XI-PHENOMENES BIOCHIMIQUES INTERVENANT DANS L'APOPTOSE
La mort des cellules, qui ne résulte
pas d'une atteinte accidentelle de la cellule (comme dans la nécrose),
est le plus souvent une mort cellulaire
programmée ou apoptose, véritable "suicide" cellulaire.
En 1972 , le terme d'apoptose a été proposé
par Kerr, Wyllie et Currie. Il provient d'un mot grec qui signifie
: chute des pétales d'une fleur ou des feuilles d'un arbre.
Ellis et Horvitz en 1986 démontrèrent chez le nématode
Caenorhabditis elegans l'existence de gènes
inhibiteurs et inducteurs de
l'apoptose, dont des équivalents ont ensuite été
mis en évidence chez les mammifères.
Tout d'abord phénomène physiologique régulateur
équilibrant le nombre des cellules d'un tissu normal, c'est
aussi un processus qui peut être pathologique. En immunologie,
l'apoptose intervient, d'une part dans l'élimination des
B et T inadaptés ou dangereux (auto-agressifs), d'autre
part dans la destruction des cibles cellulaires par les cellules
de l'immunité à activité cytotoxiques.
XI-1/ Caractères morphologiques et biochimiques de l'apoptose
XI-1.1/ Les modifications morphologiques (Figure VI-58)
Elles sont nombreuses et se situent aussi
bien au niveau de la membrane, que du cytoplasme et du noyau,
mais sont seulement visibles convenablemnt en microscopie électronique.
L'apoptose concerne généralement quelques cellules
isolées (à la différence de la nécrose
qui porte sur un ensemble de cellules voisines).
Les modifications morphologiques nucléaires et cytoplasmiques
au cours de l'apoptose sont les suivantes :
*
En tout début, les cellules
s'isolent, perdent les jonctions
cellulaires (destruction des desmosomes) et leurs expansions cytoplasmiques
si elles en ont. Donc, on assiste au lissage
de la surface de la cellule.
*
Puis la cellule se rétracte et on observe une diminution du volume cellulaire
et un regropement des organites cellulaires qui cependant restent
en apparence intacts (contrairement à la nécrose).
Ainsi, les organites cellulaires, comme les mitochondries
peuvent migrer à un pôle du cytoplasme.
* La membrane
cellulaire bien que conservant
son intégrité et restant imperméable aux
colorants vitaux, prend un aspect
frippé et ainsi la cellule
à une surface convolutée.
*
Ensuite il y a condensation de
la chromatine en mottes qui s'accolent
ensuite le long de l'enveloppe nucléaire formant un croissant
homogène marginal dense. Le nucléole
se désintègre.
Puis le noyau prend un aspect très dense homogène
(aspect pycnotique) et se fragmente parfois. L'enveloppe nucléaire
disparaît et le cytoplasme se divise alors en fragments
contenant des morceaux du noyau et des organites cellulaires apparemment
intacts, ces fragments formant ainsi les corps
apoptotiques de taille optimale
pour être phagocytés par les cellules environnantes.
Cette élimination se fait très rapidement et n'est
donc pas facilement observée.
Comme ce processus naturel d'apoptose n'est généralement
pas massif, touchant quelques cellules progressivement, on utilise
pour l'étudier, des agents inducteurs d'apoptose (comme
les glucocorticoides sur les thymocytes) provoquant une apoptose
plus importante. La dégradation
des corps apoptotiques survient après phagocytose par des
macrophages. Les granulocytes
neutrophiles n'interviennent pas. L'apoptose
n'induit pas de réaction inflammatoire. En effet, la dégradation des corps apoptotiques
se fait dans le cytoplasme des macrophages. A
la différence de la nécrose, leur contenu de la
cellule n'est pas déversé dans le milieu. Il n'y
a donc pas d'activation des protéases qui déclenchent
la réponse inflammatoire.
XI-1.2/ Les modifications biochimiques
Ces modifications morphologiques, principalement
visibles en microscopie électronique, sont l'expression
d'événements moléculaires au sein ou à
la surface de la cellules :
*
fragmentation de l'ADN par des
endonucléase
* augmentation du taux de Ca
++ cytosolique
*
expression de c-myc
*
expression de bcl-2
*
expression de p53
*
signalisation par fas/APO-1 après association à
son ligand fas L
*
intervention d'enzymes comme : kinases, famille ICE, ...
