intracytoplasmique. Les ligands
de LFA1 sont les molécules ICAM1, 2 et 3.
- 4-1BB (CD137)
Cette molécule présente
seulement sur les T activés, de la famille des TNFR, intervient
quand la costimulation par CD28 est absente. Elle peut remplacer
CD28 et active la production d'IFNg par les CD4+ et
CD8+.
- CD24L ou Récepteur du
HSA (Heat-Stable Ag : CD24)
Favorise la génération
de T mémoires, si manque la costimulation B7/CD28 et accroit
la prolifération des T résultant d'un signal provenant
de CD3..
X-4.1.1.3/ Molécules
d'activation de membrane liées au glycosylphosphatidylinositol
(GPI)
- CD24 (HSA : heat-stable Ag )
Cette molécule exprimée
sur les cellules hématopoïétiques et neuronales
se lie au CD24R des T et joue un rôle surtout si la costimulation
par CD28 manque. Elle favorise la génération de
cellules mémoires.
- Thy-1
(gp de 25 a 30kDa)
Certains Ac monoclonaux anti Thy-1 peuvent
entraîner une activation des lymphocytes T qui serait indépendante
de l'expression du complexe TcR/CD3.
- CD55 : (DAF)
Le CD55 est une glycoprotéine
de 70kDa présente sur érythrocytes et cellules T.
L'expression du DAF sur les cellules T augmente l'activation des
cellules T par les mitogènes.
- CD59 : Protéine activant
la cellule T(TAP)
Le CD59 (protéine de 108AA)
est exprimée sur tous les lymphocytes CD4+, 50% des CD8+,
20 à 30% des thymocytes CD4-CD8- foetaux ou adultes et
sur certaines tumeurs lymphocytaires T. L'activation par l'intermédiaire
de CD59 nécessite l'expression d'un complexe fonctionnel
TcR/CD3.
- CD73 : (Ecto-5' nucléotidase)
Le CD73, exprimé sur les
cellules T et B humaines, est inactif chez les patients souffrant
de déficits immunitaires sévères. Cette ecto-5'-nucléotidase
stimule la prolifération des cellules T en association
avec la PMA et c'est un comitogène qui participe à
la mobilisation du Ca++.
X-4.1.1.4/ Activations artificielles
autres que celles produites par les Ac monoclonaux
Elles varient selon les cellules
et les ligands utilisés :
- Lectines
L'activation par la PHA ou la Con A se fait
respectivement par l'intermédiaire de CD2 et CD3. Les T
CD2+ CD3- répondent à la PHA, mais pas à
la Con A. Les T CD2- CD3+ ont le comportement inverse. Les mitogènes
sont responsables du 1er temps de l'activation des T. En revanche
les fortes doses de PHA ou de Con A sont inhibitrices. L'IL1 sécrétée
par les macrophages sous l'influence des lectines précédentes
complète l'activation.
- Esters de phorbol (12-O-tétradécanoyl-phorbol
13 acétate (TPA) ou acétate de phorbol myristate
(PMA) et phorboldibutyrate (PDBu)) et ionophores de Ca++
Le TPA a pour récepteur
cellulaire la PKC qu'il active, mais il n'en résulte pas
d'augmentation du flux de Ca++ dans le cytoplasme. Les ionophores
de Ca++ accroissent le taux de Ca++ intracytosolique. Le TPA seul fait apparaître les IL2R complets
sur les T, mais n'est pas capable d'induire la synthèse
d'IL2. Par contre le TPA en association avec l'ionophore de Ca++ entraîne
en plus la production d'IL2.
Il y a donc synergie entre l'activation de la PKC et l'augmentation
du Ca++ cytoplasmique. L'effet du TPA sur la PKC est analogue
à celui produit par l'acide arachidonique et ses dérivés
provenant des macrophages. La synthèse d'IL2 ne se produit
donc que si 2 signaux différents atteignent la cellule.
X-4.1.1.5/ Activation des
TCD4+CD45RA++ et CD4+CD45RO++
Les TCD45RA++ sont plus difficilement
activables que les TCD45RO puiqu'ils ne répondent qu'à
la PHA, au PWM ou aux alloAg, alors que les seconds répondent
aussi à la stimulation par les Ac anti-CD3 ou anti-CD2.
