Il existe 2 types de spectromètres Raman : conventionnel et
à transformée de Fourier, qui peuvent tous deux être
équipés d'un microscope.
* Généralités
Qu'est-ce qui fait que le Raman a pu se développer en tant que
technique ?
Le développement des lasers.
Un laser donne une lumière monochromatique très cohérente
avec une polarisation bien définie, un faisceau étroit
non divergent qui peut être focalisé, donnant une irradiance
élevé à l'échantillon (puissance par unité
se surface). Un laser est une source idéale pour l'expérience
Raman.
Les réseaux holographiques, les double et triple monochromateurs
pour éliminer toute lumière parasite proche de la raie
Rayleigh.
Progrès dans les photomultiplicateurs et l'électronique
associée qui ont rendu plus facile la détection de faibles
signaux.
L'interface des spectromètres Raman avec les ordinateurs a considérablement
amélioré l'acquisition des données (spectres différences,
accumulation de spectres, programme de déconvolution de bandes
se recouvrant, soustraction de background, discrimination de la fluorescence).
L'utilisation de détecteurs multicanaux dans lequel jusqu'à
1000 éléments spectraux peuvent être enregistrés
simultanément a permis d'enregistrer des spectres Raman très
rapidement. Le développement récent des caméra
CCD (Charged Coupled Device) à deux dimensions ouvre de nouvelles
possibilités, par exemple le multiplexage spatial et en fréquence
ou le multiplexage en temps et en fréquence.
L'application récente des techniques guide d'onde à la
spectroscopie Raman des films minces à augmenter la sensibilité
de la technique à la caractérisation de surface par plusieurs
ordres de grandeur.
Enfin le développement de la spectroscopie Raman à transformée
de Fourier (FT Raman) en utilisant un laser excitateur dans le proche
infrarouge ou de Raman conventionnel avec caméra CCD et une excitation
dans le proche infrarouge (Renishaw) rend possible l'élimination
du problème de fluorescence de l'échantillon.
Historique
Depuis les années 60, malgré le considérable essor
dû à l'utilisation de source laser, la spectroscopie Raman
était peu connue et était restreinte à des appareils
encombrants, chers, lourds à mettre en oeuvre, demandant à
être manipulé dans des pièces noires et par des
chercheurs qualifiés, bref destinés à des laboratoires
de recherches universitaires (donc peu développé industriellement).
Ceci pour deux problèmes majeurs qui sont :
1) d'une part la faible intensité de la lumière diffusée
Raman qui nous intéresse et d'autre part la relativement forte
intensité de la lumière Rayleigh diffusée à
la l excitatrice,
2) d'autre part le problème de fluorescence.
Depuis 1987 une nouvelle méthode est apparue : la spectroscopie
Raman à transformée de Fourier qui utilise un laser dans
le proche infrarouge (l = 1,064 mm), un interféromètre
de Michelson (le calcul mathématique de la transformée
de Fourier) et un détecteur dans le proche infrarouge. De tels
appareils sont maintenant commercialisés, utilisés dans
l'industrie et les résultats sont comparables à ceux obtenuent
grâce à un banc FTIRclassique.
Depuis 1990, il existe des microscopes Raman possédant un système
dispersif à réseau, un laser proche infrarouge (780 nm)
et un détecteur très sensible (caméra CCD = charged
compled device) à deux dimensions (spatiale et spectrale) commercialisés
par la Société RENISHAW.
Composition des spectromètres Raman
Fluorescence
La spectroscopie Raman est bien est bien adaptée à l'étude
des matériaux polymères organiques à cause de la
sensibilité de cette technique pour les molécules contenant
des espèces non polaires telles que par exemples : C-C ou C=C
qui constituent le squelette des polymères (le premier spectre
Raman du polystyrène a été enregistré en
1932 par Signer et Weiler).
Bien que le développement de la spectroscopie Raman grâce
au source laser promettait de révolutionner la technique, elle
a gardé une seconde place dans les laboratoires industriels par
rapport à la spectroscopie IR, principalement à cause
des problèmes de fluorescence.
Par exemple, les polymères de par leur nature, sont impurs car
contiennent des additifs (stabilisants UV, antioxydants, plastifiants,
colorants) et des restes de catalyseur provenant de leur synthèse
; ces composés tendent à rendre pire le problème
de fluorescence car ils absorbent la longueur d'onde excitatrice dans
le visible et la transition correspondante va jusqu'au premier niveau
électronique excité au lieu de rester sur un niveau virtuel,
la désexcitation de ce niveau entraîne une fluorescence
dont l'intensité masque le faible phénomène de
diffusion Raman.
Il existe des techniques capables de réduire cette fluorescence
(extraction des impuretés, exposition longue de l'échantillon
au faisceau laser dans une position fixe ou en le tournant pour éviter
le problème supplémentaire d'échauffement par le
laser) mais elles prennent du temps.
Le récent développement de la spectroscopie Raman à
transformée de Fourier a relancé l'intérêt
pour l'analyse de routine de ces polymères car l'énergie
des photons de la source laser dans le proche infrarouge utilisée
n'excite pas la fluorescence car elle est moins importante que celle
d'une source laser dans le visible
(
donc l =
1,064 mm : E < E d'une l = 514,5 nm (Argon
ionisé)).
Le seul inconvénient étant que l'intensité des
raies Raman étant proportionnelle à
, plus
l est grande plus l'intensité sera
faible donc le rapport S/N obtenu avec un spectromètre FT Raman
utilisant une source de l plus grande qu'un
spectromètre Raman conventionnel avec source laser dans le visible
est moins bon.
- Raman conventionnel :