Les techniques d'échantillonnage classiques, solution, suspension,
pastillage, dépôt sur fenêtre permettent d'étudier
un grand nombre de produits gazeux, liquides et solides directement
en transmission.
I - Etudes des gaz ou des vapeurs
A l'aide de cellule à gaz dont le trajet est compris généralement
entre 10 cm et plusieurs mètres il est possible d'avoir de bons
résultats, les interactions intermoléculaires étant
faibles dans les gaz, (mais en contre partie on pourra avoir des spectres
de rotation ce qui risque d'entraîner des superpositions de bandes
pour les mélanges complexes de gaz).
Les coefficients d'extinction d'une bande peuvent être fonction
non seulement de la pression partielle mais aussi de la pression totale
d'où la necessité d'ajouter un gaz inerte pour obtenir
toujours la même pression totale si l'on veut faire des analyses
quantitatives.
Une bonne résolution du spectrophotomètre peut être
nécessaire si l'on résoud toutes les bandes de rotation
d'un gaz.
II - Etudes des liquides
Avec les solutions il sera possible de faire les analyses quantitatives
précises, sans problèmes importants, à conditions
de choisir le bon solvant et la bonne bande d'absorption (risque d'association
moléculaires).
Type de cellules,
Il existe plusieurs types de cellules pour travailler en transmission
:
Cellules scellées, cellules démontables, des cellules
à épaisseur variable et des microcellules qui sont en
général peu facile à remplir et à nettoyer.
(Actuellement plusieurs modèles de cellule fontionnant sur le
principe de l'ATR sont commercialisés.)
Choix des solvants
Il n'existe pas de solvants qui conviennent pour toute la région
4000-500 cm -1. On étudiera la substance dans 2 solvants ayant
des bandes d'absorption dans des zônes différentes et on
pourra avec l'informatique assez facilement reconstituer le spectre
total du produit dans toute la zône de longueur d'onde désirée.
D'autre part même avec des solvants absorbants les techniques
de soustraction permettent d'étendre la gamme de solvant sans
être trop géné par les bandes d'absorption du solvant
(toutefois on aura une diminution du rapport signal/bruit et on risquera
d'être en dehors du domaine de linéarité de la réponse
d'appareil pour des mesures quantitatives car l'énergie transmise
risquera d'être faible même si le spectre apparaît
de bonne qualité à l'écran, il faut aussi faire
attention aux interactions.
CCl4 et CS2 semblent être les solvants les plus couramment
utilisés et les spectres fournis dans les atlas IR.utilisent
souvent ce couple de solvants.
A cause de la forte absorption de l'eau on pourra utiliser une cellule
ATR pour l'étude des solutions aqueuses (mais attention au déplacement
des bandes avec la température).
Interaction solvant - soluté
* Des associations entre le solvant et un groupement de la molécule
étudiée peuvent avoir lieu ce qui conduit à des
déplacements des bandes de vibration.
III - Echantillons solides
Si l'échantillon est soluble il est parfois intéressant
de passer l'échantillon en solution ou de déposer la solution
sur une fenêtre transparente à l'I.R. et d'évaporer
le solvant avant de prendre le spectre mais dans les deux cas on peut
modifier la structure de l'échantillon.
L'idéal est d'avoir un film mince. Mais souvent il faut réduire
l'échantillon en poudre et le diluer dans une matrice non absorbante
car les sources IR sont peu intenses.
* Echantillon en poudre
Pastille KBr (ou autres milieux dispersant)
C'est l'une des techniques les plus utilisées et souvent très
pratique et rapide à mettre en oeuvre pour de très nombreux
produits pouvant être mis en poudre fine. Elle donne de bon résultat
en mesure qualitative et semi-quantitative même si les coefficients
d'extinction mesurés sont légérement inférieurs
à cause des difficultés d'une bonne dispersion. Elle consiste
à faire un mélange homogène de 0,5 à 4%
du produit à étudier avec un produit transparent dans
l'IR. et facilement broyable, puis à presser le mélange
obtenu pour obtenir une pastille d'environ 1 mm d'épaisseur.