Les TCD45RA++ ne peuvent être activés par les Ac
anti-CD3 ou anti-CD2 que si intervient un cosignal supplémentaire.
X-4.1.2./ Effets de l'activation
de la PKC et de l'augmentation du taux de Ca++ intracytoplasmique
L'activation de la PKC favorise le passage
de GO à G1 et la transcription en ARNm des proto-oncogènes
fos, myb et myc. Elle retarde le passage de G1 à S, augmente
la synthèse et l'expression des IL2R complets, augmente
également la production d'IL2 par les T CD4+, mais diminue
l'expression des TcR, CD3 et CD4 de membrane. L'augmentation isolément
du taux de Ca++, n'aboutit pas à une activation des T,
mais l'empêchement de cette augmentation de Ca++ ne permet
pas une activation complète. L'augmentation du taux de
Ca++ cytosolique s'accompagne d'une hyperpolarisation de la membrane
cytoplasmique avec accroissement du taux de K+ intracellulaire
dû à l'ouverture de canaux potassiques Ca++ dépendants.
On constate aussi une alcalinisation cytosolique par pénétration
de Na+. L'augmentation du pH du cytoplasme n'est pas indispensable
pour l'apparition de mitoses ou à la synthèse d'IL2
ou pour l'expression des IL2R complets. Par contre, la pénétration
de K+ est nécessaire pour les 2 premiers effets, mais non
pour le troisième.
X-4.1.3/ Effet de l'augmentation
de l'AMPc
Cette augmentation favorise la
production d'IL4, mais gêne celles d'IL2 et d'IL5.
X-4.1.4/ Synthèse sur
l'activation des TCD4+
Le
signal antigénique arrive au niveau du TcR fonctionnellement
lié au complexe CD3. C'est ensuite, grâce surtout
au triple motif ITAM de la partie
intracytoplasmique des chaînes z du CD3, que
différentes TK sont activées et vont phosphoryler
de nombreuses protéines dont la PLc. Cette dernière met alors en jeu le cycle du phophatidylinositol, le DAG et la PKC. L'IP3 et l'IP4 du cycle
du phophatidylinositol provoquent
une augmentation du taux de Ca++
intracytosolique qui potentialise
l'effet de la PKC. La PKC est à l'origine des principaux
effets de l'activation des T. La voie
ras conduit principalement à
la prolifération des T.
D'autres signaux vont accroître ou permettre l'expression
du signal antigénique. Le ligand du CD45 induit une plus
grande efficacité des PTK. L'IL1 et l'IL6 agissent sur
le cycle de la phosphatidylcholine dont l'une des cibles est le
DAG. L'IL2 préactive la PKC et le CD28 lié à
CD80 ou CD86 favorise la synthèse d'IL2. Enfin, différents
signaux chimiques, comme ceux de certains peptides sont transduits
par des récepteurs associés à des protéines
G hétérotrimériques qui agissent par l'intermédiaire
de l'AMPc en activant les PLc et PKA.
X-4.2/
Des lymphocytes T cytotoxiques
Les Ag ou des Ac monoclonaux
anti-CD3/TcR conduisent à la production de T cytotoxiques
effecteurs, à partir de précurseurs des T cytotoxiques
avec les étapes intermédiaires suivantes : apparition
des IL2R complets, prolifération et enfin différenciation
en T à activité cytotoxique sous l'influence surtout
de l'IL2
et de l'IFN g. En 5 à
10 mn, il y a phosphorylation des molécules CD8. Le TPA
permet de stimuler les précurseurs jusqu'à l'avant
dernière étape par l'intermédiaire de la
PKC qui est son récepteur (les T cytotoxiques sont sensibles
à de plus faibles doses de TPA que les T coopérants).
Par contre, la TPA inhibe la dernière étape si les
précurseurs sont normalement activés par l'Ag. L'action
simultanée du TPA et de l'ionophore de Ca++ conduit à
la production des T cytotoxiques effecteurs s'il existe dans la
culture soit de l'IL2 préformée, soit des lymphocytes
T synthétisant l'IL2.
