Part IIa- LA SPECTROSCOPIE PROCHE INFRAROUGE
G Lachenal univ Lyon1
Comparaison des spectroscopies (moyen et proche IR)
Ne pas oublier que le principal handicape de la spectroscopie proche infrarouge est sont absence presque total de l'enseignement technique ou universitaire, la plupart des étudiants (en France mais aussi à l'étranger) n'ont jamais entendu parler de cette technique comme méthode analytique et si les ouvrages sur l'infrarouge moyen ou le Raman sont fort nombreux il sont très rare pour le PIR. Néanmoins le PIR est une technique puissante utilisée par de très nombreuses industries.
AVANTAGES de l'analyse dans le proche infra-rouge* Peu ou pas de préparation de l'échantillon (qui peut être récupéré aprés l'analyse)
- analyse en transmission sur des échantillons relativement épais
- analyse en réflexion sans contact (peu d'influence CO2 ou H2O atmosphérique)
* Analyse rapide multicomposant, en temps réel
* Coût de l'analyse peu élevé
* Cellule de mesure résistante et assez bon marché (verre ou quartz)
* Gamme importante d'appareils robustes pour l'analyse en ligne
* Possibilité d'analyse de produits toxiques ou dangereux à distance (+ de 500 m en utilisant des fibres optiques)
* Amortissement de l'investissement généralement rapide
* Méthode puissante pour l'étude de la liaison hydrogéne
* Methode de choix pour le contrôle industriel, analyse et monitoring in situ en temps réelINCONVENIENTS de l'analyse dans le proche infra-rouge
* Manque de corrélation structurale (difficultés pour l' interprétation des spectres)
* Besoin de calibration pour les mélanges (analyse directe très difficile en général)
utilisation de méthode de chimiométrie Phase d'étalonnage longue et delicate
* En réflexion la surface de l'échantillon doit être identique au cur (faible pénétration du faisceau dans l'échantillon)
* Taille des particules ainsi que l'orientation modifient les spectres (même probleme qu'en IR moyen)
* Problème de transfert de calibration d'une méthode d'un appareil à l'autre
* Manque de bibiothèques de spectres diversifiées
* Comme IRTF dans l'infrarouge le proche infra-rouge n'est généralement pas une technique d'analyse de traces sauf cas particuliers.
Savez-vous lors que vous manger votre pain que le blé et la farine ont été analysé par PIR, ou lorsque vous faites le plein presque toute votre essence (ou diesel) est obtenus dans des installations contrôléeen temps réel par proche infrarouge?
Introduction
Depuis une dizaine d'années l'utilisation de l'analyse dans le proche infrarouge s'est largement répandue dans l'industries : résultats rapides en laboratoire pour le contrôle qualité, économie et fiabilité en process et contrôle on-line. Plus récemment, des études spectaculaires dans le domaine médical sont aussi signaler. Les progrès dans l'instrumentation et en chimiométrie joints à la baisse de prix de l'informatique devraient permettre une croissance soutenue de cette technique.
Dans le proche infra-rouge de nombreux produits peuvent être étudiés sans préparation et des mélanges complexes peuvent être dosés avec une grande précision grâce aux méthodes de calculs disponibles.
Historique
La découverte de la région du proche infrarouge est attribuée à William Herschel qui présenta en Avril 1800 un travail intitulé "Experiements on the Refrangibility of the Invisible Rays of the Sun" devant la Royal Society. Mais il fallu attendre 1881 pour que Abney et Festing enregistrent les spectres de plusieurs liquides organiques et 1905 pour que Coblentz enregistre les spectres de 19 substances et postule que ces bandes puissent faire partie d'une série d'harmoniques.