*
exposition des phosphatidyl-sérines
en surface
-etc...
-a-Modifications cytoplasmiques
L'augmentation
de la concentration de Ca++ est
rapide et prolongée. Elle apparaît dès les
premiers événements qui accompagnent l'apoptose.
Les ions calciques sont en partie extracellulaires puisqu'en milieu
dépourvu de Ca++ les cellules ne présentent plus
l'apoptose.
Les mitochondries, bien qu'ayant un aspect pratiquement normal,
perdent leurs capacités fonctionnelles notamment le pouvoir
de synthèse de l'ATP, car elles sont très précocement
le siège d'une chute du
potentiel transmembranaire (Dym) par ouverture
des pores de transition de la
perméabilité (Mitochondrial
Permeability Transition pores (MTP) ou mégacanaux) de la
membane interne de la mitochondrie. Il en résulte une augmentation
de la perméabilité aux molécules de Pm inférieur
ou égal à 1500Da, alors que dans les conditions
normales la membrane interne de la mitochondrie est pratiquement
imperméable aux petites protéines ce qui crée
un gradient électrochimique. Les MTP jouent notamment un
rôle déterminant dans l'induction de l'apoptose par
les radicaux libres de l'oxygène (RLO). Ainsi, sous l'effet de stress oxydants,
les mitochondries subissent une transition de perméabilité
avec libération de Ca++, et sont le siège d'un gonflement important
et d'un découplage de la respiration mitochondriale. Les
MTP sont au niveau de la membrane interne des mitochondries des
canaux sensibles à la ciclosporine qui, en se liant aux
cyclophilines (famille de protéines ubiquitaires qui
en sont la cible intracellulaire), a la capacité de fermer
les MTP. L'HSP70 pourrait jouer un rôle similaire à
celui des cyclophilines au niveau de la membrane externe de la
mitochondrie. Il semble exister une coopération entre l'HSP7O
au niveau de la membrane externe, et les cyclophilines au niveau
de la membrane interne. Cette coopération impliquerait
également Bcl-2, car l'effet
anti-apoptotique de Bcl-2 est relayé par la fermeture
des MTP.
L'HSP70
pourait également chaperonner spécifiquement les
facteurs de mort mitochondriaux (apoptosis inducing factors) prévenant
ainsi leur action proapoptotique. L'un de ces facteurs de mort
serait le cytochrome c. Or, l'un des membres de la famille des HSP70
lie spécifiquement le cytochrome c.
L'activation des transglutaminases (enzymes cytoplasmiques calcium-dépendantes)
entraîne la polymérisation des protéines (en
formant des ponts entre les résidus glutamine et lysine)
responsable en partie des modifications ultrastucturales du cytoplasme
(agrégation des organites et densification) conduisant
aux corps apoptotiques.
-b-Modifications nucléaires
La condensation
de la chromatine, qui survient après l'atteinte des mitochondries,
est en général
suivie d'une dégradation
de l'ADN donnant des fragments
oligonucléosomaux le plus souvent multiples de 180-200 paires de bases.
La migration électrophorétique de ces fragments
en gel d'agarose donne un aspect en
échelle (Figure
VI-59).
Ce clivage est obtenu par l'action d'une endonucléase endogène
qui est Ca++ dépendante et/ou Ca++/Mg++ dépendante.
D'autres nucléases sont aussi en cause dans une fragmentation de l'ADN plus grossière et qui interviendrait plus précocement
dans le déroulement de l'apoptose. Dans la cellule à
l'état normal, ces enzymes seraient inactives du fait de
la présence sur elles de chaînes de poly ADP-ribose.
Durant l'apoptose, ces oligomères sont écartés
de l'enzyme et en même temps le taux de Ca++ augmente, alors
l'endonucléase devient active et la fragmentation de l'ADN
se produit.
La fragmentation internucléosomale
ou non de l'ADN est due à
l'activation d'endonucléases non lysosomales puisque ces
organites restent intacts pendant l'apoptose.
