ETUDE MORPHOLOGIQUE ET ANATOMIQUE d'UN CRUSTACE : L'ECREVISSE
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Place dans la classification
Embranchement : Arthropodes
Crustacés
Classe des : Malacostracés
Super-ordre : Eucarides
Ordre : Décapodes
Sous-ordre : Reptantia
Section : Macroures
Famille : Astacidés
Genre : Astacus
Espèce : leptodactylus (écrevisse à pattes grèles

MORPHOLOGIE
Le corps de l'écrevisse est divisé en deux régions distinctes. Le Céphalothorax (tête et péréion soudés) antérieur est recouvert d'une carapace chitineuse calcifiée d'un seul tenant. Le pléon postérieur est divisé en six segments flexibles dans le plan sagittal. Le telson qui prolonge l'abdomen est dépourvu d'appendice et porte l'anus.
Chaque segment du corps ou métamère porte une paire d'appendices articulés. Ces appendices dérivent de l'appendice type des crustacés qui est fondamentalement biramé.



ETUDE DES APPENDICES
Les détacher un à un sur un seul côté en commençant par l'arrière. (Commencer par lesUropodes au niveau du telson et terminer par les antennes). Pour cela, repérer l'articulation de l'appendice sur le corps et saisir son article basal avec une pince. Détacher les appendices avec tous les épipodites et branchies qui leursont attachés. Les disposer dans l'ordre où ils ont été prélevés en vérifiant sur les descriptions ci-après (Fig.2). Les coller sur unfeuille de papier à l'aide de ruban adhésif.

1°/ Appendices céphaliques :
- Antennules (A1) : le protopodite forme une tige basilaire courte qui porte deux flagelles.
- Antennes (A2) : l'article basal du protopodite porte à sa face ventrale, sur un petit tubercule, l'orifice urinaire.
- Mandibules (Md) : appendices massifs et fortement calcifiés. Elles font saillie dans l'orifice buccal en s'emboitant l'une dans l'autre et ont un rôle essentiellement masticateur. La partie massive correspond au protopodite et le palpe mandibulaire à l'endopodite. L'exopodite a disparu. Au protopodite s'attache une longue tige ou apodème sur laquelle s'insèrent les fibres musculaires.
- Maxillules (Mx1) : appendices délicats de faibles dimensions souvent collés au Mx2. Attention à leur dissection. Chacun des deux articles du protopodite est prolongé par une lame à fonction masticatrice qui est l'endite. L'endopodite constitue un palpe.
- Maxilles (Mx2) : épipodite dont les battements dans lacavité branchiale assurent la circulation de l'eau autour des branchies. Cette fonction lui a valu le nom de scaphognathite.

2°/ Appendices thoraciques = péréiopodes.
Les 3 premières paires de pattes thoraciques sont modifiées en vue d'assurer la mastication.
Le protopodite des péréiopodes porte des branchies(= podobranchies) qui sont logées dans la cavité branchiale céphalothoracique. Ces branchies peuvent aussi s'insérer soit sur l'articulation de l'appendice, on lesappelle alors arthrobranchies, soit sur le flanc de l'animal, ce sont les pleurobranchies (fig.3).
` -Première paire de maxillipèdes (première paire de pattes-mâchoires) (Pmx1) : leur morphologie rappelle celle des maxilles. Les deux articles aplatis du protopodite se prolongent par un endite. L'endopodite est lui aussi aplati. L'exopodite est pluriarticulé. Un épipodite bien développé s'insère sur le côté externe du protopodite.
-Deuxième paire de maxillipèdes (deuxièmepaire de pattes-mâchoires) (Pmx2) : le protopodite normal, sans endite, porte du côté externe un épipodite et une branchie réduite. l'endopodite à 5 articles est normal et l'exopodite constitue un fouet pluriarticulé.
-Troisième paire de maxillipèdes (troisième paire de pattes-mâchoires) (Pmx3) : idem à Pmx2 mais avec un endopodite plus développé qui ressemble beaucoup à une patte marcheuse et qui intervient dans la locomotion.
- Pattes marcheuses (Pm 1 à Pm 5) : l'endopodite est très développé tandis que l'exopodite a disparu. Ces5 péréiopodes sont donc uniramés. Les 3 premières paires se terminent par une pince à deux mors (partie fixe: propodite, partie mobile : dactylopodite). Les pattes des 2 dernières paires se terminent par un dactylopodite en forme d'ongle. Toutes ces pattes marcheuses portent des branchies.
Les Pm 3 portent à leur base l'orifice génital femelle tandis que l'orifice génital mâle se situe à la base des Pm 5.