Les premières revues importantes n'ont été publiées que dans les années 50 par Kaye d'Eastman Kodak et par Wheeler de l'université de Porto Rico et présentent surtout l'étude de molécules organiques assez simples. Des tables de corrélation structure - absorptivité ont néanmoins été publiées dés 1960 par Goddu. Initialement pour des raisons théoriques et instrumentales, prisme en quartz, Kaye avait assigné la zone 3,5 à 0,7 µm (soit 2800 à 14285 cm-1) au proche infrarouge. Mais cette région contient des vibrations fondamentales CH, OH, NH. de forte absorptivité qui masquent les harmoniques même assez intenses comme 2 x n C = O vers 3400 cm-1. La dernière vibration fondamentale H-F se trouvant vers 3960 cm-1, on attribuera donc généralement la zone 4000 à 12000 cm-1 (ou 4000 à 15 600 cm-1) au proche IR. Les bandes de combinaisons et harmoniques sont 10 à 1000 fois moins intenses que les bandes fondamentales.Jusqu'à ces derniéres années, cette technique n'a pas connu le développement que l'on pouvait espérer dans le domaine de la chimie. Ceci est peut être dû aux difficultés d'attribution des bandes, et comme le faisait remarquer Davies au manque d'enseignement dans les départements de chimie et universités européennes où généralement seul l'infrarouge moyen est présenté. De plus si la livres concernant l'enseignement de l'infrarouge moyen sont trés nombreux et variés ce n'est pas du tout le le cas du PIR.
D'autre part comme le PIR est entre l'UV Visible et l'IR moyen ces vingt derniéres années peu de laboratoire universitaires se sont équipés en spectrométres PIR car les fabricants de FTIR (hormis Bohmem) ne proposaient pas version économique de FT NIR et la plupart des travaux fondamentaux ont été fait dans les année 60-75 avec des appareils dispersifs. Ce qui est train de fortement changer actuellement puisque la gamme des FT NIR à prix abordables s'élargi chaque année.
Origine des bandes d'absorption
Dans la zone du proche infrarouge, les produits absorbent beaucoup moins que dans l'infrarouge moyen, ce qui peut être dans certains cas un avantage : il sera possible d'étudier directement en transmission des échantillons de plusieurs millimètres d'épaisseur. Ces absorptions ne sont pas dues aux vibrations fondamentales des molécules, mais à des phénomènes plus complexes : les vibrations harmoniques et les vibrations de combinaisons.
L'intensité de ces vibrations est généralement assez faible ce qui permettrait de les ignorer en première approximation si on travaille dans la zone de vibration fondamentale, par exemple pour une cellule d'un millimètre, l'absorbance de CH du CHCl3 liquide sera 17 pour la vibration fondamentale ; 1,5 pour le première harmonique, 0,05 pour la seconde et seulement 0,002 pour la troisième, ce qui permet d'uliser des trajets optique assez longs. L'absorption des bandes harmoniques est généralement plus grande pour les vibrations asymétriques que pour les vibrations symétriques.
Instrumentation
Contrairement à l'infra-rouge moyen, où les appareils à transformée de Fourier ont surplanté les autres techniques, en proche infra-rouge on trouve une grande diversité d'appareils fonctionnant sur des principes différents.
Un autre avantage du proche IR sur l'infra-rouge moyen est la possibilité d'utiliser des fibres optiques relativement bon marché ayant une faible atténuation et peu de bandes d'absorption. Certains appareils industriels fonctionnent avec des longueurs de fibre supérieures à 100 mètres. D'autre part, il est possible avec un multiplexeur de contrôler jusqu'à 10 points différents de mesure à partir d'un seul appareil.
Un point important à connaître pour tous les appareils est le rapport signal/bruit : mais il est difficile de comparer les valeurs données par les constructeurs, car les mesures sont faites dans des conditions différentes pour chaque appareil. La reproductibilité en longueur d'onde et la lumière parasite influent sur la qualité des spectres. Les appareils doivent être stable en énergie et avoir une bonne reproductibilité en longueur d'onde, certains appareils effectuent des auto-tests pour se contrôler et se calibrer. Il est possible d'utiliser des cellules et fenêtres de mesure en verre (ce qui est économique par rapport aux produits nécessaires dans l'infra-rouge moyen). Souvent on préfère des cellules en quartz, dans ce cas on peut être parfois gêné par des problèmes électrostatiques : charges électriques et poussières pouvant perturber les mesures.