X-4.3/ Des cellules NK et LAK
Contrairement aux lymphocytes
T qui doivent d'abord recevoir un signal induisant l'expression
d'IL2R complets, les cellules NK et LAK ont des IL2R complets
et peuvent se multiplier in vitro sous l'influence de la seule
activation par l'IL2.
X-4.4/ Des lymphocytes B
Les figure
VI-51e et figure
VI-56b rappellent les différentes
voies d'activation des B avec pour point de départ le BcR.
Il faut un premier signal spécifique représenté par
l'Ag, puis d'autres signaux constitués par des contacts
cellulaires et par des cytokines.
L'activation conduit précocément a une phosphorylation
des résidus tyrosines de différentes protéines.
Des tyrosine-kinases de la famille src, (essentiellement lyn) liées aux hétérodimères
ab
associés aux IgM et IgD de membrane, phosphorylent l'extrémité
intracytoplasmique de ces dimères. Interviennent ensuite syk et/ou shc. Des Ac
monoclonaux anti CD45 empêchent l'activation par l'Ag par
sa fonction phosphatasique. Le substrat de cette phosphatase est
l'extrémité intracytoplasmique de l'Iga
et du CD22, ainsi que les PTK src.
Comme pour les lymphocytes T, l'activation
des B passe par l'augmentation du taux de Ca++ (dépendant de l'IP3) et par l'activation de la PKC.
La première étape accroît l'expression membranaire
des Ag de classe II du CMH et la dépolarisation membranaire.
Les Ac monoclonaux anti-IgM ou anti IgD (il y a 10 fois plus d'IgD
que d'IgM) induisent une prolifération (quand les B sont immatures, les Ac anti-IgM, mais non les
anti-IgD, induisent un phénomène d'apoptose avec
mort de la cellule).
Lorsqu'un pont est créé
entre les IgM et les récepteurs pour le Fc des IgG, le résultat est une inhibition de
la prolifération des B et de la synthèse d'Ac avec
augmentation du taux d'AMPc intracytoplasmique.
La liaison entre l'Ag et le BcR produit le "capping"
de ces Ig de membrane, indépendamment
de l'intervention des PTK. Ce capping des BcR met en oeuvre le
cycle du phosphatidylinositol et augmente nettement le taux de
l'ARNm c-myc, mais modérément l'expression des Ag
du CMH de classe II. En revanche, la cellule ne passe pas du stade
GO à G1. C'est le contact entre des molécules de
membrane des TH2 coopérants activés (effet obtenu
par des T activés morts ou des membranes préparées
à partir des T activés), qui provoque le passage
des B du stade GO au stade G1, et qui fait s'exprimer des récepteurs
de membrane pour différentes lymphokines. Ces interactions
se font notamment entre CD4 et Ag de classe II, CD2 et LFA3 et
enfin, CD40L et CD40. Auparavant ces contacts avaient accru la
quantité de CD23 de surface et le taux d'AMPc, puis induisent
une activité ornithine décarboxylase en agissant
sur la PKA qui active la PKC.
L'IL4 permet la transition G1--->
S. L'IL2, L'IL5, L'IL6 et l'IFNg
isolément ou en association, ne jouent pas de rôle
majeur pour faire entrer les B en mitose. Pour les B, la signalisation
passant par les classe II entraîne l'expression du CD80
sur ces lymphocytes.
Diffférentes molécules accessoires de membrane se
comportent comme des molécules costimulatrices : Complexe
CD21/CD19/CD81/LEU13, CD38, CD23, CD40 et CD45.
Le complexe CD21/CD19/CD81/LEU13/g-glutamyl
transpeptidase, associé
physiquement à BcR par l'ntermédiaire
de
CD19, est un co-récepteur
d'activation qui abaisse de 100 fois le seuil d'activationpar
le BcR. Ainsi, ce complexe active la réponse des B, lorsque
le C3d fixé aux complexes immuns est fixé par son
recepteur, le CD21.