Parfois l'apoptose ne s'accompagne
pas de fragmentation internucléosomale de l'ADN nucléaire. D'autres critères sont alors à
prendre en compte tels que la dégradation
de l'ADN libérant des fragments de 50 à 300 kilobases
ou les modifications fonctionnelles
des mitochondries
-c-Modifications de la membrane plasmique
Plusieurs modifications de surface interviennent
dans la phagocytose finale des cellules apoptotiques par les macrophages
:
*
perte en acide sialique,
*
expression du récepteur de la vitronectine,
*
transduction des phosphatidylsérines en surface de la membrane plasmique (Figure VI-60)
XI-2/ Contrôle de l'apoptose (Figure VI-61) .
Après des durées de vie
variable (parfois très longues comme pour les neurones),
toutes les cellules meurent. Cette mort
est placée sous la dépendance de gènes spécifiques.
Une cellule qui ne reçoit
plus de signaux de survie, s'engage
dans la voie du suicide. Ces signaux peuvent être externes (hormone,
facteurs de croissance...), mais aussi internes (expression de
gènes de survie...)
La cellule peut aussi recevoir
des signaux de suicide. Ces signaux
peuvent être internes (expression des oncogènes,
lésion du génome...), mais aussi externes (ligand
de fas, TNF, granzymes...). Ainsi, le gène de fas/APO-1
code pour une glycoprotéine de surface (CD95) qui appartient
à la famille du récepteur du TNF. Chez les mammifères,
un grand nombre de tissus exprime fas à des degrés
divers. Fas constitue une molécule cible pour le fasL des
lymphocytes cytotoxiques. Sous l'effet de la liaison de fas avec
son ligand, l'apoptose se déclenche.
Les souris lpr et gld, respectivement déficientes en fas
et son ligand, développent des maladies auto-immunes. Fas et de son ligand
participent donc aux processus d'élimination des lymphocytes
autoréactifs.
D'autres récepteurs sont capables de transmettre un signal
pro-apoptotique :
TNFR1, DR3, DR4 (TRAILR1 :
TNF-Related Apoptosis-Inducing Ligand Receptor 1), DR5 (TRAILR2),
DR6 (Figure
VI-62).
Ces récepteurs portent un domaine intracytoplasmique de
mort. Dans des conditions particulières, le BcR et le TcR
peuvent également induire l'apoptose.
Les études d'Ellis et Horvitz en 1986, sur Caenorhabditis
elegans, sont les premiers travaux qui ont permis d'identifier
plus d'une dizaine de gènes dont les produits contrôlent
le processus apoptotique. Ces gènes ont été
nommés ced (pour cell death). Parmi ceux-ci figurent notamment
ced-3, ced-4, EGL1 et ced-9. Les 3
premiers sont des régulateurs positifs de l'apoptose alors
que le dernier l'inhibe. Les
analogues chez les mammifères sont :
*
Famille (sérine-protéases) des caspases pour ced-3
*
Apaf (Apoptosis-activating factor 1) pour ced-4
*
BH3 (Bcl2-homology domain 3) pour EGL1
*
Bcl-2 pour ced-9
Bcl2 inhibe le pro-apoptotique Apaf dont la fonction est d'activer
les caspases pro-apoptiques. BH3 a une activité pro-apoptotique
en inhibant bcl2 qui protège contre l'apoptose.
ced-3/caspases
Le gène ced-3 de Caenorhabditis
elegans code pour une protéine appartenant à la
famille des sérine protéases. La surexpression de
ce gène dans des cellules de mammifères provoque
leur apoptose.
Les effets apoptotiques de fas
L et du TNF passent par une activité
protéasique de la caspase 8, puis de la caspase 3 (Figure VI-61).
Cette dernière est activée indépendamment
de la mitochondrie dans les cellules de type I, en revanche son
activation passe par la mitochondrie pour les cellules de type
II.
Bcl-2 (Figure
VI-63)
Le gène de bcl-2 a été identifié initialement
comme un oncogène surexprimé, juxtaposé au
locus des chaînes lourdes d'immunoglobulines à la
suite d'une translocation, dans les lymphomes folliculaires à
cellules B de l'homme.
Bcl-2 ne stimule pas la prolifération cellulaire, mais
allonge la survie des cellules. Bcl-2 est ainsi appelé
gène de survie. Les produits exprimés par le gène
se localisent au niveau de la membrane externe des mitochondries,
de l'enveloppe nucléaire et du réticulum endoplasmique.
Dans des conditions d'expression normale, bcl-2
empêche les cellules de type II de se suicider.