Chimiométrie
Le nombre des données fournies par les appareils sont très variables : un pH mètre ou un photomètre avec un filtre donnera une valeur pour une solution donnée, tandis qu'un chromatographe ou un spectrophomètre donnera en un court instant de nombreuses données pour l'analyse d'un seul échantillon. Ces techniques multivariables doivent être gérées au mieux afin d'utiliser toutes les données disponibles avec un temps de calcul rapide même pour les micro-ordinateurs.
L'efficacité de la spectroscopie proche infra-rouge dépend en partie des méthodes statistiques utilisées pour les analyses quantitatives de produit compléxes.
Calibrations en proche infra-rouge
Les problèmes de calibrations dépendent de la complexité des échantillons, peu d'analyses peuvent être faites directement en utilisant la hauteur d'un pic. Très souvent, on fera appel à des méthodes statistiques de régression d'ou le besoin d'un nombre important d'échantillons représentatifs pris dans des lots différents. Pour une bonne sécurité, il faudrait souvent avoir une cinquantaine d'échantillons pour calibrer et une trentaine pour valider. Il est évident que l'on ne dispose pas toujours d'un tel nombre d'échantillons, il faudra prendre alors beaucoup de précautions. La concentration des échantillons devra être suffisamment variable pour être représentative, la préparation de l'échantillon devra être standardisée (se méfier de l'hétérogénéité des échantillons solides). Un autre problème est de transférer un étalonnage d'un appareil à l'autre, étant donné la diversité des systèmes disponibles (dispersif, filtres où les longueurs d'onde et la résolution sont différentes). Pour un meilleur transfert, il est conseillé d'utiliser des méthodes de calibration les plus simples possible. Malgré l'aide de ces méthodes statistiques et des nombreux programmes disponibles, il est assez difficile et long d'établir un bon modèle de calibration. Mais une fois cette phase de calibration et validation réalisée avec soin, il sera possible de faire rapidement des analyses multicomposants même si on ne connait pas la totalité des composants du mélange et de suivre et réguler en temps réel (moins d'une minute) des processus complexes. Comme pour la FTIR, en général les méthodes par transmission sont plus fiables et reproductibles que les méthodes par réflexion.
Les méthodes de calcul ne permettent pas de compenser toutes les variations de pression ou de température. Il faudra impérativement en tenir compte si on ne peut pas thermostater les cellules de mesure.
Applications
Le grand avantage de cette technique est la facilité d'échantillonnage. C'est une mesure non destructive. Les échantillons peuvent être étudiés en transmission, en réflexion et en trans-réflexion. C'est une technique utilisable au laboratoire et dans des sites industriels même si les conditions sont sévères.
Les applications sont nombreuses surtout dans le domaine agro-alimentaire. Mais on constate un développement très rapide dans l'industrie chimique, textile, pharmaceutique, la pétrochimie ou celle des polymères.
Conclusion
Malgré la lourdeur de la phase d'étalonnage, l'analyse proche infra-rouge est une technique qui est indispensable pour l'analyse des produits agro-alimentaires et elle se développe rapidement dans les autres domaines. Elle permet des analyses multicomposants simultanés avec une grande rapidité, une faible quantité de produit qui peut être récupéré si nécessaire, un coût d'analyse faible (généralement pas de solvant et cellule d'analyse robuste, possibilité d'utiliser le verre comme fenêtre). Une fois la phase de calibration effectuée le matériel peut être utilisé par du personnel non spécialisé. La grande souplesse d'adaptation du matériel pour le contrôle en ligne et la robustesse des appareils permettent l'utilisation de cette technique dans tous les sites avec l'aide des fibres optiques. Signalons tout de même que cette technique plutôt quantitative que qualitative est réservée aux analyses répétitives si seul le critère économique est pris en compte, car la mise au point d'analyses par le proche infra-rouge nécessite du temps, du travail et un effort interdisciplinaire.
(1) W.I. KAYE
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(7) W. KAYE
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