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RAMAN
Théorie de l'effet Raman
On peut décrire l'effet Raman : de façon classique ou
par la mécanique quantique ;
1) Description classique
2) Description mécanique quantique
1) Description classique
Nous avons vu que :
P = E (éq.1)
Si le champ est donné par la radiation électromagnétique
de fréquence 0 (Hz) alors :
(éq.2)
où t est le temps et E0 est le champ électrique maximum (V/m).
Supposons que cette molécule irradiée polarisable vibre
avec une fréquence vib, q qui traduit
le déplacement par rapport à sa positon d'équilibre
sera donnée par :
(éq.3)
où q0 est
le déplacement maximal et vib la
fréquence vibrationnelle (Hz).
Si la distorsion est susceptible d'altérer la polarisabilité,
que l'on suppose que la variation soit linéaire et que l'amplitude
du déplacement soit petit, la polarisabilité de la molécule
se distordant périodiquement deviendra :
(éq.4)

Variation de la polarisabilité moléculaire en fonction
du temps au cours de la vibration.
où 0 est la polarisabilité
de la molécule dans sa position d'équilibre et est le
taux de changement de la polarisabilité avec le déplacement
autour de la positon d'équilibre. Par conséquent la variation
de la polarisabilité quand la molécule vibre sera de la
forme :
(éq.5)
La polarisabilité varie avec le temps comme le montre
le schéma. En remplaçant de l'équation
5 dans l'équation 10 nous obtenons :
(éq.6)
Cependant, comme :
(éq.7)
Nous pouvons réarranger l'équation 6 pour donner
:
(éq.8)
Ainsi, le dipôle induit dans un système moléculaire
vibrant à la fréquence vib et
irradié à la fréquence 0 variera
comme 0 et aussi comme
( 0+ vib) et ( 0- vib). L'état
polaire est plus énergétique que l'état relaxé,
c'est-à-dire que le processus de polarisation est endothermique
; par conséquent la relaxation spontanée doit être
accompagnée d'un dégagement d'énergie. Ce processus
est l'émission d'une radiation que nous décrivons comme
de la diffusion.
Le premier terme de l'équation 6 correspond à la diffusion
Rayleigh (processus élastique, sans changement d'énergie
par rapport à la source) et le deuxième terme correspond
à la diffusion Raman (processus inélastique) qui est beaucoup
plus faible que le terme de diffusion élastique. La lumière
diffusée à la fréquence
( 0+ vib) est connue sous
le nom de diffusion Raman Anti-Stokes alors que celle diffusée
à ( 0- vib) est connue sous le nom de diffusion Raman Stokes.
Les raies Stokes et Anti-Stokes se situent de part et d'autre de la
raie Rayleigh. Les raies Stokes sont plus intenses que les raies Anti-Stokes.
Ceci se comprend lorsqu'on regarde le diagramme d'énergie. L'état
polarisé n'est pas un niveau d'énergie fixe pour la molécule,
il n'est pas question que la molécule change sa configuration
électronique lorsque l'interaction se produit. L'état
polarisé se représente donc par un état virtuel.
Les relaxations à partir de cet état peuvent se produire
de trois manières différentes.
La relaxation le plus probable correspond à la diffusion élastique,
c'est-à-dire lorsque le nombre quantique vibrationnel ne change
pas. Les relaxations induisant un changement du nombre quantique vibrationnel
produisent la diffusion Raman inélastique. Pour les raies Stokes
DV= +1 et pour les raies Anti-Stokes DV
= -1. L'intensité de la diffusion Raman est directement relié
à la population de l'état initial de la molécule.
Ainsi l'intensité des raies Stokes est relié à
la population de l'état fondamental de la molécule (V
= 0).
Il est important de noter que parce que l'état virtuel n'est
pas un niveau d'énergie fixe, la lumière diffusée
Raman peut être obtenue en utilisant une source d'excitation avec
n'importe quelle longueur d'onde. Les spectres Raman sont présentés
avec en ordonnée l'intensité diffusée relative
et en abscisse le déplacement en fréquence par rapport
à la source d'excitation (prise comme référence).
Par exemple, le spectre Raman du CCl4 sera le même que l'échantillon
soit irradié avec un laser dans le visible, le proche infrarouge
ou l'ultra-violet.

Extrait de "Fourier transform Raman Spectroscopy" instrumentation
and chemical
applications (P.J. Hendra, C. Jones, G. Warnes) Ellis Horwood, 1991
avec la permission de l'éditeur.
On envoie une lumière monochromatique intense dans le visible
ou le proche infrarouge (laser) sur l'échantillon à analyser
et on recueille la lumière diffusée par cet échantillon
dans toutes les directions.
Extrait de "Fourier transform Raman Spectroscopy" instrumentation
and chemical
applications (P.J. Hendra, C. Jones, G. Warnes) Ellis Horwood, 1991
avec la permission de l'éditeur.
En général, on n'enregistre pour une analyse classique
que le côté Stokes de la raie Rayleigh. C'est ce côté
qui est directement comparable au spectre infrarouge.

2) Description
de l'effet Raman par la mécanique quantique
Avant la collision photon incident/molécule analysée
E0 = h 0 :
énergie du photon incident
M, Ei, 0 : masse, énergie initiale, vitesse
de la molécule.
Après collision entre photon et molécule
: énergie du photon diffusé
: masse, vitesse de la molécule
et son énergie finale.
Conservation de l'énergie

Les termes d'énergie cinétique sont négligeables

Collision élastique (1 sur 10 000 photons)

Le photon diffusé ne change pas de fréquence :
diffusion Rayleigh.
Collision inélastique (1 sur 100 000 000 photons)
Soit : 
Le photon diffusé a perdu de l'énergie : raie Stokes
du spectre Raman.
Soit : 
Le photon diffusé a gagné de l'énergie :
raie Anti-Stokes du spectre Raman.
Diagramme d'énergie montrant l'origine des raies Stokes
et Anti-Stokes du spectre Raman.
Extrait de "Fourier transform Raman Spectroscopy" instrumentation
and chemical
applications (P.J. Hendra, C. Jones, G. Warnes) Ellis Horwood, 1991
avec la permission de l'éditeur.
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