3°/ Appendices abdominaux = pléopodes ( Pl 1 àPl 6).
A l'exception des Pl 1 du mâle, ils sont tous constitués par un protopodite sur lequel s'insèrent l'endopodite etl'exopodite.
Les Pl 6 appelés uropodes montrent un applatissement des endopodites et exopodites et forment avec le telson une palette natatoire.
Chez les mâles les deux premières paires de pléopodes(Pl 1 et Pl 2) sont modifiées pour former un organe copulateur. L'endopodite du Pl 1 constitue une gouttière séminale qui est fermée par un article supplémentaire duPl 2.
Chez les femelles, les Pl 1 regressés sont de taille réduite; les autres pléopodes ne sont pas modifiés.


ANATOMIE
Ouvrir l'animal par sa face dorsale en découpant la carapace comme indiqué sur le schéma . Soulever délicatement le volet céphalothoracique ainsi découpé en le décollant avec précautions des organes sous-jacents. Enlever délicatement le tégument rougeâtre qui recouvre les organes. Dans l'abdomen écarter les masses musculaires selon la ligne médio-dorsale pour apercevoir l'intestin et les enlever. Observer les organes en place
.


1°/ L'estomac : cette masse volumineuse, en deux parties, cardiaque et pylorique, occupe l'avant de la cavité céphalothoracique. Il est maintenu par les muscles gastriques. L'estomac cardiaque, le plus antérieur, contient des pièces calcifiées qui constituent le moulin gastrique qui participe à la trituration des aliments déjà dilacérés par les appendices buccaux.
On peut trouver au niveau de l'estomac deux concrétions calcaires, les gastrolithes, qui constituent une réserve de calcium qui sera utilisée à l'occasion de la mue suivante.
2°/ Les glandes digestives (hépato-pancréas) sont deux glandes volumineuses de couleur jaune brunâtre qui comblent une grande partie de la cavité céphalothoracique, elles débouchent de part et d'autre de l'intestin moyen juste après le pylore. La liaison entre les deux est très difficile à voir.
3°/ L'intestin suit l'axe longitudinal de l'abdomen. L'anus s'ouvre sur la face ventrale du telson.
4°/ Les muscles mandibulaires : ils sont situés de part et d'autre de l'estomac.
5°/ Le coeur est perforé dorsalement par deux ostioles. Du coeur partent des artères vers l'avant, l'arrière et la face ventrale en direction des différents organes.
6°/ Les gonades sont situées sous le coeur; selon leur développement elles peuvent recouvrir une partie de la glande digestive. Chez les mâles les testicules sont blanchâtres et lisses, chez les femelles les ovaires sont de couleur jaune orangée et d'aspect grenu.
Le spermiducte, long et contourné, rejoint la base du péréiopode8 (Pm5) où s'ouvre l'orifice mâle, alors que l'oviducte qui a une section beaucoup plus importante est court et il gagne directement la base du péréiopode 6 (Pm3) où s'ouvre l'orifice génital femelle.
7°/ Les glandes excrétrices (= glandes antennaires= glandes vertes ) : elles sont situées sous la partie antérieure de l'estomac de part et d'autre du céphalothorax. Chaque glande comporte un rein, une vessie urinaire et un conduit court qui débouche à l'extérieur au niveau des protopodites des Antennes (A2).