Le CD40
(dont le ligand est le CD40L: gp39), accroît
la prolifération induite
par les Ac anti-IgM ou l'IL4 et inhibe l'apoptose des B des centres germinatifs. Les signaux qui
en partent, passent par des PTK et la PLc. En l'absence de signaux
provenant de CD40, il y a peu ou pas de multiplication des B,
de synthèse d'Ac, de constitution de centres germinatifs
et de commutation. L'expression du CD40 sur les B dépend
de signaux en provenance des Ag de classe II.
Le CD45
des B est une tyrosine phosphatase transmembranaire qui agit positivement sur la
signalisation par le BcR en déphosphorylant l'extrémité
C-terminale des kinases de la famille Src. Ainsi, les souris knock
out pour le CD45 répondent plus faiblement à la
stimulation par le BcR que des souris normales.
Le CD38
est un ectoenzyme qui catalyse la formation de nicotinamide et
d'adénosine diphosphate ribose (ADPR), mais aussi la formation
et l'hydrolyse de l'ADPR cyclique. Les anti-CD38 induisent la
mobilisation du Ca++ et le CD38 agit sans doute en favorisant
la phosphorylation de CD19.
Les récepteurs de TALL1 (TNF and ApoL-related Leukocyte-expressed
Ligand 1) et d'APRIL (A Proliferation-Inducing
Ligand) ou TALL2 sont de 2 types TACI et BCMA. Ces récepteurs sont exprimés
sur les B et pour TACI, également sur les TCD4+ et TCD8+
activés. Ces récepteurs ressemblent à ceux
du TNF mais sans peptide signal du coté N-terminal et avec
moins de domaines riches en cystéines (2 ou 1). Ils transduisent
des cosignaux activateurs pour les B en interagissant avec les TRAF (TNF-Receptor-Associated
Factor) 2,5 et 6. Ces derniers conduisent à une
activation terminale de NF-kB et JNK. TACI est présent en plus grande quantité
que BCMA sur les B. TALL1 et APRIL sont 2 membres de la famille
du TNF exprimés sur les
leucocytes (TALL1 sur les monocytes/macrophages, T et cellules
dendritiques, TALL2 sur les monocytes/macrophages principalement)
ou libres. BCMA lie préferentiellement APRIL.
Le TPA associé à
l'ionophore de Ca++ fait passer les B du stade G0 au stade G1.
En résumé, dans un premier temps le CD4, le TcR et le
LFA1 d'un TCD4+ se lient respectivement à l'Ag de classe
II, à l'Ag inséré dans le sillon des Ag de
classe II et à l'ICAM. Il en résulte l'expression
du CD4OL sur le TCD4+ qui est reconnu par le CD40 des B. A ce
moment, l'IL4 produit par les T activés, se fixe sur l'IL4R
des B et provoque l'expression de CD80 et CD86 qui interagissent
avec le CD28 et le CTLA4 des T (le CD28
est présent sur les T au repos et hyperexprimé sur
les T activés, le CTLA4 n'est trouvé que sur les
T activés).
X-4.5/ Des macrophages et des cellules dendritiques
X-4.5.1/ Macrophages :
En l'absence d'activation, les
macrophages peuvent proliférer, répondre aux facteurs
chimiotactiques, et être aptes à la phagocytose.
Ils n'expriment en surface ni
Ag du CMH de classe II, ni LFA1,
mais ils ont des récepteurs
de la transferrine (trfR). Sous
l'influence d'un premier signal tel que l'IFNg,
ils deviennent trfR(-), LFA1(+), Ag du CMH de classe II+ et expriment
les récepteurs pour le TNFa. Ils acquièrent en outre la faculté
de se lier aux cellules tumorales et de transférer l'information
antigénique. En même
temps, il y a une forte production
d'anions superoxydes et leur capacité de se multiplier
se réduit. Lorqu'en plus
de l'IFNg, intervient un second
signal (soit du type LPS, ou
autres produits de la paroi bactérienne, Listeria monocytogenes...,
soit du type polyanion, soit surtout le TNFa), ce second signal
conduit le macrophage à une forte
activité antitumorale et antibactérienne avec production de métabolites de l'acide
arachidonique, de protéases neutres, d'hydrolases lysosomales,
de TNF et de monoxyde d'azote (NO). Ce dernier dépend du
taux d'une NO synthase. Cependant sa
capacité de présentation de l'Ag est diminuée,
et celle de proliférer supprimée.