Il inhibe l'apoptose induite par d'autres gènes.
De plus, bcl-2 n'est en fait que le premier représentant
d'une famille dont les membres, pro- ou anti-apoptotiques, ont
en commun une similarité de séquence à leur
extrémité C-terminale. Cette
famille compte plus de dix membres
(bcl-xL, bcl-xS, bax, bad, bak ... ) dont les protéines
sont susceptibles de s'assembler sous la forme d'hétérodimères.
L'assemblage d'unités à effet pro et anti-apoptotiques
dans ces hétérodimères module la capacité
de réponse des cellules aux signaux de mort cellulaire,
dans le sens de la survie ou de la mort. Ces
membres de la famille bcl2, comme la bcl2, sont associés
à la membrane interne des mitochondries.
Bcl-2 pourrait inhiber le transport de certaines cyclines et de
p53 dans le noyau, moduler la distribution des ions Ca ++ et contrôler
ainsi l'activité des endonucléases calcium-dépendantes.
C-myc
L'expression du proto-oncongène c-myc est liée au
contrôle de la croissance cellulaire et de la prolifération
en intervenant pour l'entrée de la cellule dans la phase
S de synthèse du cycle cellulaire. Mais la surexpression
de c-myc peut induire et accélérer l'apoptose de
cellules en culture en l'absence de facteurs de croissance adéquats.
Il stimule donc, selon les circonstances, la prolifération
ou l'apoptose. La prolifération cellulaire peut entraîner
l'insuffisance ou l'absence de facteurs de croissance et donc
entraîner l'apoptose.
Chez des souris transgéniques exprimant très fortement
c-myc, l'expression de bcl-2 dans des cellules pré-B allonge
de manière très importante la survie des cellules.
D'après certains auteurs, bcl-2
coopère avec c-myc pour conduire à l'immortalisation
des cellules.
p53
Le gène p53 (oncosuppresseur) code pour une nucléophosphoprotéine
activateur transcriptionnel des gènes jouant un rôle
important dans la prolifération cellulaire, notamment comme
inhibiteur du cycle cellulaire en phase Gl et comme inducteur
de la différenciation cellulaire.
La protéine p53 a le surnom de gardien
de l'intégrité du génome. En effet en présence d'altérations
de l'ADN, cette protéine provoque l'arrêt du cycle
cellulaire en phase Gl en régulant la transcription d'un
autre gène, CIP 1/WAF1, qui code lui-même pour la
protéine p2l. Cette p2l constitue un inhibiteur de la kinase
cdk2 (qui permet normalement l'initiation de la réplication
de l'ADN). P53, en provoquant l'arrêt du cycle en phase
G1, permet aux cellules de réparer les dommages de l'ADN
avant qu'elles ne s'engagent vers la réplication. Si les lésions sont trop importantes et
les réparations insuffisantes, la p53 favorise l'élimination
de la cellule en orientant le métabolisme cellulaire vers
l'apoptose par inhibition, sans doute, de bcl-2 (par le biais
de la transcription du gène bax).
L'expression anormale de p53 empêche la cellulle de se suicider.
Les mutations de p53, responsables de la non-fonctionnalité
de la protéine et de son accumulation, constituent l'anomalie
génique la plus courante des tumeurs de l'homme. Ces mutations permettent aux cellules tumorales de
franchir le cap Gl, sans avoir corrigé les lésions
de l'ADN.
D'autres molécules participent
à la modulation de l'apoptose.
Ainsi, l'activation de la PKC inhibe, chez les cellules de type II, les effecteurs
du DISC.
L'AIF
(Apoptosis Inducing Factor) est une flavoprotéine qui induit
la condensation du noyau et une chute de DYm.
Le c-FLIP
(Cellular FLICE-Inhibitory Protein : FLICE = FADD-Like IL1b-Converting
Enzyme ou caspase 8 : FADD = Fas-Associated Death Domain-containing
protein) inhibe les interactions entre FADD et caspase 8.
La famille des facteurs de transcription
NF-KB agissent en protégeant
contre l'apoptose par l'intermédiaire de la régulation
des gènes anti-apoptose.