ETUDE DU SYSTEME NERVEUX CENTRAL
Le système nerveux central est, à l'exception du cerveau, ventral et il s'étend sur toute la longueur de l'animal
Pour dégager le système nerveux de l'écrevisse on commence par le pléon.
A ce niveau la chaine nerveuse n'est pas protégée, elle est située juste sous les gros muscles longitudinaux et il faut faire attention de ne pas l'arracher avec ceux-ci. Enlever les muscles du pléon, en les tirant sur les cotés, tout en laissant en place les ganglions ainsi que les connectifs, et les nerfs qui s'en détachent pour éviter de les entraîner avec les muscles, en commençant par l'avant. Faire très attention au dernier ganglion d'où partent de très nombreux nerfs, laisser des fragments de muscles en place pour le maintenir, on reviendra dessus ultérieurement si nécessaire.
Au niveau du péréion couper l'sophage au ras de l'estomac. Enlever estomac, glandes digestives, cur et gonades. Dans cette région la chaine nerveuse ventrale est protégée par des arceaux qui sont en fait des apodèmes sur lesquelles s'insèrent les mucsles du péréion, on les sectionnera à l'aide de ciseaux fins.(apodèmes : invaginations tégumentaires sur lesquelles s'insèrent les musles).
Pour mettre le cerveau en évidence il faut couper la carapace à la base du rostre et basculer celui-ci vers l'avant.


Description du système nerveux central
Le système nerveux est construit sur le plan annélidien avec primitivement une paire de ganglions par segment reliés entre eux par des commissures et aux suivants par des connectifs. Cette disposition est altérée secondairement par des phénomènes de fusions particulièrement importants dans la région antérieure.

1°/ Le cerveau forme une importante masse nerveuse située à la base du rostre légèrement en arrière de l'insertion des pédoncules oculaires. Il résulte de la fusion des trois premières paires de ganglions qui donnent d'avant en arrière :
- le protocérébron innervant les yeux
- le deutocérébron innervant les antennules
- le tritocérébron innervant les antennes et les glandes excrétrices.

2°/ Le collier péri-oesophagien est formé par 2 connectifs qui encadrent l'sophage et relient le tritocérébron à la masse ganglionnaire sous-oesophagienne. De ces connectifs se détachent en avant de l'oesophage et de part et d'autre, les racines d'un nerf proventriculaire (système stomatogastrique) et sur chaque connectif un nerf mandibulaire qui prend naissance dans la masse ganglionnaire sous oesophagienne. En arrière de l'sophage une commissure relie les 2 connectifs. C'est la commissure tritocérébrale qui relie les 2 parties du tritocérébron, cette position témoigne de l'origine post-oesophagienne de ces ganglions et des antennes.

3°/ La masse nerveuse sous-oesophagienne.
La formation du céphalothorax par fusion de la tête et des segments du péréion retentit sur l'organisation de la masse nerveuse sous-oesophagienne qui résulte de la réunion des 3 paires de ganglions post-oesophagiens de la tête et des 3 premieres paires de ganglions thoraciques, la fusion est incomplète en ce qui concerne la sixième paire de ganglions qui forment un lobe légèrement distinct. Cette masse ganglionnaire innerve d'avant en arrière : les mandibules (md) les maxillules (mx1), les maxilles (mx2) et les 3 paires de maxillipèdes (mxp1, mxp2, mxp3). On trouve également de nombreux nerfs innervant tégument et muscles.

4°/ La chaine nerveuse ventrale
A la suite de la masse sous-oesophagienne on trouve 5 paires de ganglions thoraciques innervant les pattes marcheuses, les branchies et les gonades. Les connectifs reliant les différents ganglions, bien qu'accolés, sont distincts et ils s'écartent particulièrement au niveau de l'artère sternale entre les ganglions thoraciques 3 et 4. Les commissures reliant les ganglions d'une même paire sont extrèmement courtes de sorte que les ganglions semblent accolés.
A la suite de la portion thoracique la chaîne nerveuse abdominale est composée de 6 paires de ganglions étroitement accolés de même que les connectifs ce qui donne une impression de " corde à nud " et non pas " d'échelle ". De chacun de ces ganglions partent 3 paires de nerfs innervant respectivement le pléopode correspondant, les muscles abdominaux dorsaux et les muscles ventraux. De la dernière paire de ganglions, le ganglion anal (6ème), part un faisceau de nerfs disposés en éventail en direction des uropodes et du telson et des muscles correspondants.

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Bibliographie.
Beaumont A.et P. Cassier, 1973. Biologie Animale. Dunod, Paris. Beaumont A., P. Cassier et J.P. Truchot, 1998. Biologie et Physiologie Animale. Dunod, Paris. Maissiat J. J.C. Baehr et J.L. Picaud, 1996, Biologie Animale,1. Invertébrés. Masson, Paris.