L'IFNg active les macrophages par l'intermédiaire
d'un récepteur de surface qui reconnaît les 35AA
de l'extrémité C-terminale de la molécule.
Par contre, l'activité antivirale de l'IFNg
dépend de son extrémité N-terminale.
Chez la
drosophile
a été découverte la molécule de surface Toll
intervenant dans la réponse de défense
contre les bactéries et les champignons. Des récepteurs
analogues TLR (Toll-like receptor) ont été décrits
chez les mamifères. L'un d'eux le TLR4 exprimé sur les macrophages et contrôlé
par le gène Lps (souris) transmet un signal d'activation
lorsqu'intervient le LPS de bactéries à Gram -.
Le TLR4 est le composant transducteur du complexe récepteur
(LBP/CD14) du LPS. La portion glucidique du LPS se fixe
sur le macrophage, mais c'est le lipide
A qui est la structure active.
TLR2 intervient
d'une part sous forme d'un hétérodimère avec
TLR6
dans la reconnaissance des peptidoglycanes des bactéries
à Gram + et du zymosan des levures et d'autre part sous
forme d'un hétérodimère avec un autre TLR dans
la reconnaissance des lipopeptides des bactéries à
Gram +. TLR1
et TLR2
sassocient également pour reconnaître d'autres molécules
provenant d'agents pathogènes. Les motifs non-méthylés
CpG de l'ADN sont les ligands de TLR9. Ces motifs, rares dans l'ADN des eucaryotes,
sont surtout représentés dans l'ADN des procaryotes.TLR
9 participe donc à l'immunité contre les agents
infectieux. Il existe en tout 9 TLR chez l'homme. Les TLR3 sont absents de la surface des macrophages et présents uniquement sur les cellules
dendritiques sauf les cellules de Langerhans. L'activation des
macrophages par l'intermédiaire de TLR2, TLR4 ou TLR9 fait
intervenir la portion intacytoplasmique des TRL ou TIR (Toll/IL1-Receptor
homologous Region) via une interaction homophile avec MyD88 (Myeloid
Differenciation factor 88). Ce dernier, également
par une interaction homophile, active
IRAK (Interleukin-1 Receptor-Associated
Kinase), puis TRAF6 (TNF Receptor-Associated
Factor 6), IkB et NF-kB. Les cytokines produites polarisent les T dans
le sens TH1 (figure VI-56c).
Enfin, le LPS et les signaux analogues initient d'une part l'hydrolyse
de PIP2 par l'intermédiaire des protéines G, et
d'autre part une entrée rapide mais courte de Ca++ dans
le cytoplasme.
Enfin, les macrophages ont des récepteurs de membrane pour
les polyanions.
L'IFNg provoque en quelques minutes un flux lent, mais prolongé de Ca++ intracytosolique
et une activation
de la PKC entraînant la
phosphorylation des protéines endogènes. En partie,
ces phénomènes passent par l'hydrolyse du PIP2 et
la production d'IP3 et de DAG. Ces modifications initiales sont
suivies de la disparition des récepteurs de la transferrine
et de l'apparition des Ag de classe II du CMH, du LFA1 et de la
faculté de se lier aux cellules tumorales.
Le TPA et/ou les ionophores de
Ca++ ont les mêmes effets que l'IFNg sauf l'expression
de LFA1 de surface. Cette dernière
doit donc dépendre d'une chaîne d'activation indépendante
du Ca++ et de la PKC.
L'IL1 stimule la synthèse
de PGE2 par les macrophages/monocytes.
Cette PGE2 agit ensuite par rétroaction en inhibant la
production d'IL1 par un processus indépendant de l'AMPc.
PGE2 est également un inducteur de TH2.
Les TH1 sécrétant l'IFNg et le TNFa sont
capables d'activer les macrophages. Les couples de molécules
d'adhésion CD28/B7.1 et 2 et CD2/LFA3 participent aussi
à cette activation, ainsi que le TNFa de membrane des
TH1 (figure VI-57a). La production d'IL12 par les macrophages dépend d'un signal
induit par l'IFNg et d'un signal provenant des TH1 activés
par l'intermédiaire du couple CD40 (macrophage)/CD40L (TH1).