XI-3/ Elimination des cellules apoptosées
La translocation de la phosphatidylsérine du feuillet interne de la membrane cellulaire à son feuillet externe est un signe précoce de l'apoptose. La présence de ce phospholipide à la surface de la cellule favoriserait la phagocytose des cellules en apoptose, à cause de récepteurs présents sur la membrane plasmique des macrophages. De façon analogue, interviendraient les sucres exposés par la désialilation, les récepteurs de la vitronectine, la thrombospondine, ... de la membrane des cellules apoptosées. Lorsque la cellule apoptotique est une cellule infectée par un virus, les cellules dendritiques hématopïétiques immatures peuvent phagocyter et induire une production de T cytotoxiques spécifiques du virus selon le mécanisme de la cross présentation.
XI-4/ Principales techniques d'étude de l'apoptose
Techniques morphologiques
En microscopie photonique conventionnelle : Les aspects sont peu spécifiques :
cellules isolées présentant une forte condensation
du noyau (noyau pycnotique) et du cytoplasme, fragmentation nucléaire
et cytoplasmique, sans réaction inflammatoire de voisinage.
Afin d'améliorer l'identification de l'apoptose, plusieurs techniques ont été développées.
L'une d'elles est une application de la biologie moléculaire
permettant de repérer in situ les coupures de l'ADN. L'utilisation
de la déoxynucléotidyltransférase (Tdt, pour
Terminal déoxynucléotidyltransférase), permet
d'ajouter des désoxyribonucléotides aux extrémités
3' OH terminales de l'ADN. Un système de révélation
est associé à ces nucléotides (par exemple,
déoxyuridine biotinylée mise en évidence
par un complexe avidine-peroxydase) permettant de localiser les
fragments d'ADN. Cette technique est nommée méthode TUNEL (
pour Tdt-mediated dUTP-biotin Nick End
Labeling). Elle est applicable à des coupes, à
des étalements, à la cytométrie en flux.
Une autre technique de révélation
du processus d'apoptose repose sur la démonstration de
la fragmentation de l'ADN.
Par exemple, après lyse cellulaire, extraction et purification
de l'ADN passé dans le cytoplasme, la migration en gel
d'électrophorèse fait apparaître l'aspect en "échelle" correspondant aux fragments multiples de 180
paires de bases.
Une variante mesure par cytométrie en flux la quantité
d'ADN des noyaux ou fragments de noyaux marqués par l'iodure de propidium
après lyse des cellules. L'image obtenue, lors de l'apoptose,
est celle d'une hypoploïdie due à la perte des fragments
d'ADN passés dans le cytoplasme.
Un procédé différent
fait appel à des Ac monoclonaux spécifiques des
ssDNA (ADN dénaturé).
Un noyau normal ne contient pratiquement pas de fragments dénaturés
d'ADN, or l'ADN des noyaux apoptotiques, même sans fragmentation
nucléosomale, est le siège d'une instabilité
thermique en présence de MgCl2 à pH neutre.
Ainsi, seuls les noyaux des cellules en apoptose sont marqués
par des Ac monoclonaux spécifiques des ssDNA si les coupes
ou les cellules sont chauffées au préalable 6min
à 100°C en présence de 4,5mM de MgCl2.
Une autre méthode cherche
à révéler les très précoces
chutes du DYm. Ainsi, le
fluorochrome3,3'-dihexyloxacarbocyanine iodide (DiOC6 émission
dans le vert) pénètre peu dans la mitochondrie
si le DYm est bas. On peut remplacer le DiOC6 par le
fluorochrome 5,5',6,6'-tetrachloro-1,1',3,3'-tetraethylbenzimidazol-carbocyanine
iodide (JC1)
qui est incorporé sous forme monomérique (fluorescence
verte à 527nm) dans les mitochondries avec bas DYm
et sous formes agrégées (fluorescence rouge à
590nm) dans les mitochondries à DYm élevé.
Un procédé souvent
utilisé en cytométrie en flux, fait appel simultanément
à de l'annexine V fluorescente et à l'iodure de
propidium. Les cellules au début
de l'apoptose fixent, en présence de Ca++, l'annexine V
au niveau de la phosphatidyl-sérine passée en surface.
En revanche, leur noyau n'est pas marqué par l'iodure de
propidium, car à ce moment la membrane plasmique est imperméable
au colorant.
D'autres techniques correspondent
à des méthodes immunocytochimiques évaluant
l'expression de fas, des transglutaminases cytoplasmiques, de
l'oncoprotéine bcl-2 ...