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INFORMATIONS PLUS SPECIFIQUES
I - Effet de la polarisation et de l'orientation
sur un spectre Raman
II - Effet Raman exalté (SERS
= Surface Enhanced Raman Scattering)
I - Effet de la polarisation et
de l'orientation sur un spectre Raman
Soit un repère cartésien x, y, z décrivant l'espace
3D, le vecteur champ électrique de la lumière incidente
peut se décrire par Ex, Ey, Ez selon chaque axe. Le dipôle
induit par cette lumière se décrit par Px, Py, Pz quand
l'échantillon est irradié.
Ces deux vecteurs sont reliés par un tenseur de polarisabilité
a qui est une matrice 3x3.La composante du dipôle induit dans
la direction x ne dépend pas que de Ex mais aussi de Ey et Ez.
On utilise la géométrie du spectromètre Raman pour
définir les directions x, y et z axe laser = y, lumière
collectée = x, échantillon = origine.
L'analyseur (morceau de Polaroïd) placé avant la lentille
de collection du spectromètre Raman, ne laisse passer que la
lumière dans une direction particulière. Différents
spectres peuvent être obtenus en faisant varier la position de
l'analyseur.
Ceci est vrai quand on étudie des échantillons non orientés
(isotropes) tels que les liquides ou les gaz.
Isotropique = milieu dont les propriétés physiques sont
les mêmes dans toutes les directions.
Anisotropique = milieu dans lequel certaines propriétés
physiques (ex : conductivité thermique, électrique, indice
de réfraction) si différentes dans différentes
directions. Matériau orienté = anisotrope.
* Il est aussi important de mettre un dépolariseur après
l'analyseur car le spectromètre peut transmettre plus la lumière
avec une polarisation particulière plutôt qu'une autre.
Ceci est moins important dans le cas des interféromètres
car ils sont moins sensibles à la polarisation que les monochromateurs
à réseau. Car Ex et Ey sont égaux à zéro
et Ez est différent de 0.
Maintenant, supposons qu'une lumière non polarisée est
dirigée le long de l'axe y. Ex et Ez ont une certaine valeur
mais Ey = 0. Ceci entraîne des valeurs de Px, Py, Pz avec deux
termes seulement (Cf. équations 1 à 3).
(éq.1)
(éq.2)
(éq.3)
Un dipôle oscillant ne peut diffuser la lumière le long
du même axe que le sien. Ainsi, si l'on observe l'échantillon
le long de l'axe x, seuls Py et Pz seront enregistrés.
L'intensité de la lumière diffusée est proportionnelle
au carré des dipôles induits, ainsi l'intensité
de lumière diffusée avec son vecteur électrique
pointant y et z sera donnée par les équations 4 et 5.
(éq.4)
(éq.5)
On peut ensuite décider si l'on veut mesurer la lumière
diffusée avec son dipôle oscillant soit dans la direction
y ou z en tournant l'analyseur de façon adéquate, on peut
enregistrer deux spectres et l'information sur la symétrie des
bandes actives en Raman sera obtenue en comparant l'intensité
d'une même bande dans les deux spectres.
Un ratio de dépolarisation est calculé pour chaque bande
selon l'expression suivante :
(éq.6)
(éq.7)
NB : rn est obtenu
avec une source non polarisée (lumière naturelle). Par
conséquent Ex et
Ez sont différents de 0.
Si on utilise une source polarisée (laser) avec un vecteur électrique
le long de z, le taux de dépolarisation devient :
(éq.8)
Les équations 2 et 3 ne s'appliquent qu'aux échantillons
orientés où les molécules sont fixes dans l'espace.
Pour les matériaux isotropiques tels que liquides ou gaz où
les molécules sont constamment en mouvement, une valeur moyenne
de a doit être utilisée. Ceci s'exprime par
deux quantités :
|
a : valeur
moyenne de axx, ayy, azz |
| |
b
: quantité qui mesure l'anisotropie de la polarisabilité. |
Ces équations démontrent que un résultat surprenant.
Si un échantillon isotrope tel qu'un liquide est irradié
par un laser non polarisé, la lumière Raman diffusée
peut-être partiellement ou complètement polarisée.
rn et rp s'expriment en fonction de a
et b (équations 9 et 10).
(éq.9)
(éq.10)
Il est possible d'utiliser les expériences Raman polarisées
pour attribuer des bandes spectrales différentes à différentes
vibrations en comparant les résultats expérimentaux avec
ceux prédit par la théorie des groupes.
Autrefois la source Raman était une lampe à décharge
non polarisée donc rn
mesuré cela implique . Maintenant la source
Raman est un laser polarisé cela implique .
En mesurant rn et rp
pour une bande Raman, il est possible de déterminer et b
qui donne une information sur la symétrie de la vibration donnant
la bande. Par exemple pour un mode dégénéré
et non totalement symétrique = 0 et b différent
de 0 cela implique et bandes
"dépolarisées" ou "totalement dépolarisées".
Les modes totalement symétriques des molécules qui ont
une symétrie cubique par exemple sont tels que et donc et . Les ellipsoïdes de polarisabilité
de ces modes sont parfaitement sphérique et sont décrites
comme "totalement polarisées".
Les modes totalement symétrique des molécules de plus
faibles symétrie donnent des valeurs intermédiaires de
rn et rp telles que rn compris entre 0 et 6/7 et rp compris entre 0 et .
Tout ce qui précède est vrai pour la diffusion Raman polarisée
d'échantillons isotropiques. Pour les échantillons parfaitement
orienté (cristal simple) il est possible d'obtenir un spectre
dû à juste un élément du tenseur de polarisabilité.
Si la lumière incidente est polarisée Ex = Ey = 0 et Ez
différent de 0. Donc :
(éq.11)
(éq.12)
En faisant varier la géométrie, différents spectres
peuvent être enregistrés, chacun servant à déterminer
le terme particulier du tenseur de polarisabilité. Ces expériences
sont décrites par la nomenclature de Porto a(bc)d :
a = direction d'illumination
b = direction de la polarisation du laser
c = direction de l'orientation de l'analyseur
d = direction de la collection de la lumière diffusée.
Par exemple, l'expérience produisant un signal Raman d'intensité
Iy donnée par l'équation 11 sera notée y(zy)x.
Pour un échantillon partiellement orienté (film polymère
étiré ou cristal liquide) il est possible de calculer
le degré d'ordre en utilisant l'expérience Raman polarisé.