L'IL12 des macrophages à son tour favorise la production
de TH1. En revanche, les TH2, par l'intermédiaire de l'IL10,
inhibent les fonctions effectrices des macrophages. Le TGFb d'origines variées est également
une cytokine inhibitrice. L'IL4
des TH2 entraîne la diminution d'expression des IL12R (b2)
des T, et l'IL10 des TH2 diminue la sécrétion d'IL12
par les macrophages. Donc, IL4
et l'IL10 freinent le passage vers les TH1.
X-4.5.2/ Cellules dendritiques
:
Elles sont, en ce qui concerne
les CD myéloïdes, l'une des premières lignes de défense
de l'organisme. Elles expriment notamment l'ensemble des TLR dont les
ligands sont des produits en provenance
de bactéries, virus ou parasites.
Ces molécules, comme l'ADN CpG ou le LPS vont activer les
CD des tissus non-lymphoïdes, considérés comme
immatures, en provoquant leur maturation avec apparition de CD40, CD80 et CD86, migration
dans les zones thymodépendantes des organes lymphoïdes
secondaires et synthèse d'IL12 conduisant à une
réponse TH1. Les TLR3 sont spécifiques des CD. La stimulation
de la synthèse des cytokines à partir des TLR2, 4 et 9
utilise la voie MyD88/NF-kB il en est de même pour la maturation. Le
TLR4
peut aussi induire la maturation par une voie indépendante
de MyD88.
Chez les T les récepteurs CD5, CTLA4, KIR,
IFNaR, IFNbR et
IFNgR
et TCGFR ainsi que l'oxydation peuvent
transmettre des signaux inhibiteurs.
Les anticorps anti-CD5 seuls
n'activent pas la celllule T, mais mobilisent le Ca++. En fait,
CD5 a une portion cytosolique
portant un ITIM constitutionnellement
phosphorylé sur ses tyrosines. Il exerce un effet inhibiteur
sur l'activation des T après liaison à son ligand.
CD80
et 86
sont les ligands à la fois de CD28 et CTLA4, mais l'affinité
de CTLA4 est 10 fois plus forte que celle de CD28, ceci expliquerait en partie l'effet inhiteur
de CTLA4 par compétition avec CD28. Cependant, le nombre
de CTLA4 de membrane est plus bas que celui des CD28 de membrane.
Donc, un autre mécanisme
inhibiteur doit intervenir. La
portion intracytoplasmique de CTLA4 porte le motif Tyr-Val-Lys-Mét
qui se lie à la sous-unité m2 du complexe adaptateur
AP2. Ce dernier associé à la clathrine entraîne
l'endocytose de CTLA4. La phosphorylation de la tyrosine (Y-165),
par exemple par fyn, empêche ce phénomène
et laisse en surface CTLA4 qui pourra transduire un signal inhibiteur.
Si CD80/86 se fixent sur CTLA4, un signal négatif, médié
par la phosphatase SHP-2 liée par son SH2 à la phostyrosine
de CTLA4, peut venir gêner le signal positif provenant de
TcR, par exemple en inhibant la transmission du signal par ZAP-70
(figure VI-57b).
Les KIR
qui ont été découverts sur les NK, peuvent
aussi être exposés à la surface des TCD4 ou
CD8 où ils ont la faculté d'inhiber, par l'intermédiaire de leur ITIM, les fonctions des T s'ils rencontrent leurs
ligands : certains allèles du CMH I.
Les IFNa R s'opposent à la croissance des T par
l'intermédiaire de leur association à CD45, Lck
et ZAP-70.
Par oxydation des T, notamment provenant des macrophages, le CD3z
peut être altéré, d'où inhibition de
la réponse des T.
La figure VI-51e résume les inhibition possibles chez
les B. Chez ces cellules l'Ag inhibe la réponse
des B s'il se lie au BcR et à un Ac implanté dans
un FcgRII. La voie
d'inactivation est initiée par l'ITIM du FcgRII (figure VI-57c) et passe par SHIP
au moins
principalement. SHIP réduit
le taux de PIP3 avec pour conséquence une inhibition de
la translocation membranaire de la Btk.