Les produits utilisés comme matrice diluant sont NaCl , KCl,
CBr, NaCl, AgCl ou le polyétylène mais le produit le plus
largement utilisé est le KBr. Les avantages de cette technique
sont nombreux et en particulier ne nécessitent pas une expérience
et un coup de main particulier comme d'autres échantillonnages
mais il faut pas pour autant oublier les limites qui sont de deux ordres
: physiques et chimiques.
Le KBr est un produit qui absorbe facilement de l'eau s'il est maintenu
à l'air ambiant et cette eau est mobile et pourra transformer
les anhydrides en acides. Le broyage à l'air risquera de faciliter
la carbonatation de certains produits. Cette liste non limitative de
l'action de l'eau incite à conserver avec soin le KBr à
l'abri de l'hunidité et dans certain cas critique de préparer
les échantillons dans une boite à gant pour éviter
l'action conguguée de l'eau et du gaz carbonique, mais cette
méthode est loin d'être pratique.
L'eau absorbée dans le KBr peut catalyser la racémisation
de produit optiquement actif ou catalyser certaines réactions
qui peuvent conduire a partir mélange à étudier
très peu réactif à un nouveau produit qui n'existe
pas dans le mélange initial.
La participation d'ions K+ et Br- peut entraîner des réactions
d'échange d'ions comme par exemple la réaction d'ions
Br- avec les ions Ag+ ou la substitution de complexes chlorés
pour des complexes bromés.
D'autre part, on peur noter les intéractions entre les ions KBr
du cristal et les composés organiques polaires, ces interactions
peuvent entraîner des changements d'intensités et de position
des bandes d'absorption.
D'autres problèmes physico-chimiques peuvent intervenir lors
du patillage dûs aux effets conjugués de la pression et
de l'échauffement : dégradation de certains sucres fragiles,
formation de formes métastables de modifications polymorphiques
de certains réseaux cristallins. Un autre problème presque
inévitable est dû à la lumière directe passant
à travers la pastille mais ne rencontrant pas de grains que des
bulles dans des cellules à liquide mal remplies. Ceci entraîne
un applatissement du sommet des pics. Si le broyage est trop faible
les grains de taille important absorberons toute l'énergie au
centre et seule la partie périphérique des grains contribuera
à l'obtention du spectre, donc on aura une diminution du rapport
signal/bruit et une perte de résolution. On doit prendre soin
de broyer finement l'échantillon et le mélanger de manière
la plus homogène possible avec le KBr.
Enfin, la lumière diffusée et la différence
d'indices entre le KBr et le produit étudié peuvent perturber
les mesures et spectres obtenus peuvent subir des modifications tant
en intensité qu'en position des bandes.
En spectrométrie IR des bandes d'absorption peuvent apparaître
fortement dissymétriques. La cause peut être due à
l'effet "Christiansen" qui est fonction de la taille des particules
et de la différence d'indice entre le produit étudié
et l'indice de réfraction de la matrice diluante. La perte d'énergie
par réflexion et diffraction est fonction de la différence
d'indice entre les 2 milieux. A une fréquence légèrement
supérieure au maximum d'absorption, l'indice de réfraction
du produit étudié diminue rapidement et peut se rapprocher
fortement de l'indice du diluant non absorbant ce qui entraîne
une diminution de l'énergie diffusée dans toutes les directions
donc la transmission va augmenter, à une fréquence légèrement
inférieure l'indice de réfraction peut devenir nettement
plus élevé que celui de la matrice ce qui va diminuer
l'énergie de la radiation transmise de manière plus importante
que celle due à la seule absorption structurale. Il en résulte
d'une part une dissymétrie de la bande et une modification de
la position du maximum qui sera déplacé vers les faibles
nombres d'ondes d'où problèmes qualitatifs et quantitatifs.