II - Effet
Raman exalté (SERS = Surface Enhanced
Raman Scattering)
* But : cette technique donne des informations sur la structure des
molécules adsorbées sur une surface appropriée.
* Historique
Fleischman (1974) : expériences électrochimiques sur
la pyridine adsorbée sur une électrode d'argent.
Jeannaire et Creighton (1977) ont trouvé que la section efficace
de diffusion Raman augmente de 4 à 6 fois pour la pyridine liquide.
* Principe
L'effet SERS est dû à l'exaltation des champs électromagnétiques
sur ou proche du matériau de surface et/ou à la chimisorption
qui modifie la polarisabilité de la molécule pour produire
la diffusion Raman résonante dans la zone d'excitation.
La chimisorption est induite par transfert de charge entre la molécule
adsorbée et la surface rendue active par dépôt d'une
fine couche d'Ag, Cu ou Au qui sont des métaux possédant
une constante diélectrique favorable.
L'intensité du signal obtenue en SERS dépend de trois
facteurs :
- section efficace de diffusion de l'adsorbant
- nombre de sites actifs
- nombre d'adsorbants.
Le spectre obtenu en SERS est le résultat de l'interaction entre
les photons incidents et les niveaux d'énergie vibrationnelle
d'une particule irradiée, donc spécifique et comparable
au spectre Raman obtenu classique.
Surfaces actives en SERS
* L'activité SERS va dépendre de la surface utilisée
et de sa préparation :
- rugosité
- homogénéité
- support (nature)
- type de dépôt.
* Préparation des surfaces actives :
- réduction chimique de sels d'argent
- dépôt d'argent sous vide sur surface de verre.

Spectre Raman exalté de monoxyde de carbone absorbé
sur des particules de nickel finement dispersées dans la région
des vibrations d'élongation CO

Pour illustrer l'exaltation du champ électromagnétique
un modèle simple de sphère métallique (le rayon
est très petit par rapport à la longueur d'onde) est placé
dans un champ électromagnétique. Si la sphère est
illuminé à la fréquence de résonance plasma
des électrons du métal, un haut champ électrique
est généré à la surface du métal,
le schéma montre les lignes du champ électrique.
Origine de l'exaltation
L'intensité de la diffusion Raman classique est déterminée
par P (dipôle électrique) = aE
où a est la polarisabilité de
la molécule et E le champ électrique incident.
L'origine de l'exaltation se trouve donc dans l'augmentation soit de a
soit de E. Les théories de l'exaltation de surface se partagent
en deux, le mécanisme d'augmentation de champ électromagnétique
dans lequel le champ que subit la molécule adsorbée est
beaucoup plus grand que la radiation incidente et que celui qu'elle subirait
loin de la surface, et le mécanisme d'exaltation moléculaire
pour lequel a est perturbé par les interactions
de l'adsorbat sur la surface.
Pour le premier mécanisme, le taux d'exaltation dépend des
propriétés électriques du métal, de la distance
de la molécule à la surface, de l'orientation de la molécule
par rapport à la normale à la surface, de l'énergie
de la radiation incidente, de la morphologie de la surface, de la taille
et la géométrie de la rugosité de surface (si la
surface est plane augmentation de 6x et si rugueuse augmentation de 10
000 à 10 000 000 x).
Pour le deuxième mécanisme : a
peut aussi augmenter du fait de l'interaction électronique entre
l'adsorbat et le métal : transfert de charge entre le métal
et l'adsorbat.

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