Le CD22
(sialoadhésine) se lie aux acides sialiques (ligand : CD45RO) et porte
au moins 2 ITIM. Ces ITIM sont phosphorylés par Lyn à
la suite de l'activation du BcR, ce qui leur permet de se lier
au SH2 de SHP1 (SH2-domain-containing
protein tyrosine Phosphatase1) qui
joue alors le rôle d'inhibiteur. Les substrats pour la fonction
phosphatasique de SHP1 sont CD22, CD19, Syk (pour les B et ZAP70
son équivalent pour les T), SLP65 (pour les B et SLP75
son équivalent pour les T). Des souris knock out pour le
CD22 ressemblent aux souris Motheaten naturellement déficitaires
en SHP1.
Le CD72
(homodimère dont les ligands sont CD5) qui a un domaine lectine et un motif ITIM,
transduit grace à ce dernier
un signal inhibiteur par l'intermédiaire de SHP1. Des souris knock out pour le CD72 ont une hyper-réactivité
B voisine de celle des souris knock out pour le CD22 , mais moins
sévère. L'inhibition passe par la géne de
la génération de PIP3 sous l'influence de CD19 qui
recrute PI3K catalyseur du passage PIP2 à PIP3. La réduction
du taux de PIP3 s'oppose à la translocation membranaire
de Btk ou Atk.
D'autres protéines de membrane portent des ITIM intacytoplasmiques
et transduisent des signaux inhibiteurs : membres de la famille
ILT/LIR/PIR/MIR (Ig-Like Transcript/Lymphocyte
Inhibitory Receptor/Pair Immunoglobulin-Like
Recepyor//Monocyte Inhibitory Receptor),
CD66a,
PD1,
LAIR
(Leukocyte-Associated Immunoglobulin-like
Receptor).
L'ILT2
présent sur les B véhicule un signal négatif
au moins par SHP1.
Le CD66a ou
Biliary glycoprotein (Bgp) qui est une molécule d'adhésion
de type Ig-like présente sur les cellules épithéliales,
les B, les macrophages et les T activés par l'IL2, est
une protéine suppresseur
de tumeur et inhibitrice de l'activation des B et des T.
Le PD1
(55kDa) des B et T agit comme inhibiteur intervenant dans les
phénomènes de tolérance aux auto-Ag.
Le LAIR,
exprimé sur les B précoces, est absent de la surface
des B des centres germinatifs et des plasmocytes. Il transduit
un signal qui inhibe la mobilisation de Ca++ résultant
de l'activation par BcR.
X-6/ Les déficits immunitaires primaires par défaut de signaux ou de transduction des signaux
La maladie
de Bruton, agammaglobulinémie
liée à X (XAL) est en rapport avec une mutation
du gène d'une tyrosine kinase cytoplasmique, la Bruton's
tyrosine kinase (Btk). Cette dernière est normalement activée
précocément après signalisation par le BcR.
La Btk se lie d'une part à la sous-unité bg
des protéines G et d'autre part au SH3 d'une scr.
Le déficit
combiné sévère lié à l'X (X-SCID) est dû à une mutation
du gène de l'IL2Rg (cette chaîne fait également partie
des IL4R, IL7R, IL9R, IL15R). Cette chaîne utilise JAK3
pour transmettre ses signaux.
Le syndrome
d'hyper-IgM résulte d'une mutation du gène du CD40L. Le CD40L est normalement exprimé sur
les T activés.
Le syndrome
de Wiskott-Aldrich est la conséquence
du défaut d'une GTPase, le Wiskott-Aldrich syndrome factor
(WASP)
ou cdc42.
Une forme
du syndrome des lymphocytes nus (absence
d'Ag de classe II) est en relation avec un manque du facteur de
transcription CIITA qui normalement transactive les gènes
de classe II.
Le SCID
avec absence de CD8+ correspond
à une mutation du gène de la tyrosine kinase cytoplasmique
ZAP-70.